Quelle est votre muse?

Les Muses sont les neuf filles de Zeus et de Mnémosyne.

(cf. Mythologie grecque. Hésiode:Théogonie, 53-57 et 915-917),

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  • Calliope, la muse de l’éloquence et de la poésie épique ;
  • Clio, la muse de l’histoire ;
  • Érato, la muse de l’art lyrique et de l’élégie (poésie qui évoque la mort) ;
  • Euterpe, la muse de la musique ;
  • Melpomène, la muse de la tragédie ;
  • Polymnie, la muse de l’art lyrique et de la rhétorique ;
  • Terpsichore, la muse de la danse ;
  • Thalie, la muse de la comédie ;
  • Uranie, la muse de l’astronomie et de l’astrologie.

Auriez-vous rencontré l’une d’entre elles? Ou connaissez vous d’autres muses?

Est-ce si sûr qu’elles président à la création des pages d’écriture?

Sur l’illustration, Zeus est au centre du tableau : Mnémosyne en blanc donne naissance à une Muse. On peut voir sur la droite les Muses déjà nées.

Références sur ce site

Harry Potter, Le Petit Poucet et les autres: mais où sont les petites filles dans la forêt des contes?

Les jeunes héros masculins pullulent dans les contes version d’hier ou d’aujourd’hui.

Les psychologues ont beau jeu de nous affirmer qu’il s’agit, à travers la série d’épreuves rencontrées par ceux-ci, de permettre la structuration de la personnalité et l’avancée consentie jusqu’à la vie des adultes. Soit.

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Voici ce qu’en dit le psychologue Benoît Virole (auteur de « L’enchantement Harry Potter ») interrogé par doctissimo: « Les enfants ont un besoin fondamental de rencontrer des mythes qui peuvent donner du sens au monde qui les entoure. Les messages pédagogiques ou le discours du monde adulte sont insuffisants à combler ce besoin. Or, l’histoire d’Harry Potter peut se lire comme un mythe initiatique d’un enfant confronté à la mort de ses parents et qui doit apprendre à vivre seul dans un monde clivé en deux parties antagonistes et toujours menaçant.

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Harry est certes doté de pouvoirs magiques, et on peut y voir là une métaphore de la toute puissance de l’enfant, mais il doit apprendre à en faire usage à bon escient. Il doit aussi affronter des monstres et des puissances destructrices qui sont les reflets de son propre monde inconscient. L’histoire d’Harry présente sous une forme narrative imaginaire des conflits internes au psychisme de chaque enfant et contribue en fin de compte à les aider à les surmonter. »

Pour Le Petit Poucet petit-poucet.1188808663.jpget plus tard son double orphelin, notre contemporain Harry Potter , admettons que l’un et l’autre s’en sortent plutôt bien. Mais qu’en est-il des filles de l’ogre file-de-logre.1188809203.jpgqui n’avaient pourtant fait aucun mal à la fratrie égarée? A quand une « Harriette Potter » d’envergure relevant pareillement le défi de la littérature enfantine?

Bref, le Petit Chaperon Rouge n’a pas fini de musarder solitaire dans le bois pour y rencontrer le loup…

 

le_petit_chaperon_rouge.1188578829.jpgAlbert Anker (1883) Biographie

A lire, sans plus tarder, l’excellent article sur Le sexisme dans les contes populaires. Très intéressant.

 

De la lumière en écriture au coeur des époques barbares:

Richard Millet n’est pas un écrivain complaisant. Admiré et craint (cf le billet de P. Assouline ), il ne mâche pas ses mots pour fustiger la comédie humaine et…littéraire de notre « époque enténébrée ». Pourtant l’écriture, selon lui, peut être bien autre chose. Ecoutons-le un instant:

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« Ecrire est un savoir ombreux. Sa lumière est incomparable. Il est singulier d’écrire dans une époque barbare. Il l’est bien davantage de considérer l’enténèbrement du monde qui résulte non seulement de l’obsolescence des formes littéraires mais de la mort de la langue qui nous a constitués et dans laquelle la littérature n’aura pas été que l’exercice d’un pouvoir temporel ou une figuration romantique mais une vie d’homme tout entière vouée à une tâche où j’aurai accepté sans regret, avec ferveur, voire dans la joie de ce qui me détruit tout en me gardant en vie, de n’être qu’un appel éperdu de sens. »

Un entretien avec Richard Millet sur « l’Express livres »

Richard Millet est publié entre autres, chez P.O.L , également chez Gallimard,..

Illustration: photo Guy Serrière, lumière dans la forêt du Jura

Voyage à travers « le confort d’écriture »: les liens nécessaires

Dans le très beau blog « Design et typo le blog »

qui vous permet d’aborder la face ignorée de l’écriture, son rapport à la forme, sa relation implicite au dessin de la lettre, elle-même chargée d’une histoire parfois violente, son identité secrète…

vous pouvez lire:

« Via le blog des correcteurs du Monde voici la liste des liens qu’ils nous recommandent de visiter pour améliorer notre confort d’écriture.

