Silhouettes d’ici et d’ailleurs: Miss Lala, petite cousine de Mary Poppins…

 

Elle vient d’une lointaine et mystérieuse contrée : l’Azerbaïdjan.

Elle s’appelle Lala.

Elle est professeur de musique a Saïgon

 

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Son prénom, Lala, pourrait l’avoir prédestinée à la carrière qu’elle a empruntée. Toutefois, en Azerbaïdjan, Lala est un prénom courant qui n’évoque nullement une ritournelle dont on aurait oublié les paroles, mais une fleur, plus précisément, une fleur rouge aux pistils noirs.

Lala, à l’école où elle enseigne, c’est Miss Lala ! Et Miss Lala est adorée de ses élèves qui lui laissent à peine le temps d’un déjeuner sur le pouce. Tous, après le cours, veulent continuer à vivre en musique et à s’exercer sous son contrôle bienveillant, qui, à la guitare, qui au banjo, qui, à la flute, au xylophone ou au violon…

Il faut dire que Miss Lala est rieuse. Les enfants aiment les gens dont les yeux leur sourient. C’est pour cela qu’ils entrent dans sa classe d’un cœur léger, totalement ouvert aux musiques du monde qu’elle transporte dans ses bagages.

Avant d’arriver à Saïgon, Lala a enseigné la musique en Irak, dans une école internationale financée par la Turquie. Les conditions y étaient excellentes. Des concerts pouvaient avoir lieu dans un grand auditorium. Les professeurs étaient logés sur le campus. Puis, à la suite d’actes terroristes dans le pays, l’école a hésité à renouveler ses contrats. Lala, qui élève seule ses deux enfants a postulé pour le Vietnam, à Ho Chi Minh Ville, du nom du fondateur du pays réunifié, mais que tout le monde, sur place, continue d’appeler Saïgon.

Miss Lala, c’est à la fois Mary Poppins, par la gaité, la tendresse et la légèreté de son enseignement, mais également Mère Courage, par la force de son caractère face aux évènements auxquels elle doit continuellement faire face. Formée à l’exigeante école pianistique russe, elle a franchi toutes les étapes pour devenir la musicienne et la pédagogue qu’elle est aujourd’hui. Il faut l’entendre jouer l’impromptu de Chopin ou se rappeler en riant les injonctions de son professeur lorsqu’elle s’essayait, adolescente, a jouer Liebestraum de Lizt:

« après la technique, il faut savoir exprimer  les sentiments! Tu ne pourras jouer ce « Rêve d’amour » que lorsque tu seras amoureuse! »

Et puis un jour, le professeur s’exclame: » Mais c’est cela, magnifique, tu as compris! » Étonnant, en effet! Mais pourtant vrai. Le professeur avait compris que Lala était amoureuse……Lala en rit rit encore!

Hélas, l’Azerbaïdjan, pays de culture aux influences multiples, n’est pas un pays facile. Certes la musique est vivante  à travers ses orchestres traditionnels jouant  un genre musical très ancien, le mugham, classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

IL s’agit d’une musique savante qui laisse une place prépondérante à l’improvisation: suite de mouvements liés à un mode particulier. Il associe le chant à des instruments traditionnels : le târ (luth à 11 cordes), le kamânche (vièle à quatre cordes) et le daf ou le doyre (grands tambours sur cadre, appelés aussi qaval). ( wikipedia)

Mais les conflits ethniques, les découpages territoriaux arbitraires et paradoxalement l’immense richesse pétrolière, avivent régulièrement les tensions externes ou internes. Lala, petite fille au nom de fleur, petite pianiste adolescente, a vu les soldats dans la rue et a été témoin de  scènes violentes. Avec sa famille, elle a eu peur pour son frère, lors d’un sanglant attentat terroriste.

Alors, plus tard, Miss Lala a fait ses bagages…

Mais aujourd’hui, quel parapluie magique la protégera et l’entrainera de nouveau ? Son contrat à Saïgon se termine à la fin de l’année scolaire. II lui faudra refaire ses bagages…

Les diplômes durement acquis en Azerbaïdjan pourront-ils un jour être reconnus par la communauté internationale ?

Quel destin demain, pour Miss Lala, petite cousine de Mary Poppins ?

