C’est son quatrième roman
qui le fait connaître mondialement.
Depuis, des saisons moins hostiles

accompagnent son écriture
toujours en alerte.
Quel est ce quatrième roman?
Qui l’a écrit?
C’est son quatrième roman
qui le fait connaître mondialement.
Depuis, des saisons moins hostiles

accompagnent son écriture
toujours en alerte.
Quel est ce quatrième roman?
Qui l’a écrit?
Bien sûr, à travers cette énigme qui nous ramène à une certaine actualité, nous ne courions pas derrière le furet de la comptine…mais derrière un rhinocéros célèbre: Quand les sociétés sont atteintes de ce mal étrange, ô combien contagieux, qui a pour nom rhinocérite et que Ionesco transposait dans sa pièce.(6 novembre 1959)

« Il s’agit d’une fable, explique Wikipedia dont nous nous servirons ici, une fable dont l’interprétation reste ouverte. L’une de ces interprétations peut-être plus évidente serait la dénonciation de tous les régimes totalitaires (nazisme, stalinisme et autres) et du comportement de la foule qui suit sans rien dire. Ionesco dénoncerait plus particulièrement l’attitude des Français aux premières heures de l’occupation. Il dénoncerait aussi le fait que tous les totalitarismes se confondent pour attenter à l’humaine condition et transformer en monstre le meilleur des hommes, que ce soient les intellectuels (représentés par « le Logicien »), ou même les personnes comme Jean, épris d’ordre. Bérenger, dont le spectateur découvre la mutation tout le long de la pièce, lui, est le seul à résister face à l’épidémie de « rhinocérite ». C’est le seul à avoir des réactions normales face à cette épidémie : « Un homme qui devient rhinocéros, c’est indiscutablement anormal ». Il représente la résistance qui, petit à petit, se forme lors de la seconde guerre mondiale. Ionesco utilise, dans son œuvre, l’absurde et le comique, pour accentuer ces faits. Quand Ionesco écrit cette pièce, Ceauşescu est au pouvoir dans son pays, la Roumanie. Dans Rhinocéros, il souhaite aussi dénoncer ce qui se passe dans son pays. »
Quelle situation aurait-il pu dénoncer aujourd’hui?
Illustration empruntée au superbe site de Yves Roumazeilles .

