L’énigme du samedi: soigner ses obsessions morbides

C’est ce que certains lui conseillent

à travers le Figaro:

« Soigner ses obsessions morbides »!

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Si la virulence est retombée,

le titre de l’oeuvre dont il est question

rejoint tristement l’actualité brûlante!

Vous avez deviné à coup sûr

de quelle oeuvre il s’agit,

son auteur

et pourquoi pas

ses plus éminents détracteurs.

La solution: Victor Hugo devant le mur des siècles

Guernesey, Avril 1859:

« J’eus un rêve: le mur des siècles m’apparut « , écrit Victor Hugo, dans « La vision d’où est sorti ce livre », préface à « La légende de siècles » qui paraît la même année.

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Et l’épopée humaine, comme un opéra régi par ses codes intemporels, se déroulera à travers la scansion des alexandrins dont nous gardons à jamais l’empreinte musicale. Etrange vision que l’évocation de ce mur des siècles qui renvoie à la verticalité! Car le déroulement de la geste des hommes se prêterait plutôt à la linéarité d’une fresque. La représentation de l’axe du temps ne se déploie-t-elle pas horizontalement?

« Et ce mur, composé de tout ce qui croula,
Se dressait, escarpé, triste, informe. Où cela ?
Je ne sais. Dans un lieu quelconque des ténèbres. »

Dans la vision de ce mur lézardé, le poète avait-il pressenti, ces murs infranchissables qui cernent nos horizons contemporains, d’un continent à l’autre?

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Image (photo AFP), emrpuntée au site de RFI

 

 

La solution: du « Discours de la méthode » à la méthode du discours

Le libellé de l’énigme parlait de redondance: Du latin ‹redundare›, soit «déborder» en français; installation répétée des mêmes composants matériels, enregistrement répété de données identiques ou encore transmission répétée de ces données...Certes, voici une solution légèrement tirée par les cheveux à partir de la reprise à l’identique d’un discours   présidentiel prononcé en février 2009 et restitué cette semaine devant les agriculteurs, à Poligny .  Chacun sait que le fameux Discours de la méthode ,

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livré par Descartes en, 1637  n’est nullement  une méthode à fabriquer des discours cohérents à l’usage des princes qui nous gouvernent.

Mais n’est -il pas permis de rire un peu? L’actualité s’y prête. Car la méthode est singulière qui consiste à énoncer un discours déjà prononcé lors d’une autre manifestation en l’introduisant par l’affirmation qu’il ne l’a jamais été! J’en conviens, le basculement de la mise en abîme, l’impression de déjà vu,  de déjà entendu, créent un curieux malaise. Est-ce grave, docteur?

Grave, en effet! Et si la lecture de Descartes ne conduit pas l’invention de la machine à fabriquer le discours, elle permet certainement le développement d’attitudes plus raisonnables, plus rationnelles, vous auriez dit…cartésiennes que celles données à voir chaque jour dans nos journaux télévisés!

Petit rappel sur la notion de « bon sens » qui était un indice de l’énigme. Descartes ouvre son propos en ces termes:

« Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée ; car chacun pense en être si bien pourvu, [ 124 ]que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose n’ont point coutume d’en désirer plus qu’ils en ont. En quoi il n’est pas vraisemblable que tous se trompent : mais plutôt cela témoigne que la puissance de bien juger et distinguer le vrai d’avec le faux, qui est proprement ce qu’on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes ; et ainsi que la diversité de nos opinions ne vient pas de ce que les uns sont plus raisonnables que les autres, mais seulement de ce que nous conduisons nos pensées par diverses voies, et ne considérons pas les mêmes choses. Car ce n’est pas assez d’avoir l’esprit bon, mais le principal est de l’appliquer bien. « 

La solution: Julien Sorel ou l’ambition décapitée

Une évocation évidente pour le perspicace Jeandler !

Eh oui, il s’agissait bien du héros du « Rouge et le Noir« , Julien Sorel. Grand admirateur de  Napoléon, il s’est en effet hissé, comme lui, « hors du commun », hors de son environnement initial. Il ne sera pas charpentier, comme son père, anonyme villageois de la province jurassienne . Le voici, grâce à ses succès scolaires, remarqué et encouragé à poursuivre des études. Le voici, grâce à son charme et à sa détermination, aimé et amant de Madame de Rênal, mère des jeunes élèves qu’il est chargé d’éduquer…

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D’autres études passant par le séminaire, d’autres amours le hisseront au plus haut dans la société. Mais est-ce possible?  Où se bloque l‘ascenseur social?

Self-control ! Si Julien Sorel meurt décapité, après avoir tiré sur Madame de Rênal  (qui a dénoncé sous la pression de son confesseur, ses agissements de séducteur), c’est parce que le ridicule tue. Contrairement à l’adage.  Et cela, Julien, en digne fils du peuple qu’il est, ne le supporte pas. Voilà un jeune homme qui pour être talentueux, semble manquer singulièrement…de maturité? de cynisme héréditaire? de pragmatisme élémentaire? Qu’adviendrait-il de lui aujourd’hui?