 

Arundhati Roy, la voix si douce d’une femme infiniment libre et déterminée

Librairie Kléber

Opéra de Strasbourg,

samedi 20 janvier 2018

15h

Elle est là, Arundhati Roy, la star indienne de l’engagement auprès des oubliés, la passionaria des « petits riens« , la muse des inconsolés, à qui elle dédie son dernier roman « Le Ministère du Bonheur Suprême ».

Dans le halo de lumière blanche qui nimbe les trois protagonistes de l’interview, elle est au centre, fine, pâle, l’auréole de ses cheveux d’ébène et d’argent la grandissant, sobre et pourtant somptueuse. Elle porte une longue robe noire que couvre un léger manteau de drap violacé. Ses avant-bras sont parés de manchettes en tissus aux ramages noir et blanc, énigmatiques, comme de larges bracelets de chiffon. Eclat furtif  à sa narine droite  lorsqu’elle tourne la tête.

A Jean-Luc Fournier, qui lui demande si son roman est une arme contre les régimes autoritaires, elle répond, de sa voix mélodieuse et douce:

– Non, bien sûr. Un roman est quelque chose de bien plus beau qu’une arme. Je ne souhaite pas que mon roman soit une arme.

Se sent-elle investie d’une responsabilité, au même titre que Noam Chomsky aux Etats-Unis ou Naomie Klein, au Canada, en tant que leader d’une contestation des systèmes et choix politiques en place?

-Non, en aucun cas je ne souhaite être leader politique. Noam Chomsky et Naomie KLein sont mes amis, c’est sûr. Et j’ai été souvent approchée par des partis contestataires en Inde, par exemple, mais je me rends compte que la politique est malheureusement toujours oublieuse du social. Et c’est avant tout ce qui compte pour moi: Qu’on prenne en compte les oubliés de la société. Ecrire, pour moi, sert à cela de façon plus efficace que de se plier aux codes de la politique. Elle parle de son indignation devant le massacre de musulmans en Inde, et des Hijra, hermaphrodites que la société rejette tout en les craignant car ils ont, dit-on, le mauvais oeil et les tuer porte malheur!!

Quant à savoir si son oeuvre la met en danger, elle dit en avoir justement pleinement conscience, mais ne veut pas s’étendre sur le sujet, sachant que d’autres ayant bien moins de moyens qu’elle pour se protéger, risquent également leurs vies au quotidien en raison de leurs engagements.

Elle dit aussi que ses écrits sont minimisés par le pouvoir et qu’on raille publiquement ses prises de position. Mais elle n’est pas dupe devant le succès de ses livres traduits dans les langues minoritaires en Inde, par exemple, et qui se vendent en nombre de plus en plus grand.

Pour livrer un instant le rythme de l’écriture de son nouveau roman, elle lit le prologue en anglais (sans demander à l’interprète de traduire). A nouveau sa voix douce pour dénoncer dès les premières pages (en français sur ce blog) « A l’heure magique où la lumière survit au soleil…l’absence des vieux vautours à dos blancs…empoisonnés au diclofénac« … »Le ton est donné. Féminité, douceur, talent littéraire sont si éloignés de la séduction, encore plus de la soumission ou pire, d’une quelconque abdication!

La vie est un combat qui n’a de sens que parce qu’il se livre pour l’autre, différent de soi, étrange, invisible ou dérangeant, une infime participation au monde « en devenant peu à peu tout ».

Pour Adèle, petite soeur de Félicité, dont le coeur simple et gros comme ça, s’est arrêté de battre

Elle aurait pu s’appeler Félicité, comme la servante au cœur simple de Flaubert dans ses « Trois contes », mais elle n’appartient pas au patrimoine littéraire.

Elle naît en 1921 à Mothern,  un très vieux village proche du Rhin, à l’extrémité nord-est de l’Alsace, là où s’est déroulé -c’était il y a bien longtemps, au IX° siècle- la rencontre de deux rois, Charles le Gros et Louis le Jeune, organisant le partage de l’Empire de Charlemagne.  Ce n’est donc pas un village ordinaire. Un peu oublié aujourd’hui des chroniques, le nom Mothern a pourtant ses secrets: Peut-être renvoie-t-il à celui de la rivière Moder, mais plus vraisemblablement, selon l’ancien maire Antoine Meyer, à l’image de la mère, (Mutter, en allemand) rappelant la présence des déesses-mère gallo-romaines. Image de la mère. Image intemporelle. Issue de ce creuset maternel, la petite fille devenue grande, épouse Alphonse Bergantz qu’elle seconde dans leur entreprise de transports à Mulhausen (un peu plus au sud) et devient mère de trois enfants: Bernard l’aîné, Hubert, le cadet, et entre les deux garçons, une fille, Marilène.

