La solution: « Multiple splendeur » d’Han Suyin

Bravo à Claudialucia qui a trouvé. Si l’évocation de la Chine traditionnelle faisait surgir tout naturellement des suggestions évoquant les ouvrages de Pearl Buck, la solution de l’énigme du jour se trouvait  dans le libellé lui-même avec la présence des mots « splendeur » et « multiple », tout simplement!

Dans les années 60, le roman d’Han Suyin (1917) « Multiple splendeur » faisait en effet rêver d’Orient. Sous l’intrigue amoureuse entre une belle eurasienne, médecin, et un Anglais, journaliste, la découverte de la société traditionnelle chinoise en pleine mutation rencontrait le désir d’exotisme de lecteurs fatigués de la grisaille de l’après-guerre.

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Ses prises de position en faveur de Mao Tse-Tung, à partir de 1968, l’ont fait sévèrement critiquer par la presse occidentale. Il faut pourtant replacer ses propos dans leur contexte, se détourner de la tentation de la pensée unique et ne pas se priver d’une lecture ou relecture de cet auteur écrivant en anglais et en français, trop oublié. Son témoignage en tant que passeur d’une culture à l’autre (elle est la fille d’une mère belge et d’un père chinois), reste unique  et s’inscrit dans la fresque historique d’une époque dont la complexité n’ a pas fini de faire débat.

L’énigme du samedi: splendeur de la nouvelle année lunaire aux pays des dragons…

Ce soir, c’est la fête:

Un réveillon  aux splendeurs gourmandes

et multiples,

Singapore in spring

dans l’attente du passage

à la nouvelle année lunaire

aux pays des dragons

et partout en Chine.

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Nous avons tous en tête

les images stéréotypes de la culture chinoise traditionnelle.

Celles que le roman évoqué aujourd’hui

a imprimées dans  nos mémoires.

C’était un roman d’amour incandescent…

Vous vous souvenez…

 

La solution: « Les animaux dénaturés » de Vercors

Encore une fois, la sagacité de Jeandler a opéré. Il s’agissait bien de Vercors (1902-1991). N’en reste pas moins que la culture des autres s’affiche de manière impressionnante. Dominique Hasslemann , Béné , Nathalie , Miriam , Claudialucia , Olivier …que de suggestions inventives!

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Donc, pour qui serait plus béotien, le pianotage sur « son auteur, tourné résolument vers la science

pour bâtir une éthique de l’homme? » permettait immédiatement d’accéder aux »Animaux dénaturés « (1952). Etrange prémonition de l’auteur du très célèbre « Silence de la mer »! Dans la veine d’un Huxley, le voici dans ce roman en train d’illustrer la querelle médiatique toujours vivante autour de nous.

Reprenons à cet égard le texte de Nolwenn Picoche:

« A l’époque des Animaux dénaturés nos connaissances étaient
moins avancées sur le plan anthropologique. Mais la question demeure :
toutes les créatures appartenant au genre Homo sont-elles des hommes ou

seuls les Homo sapiens sont des hommes ? Ce problème est au cœur de nouveaux débats comme sur l’idée de crime contre « l’espèce humaine ».
Intuitivement cette idée montre que ne sont Homme que les Homo sapiens
étant donné que nous parlons « d’espèce humaine », seulement,
scientifiquement, ce terme ne renvoie à rien. Peut-être n’avons-nous
pas le recul nécessaire pour trouver la définition de nous-mêmes ? Ce
qui est sûr c’est que les hommes continueront à s’interroger sur ce
qu’ils sont et d’où ils viennent. « 
A lire sur le site très complet « Implications philosophiques »

La solution: Jacques Roumain au pays dévasté des « Gouverneurs de la rosée »

C’est Dom.A qui  a deviné immédiatement le pays, l’auteur et l’ouvrage évoqués dans le libellé de l’énigme de cette fin de semaine. Hélas, la terrible actualité d’Haïti dévastée, renvoie en effet à l’écriture de l’un des écrivains les plus emblématiques de ce pays, Jacques Roumain (1907-1944) dont les oeuvres révèlent toute « la frustration et la rage d’un peuple piétiné durant des siècles « .

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Son célèbre ouvrage « Gouverneurs de la rosée » (1944), fut  publié en Haïti, après sa mort, à quelque mille exemplaires : « En se servant des symboles élémentaires de l’eau, du sang, de la terre et du soleil, Manuel (l e héros qui cherche désespérément la source qui sauvera les siens),  essaye d’établir une poétique de l’espace, un lieu commun idéal et utopique qui réduit l’opacité du monde », écrit J. Michael Dash  dans  « Haïti imaginaire : L’évolution de la littérature haïtienne moderne ».

A propos du titre énigmatique de l’ouvrage, François-Léon Hoffmann  rapporte sur ce site:

« Dans la revue parisienne Regards du 18 novembre 1937, Roumain dénonce, sous le titre La tragédie haïtienne, le massacre de milliers de paysans haïtiens établis du côté dominicain de la frontière et ordonné par le dictateur Raphaël Trujillo afin «d’améliorer la race» dans son pays. L’expression «gouverneurs de la rosée» s’y trouve imprimée pour la première fois sous la plume de Roumain, pour célébrer les victimes:

ces paysans noirs, travailleurs acharnés, dont il suffirait de citer le titre magnifique qu’ils se décernent à eux-mêmes: gouverneurs de la rosée, pour définir leur dénuement et l’orgueil qu’ils éprouvent de leur destin.