« Ce soir là, j’étais à table avec plusieurs expatriés chez le vétérinaire du village de Timbi Madina, dans le Fouta Djallon, région peuhle de la Guinée. Depuis un mois dans ce pays d’Afrique de l’Ouest à danser et filmer, je tentais de tâter le pouls d’une culture si loin de moi et d’une nation si chaotique. Je ne savais pas si j’aimais la Guinée. Je rêvais seulement de partir. Aller voir les mosquées d’argile et les peuples du Sahel, où , me semblait-il, j’y trouverais la carte postale National Geographic de l’Afrique de l’Ouest.
Mais ce soir là, mes pensées se sont envolées. J’avais autour de moi, des agronomes et des professeurs venus de France. Parmi eux, une femme. À l’aise, chez elle, libérée, heureuse, humble et discrète, Nadine Bari se rendait à Kankan, deuxième ville du pays, pour y donner des conférences sur la littérature africaine.
« Elle est donc écrivaine cette femme…me disais-je. Mais qu’est-ce qui l’emmène jusqu’ici en Guinée?
Et comment se fait-il que cette femme française parcourt ainsi le pays avec tant de passion et d’aisance?
Je suis restée avec elle le lendemain pour tenter de la connaître un peu plus. Je repartais vers Conakry avec trois de ses romans sous les bras… Ainsi commençait un tout nouveau chapitre dans mon voyage au coeur de la Guinée.
Grain de Sable, Noces d’absence et Chroniques de Guinée, m’ont tenu en haleine pendant trois jours. Au moindre bruit chez mon cousin, je sursautais. J’étais en train de découvrir une autre Guinée. J’étais en train de lire la terrible histoire de Nadine Bari.
Nadine a rencontré son mari guinéen Abdoulaye Djibril sur les bancs de l’université à Paris en 1957. Quatre ans plus tard, il se mariaient et allaient vivre en Guinée, nouvellement indépendante sous le chef de Sékou Touré.
Le jeune ménage avait plein espoir en la nation. Abdoulaye travaillait au ministère des Affaires étrangères, Nadine aux Nations Unies. Ils ont eu quatre enfants.
Mais Sékou Touré, ayant déclaré NON à la France, désirait abolir les ménages mixtes. Ainsi, il renvoyait les européennes mais gardait les enfants au pays. Devant ces pratiques, Abdoulaye et Nadine ont pris leurs précautions.
Prétextant une maladie au plus jeune des enfants, Nadine a pu quitter la Guinée avec toute la famille. Djibril, tenterait dans la même année, de fuir le pays lors d’un voyage diplomatique. Or, depuis le départ de sa femme, la police guinéenne rayait son nom des listes de fonctionnaires aptes à sortir pour les voyages d’Affaires étrangères.
Il tentera un départ clandestin. Mais sera arrêté à la frontière ivoirienne le 29 juillet 1972.
Depuis la France, Nadine, installée à Strasbourg où elle travaille comme traductrice au Conseil de l’Europe, fera de multiples démarches auprès des autorités politiques, religieuses et auprès des associations humanitaires afin de connaître la vérité sur le sort de son mari.
Manifestations, dossiers, rencontres avec des prisonniers européens libérés, création d’une association des Familles françaises de prisonniers politique guinéens, visites chez l’ambassadeur de Guinée à Paris, communiqués et lettres aux présidents de la République, Giscard-d’Estaing puis Mitterand, rencontre mémorable avec le dictateur Sékou Touré en visite à Paris…toutes ces démarches pendant treize années n’auront pas donné le morceau manquant du puzzle:
Qu’est-il arrivé à Djibril depuis la nuit de son arrestation à Beyla jusqu’à son interrogatoire devant le comité révolutionnaire dans la prison de Kankan ? Quelqu’un a ensuite donné l’ordre de transférer le prisonnier au camp Boiro, la prison de Conakry, la capitale. Comment se fait-il que parmi les prisonniers libérés, personne n’a aperçu Abdoulaye Djibril Barry?
À la mort de Sékou Touré en 1984, Nadine retournera en Guinée pour poursuivre l’enquête. Mais elle constatera qu’après tant d’années de dictature, les gens ont pris l’habitude de ne pas parler. Sans oublier que la moitié des tortionnaires et militaires sont au gouvernement du nouveau chef, Lansana Conté. Nadine réussira néanmoins à obtenir les actes de décès des maris de françaises de son association.
Mais pour Nadine, l’incertitude reste. Car sur la déclaration officielle qu’on lui remet pour Abdoulaye Djibril, le gouvernement guinéen ne peut reconnaître le décès de son mari. Il est Disparu, au sens militaire du terme.
Il faudra encore 7 ans à Nadine pour apprendre la terrible nouvelle. Et reconstituer le dernier voyage de Djibril.
Lors de son enquête sur le terrain, Nadine constate la désolante situation du pays, pourtant riche de ressources naturelles. Elle fondera son association Guinée-Solidarité , experte en expédition de matériel scolaire et médical dans les villages les plus démunis du Fouta-Djallon et de Haute-Guinée.
À chaque retour, elle s’attache au pays et décide de terminer les travaux de la maison, entrepris par Djibril il y a trente ans. Ainsi, elle retourne dans le quartier de Kipé, à Conakry pour y prendre sa retraite.
Auteure de plusieurs romans , Nadine est aujourd’hui considérée comme écrivaine de littérature africaine. De nationalité guinéenne, elle poursuit son combat au nom de la justice, encore aujourd’hui, sur les routes de Guinée.
Et puis un soir, à Timbi Madina, au Fouta-Djallon, elle rencontra une jeune cinéaste à sa table. Par son amour pour la Guinée, elle réussit à convaincre la voyageuse de rester encore un peu plus longtemps au pays et surtout d’y revenir plusieurs fois.
Par son histoire, par sa personnalité, Nadine a su toucher Catherine, qui, quelques jours plus tard à Conakry, lui demandera avec un bouquet de fleurs jaunes, si elle acceptait d’être le personnage principal de son prochain documentaire.
Il y a deux ans, commençait un long voyage: La Guinée est une Femme. »
Connaissez-vous cette femme-là,
si douce et calme, volontaire et fidèle,
qui écrit comme on mène un combat?
Longue longue quête pour triompher
de l’obscurité. Grain de sable, un à un
entassé, pour découvrir enfin la vérité.
De qui s’agit-il?
Quel livre l’a fait connaître?
La mainmorte était l’incapacité dont étaient frappés les serfs en France au Moyen-Age. Son objectif était d’éviter que les biens passent à des personnes extérieures à la seigneurie : durant sa vie, le serf jouissait librement de ses biens personnels ; il pouvait disposer de sa terre avec la permission de son seigneur mais il était privé de la faculté de faire son testament et, à sa mort, ses biens revenaient au seigneur.