Elle aurait pu s’appeler Félicité parce qu’elle avait en commun avec le personnage de Flaubert, la vraie simplicité du cœur, c’est à dire le don de soi sans calcul, ni détour. Mais simplicité du cœur ne veut pas dire simplicité d’esprit.  L’esprit était alerte, l’œil souvent malicieux qui traduit les mouvements de l’âme, et puis le sourire tendre et le front calme.

Elle aurait pu s’appeler Félicité, également, grâce au sens livré par le participe passé, à savoir l’état de celui ou celle qui est félicitée, vantée, remerciée. La remercier, en effet, parce qu’elle était sage, si tendrement raisonnable, secourable, compréhensive malgré des convictions parfois heurtées par ce qu’apporte d’inattendu la vie, la sienne ou celle des autres. La féliciter parce qu’elle était accueillante, jamais importunée par le visiteur et encore, aimante, mais discrètement. Discrète, si discrète. Toujours tranquille même dans l’agitation d’un monde qui cherchait, comme il en est pour nous tous, mais en vain pour elle, à l’agiter. A l’heure où chacun est en quête d’apaisement de ce que l’on nomme mental, visant l’abaissement d’un égo toujours sollicité (ce redoutable petit hamster qui habite nos têtes, comme l’appelle le célèbre psy québécois, Serge Marquis) grâce aux pratiques empruntées aux sagesses venant ailleurs, elle avançait pas à pas (ce qui ne veut pas dire sans difficultés) sur le chemin qui était ouvert devant elle. Toujours conciliante et cherchant la voie moyenne, celle qui apporte la paix. Jusqu’au bout du chemin.

Photo: Marilène

Elle aurait pu s’appeler Félicité parce qu’elle cultivait aussi le bonheur, la chance d’être au monde sans jamais se plaindre des aléas des jours. Je la revois transmettant son savoir-faire culinaire, nous livrant ses recettes des fameux bredeles, ces petits gâteaux alsaciens qui embaument la maison pendant tout le mois de décembre, au beurre, aux noisettes, aux amandes, fourrés parfois de confiture ou de chocolat  et dont la confection demande patience et jusqu’à l’art du joailler dans leurs assemblages.

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photo empruntée au site Bredele ci-dessus

Elle disait: « Les miens ne sont pas les meilleurs ». Modeste, évidemment, mais gourmande. Ah! Le dernier plaisir du crémant, goûté à la petite cuiller, pétillant contre la langue et que Marilène a partagé avec elle. Rire ensemble comme deux gamines que la mort, pourtant toute proche, n’effraie même pas!

Photo:Marilène

Son vrai prénom, qui n’a rien à envier à Félicité, c’était Adèle. Un peu démodé dans les années 20, il revient au goût du jour. Issu de l’allemand, « Adel », il porte en lui l’idée de noblesse. Tout simplement.

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Expo AIDA à Strasbourg: comme l’insoutenable légèreté du vent sur le monde…

 

 Galerie AIDA de Strasbourg (130 Grand’Rue) du 23 novembre au 6 décembre :

 

Six artistes, quatre peintres et deux sculpteurs, qui parfois ne se connaissent pas et sont cependant comme rapprochés par la légèreté (forcément insoutenable) de l’être ou du temps! Un souffle venu d’autres horizons parcourt en effet la minuscule galerie à travers les œuvres de ces artistes enracinés dans les terres d’Alsace.

http://aida-galerie.com

 

Élizabeth Bouvret, par exemple, qui vit à présent à Strasbourg, est née au Vietnam. Ses nombreux voyages ont façonné le regard qu’elle porte sur le monde. Son maître est le graveur Georges Thouvenot qui lui apprend à regarder les abeilles et à dessiner.