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Accents de France
Au domicile des mots dits et écrits
Café Babel/expressions
Délégation générale à la langue française et aux langues de France
Dictionnaire des kanjis (japonais)
Dictionnaire des synonymes
Dictionnaires d’autrefois
Du côté de l’arabe
Encyclopédie des expressions
Franc parler
Francofffonies
Grand dictionnaire terminologique (Québec)
Histoires de mots languedociens
Installer Littré
L’Alliance française
Langue française.net
Le devoir conjugal
Le Dicomoche
Le dictionnaire de l’Académie française
Le français au micro
Le glossaire du marketing
Le P’tit Dico
Le Petit Champignacien illustré
Le Singe / tipografia
Le Trésor de la langue française informatisé
Les amoureux du français
Les dictionnaires.com
Les mots-clés de la justice
Lexilogos
Lexique des expressions québécoises
Musée virtuel des dictionnaires
Naked Translations
Orthonet
Pince ton français !
Planète typographie
Retourne au CM1
Revue “Passage d’encres”
RFI – Langue française
Serendipity
Technologies du langage
Trésor de la langue française au Québec
TV5 monde, Langue française
Wikipedia, l’encyclopédie libre

mille pardons Martine et Olivier d’avoir ainsi pillé vos liens… mes lecteurs, je pense, j’espère, en seront ravis 😉 »

Les lecteurs de ce blog aussi!!

Merci donc, à Peter Gabor d’avoir si judicieusement pillé Martine et Olivier sur « Langue sauce piquante ».

L’écriture: un acte d’engagement? Nommer, c’est choisir…

En 1946, J.P.Sartre prononçait à la Sorbone une conférence sur « La responsabilité de l’écrivain ». Publié aux éditions Verdier, le texte de cette conférence est contemporain du célèbre « Que peut la littérature? »

Voici l’extrait d’un article de Bernard Fauconnier dans Magazine littéraire de janvier 1999, à propos des réflexions de Sartre sur l’écrivain: homme libre engagé, qu’il le veuille ou non, par son simple rapport au langage.

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« Qu’est-ce que nommer ? » Tout est affaire de signes : « On pense que nommer, c’est effleurer, effleurer la chose sans lui faire de mal. » Or le regard, dans la prose, « traverse le mot et s’en va vers la chose signifiée ». La conception sartrienne du mot est au fond assez mallarméenne, mais, appliquée à la prose, cette conception « chosifie » le mot et lui confère un statut d’objet – d’objet actif, de force en marche qui transforme le monde puisqu’elle le dévoile. Et d’évoquer ce passage de La Chartreuse de Parme dans lequel le comte Mosca, voyant s’éloigner Fabrice et la Sanseverina s’écrie : « Si le mot d’amour vient à être prononcé entre eux, je suis perdu. »

La responsabilité de l’écrivain, c’est cela : l’écrivain est engagé dans son rapport au langage. Nommer n’est pas innocent. Nommer, c’est choisir. La justification de l’acte d’écrire se trouve dans cette conscience de l’engagement, qui est aussi postulation de liberté, de liberté concrète. L’écrivain est un homme libre qui s’adresse à d’autres hommes libres. Que cette liberté soit opprimée, ou que l’écrivain choisisse de se réfugier dans l’art pour l’art… »

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Illustrations de ce billet:

Hans Holbein le Jeune, Érasme écrivant, 1523. Huile sur panneau, 42 × 32 cm. Département des peintures, musée du Louvre, Paris.
Ibrahima Bari (ici avec une signature usurpée- cela existe!), Soweto, Musée de Labé, Guinée-Conakry

 

 

L’art et le hasard….Bruegel l’Ancien et les couleurs, Paul Valéry et les phrases

La rumeur a été jusqu’à affirmer, tenez-vous bien, que Bruegel l’Ancien…jouait aux dés…les couleurs des vêtements des personnages dans nombre de ses tableaux!!!

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Imaginons: vous lancez vos dés.

vous totalisez 7! Vous vous imposez d’écrire une phrase de sept mots!

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Puis, vous relancez vos dés: un 3, un 2, un 4, encore un 4, puis un 3, un 5 et un 6

Les 7 mots de votre phrase auront respectivement: 3, 2, 4, 4, 3, 5 et 6 lettres.

Exemple: « Les as font peur aux jolis coeurs! »

Et après, me direz-vous? C’est vrai. J’aurais pu trouver mieux! Donc, après?

A vous de voir…

Quand vous saurez que même Paul Valéry avouait (parfois) le recours à de tels stratagèmes: « Devant trop souvent écrire des choses dont je n’ai nulle envie et l’esprit inerte devant elles, je m’avise de me donner les lettres initiales des phrases successives à faire_ comme pour une acrostiche…et cela ferait scandale si je le disais.« 

Illustration: Le Combat de carnaval et carême (1559)

Article librement inspiré de « Petite fabrique de littérature » de Alain Duchesne et Thierry Leguay, éd. Magnard.

 

Panne d’écriture? le remède d’André Gide

A méditer, les propos d’André Gide dans son journal:

« Quand « ça ne vient pas », je marche de long en large dans la chambre, puis, par impatience un peu, je saisis presque au hasard un livre de ma bibliothèque (non point un de ces livres qui gisent sur ma table et que je suis « en train » de lire , mais un de ces vieux compagnon constants, qui sont toujours là, que je retrouve à travers tout) et je l’ouvre vraiment au hasard. Ce « hasard » me ferait croire au diable ou à la providence, car je tombe à pic, presque à coup sûr, sur la page, sur la phrase, ou les mots, dont j’ai précisément besoin pour rebondir. »

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Ne nous leurrons pas, en effet: beaucoup des ouvrages qui nous entourent ont emprunté des sentiers menant à ces rencontres fortuites. Car il est vrai que lorsqu’on écrit, nous plongeons sans vergogne dans la totalité de tout ce qui nous entoure pour le passer par notre étamine singulière. Hasard, coïncidences…sachons reconnaître les petits cailloux blancs de notre chemin de mots.