La métaphore des jeux

Qui ne connaît le célèbre tableau « Jeux d’enfants » , peint en 1560 par Bruegel?

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Autre tableau, plus contemporain, celui-ci, emprunté à l’AFP :

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Jeux mondiaux pour enfants de tous les temps?

Certains critiques ont vu dans le tableau de Bruegel , une simple énumération des jeux pratiqués à l’époque. Le genre était à la mode: décrire de manière exhaustive un domaine d’étude quel qu’il soit. Appréhender l’oeuvre de cette façon est évidemment très réducteur. Ce serait un peu comme penser que les jeux olympiques n’ont pour finalité que d’établir une nomenclature précise de tous les sports du XXI° siècle!

Pourtant, à bien observer les enfants du tableau de Bruegel, il est plus qu’improbable de détecter un sourire (ne serait-ce qu’un seul) sur les visages de tous les joueurs assemblés. Ils sont bien sérieux ces enfants dans leur application à jouer! Et d’ailleurs s’agit-il vraiment d’enfants?

Que décrit ainsi Bruegel au bout de son pinceau? Raconte-t-il sans mots, l’universelle et intemporelle dérision des activités humaines? L’effort sans cesse renouvelé, le dur labeur de « jouer » ensemble afin de remporter ce fragment d’immortalité étincelant de gloire et de clameur dorée?

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Photo empruntée à l’article de « L’humanité », concernant la victoire d’Alain Bernard.

 

L’ultime journée de Soljenitsyne…

Le grand Soljenitsyne est mort. La nuit dernière. En voilà une figure dérangeante! Une oeuvre fascinante! Qu’on se souvienne d’ « Une journée d’Ivan Denissovitch ». Ce témoignage d’une rigueur et concision bouleversantes. Qu’on se rappelle « Le pavillon des cancéreux ». La plongée dans cet univers glacé. La dénonciation de tout un système. Une voix qui ose parler alors qu’à l’extérieur on croit toujours aux lendemains qui chantent…

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Et puis l’exil. Les campagnes de diffamation. Soljenitsyne à la solde de l’Occident? Possible puisque le monde est manichéen. Ce qui dérange plus encore, c’est ce curieux rapprochement avec P. De Villiers . On se prend à douter.

Pourquoi les héros, y compris ceux de notre musée littéraire, sont-ils si vulnérables?

Mais on a tort. Il ne faut pas douter du génie littéraire de cet homme-là, qui fut notre contemporain. De son trop plein de vécu rendu presque illisible tant est complexe la complexité de ce monde qu’il parcourt avec ses contradictions flagrantes. A la manière de Dostoïevsky. Certains critiques le rapprochent de Tolstoï. Je lui trouve, pour ma part, une plus grande proximité d’écriture avec Dostoïevsky. Même tissage de fils croisés conduisant longuement au coeur de l’intrigue, même souci du détail, ambiguité et méandres des réflexions métaphysiques…

Mais, au fait, avant de juger les chroniques narrant tout et son contraire à propos de ce géant quittant la scène où nous évoluons encore, l’avez-vous lu?

Salzbourg: Le mystère est ailleurs…

Mozart n’aimait pas Salzbourg…qui s’en moque.

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Salzbourg vénère sans vergogne et sans retenue son génie autrefois chassé des lieux, d’un coup de pied resté célèbre. N’y revenons pas. A Salzbourg s’entend.

On a tout dit sur le mystère de la créativité musicale de Wolfgang Amadeus, l’éducation donnée par un père doté d’un talent pédagogique hors du commun, les voyages précoces, « frotter et limer sa cervelle à celle d’autrui », la réceptivité de l’enfant surdoué, les influences, l’entourage. On a tout dit et on comprend si peu.

A moins que, la musique secrète du paysage autour de Salzbourg…

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Une vue du lac Traunsee

Photo: Guy Serrière. Juillet 2008

 

Salzbourg, festival 2008: côté rue…

L’écriture musicale de l’enfant prodige , cet enfant du pays que sa ville natale n’en finit pas d’honorer (et pour cause), cette écriture-là, qui, malgré nombre d’exégèses savantes, continue à garder son mystère, tient le haut de l’affiche et fait rêver le quidam en tenue estivale…

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Ah! pardon! Vous rêviez devant l’affiche de Don Juan…La voici.

