Découvrir l’oeuvre de Pierre Claudé

Résultat de recherche d'images pour "pierre claudé"  Nous avons été nombreux, étudiants à l’Ecole Normale de l’avenue de la Forêt Noire et à l’université de Strasbourg vers la fin des années 60, à avoir rencontré Pierre Claudé. Nous aimions le professeur qu’il était, angliciste, linguiste, tolérant devant notre inculture, affichant un sourire volontiers moqueur, distancié, fin lettré. Il nous impressionnait un peu par son flegme amusé et son humanité bienveillante. Nous ignorions à l’époque qu’il écrivait et que son engagement en écriture ne se démentirait jamais tout au long d’une longue vie. Il disparaît en 2014, dans sa 99° année, sans jamais cesser d’écrire. Il corrigera ainsi dans ses derniers mois, avec l’aide de son épouse Simone, l’un de ses premiers textes, une pièce radiophonique « L’Ordalie ».

Né en 1916, dans un petit village de la Meuse, Horville, à 4 km d’un autre petit village, Luméville en Ornois, qui vit naître un certain Fernand Braudel (1902), Pierre Claudé, comme Braudel se réclamera de ses origines paysannes. ll doit tout aux institutions de la république permettant les diplômes nécessaires à l’obtention de postes d’enseignement ou de la fonction publique: EPS (Ecole Primaire Supérieure), Ecole Normale de Commercy, puis, en 1935, d’Alger-Bouzarea avant d’exercer le métier d’instituteur dans le bled algérien. A cette époque, l’Algérie est  colonie française pour de longues années encore. Cette expérience sera contée dans « Le Frankaoui, Mémoires d’Algérie »(1999), préfacé par Benjamin Stora. L’ouvrage obtiendra le Prix de l’Académie des Marches de l’Est.

Curieusement, une décennie plus tôt, l’autre enfant du pays, Braudel, a emprunté le même chemin. En effet, ses pas le mènent également en Algérie (de 1923 à 1934) où il travaille déjà à sa thèse « La Méditerranée et le monde méditerranéen sous le règne de Philippe II d’Espagne » qui fera de lui l’inventeur d’une discipline historique nouvelle, transdisciplinaire, enracinée dans les espaces qui la façonnent et les biens qui la composent. Tous deux, militaires en 1940, seront arrêtés après la défaite française et faits prisonniers jusqu’en 1945,  Braudel dans l’Oflag de Mayence, Claudé dans celui de Nuremberg et plus tard, d’Edelbach, près de Vienne.

Le complet gris, lettres d'un jeune officier sur la Drôle de guerre 39-40

C’est alors que Braudel, déjà maître de la discipline qu’il est en train de créer, donne des cours d’histoire aux autres prisonniers. De son côté, Pierre Claudé, plus jeune, suit des cours d’anglais – un peu rudimentaires, il le dira dans son ouvrage « Amérique, mes amours »- mais qu’il approfondira plus tard jusqu’à l’agrégation.

Pierre Claudé - .

De son écriture fine et précise, il  remplit aussi de précieux carnets qu’il est très émouvant  de parcourir aujourd’hui et étudie la littérature en autodidacte, de l’antiquité à nos jours.

Arrêtons là les comparaisons qui pourtant ne lassent pas de surprendre. Enfants issus de ces terres agricoles meusiennes pauvres, élèves brillants tous deux,  étudiants puis jeunes enseignants éblouis devant Alger-la-Blanche, infatigables chercheurs, chacun travaille à la réalisation de ses projets. Les travaux de Braudel lui donneront une reconnaissance internationale. L’œuvre littéraire de Claudé, par contre, reste méconnue, et c’est dommage!

Car il s’agit bien d’une œuvre dans sa complétude. Une œuvre qui trouve sa cohérence, son unité et son originalité dans la prise en compte de l’ensemble des ouvrages qui la composent: quinze recueils de nouvelles, six romans, trois essais, deux pièces radiophoniques, une grammaire française. Il obtient plusieurs prix littéraires dont en 1991, le prix Prométhée de la nouvelles pour « Fin de parcours ».

