La solution: L’âme des guerriers, d’Alan Duff

Bravo à Motsaiques qui a immédiatement pensé à L’âme des guerriers, d’Alan Duff.

Les habitués de la première heure n’auront pas manqué de voir l’erreur de manipulation qui a fait paraître pendant cinq minutes la solution avant le libellé de l’énigme! Comme quoi, l’avenir appartient réellement à ceux qui se lèvent tôt. Ce qui est déjà un mérite en soi! Les impressionnantes hakas précédant les matches de rugby renvoient aux rituels maoris, récemment mis en lumière pendant la coupe du monde en Nouvelle Zélande.

Quiconque a assisté à cette parade d’intimidation sait à quel point elle est intimidante, même pour des touristes de passage. Et gare à celui qui s’aviserait de sourire!

Publié en 1990, L’Âme des guerriers (Once Were Warriors) est le premier succès littéraire d‘Alan Duff. Ce livre a connu un grand retentissement en Nouvelle-Zélande.

« Il dresse un portrait sans complaisance du peuple māori et de ses difficultés à prendre son destin en main dans la société néo-zélandaise des années 1990. Depuis 1996, cet ouvrage est disponible en français dans une traduction de Pierre Furlan chez Actes Sud. Ce roman a été porté à l’écran en 1994 par le réalisateur néo-zélandais Lee Tamahori, L’Âme des guerriers. » (emprunté à Wikipedia)

Au secours! Les sorcières sont féministes….fuyez…

Si baba yaga signifie « vieilles sorcières sages » dans la mythologie russe, je me demande si leur maison, dont les médias se font l’écho, n’est pas plus vouée à la sorcellerie qu’à la pratique de la sagesse.

Witches. Woodcut, Hans Baldung

Entendue au réveil, samedi matin (15 octobre), l’une ou l’autre de ces baba yaga décrivant leur future et idyllique demeure respectant l’environnement et permettant de vivre à la manière des béguinages flamands où les dames restaient entre elles. On se souvient du célèbre livre de Françoise Mallet-Joris

Tout de même!  Je sursaute lorsque les mots suivants parviennent à mon tympan forcément incrédule: « et bien sûr, nous avons refusé la mixité car il n’est pas question que nous jouions aux infirmières pour recueillir les derniers instants de ces messieurs ». S’en suit un adorable ricanement! Fière d’elle la féministe!

Une baba Yaga, représentée le plus souvent en sorcière unijambiste (« Baba Yaga, en russe : Костяная Нога) et vivant dans une maison sans fenêtre dans les tréfonds de la forêt. Elle ne porte jamais de foulard, ce qui était jadis considéré comme scandaleux par les paysans russes. (d’après Wikipedia)

Nous voici rassurés! La maison est écologique et les hommes sont dehors. Bravo les sorcières!

A moins, à moins,  que la dame interrogée samedi dernier, ne fasse de l’humour noir, sa spécialité incontestée.

La solution: « Le Prince », de Machiavel

Plus que jamais d’actualité, les conseils de tous bords donnés aux »impétrants », futurs dirigeants des nations ou aux princes déjà consacrés, s’incarnent dans la comédie du pouvoir jouée par les bons ou piètres acteurs de nos démocraties érigées en modèle.

Allégorie de la simulation Lorenzo Lippi, vers 1640

« Le prince » de Machiavel, ne reste-t-il pas, à cet égard, indémodable? Traité politique écrit au début du XVI° siècle à l’intention de Laurent le magnifique,

Laurent le Magnifique enfant, détail d’une fresque de la Cappella dei Magi, Palazzo Medici Riccardi, Florence.

il offre des réponses à la lancinante question que se posent depuis toujours les hommes politiques et qui n’est nullement comment bien user du pouvoir selon des critères moraux,  mais « comment obtenir le pouvoir et le conserver ? » En s’éloignant des conseils habituels s’appuyant sur les vertus chrétiennes qui caractérisaient les précédents traité destinés au rois, l’ouvrage fut vite catalogué comme contraire aux bonne moeurs.

Souvent taxé d’immoralisme, il est à l’origine de l’adjectif « machiavélique ». Cependant « l’ouvrage obtint une diffusion considérable à travers toute l’Europe et contribua à établir les malentendus durables sur l’œuvre de Machiavel et ses interprétations. Comme si la révélation publique des ressorts du pouvoir rendait Machiavel responsable de sa corruption et des moyens de tous temps employés pour le conserver. »

D’après Wikipedia.

La phrase écrite en gras, qui est celle formulée dans l’énigme d’hier, permettait évidemment de retrouver l’auteur et l’ouvrage indiqué. Je rappelle qu’il ne faut pas être érudit pour trouver la solution des évocations proposées le samedi sur ce blog.

L’image de l’allégorie de la simulation est empruntée ici. On peut y lire le commentaire suivant:

« Ce portait d’une jeune femme tenant d’une main un masque et de l’autre une grenade ouverte est une allégorie peu commune car ces deux attributs ne sont jamais associés. Le masque est l’emblème du théâtre, de l’imitation, mais aussi de la fausseté, du mensonge et de la dissimulation. La grenade, dont l’écorce renferme de nombreux petits grains, évoque l’unité, voire la démocratie, mais aussi la fausse apparence car elle réserve parfois des surprises une fois ouverte.
Les deux symboles associés pourraient signifier la simulation, idée présente à la fois dans le masque et dans la grenade. La femme les montre dans un geste de balancement. Le thème de l’actrice ou de la courtisane s’y ajouteraient.« 

L’énigme du samedi: une oeuvre d’actualité toujours controversée

Voici un ouvrage controversé

dont on s’inspire encore.