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Mais pourrez-vous entrer dans le palais des fêtes ? Côté rue, les « petites mains » s’activent et vous déroulent le tapis rouge.

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Trop tard, trop cher, trop tout. Vous ne pourrez pas entrer. D’ailleurs avez-vous la tenue adéquate? Un carrosse pour vous attendre? Si votre citrouille habituelle n’est pas admise devant le parvis de ce haut lieu musical, si elle est en panne ou refuse de se transformer à la sortie du bal, n’hésitez pas, sautez dans ces limousines dernier cri et vous aurez en prime un chauffeur, jeune et bien fait, vêtu d’une livrée blanche.

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Tout à parier qu’il s’agit de princes déguisés en cocher. Alors, méfiez-vous et si vous comptez en épouser un, ajustez bien votre comportement lorsqu’il vous demandera de formuler trois souhaits. Attention à ne pas vous retrouver, par nostalgie du passé, dans un de ces fiacres si prisés des touristes en mal de concerts. Vous risqueriez de tourner pour l’éternité au coeur des ruelles d’une ville étranglée, devenue ghetto, tandis que déambulent à l’entour, dans leurs atours du dimanche, de richissimes somnambules…

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Nous parlions bien de « La ville dont le prince est un enfant » . Salzbourg . Côté rue.

Mais chacun sait bien que Mozart a depuis longtemps pris la poudre d’escampette…Reste le mystère…A quelques lieues de la ville étranglée, la lumière des lacs cernés d’ombres bleues…

Ecriture, écriture: des mots laissés à prix d’or sur les télégrammes…

Mon petit cousin Lionel se marie demain avec Carole.

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Tous nos voeux de bonheur à ce jeune couple au mariage duquel nous ne pouvons assister puisque nous sommes en déplacement et d’aussi belles noces (bien qu’urbaines), que celles, campagnardes, croquées par Bruegel dans son célèbre tableau (musée de Vienne).

Du moins est-ce ce que je voulais exprimer en m’adressant au service des télégrammes de France telecom . Attention, ceci n’est pas une pub!

Enfin, soyons honnête, je suis loin d’être déçue par la voix du réceptionniste qui m’a justement réceptionnée. Celle de Marc Lavoine en personne!

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Timbre chaud et enveloppant, douceur du ton et rapidité de compréhension. Finalement, ceci est une pub! Je ne doute pas qu’après lecture de ce billet, tout le monde voudra essayer…voici, pour faciliter la tâche, l’adresse du fan-club .

Donc je navigue sur mon message de bonheur…quand après relecture (nettement moins sensible que l’interview le précédant), à la manière de l’écho répondant à Yves Montand dans sa déclaration d’amour mémorable, j’apprends qu’il m’en coûtera 17 euros 95 !(il est vrai que j’ai opté pour la formule carte de mariage qui impose un supplément de 2 euros), mais sans garantie de livraison demain, jour du mariage.la-poste.1216369930.png Parce que là, ça ne « les » regarde plus, les telecom-à-voix-de-velours; c’est l’affaire de la poste. Et la poste, me dit-on, justement, c’est son affaire!

Ah bon!

Que n’ai-je envoyé une carte moi-même au prix d’un timbre!

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Il est vrai qu’on m’assure que France telecom téléphonera demain matin à 10 heures pour transmettre mes mots portant souhaits de bonheur au jeunes mariés! Et si c’est ma cousine Françoise, ou Isabelle, sa fille, ou encore Carole, la jeune mariée qui décrochent, nul doute qu’elles seront charmées par la voix (j’aurais dû payer un supplément pour l’exiger) grave et berçante du téléphoniste. Je vous le dis, Marc Lavoine en personne qui doit avoir besoin de rentrées d’argent supplémentaires…allez savoir…

En tout cas, mille souhaits de bonheur à Lionel et Carole demain. On les embrasse ainsi que toute la famille autour d’eux.