Fait étonnant, les héros de Claudé ne sont jamais prisonniers de l’espace qui leur est donné à vivre dans tel ou tel ouvrage. Ils sont libres de réapparaître, même disparus pour de bon! Max, Le bon petit jeune homme, Monsieur Gnière ou Madame Gnière (on sait qu’un gnière est en argot, un personnage sans importance) ou le jeune Loïc du « Fond des choses », vont et viennent sans préoccupations chronologiques. Qui sont-ils? Travestissement d’un narrateur omniprésent? Avatars de l’auteur lui-même? En tout cas, plus que des incarnations psychologiques, ces personnages sont des types: quidams inquiets, curieux du sens d’un monde indéchiffrable, violents parfois jusqu’à l’extrême comme la baronne de « Népanthès », amoureux de l’instant….Grand puzzle d’une comédie humaine dérisoire que le lecteur assemble par bribes. A travers les personnages et les décors récurrents, l’auteur livre en effet parfois quelques clés: le lieu de l’enfance, dans « Le temps scintille. 2013 », par exemple:   « Le nom MILLOT figurait trois fois sur la plaque de marbre qui servait de monument aux morts. Trois autres noms y étaient gravés, les six hommes que la guerre avait anéantis ayant constitué à l’époque l’essentiel d’une force de travail particulièrement éprouvée. Le village était en effet minuscule. Cinq ou six familles de paysans y cultivaient une terre caillouteuse avec des outils archaïques. »

De même, les événements qui tissent la vie de l’auteur apparaissent sans crier gare, précieux indices, au détour d’une nouvelle, comme la libération du camp que Loïc, le héros du « Bateau », dans « le fond des choses », évoque en filigrane.

Et les thèmes s’enchevêtrent et se font écho. La critique de la culture en tant que faire-valoir en est un exemple. L’érudition de l’auteur n’est jamais gratuite. Et parfois il s’en moque comme dans la délicieuse petite nouvelle  « Faudra  qu’on s’applique », p. 71 dans « Le temps scintille »

Le temps scintille

où M. Gnière, s’essayant à la littérature, reçoit une récompense, un simple accessit, lors d’un grand prix littéraire. Et ceci le rend furieux. Il découvre qu’une femme a obtenu le premier prix! Leur conversation finira par créer entre eux une complicité inattendue. C’est un petit bijou de désinvolture face à la poudre aux yeux de références culturelles ésotériques. Interrogeant la lauréate sur le titre savant de son livre « Voyage en Acédie », p 76:

Et l’Acédie, alors, demanda-t-il…

– Un mot raccrocheur, rien de plus. Du bluff. Un titre mystérieux, le public aime. Et mon livre est comme cela...

et plus tard:

Quand il lui cita la phrase de Cioran dont il comptait faire flèches pour se venger d’elle, elle éclata d’un rire qui attira sur eux l’attention des convives.

-Ah, ah, parvint-elle à dire, je n’ai jamais tant ri. Heureusement que vous êtes là!

Effectivement, on rit souvent à lire Claudé. Sous le quotidien surgit l’insolite, ce mot que Ionesco préférait à l’absurde! S’il est normal que Mr Gnière et Mme aient ensemble les mêmes pensées comme tout vieux couple qui se respecte, est-il bien concevable qu’ils fassent ensemble les mêmes rêves? Le fantastique n’est pas loin qui emprunte sans qu’on n’y prenne garde des logiques imparables. Que faire devant la création d’une Banque du Temps chargée de rembourser sur la foi de dossiers structurés, le temps jugé perdu? « Le temps perdu », P. 35. Id.

Marcel Aymé et son Passe-Muraille auraient pu se glisser dans l’écriture de la nouvelle. Jules Romains avait-il rencontré Mr Gnière, ce personnage sans intérêt qui pourtant participe à la ronde des humains que nous sommes tous? Immanquablement son ouvrage « Mort de quelqu’un » nous revient en mémoire.

C’est Pierre Frath qui parle certainement le mieux de l’œuvre de Pierre Claudé à travers ses chroniques. Dans « La Grande Java » par exemple, qu’il compare aux « Particules Elémentaires » de Houellebecq et dont il fait une critique sans parti pris, le rapprochement entre le questionnement des deux auteurs sur l’individualisme forcené qui régit nos sociétés, devient évident:

Max considérait le sens moral comme un virus, comme une distraction (au sens pascalien) qui détourne de l’essentiel. L’essentiel pour lui, était les maths, mais on frémit si l’on imagine des gens…pour qui l’essentiel serait la race, la nation, ou Dieu ou  simplement l’hédonisme de leur propre ego (c’était le cas de Dorian Gray) et qui serait assez dépourvu de sens moral pour faire de cette infirmité une théorie aussi cynique. Je laisse cette hypothèse à la méditation de nos lecteurs.

Ce mot, écrit en réponse d’une confession de Max, ouvrant « Le temps scintille » est signé par l’écrivain Claude Boulder.