Il eut une diffusion considérable à travers toute l’Europe,

ce qui contribua à établir des malentendus durables sur son auteur

et des des interprétations contradictoires

sur l’oeuvre en question.

De quel ouvrage s’agit-il donc

et quel est son auteur?

Image empruntée ici: Palais du gouvernement provincial  à Maastricht

Nancy Huston et ses démons

C’est un très beau livre que le dernier ouvrage de Nancy Huston « Démons quotidiens »,  écrit  à quatre mains avec l’artiste Ralph Patty dont les dessins accompagnent les textes.

Qui sont ces démons qui hantent nos vies ordinaires? Anges déchus habitant nos corps et nos esprits et  que notre formatage initial judéo-chrétien nous a imposés, peurs profondes, névroses imprimées en nous par la grâce d’au moins sept des pêchés au poison létal ou démons venus d’ailleurs, empruntant la voix des médias qui nous entourent? …

La chute de Lucifer, illustration de Gustave Doré

« Evoquer ce qui fait le quotidien de ma vie, de nos vies à tous, tisser l’écheveau de l’intime et du politique, tel est le parti de ce livre » annonce Nancy Huston.

Pour chacun des textes très courts, un lavis de Ralph Patty établit des correspondances entre les mots et le regard. Parfois, assurent les deux auteurs, c’est l’inverse. Le peintre envoie un dessin à l’écrivain qui s’en inspire en puisant dans le quotidien: simple canard aux figues, coupe du monde, manifestations urbaines, Facebook, Noir Désir, grève des magistrats, assemblage de croquis en mots et en traits, un délice!

Dans la célèbre Salle Blanche de la librairie Kléber, Nancy Huston lit quelques uns de ses textes, de sa voix douce et expressive. L’ironie tendre est accentuée. Le présentateur tente une complicité emplie de bonhommie. « Nancy Huston, dans votre texte « Les bébés! Dans la rue », j’ai bien senti à quel point vous êtes révolutionnaire. Vous nous entraînez dans la rue… »

– Mais pas du tout! Absolument pas! s’insurge N. Huston de sa voix posée, toujours douce et calme. C’est l’inverse. Je suis contre ces excès. Les dernières images montrées sur les insurgés lybiens, mitraillettes aux poings, visages hirsutes, expressions fanatiques me font peur et m’indignent. D’une révolution à l’autre, c’est la même chose. Les mêmes visages violents. La révolution française n’y échappe pas. Non, je ne suis pas révolutionnaire.

Photo empruntée au site de l’Express

Puis, parlant du féminisme à propos duquel, l’animateur, toujours bonhomme, veut qu’elle endosse le rôle de porte-parole, N. Huston, à nouveau, réfute les propos.

– Quand j’écris, je ne suis pas féministe, et d’ailleurs je n’écris jamais avec des « ismes ». Quand on écrit, on est autre, au-delà de soi.

Bref, dépasser les a priori. Nancy Huston a une écriture précise et limpide, comme sa voix. Mais sous la structure de l’exercice maîtrisé de ce journal, passe  force, beaucoup de force, que les mains d’écrivaine trahissent ou plutôt révèlent.

La solution: Le parcours de Rama, soit, en sanskrit, le Ramayana

Merci Alain Lecomte pour l’apport d’indices utiles à la découverte de cette énigme qui n’en était pas vraiment une pour lui. Un grand merci à Jeandler également. Mais pour les autres, le parcours de Rama (Yade!), pianoté sur Google donnait accès à Ramayana sans même connaître l’oeuvre dont il est question. Il s’agit en effet de la traduction de son titre en  sanskrit. Rama étant le nom d’un prince indien dont l’existence remonte au plus profond de la nuit des temps.

Rama et Hanuman (gravure occidentale)

Car le Ramayana est peut-être (en tout cas, sûrement, en Asie), le plus vieux poème au monde.

Édition du Ramayana en arabe, fin du XVIe siècle.

Certains le situent dix siècles avant notre ère. D’autres, parlant de la version la plus proche de nous, la font apparaître environ 3 siècles avant J C. Mais qu’importe son grand âge! Il s’agit de l’un des écrits fondamentaux de l’hindouisme et de la mythologie hindoue, un récit au moins l’égal de nos épopées fondatrices chantées par Homère. Là aussi, il s’agit d’une belle (elle a pour nom Sita), ravie à Rama, son époux, par le démon Ravana qui la conduit à Lanka, souvent confondue avec l’île de Sri Lanka.

Hélène et Sita sont liées, au-delà du temps, par le sort qui est leur. Destins en miroir: Hélène, séduite par Pâris, sera à l’origine de la guerre de Troie; Rama, que Ravana enlève dans la forêt, sera délivrée par Rama, après de nombreux combats,  grâce à l’aide d’Hanuman, général de l’armée des singes, qu’un oiseau guidera jusqu’au lieu où Sita est retenue captive.

Le Ramayana est toujours très populaire. De très nombreuses représentations ont lieu en Inde, en Indonésie, au Japon, à travers toute l’Asie du sud-est, qui témoignent de sa vitalité et de son ancrage dans la geste contemporaine du quotidien. Il faudrait bien plus qu’un court article de blog pour témoigner de sa beauté et de la profondeur des mythes fondateurs qu’il restitue.

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