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Ecriture, écriture : de l’écriture musicale à l’écriture cinématographique…

Ne manquez surtout pas la dernière émission d’Antoine Pecqueur nous racontant l’écriture musicale au coeur des films de Stanley Kubrick dans l’émission « Le matin des musiciens » sur France Musique , de 9h05 à 10h05.

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« Dans « Le matin des musiciens », Antoine Pecqueur , auteur des Ecrans sonores de Stanley Kubrick ( éditions du Point d’exclamation), explore l’ alchimie des écritures croisées à travers cinq films clés – un par jour : 2001 : L’Odyssée de l’espace (lundi 14 juillet), Orange mécanique (mardi 15 juillet), Barry Lyndon (mercredi 16 juillet), The Shining (jeudi 17 juillet) et Eyes Wide Shut (vendredi 18 juillet).  »

Et si vous avez manqué ces rendez-vous vivants et érudits, écoutez-les sur le site de France Musique précédemment cité.

En savoir un peu plus sur Antoine Pecqueur:

Antoine PECQUEUR, basson baroque

Antoine Pecqueur commence l’étude du basson au Conservatoire National de Région de Strasbourg avant d’intégrer le Conservatoire National Supérieur de Lyon dans la classe de Laurent Lefèvre . Après avoir obtenu en 2004 son Prix, il se spécialise sur les instruments anciens auprès de Marc Vallon dans le cadre de la formation supérieure au métier de l’orchestre classique et romantique de Saintes. Jouant régulièrement au sein de nombreuses formations symphoniques (Orchestre Lamoureux, Orchestre Pasdeloup, Opéra de Tours, Orchestre de Besançon, Orchestre Symphonique de Mulhouse, Nouvel Orchestre Symphonique de St-Etienne…), il intègre en 2003 l’Orchestre de Limoges. Titulaire du Diplôme d’État de professeur de basson, il enseigne le basson et le basson baroque à l’École Nationale de Musique de Chartres. Se produisant avec l’ensemble Orchestral Contemporain et l’Ensemble Linéa, il met au premier plan la défense des musiques actuelles. Chambriste engagé, il participe à la création du duo Eole (hautbois et basson classiques) et des Fagotins (ensemble de bassons baroques).

Le printemps des « Trois saisons du monde »: Carole Minary, céramiste.

Elle s’appelle Carole. Elle habite près d’un lac. Un lac calme, bruissant de ces lumières jurassiennes qui font penser à la Suède de Bergmann en été. Elle s’arrondit de l’enfant qu’elle porte et qui naîtra après la saison d’été. C’est peut-être une fée, mais c’est aussi une jeune femme de vingt-sept ans appartenant à notre monde bien réel. Elle est potière. Elle pétrit la terre. C’est une artiste qui crée chaque jour des oeuvres singulières que lui inspire la nature si présente autour d’elle. Son atelier se trouve au beau milieu du village de Bonlieu. Tout près de ce lac magique.

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A la fin de ses études d’Arts appliqués de Paris, elle a présenté sa recherche sur les secrets enfouis dans le corps des arbres: D’abord chercher la serrure, puis la clé ouvrant le chemin à d’autres découvertes. Le monde prend sens à force d’observation, d’écoute, de patience… Tout se déchiffre dans l’arbre, l’écorce, la gangue qui nous entoure et dont nous sortons.

De cette patiente quête du sens au coeur de la nature, naît également la rencontre avec l’imaginaire. L’atelier de Carole est ainsi peuplé de tout un monde de lutins auxquels elle offre gîte (et probablement couvert) dans des maisons d’argile vernissé qu’elle confectionne à leur usage et que les enfants peuvent éclairer à leurs chevets, chaque nuit.

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Les lutins des berges du lac hantent aussi ses théières qu’ils affectionnent… Un monde extraordinaire où fantastique et réalité se mêlent en toute sérénité.

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A l’arrière plan, l’église romane de Château-Chalon