Boulder, comme c’est étrange, est précisément le nom de l’université où a séjourné Pierre Claudé dans le Colorado, lors de son séjour aux USA, grâce à la bourse Fulbright qui lui a été décernée. Il raconte ce parcours dans son roman « Amérique, mes amours » et rien n’est laissé au hasard, comme on le voit dans l’écriture de Pierre Claudé. Tout prend sens.

Etrange, avions-nous dit? Allons donc! Le grand puzzle de la vie d’un homme pudique et poète, né sur des terres rocailleuses, ébloui par la blancheur d’autres rives, se construit peu à peu.

Mais, en bons lecteurs que nous sommes, n’est-il pas temps de céder à l’invitation à méditer, tel que nous y invite l’écrivain Claude Boulder...?

On trouvera les références complètes, éditions, dates de publication de tous les ouvrages de Pierre Claudé à la fin du texte de Pierre Frath

 

Café littéraire

L’association « Vue d’ensemble » toujours novatrice dans ses activités faisant se rassembler malvoyants, aveugles ou voyants, des sports de l’extrême, escalade, marathons, au défilé de mode en passant par les ateliers d’écriture ou de cuisine, m’a demandé récemment de lancer un café littéraire dans un tout nouveau restaurant-maison d’hôtes, Pavillon M, 13 rue de Bouxwiller, dans le quartier des Halles à Strasbourg. La première rencontre aura lieu le mercredi 23 novembre 2016, à 18h 30. J’y accueillerai l’écrivain Graham Sage qui arrive de Singapour où il vient de présenter son dernier livre (non encore traduit en français) « The phoenix and the crow »,

The Phoenix and the Crow par [Sage, Graham]

paru aux éditions Monsoon. Lors de sa visite, nous parlerons de l’ouvrage et aussi des »Tribulations de J. Alfred Prufrock au pays des moas géants »

paru en 2015 chez l’Harmattan, en français, bien évidemment.

Parlons donc de cafés littéraires, ces lieux consacrés à la confrontation intellectuelle, à la promotion d’ouvrages et aux échanges philosophiques. Existent-ils encore ou alimentent-ils un mythe entretenu jusqu’à nos jours? Pour tenter de le savoir, remontons tout d’abord à ses origines et à l’introduction du café en tant que breuvage en France.

Comme chacun sait, le café consommé en boisson est apporté  à Paris et à la cour du roi soleil par l’ambassadeur de Turquie,  Soliman Aga Mustapha Roca, coqueluche du tout Paris dans la deuxième moitié du XVII° siècle. Servi sucré, il développe très vite chez les Parisiens  une véritable addiction.

C’est alors que les limonadiers de Paris réalisent les subsides qu’ils peuvent tirer de cette nouvelle mode. Ils parviennent à faire enregistrer les statuts de leur corporation le 26 janvier 167 en faisant agréer en même temps des lieux communautaires permettant de consommer la boisson tant appréciée, tandis que la profession obtient en plus l’autorisation de préparer et de vendre thé, café et chocolat, ainsi que le privilège de distiller alcools et liqueurs.

Dans son article  » Cénacles et cafés littéraires: deux sociabilités antagonistes », Vincent Laisney écrit : L’historiographie nous a habitués à considérer les cafés comme l’un des hauts lieux de la sociabilité littéraire parisienne. Du Procope des Encyclopédistes au Flore des existentialistes en passant par le Momus de la bohème et le Cyrano des surréalistes,

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les dictionnaires, les manuels et les ouvrages d’histoire littéraire n’en finissent pas d’égrener les noms de ces établissements célèbres, où se serait joué le sort de la littérature…

Réalité ou mythe entretenu?

Les futures rencontres littéraires du Pavillon M pour éloignées qu’elles seront des polémiques sur la réalité des célèbres cafés d’autrefois ne manqueront pas de cultiver, modestement, mais avec ferveur, la vitalité de l’écriture dans le partage des mots.

Calendrier des auteurs présents entre 18h30 et 20h:

mercredi 23 novembre: Graham Sage

mercredi 7 décembre: Jacques Fortier

Anne-Sophie Moussard

jeudi 12 janvier 2018: Pierre Claudé, évoqué par Simone Claudé, son épouse.

jeudi 19 janvier 2018: Albert Strickler

Animation: Chantal Serrière et Anissa Hamza

 

 

 

Portrait d’ailleurs et d’ici (12): A Bali, à deux pas du paradis, le restaurant populaire de Made

Made travaille avec sa tante qui est la propriétaire du restaurant (warung en indonésien, Warung Made Wati). Levées tôt le matin, à cinq heures, avant même le lever du soleil qui embrase l’horizon marin et parfois tout le ciel, elles vont d’abord au marché acheter poulet, porc, boeuf et poisson frais pour concocter les sate dont les Balinais et bien sûr les touristes raffolent.