Dans les dernière années de sa vie, Voltaire (1694-1778), a défendu les derniers « esclaves » en France, à savoir les serfs du Jura. qui, en vertu du privilège de la mainmorte, étaient soumis aux moines du chapitre de Saint-Claude (Jura). C’est un des rares combats politiques qu’il ait perdu ; les serfs ne furent affranchis que lors de la Révolution française, dont Voltaire inspira certains des principes.
Si le serf du latin servus, « esclave », est l’héritier médiéval du lien de clientèle antique, peut-on penser qu’il existe encore aujourd’hui?
Quel Voltaire ose de nos jours parler et prendre cause pour les serfs qu’une mainmorte broie?
Quel Voltaire pour l’ironie face aux extrémismes des religions?
Quel Voltaire pour l’Affaire des sans-papiers défenestrés?
Quel Voltaire pour les égarés de notre « Eldorado »?

Illustration: 1-La défenestration de Prague: L’origine de la défenestration est, le 30 juillet 1419, une pierre qui aurait été lancée depuis l’hôtel de ville de la nouvelle ville de Prague, contre une procession menée par le prêtre Jan Želivský. Aussitôt ses partisans prennent d’assaut le bâtiment. Ils jettent par la fenêtre sept échevins sur des lances pointées vers le haut, et la foule les achève. l’incident a déclenché une révolte de grande ampleur.
2-« L’enfant sans papiers » .
Ne sommes-nous pas ses héritiers
iconoclastes et insolents?![]()
Défenseur des causes perdues
pourfendeur de la mainmorte,
il a inspiré les plus grands…

De qui s’agit-il?
Il est presque incroyable que « Jean Christophe » ou « Colas Breugnon » (le héros de la fresque bourguignonne évoqué dans l’énigme), soient aujourd’hui des livres oubliés, pratiquement impossibles à dénicher…
Leur auteur, Romain Rolland , est né à Clamecy (Nièvre) en janvier 1886 et mort à Vézelay le 30 décembre 1944. Il a reçu en 1916 le Prix Nobel de littérature pour son œuvre majeure, Jean-Christophe.
Romain Rolland voulait croire en la rencontre des esprits libres contre la barbarie et était sans doute, à l’époque, l’un des plus fervents soutiens de la Société des Nations.

(Romain Rolland et Gandhi en 1931)
La série d’articles qu’il a écrits en Suisse au début de la première guerre mondiale, réunis sous le titre célèbre de « Au-dessus de la mêlée »(évoqué dans le libellé de l’énigme), lui vaut son Prix Nobel de littérature ainsi que les dix volumes de son « Jean-Christophe ». L’Europe qui meurt quand ses citoyens s’y entre-déchirent, est pour Romain Rolland plus qu’un espace de vie, mais une cité de l’Exigence morale et spirituelle:
« Le devoir, écrit-il, est de construire, plus large et plus haute, dominant l’injustice et les haines des nations, l’enceinte de la ville où doivent s’assembler les âmes fraternelles et libres du monde entier. »
(librement emprunté à Wikipedia).
Aussi, faut-il redécouvrir Romain Rolland, cet intellectuel brillant et sensible, au-delà des stéréotypes et des malentendus. Bien difficile la position d’un pacifiste convaincu au coeur de cette époque troublée.
Il faut relire « Jean Christophe »: observer l’enfant pauvre d’Outre-Rhin découvrant la musique au bord du fleuve mythique qui sépare deux peuples meurtris, revivre la scène des pommes de terre partagées, éprouver à nouveau les amitiés et les amours naissantes, puis retrouver l’ombre de Beethoven, immense et fraternelle, pour s’emplir les poumons de cet Hymne à la joie pressenti et présent. Comme la prémonition des réconciliations futures dans une Europe apaisée.

L’une des images fortes de la construction européenne a été prise à Verdun, le 22 septembre 1984. On y voit le Président de la République française, François Mitterrand, et le Chancelier fédéral allemand, Helmut Kohl, main dans la main, se recueillant devant des tombes de soldats français et allemands victimes de cette bataille de la Première Guerre mondiale qui fit près d’un million de morts. C’était réaffirmer la réconciliation entre la France et l’Allemagne comme pierre angulaire de la construction de l’Europe.
(référence: université de Genève )