Après un parcours dans la publicité et la communication d’entreprise, elle privilégie à présent, le rapport à la matière, au geste, à la forme et s’exprime sur des supports différents, peintures, pastels, déchirures, collages pour retrouver parfois les contes de notre enfance, sans mièvrerie, en faisant naître çà et là une angoisse sous-jacente comme avec ce « loup noir et un certain petit pot de beurre », (mais où est donc le Petit Chaperon Rouge ?) ou encore susciter l’inquiétude devant la force des éléments révélée par cette « Vague géante au-dessus de la maison », ou l’insondable profondeur d’une « Grotte bleue ».

Et quel vent fait tourner les nuages dans son tableau énigmatique « Le vent et les nuages » ?

https://www.kazoart.com/artiste-contemporain/72-elizabeth-bouvret

http://www.aida-galerie.com/artistes/Elizabeth-Bouvret.html

 

Paul Nemet,

Paul Nemet, sculpteur, place ses personnages longilignes aux structures d’acier recouvertes de plâtre et de résine, ici et là dans l’espace de l’exposition, impassibles spectateurs du tourbillon qui les entoure. Giacometti en couleur ! Jeans bleus, sweat rouge. Bonnet jaune. Mains dans les poches, les silhouettes nous semblent familières ou tout droit sorties d’une bande dessinée. Parfois seules les têtes, insolites, minuscules, coiffées de leur bonnet coloré, sont installées sur un piédestal, observant la ronde des humains qui les observent.

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« Je réalise des sculptures à base de plâtre, structure en acier, résine, ocres, pastels, sables…Mes personnages reflètent la vie tout simplement, mes inspirations sont multiples, certains artistes comme Couturier, Giacometti, mais aussi la bande dessinée, le spectacle de la rue. Je joue sur les silhouettes, les formes allongées, les couleurs, les textures. Je réalise des animaux, des femmes, des hommes seuls ou en groupe qui attendent et observent le grand spectacle que nous représentons tous »…https://facebook.com/maisondart.aida/

 

Geneviève Nicolet-Woelfi

Après avoir exploré les qualités du papier himalayen, Geneviève Nicolet-Woelfi a choisi de travailler la technique particulière de l’encaustique qui remonte à l’Antiquité. Cette technique, écrit-elle, permet de retrouver « la fluidité et la fugacité des sensations :  chauffer, recouvrir, graver, fondre, dit-elle, sont des actions qui donnent du souffle à l’œuvre et qui sont porteuses de sens.

Une des oeuvres exposées actuellement à la galerie par Geneviève Nicolet-Woelfi sur le thème du jeux des enfants au siècle dernier

La cire cache, isole, protège et pérennise. Les œuvres sont alors peuplées de plages de couleurs translucides qui semblent garder en elles les traces du mouvement. »

Certains tableaux présentés intriguent et attirent à la fois grâce au relief des scènes qu’ils présentent, poussées par on ne sait quelle force interne, sortant de l’espace plan pour partager le nôtre.

 http://www.aida-galerie.com/techniques-singulieres.html

https://www.artsper.com/fr/artistes-contemporains/france/9655/genevieve-nicolet-woelfli

Jenny Niess

À la recherche de toujours plus de légèreté, Jenny Niess fait s’envoler les oiseaux qu’elle dessine en filigrane. C’est désormais le graphisme aérien du fil de fer qui enferme les volumes volés à l’espace pour faire apparaître le corps de l’oiseau. Vide créant le plein, plein fait de vide, comme une initiation à l’univers taoïste. Dans sa quête d’absolue de légèreté, Jenny Niess rencontre aussi des personnages issus des contes et des comptines, associant parfois le papier au fil de fer.

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https://facebook.com/maisondart.aida/

https://www.google.fr/search?q=jenny+niess&ie=utf-8&oe=utf-8&client=firefox-b&gfe_rd=cr&dcr=0&ei=YgEUWpa-AqWN8QeE2LyIBA

 

SmaK-titi

SmaK-titi dont le nom porte en creux et en secret toute la famille de cette artiste autodidacte, s’inspire de l’art de la rue aux États-Unis dans les années 90, à New York et à Chicago. Ses premières toiles sont alors exposées sur Broadway Avenue.

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L’univers  de Smak-titi est celui du pop art et de l’art brut : petits formats volés à l’espace de la ville ou vastes pans de murs découpés et peuplés de personnages hauts en couleur, joyeux, dont l’intériorité s’expose avec humour. Les couleurs fluorescentes, très vives font à coup sûr déguerpir à jamais la grisaille des jours et la morosité urbaine.