Or il semble qu’en créole, seul moyen d’expression des paysans haïtiens, le titre «gouverneurs de la rosée» n’existe pas, et qu’ils ne sauraient donc se le décerner. Roumain aurait en fait traduit et adapté mèt lawouze (littéralement «maître de l’arrosage», en créole haïtien) qui désigne la personne à qui une communauté paysanne confie la gestion de tout ce qui concerne l’irrigation: distribution de l’eau, répartition, horaires, entretien, etc »

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Triste occasion s’il en est,  à travers les ruines d’un pays mutilé par un tremblement de terre, de découvrir ou  de redécouvrir Jacques Roumain, son oeuvre et l’empreinte qu’elle a laissée dans l’histoire de la littérature francophone!

L’énigme du samedi: poétique et révolutionnaire…

Ce roman posthume

a été porté aux nues

par les défenseurs

des opprimés de tous pays.

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Ouvrage poétique et révolutionnaire.

Certains critiques ont pourtant affirmé

qu’il n’était subversif qu’en apparence et

qu’il ne représentait pour les nantis du pays exsangue

où se déroule l’action,

aucun danger réel…

Quel est donc le pays évoqué?

De quel ouvrage s’agit-il?

Qui est son célèbre auteur?

Illustration: Médaillon abolitionniste britannique (1795)

Jacques Fortier fait réapparaître Sherlock Holmes au château du Haut-Koenigsbourg

Sherlock Holmes et le mystère du Haut-Koenigsbourg, de Jacques Fortier vient de paraître chez Le Verger Editeur. Nous voici d’emblée étonnés! Comme chacun sait, les aventures de Sherlock Holmes écrites  par Arthur Conan Doyle (1859-1930) comportent quatre romans et cinquante-six nouvelles. Cet ensemble constitue ce que les holmésiens nomment le « canon » et l’aventure relatée ici n’en fait nullement partie!

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Cependant, d’autres aventures existent! Officiellement mort dans les chutes du Reichenberg (Suisse) en 1891, Sherlock Holmes n’en est pas à sa première résurrection. Les fans du détective savent en effet que sous la pression des lecteurs, Conan Doyle lui-même, lui avait redonné vie, trouvant un prétexte plausible à sa disparition et à sa réapparition soudaine en 1894.

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Jacques Fortier, quant à lui,  profite donc de ces années d’investigations interrompues pour situer une aventure inconnue que la plume du non moins célèbre Docteur Watson permet enfin de rendre publique. Tout l’art de Jacques Fortier est de savoir si bien s’approprier cette plume qu’on s’y trompe. Sherlock Holmes et le mystère du Haut-Koenigsbourg n’est-il pas un authentique épisode égaré par Conan Doyle?

Passionnante écriture mimétique de Jacques Fortier! Les plus savants exégètes de la planète holmésienne auraient probablement du mal à la distinguer de celle d’un manuscrit original. Des très sérieuses sociétés se sont en effet constituées un peu partout dans le monde (jusqu’aux universités d’Oxford et Cambridge) pour examiner à la loupe et comme des faits réels, les aventures exhaustives de leur héros.

 

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Le pastiche réussi n’est d’ailleurs pas le seul atout de ce livre. Une foule de détails érudits sur les lieux, une mise en perspective historique de ce château emblématique, partagé entre l’Allemagne et la France au gré des aléas de guerres successives conduisent le lecteur à une visite documentée hors des sentiers battus qui suffiraient à justifier l’intérêt de l’ouvrage.

Mais bien sûr, c’est l’intrigue, captivante, qui permet aux  nombreux aficionados  que nous sommes, de retrouver les délices d’une enquête menée par leur héros ressuscité. Que vient donc faire en ce haut lieu, le  fameux détective d’Outre-Manche? Quel mystère devra-t-il résoudre dans la plus grande discrétion, alors que sa célébrité l’oblige à dissimuler la moindre de ses intentions? Gageons que le lecteur ne boudera pas son plaisir à déchiffrer les clés de cet imbroglio à la Dan Brown, à s’amuser des clins d’oeil faisant surgir quelques personnages d’aujourd’hui à travers la silhouette d’homonymes des siècles passés, comme ce savant Charles Muller, et qu’il ira de surprise en surprise lorsqu’il connaîtra enfin le nom du chapelier de Sherlock Holmes! Eh oui! Et c’est un scoop livré par Jacques Fortier: la casquette, la fameuse casquette du détective a été achetée à Sélestat chez …mais vérifiez vous-même!

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Jacques Fortier est journaliste aux Dernières Nouvelles d’Alsace à Strasbourg, et correspondant du Monde. Il avait auparavant travaillé au Nouvel Alsacien (Strasbourg), puis comme rédacteur en chef de France Bleu Alsace (Radio France).
Il a écrit Sherlock Holmes et le mystère du Haut-Koenigsbourg en hommage à Sir Arthur Conan Doyle (1859-1930), pour le cent cinquantième anniversaire de la naissance du créateur du grand détective.

texte biographique emprunté à face book

 

 

 

 

 

La solution: Stefan Zweig, »Le monde d’hier – Souvenirs d’un Européen »

« Je salue tous mes amis. Puissent-ils voir encore l’aurore après la longue nuit ! Moi je suis trop impatient, je pars avant eux. »

Stefan Zweig, Pétropolis, 22-2-42

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Ainsi se termine le message d’adieu que l’écrivain (né en 1881 à Vienne, en Autriche), laisse à ses amis avant de se donner la mort au Brésil, en 1942. Son autobiographie, Le Monde d’hier – Souvenirs d’un Européen , qu’il rédigea peu de temps avant sa mort, est un hymne à la culture européenne qu’il considérait alors comme perdue.

C’est Alain.L qui a trouvé cette solution. Bravo! Mais Jeandler en était proche, avec l’évocation de Romain Rolland, qui fut l’ami de Stefan Zweig.

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