Sate_Ponorogo

Elles rapportent également des brassées de légumes qui arriveront craquants sous la dent, sur les tables recouvertes de toile cirée. Leur cuisine est minuscule. « La salle » de restaurant s’étend dehors à l’ombre des arbres, juste contre mur qui borde à cet endroit l’immense plage de Sanur. Made Sanur 3Made Sanur merEn face se trouve la place où se déroulent les crémations. Le décor est planté.

Made Sanur cremationMade et sa tante s’activent, déposent les offrandes rituelles composées de pétales de fleurs, d’un peu de riz, de fruits coupés, harmonieusement déposés dans le creux d’une petite boite en feuilles  de palmier, de quoi satisfaire dieux et déesses tutélaires, là où leur présence est tangible. Sur les perrons, devant les portes, partout. Made Sanur detL’une ou l’autre, ensuite, à la cuisine, l’une ou l’autre encore, avec les clients qui arrivent à toute heure. Il y a les habitués. La population locale qui vient déguster son nasi goreng matinal (riz frit), les pieds dans le sable de la plage, de l’autre côté du mur d’enceinte sur lequel l’assiette est tout simplement posée. Le grand Jack qui va et vient, de la Hollande à Bali, de Bali à Amsterdam sans se lasser, et semble chez lui, comme tant d’autres clients familiers, torse nu, short orange, rieur et faisant rire Made quand il lui parle à l’oreille. Le couple de retraités actifs, venus à bicyclette par la piste dallée de la plage. Il s’en vont demain. Made et sa tante les embrassent. Les clients forment une famille. Ils se connaissent, échangent  des plaisanteries, jouent aux cartes en pleine matinée.

Made Sanur 2 redLorsqu’un petit nouveau approche, franchissant l’ouverture entre la plage et l’aire de crémation, Made et sa tante sont aux aguets. Leur sourire à enjôler les anges, leur amical « hello, Where are you from? How are you today » sont toujours convaincants. On propose: « What do you want to drink? » Il faut s’assoir, comme les autres, à l’ombre, avec vue sur la mer dans l’échancrure du mur. Une mer calme, bleue, à l’horizon lointain. On sort les photos des enfants. Made en a élevé trois. Des grands, à présent. Qui lui permettront peut-être dans un avenir proche de se reposer un peu. Les trois ont fait des études. Le plus jeune est étudiant en économie, l’une des filles est institutrice.

– Il faut travailler dur, dit Made en souriant. Mais la vie est bien plus facile aujourd’hui. Je me rappelle combien ma mère devait lutter. Une maison de bois, sans confort, sans électricité. A présent, nos maisons sont solides et nous avons le courant. Nos enfants étudient.

Le grand Jack revient sur ses pas. Il a oublié d’acheter des cigarettes. Au passage, à nouveau, il fait rire Made.

Pas de crémation aujourd’hui. Pas cette semaine. La pleine lune, la semaine dernière, a fait le plein de cérémonies et le Warung n’a pas désempli. Cette semaine, c’est plus calme. Ainsi va la vie, à Bali, pour Made et sa tante, à deux pas du paradis.

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Photos: Guy Serrière

 

 

Concert au pays des images et de l’Orgelstubb: Caroline Sablayrolles à Pfaffenhoffen

Pour son premier récital (8 février 2014) après la sortie de son livre « Avant le concert » aux éditions de l’Harmattan, Caroline Sablayrolles avait choisi le cadre poétique de l’Orgelstubb, à Pfaffenhoffen.

Autrefois, traverser le gros village de Paffenhoffen, au nord de l’Alsace, n’offrait rien de très attirant. Après l’envolée des lianes aériennes qui portent le houblon et rythment le paysage de la campagne environnante,

houblon

 

les façades des vieilles maisons s’étalaient, grises et maussades.  La révélation d’un patrimoine exceptionnel fait aujourd’hui s’arrêter le voyageur étonné. Bien sûr, il faut parcourir à pied les rues du bourg et admirer une à une les demeures sorties de la grisaille que le temps avait déposé sur leurs murs. Edgar Mahler, a peint la plupart d’entre elles et jusque tout en haut du clocher de l’église, s’inspirant des travaux du peintre allemand du XVI° siècle,Wenzel Dieterlin: « Une peinture à 2 lectures, chargée de symboles. Et si on y ajoute des morales et les déformations qui entraînent vers un univers de rêve telles les œuvres d’Arcimboldo ou de Salvador Dali, voire de Picasso, on a résumé le style d‘Edgar Mahler. » Ainsi se trouve définie l’oeuvre de ce peintre singulier à travers le site « Petit patrimoine« .