Depuis son retour en France, SmaK-titi expose régulièrement dans l’hexagone et dans des galeries européennes.

https://www.facebook.com/maisondart.aida/

https://www.artsper.com/fr/artistes-contemporains/france/10402/smak-titi

 

Brigitte Wagner

Le vent qui soulève les tapis et fait danser les cités colorées des tableaux de Brigitte Wagner vient d’Iran. Inépuisable source d’inspiration pour l’artiste, ce pays où elle a vécu, semble lui avoir légué outre la technique de la miniature, la maîtrise des couleurs, la précision du geste, jusqu’à l’indicible de la compréhension de son univers culturel, et par là, de tout l’univers ! Car tout est transposable sous la finesse du pinceau de Brigitte Wagner. Des caravansérails d’Ispahan jusqu’aux maisons d’Alsace.

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Et s’il n’y a pas de silhouettes humaines dans ses œuvres, mais « seulement » des maisons, des palais, des cours, et puis, évidemment, la nature, la mer, les montagnes, les volcans… si les hommes (ou les femmes), donc, n’apparaissent pas, c’est qu’il n’est nul besoin de les apercevoir, cachés qu’ils sont au cœur de l’intimité urbaine et cosmique. Peut-être sont-ils là, d’ailleurs, tout proches, derrière les voiles soulevés, les tapis étendus, roulés, accrochés, derrière les portes ouvertes ou fermées, dans le dédale des cours, le labyrinthe des villes ou le lacis des sentiers de Bali.

Ce qui est sûr c’est que la ville et le monde dansent, bougent, explosent de couleurs et de senteurs exacerbées, parfois comme une fleur qui s’ouvre. Et puis l’humour, la distance font le reste. Le sacré côtoie le profane. L’invisible est caché sous l’exubérance. L’endroit est à l’envers. L’envers est à l’endroit.

https://www.facebook.com/maisondart.aida/

http://brigittewagner-peintures.com/

 

Petit croquis d’un voyage immobile: saveurs de l’Inde du sud au restaurant Namaste de Strasbourg

Qui veut voyager loin pour remplir son carnet de voyage, n’aura pas même besoin de ménager sa monture, pour peu qu’il ait la chance d’habiter Strasbourg…

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Image empruntée au site « l’âge de nos adages ».

Il suffit en effet, pour se retrouver au sud du continent indien, de goûter aux délices de la table du restaurant Namaste, le bien nommé puisqu’il vous salue dès l’appellation qu’il a empruntée, apposée sur son enseigne, rue du Faubourg de Pierre.

En dehors du talent culinaire de son chef, de la fraîcheur des produits et de la gentillesse du serveur, la magie du lieu tient peut-être également à la présence d’une déesse: Lakshmi!

Ashthalakshmi ou Étoile de Lakshmi. Les 8 pointes représentent les 8 formes de richesse incarnées par Lakshmi. Tracé repris dans le manga Magi: Le Labyrinthe de la Magie,

Photo de la déesse Lakshmi: Nicole Evrard

Sous la protection de Lakshmi, donc, déesse aux quatre mains déversant, l’une la fortune, la deuxième cette autre richesse qu’est la connaissance, grâce à l’éducation, la troisième, la force nécessaire à toute réalisation humaine et, la dernière, la bénédiction divine, les hôtes de passage sont directement transportés au pays de tous les possibles. Ce que l’exotisme des épices leur permet déjà!

plateau d’épices emprunté au site du restaurant Namaste

C’est le jeune chef, Rajesh, depuis quatorze ans en France, qui dirige les fourneaux et maîtrise la palette des saveurs avec talent et intelligence.

Il s’agit de ne pas d’enflammer nos palais fragiles d’Européens amateurs de plats colorés qui nous emmènent sans risques et aléas jusqu’au bout du monde! Mais il n’est pas interdit de jouer des nuances. Force 1, 2, 3, ou 4. Comme le nombre de bras de la déesse tutélaire, assise tranquillement, comme on l’a vu, sur un lotus, tout au fond de la salle.

 

De gauche à droite, Reginold, le patron, Julien, le très attentif chef de salle, et Rajesh, le chef…et Pierre. Photo: Guy Serrière
 

Merci à Pierre pour ce voyage gustatif entre amis de toujours, Jean-Mick, François, Claude, Guy, Gill, Nicole, Monique, Georgette et Chantal.