Marcher dans Pfaffenhoffen, c’est alors véritablement emprunter un grand livre d’images qui conduit des bâtiments industriels, jusqu’au Musée de l’image populaire, justement, en passant par la synagogue, le temple protestant et le pont aux trois rivières, pour arriver, Place du Marché, à l’insolite Orgelstubb.

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Insolite, en effet, car l’Orgelstubb est un lieu comme il n’en existe nul autre. Un lieu magique animé par des personnages sortis tout droit de nos livres de contes. Ici, se côtoient musique, événement culturel et… bonne chère! L’aubergiste, c’est Evelyne Mahler. Rémy Mahler, son mari  (frère du peintre), est facteur d’orgues. Son magnifique atelier jouxte la salle de restaurant. Sa réputation a largement dépassé les frontières régionales.

Caroline Sablayrolles et Rémy Mahler

Dans ce décor vivant qui ressuscite les objets d’autrefois, Caroline pouvait choisir entre deux pianos d’exception. Voici le programme du concert :

Programme: Sur Erard-   prélude et fugue en do# majeur de J.S Bach
                                       Sonate en Fa majeur de Mozart
                                       Sonate en La majeur de Schubert
                                       Chopin nocturne n° 3 op 9
                     Sur Pleyel-   Danzas Argentinas de Ginastera

Le talent et la  grande simplicité de Caroline joints à l’accueil chaleureux des hôtes ont conquis le public. La soirée, on l’imagine, fut exceptionnelle.

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Photos des façades peintes: Marilène Bergantz

Photo de Rémy Mahler et de Caroline Sablayrolles: Jean Dominique Schilling

Article et photo DNA: Patrick Kraemer

 

 

Le merveilleux voyage des blogueurs à travers l’espace et le temps

Certains jours, je n’en reviens pas. Grâce aux blogs, je m’envole et me prends pour Nils Holgersson…

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Mais, contrairement à l’illustration , je ne survole pas seulement la Suède . L’invitation au voyage à travers l’espace et le temps est tentation permanente.

Je m’explique. Il y a quelques jours, j’embarquais pour le Tibet, à la suite d’Alain Lecomte qui annonçait s’y rendre et nous donnait déjà un aperçu d’autres manières de vivre que les nôtres. Qu’est-ce qu’une société matriarcale, par exemple? Son magnifique billet illustré d’aquarelle, m’a fait m’inviter sans plus attendre à la lecture du carnet de voyage qu’il est impossible qu’il ne nous livre pas.

Avant-hier, suivant Dominique Hasselmann , je flanais dans les rues de Turin, sous les arcades, à la nuit tombée. Comme c’est bien de prendre le temps de flâner dans cette ville qu’on dépasse trop vite, pressés que nous sommes quand la destination du voyage nous emmène en Toscane, en Sicile…A tous ceux qui voudraient compléter la découverte de cette ancienne capitale, je suggère de relire le texte de Mostefa Boudiaf , publié sur ce blog à l’époque où j’animais un atelier d’écriture dans un de ses célèbres cafés.

Hier, je survolais le temps, guidé par le blog « Il y a un siècle » , qui nous offrait la découverte de Grieg avec un jaillissement de fraîcheur et d’eau au fil de la partition de photos retrouvées. Magique!

Hier encore, me voici plongée dans la correspondance de Flaubert, grâce au livre ouvert par « Fugues et fougues » .

Merveilleux voyages…

Pardon de ne pas les citer tous, ces blogs qui nous conduisent partout où nous pourrions être, où nous voudrions être, (avec Céline Perraud, par exemple, afin de chanter sous la pluie en Chine! où avec Agnès, « banquière atypique » de Seoul qui nous adresse ses clins d’oeil ), pour sentir, revivre, décrire, vivre ce qui donne sens à nos multiples chemins immobiles.

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« Beaucoup d’enfants français ont lu « Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède » de Selma Lagerlöf, publié il y a de cela un siècle. Selma Lagerlöf fut, en 1909, le premier lauréat suédois à obtenir, pour ses qualités de grand conteur, le Prix Nobel de littérature. Ses livres avaient déjà été traduits dans plusieurs langues majeures, dont le français. »

D’après le blog Suédois célèbres