La solution: L’imprécateur, de René Victor Pilhes

Mo(t)saïques« , Pêle-mêle, Le tourne à gauche, sont des blogs dotés du don d’ubiquité. On les trouve tranquillement chez eux, à animer leur quartier de toile, mais aussi chez l’un ou chez l’autre, en tout cas, flânant par ici, à travers les mots d’Ecritures du monde qu’ils décryptent au premier coup d’oeil!

Que se passe-t-il dans « l’Imprécateur » (livre de René Victor Pilhes, paru en 1974 et couronné par le Prix Fémina) ?

« Une entreprise multinationale mythique, c’est à dire plus puissante encore que les plus grandes entreprises multinationales existantes, dont les cadres et les dirigeants sont encore meilleurs et plus  » performants  » que ceux qui sont à l’oeuvre dans la réalité d’aujourd’hui, dont les produits sont encore plus parfaits et mieux vendus, eh bien voici que cette entreprise multinationale  » américaine et géante  » où, a priori,  » tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes  » va soudain connaitre des troubles mortels d’un ennemi inconnu et que personne n’attendait : l’ Imprécateur. »

Extrait du blog de l’auteur.

L’idée d’une manipulation interne à l’intérieur d’un système économique, qu’il soit de la taille d’une entreprise, fût-elle gigantesque comme c’est le cas dans le livre, était, à sa sortie, particulièrement signifiante et, il faut bien le dire, prémonitoire. L’interprétation de la crise  traversée actuellement, le scénario du pire,  révèlent un Hiatus entre le grand public et les acteurs cachés des aléas financiers de nos pays.  René Victor Pilhes livrait déjà en son temps, une vision de ce monde incompréhensible. Un livre à relire en cette période de tourmente!

Merci à Olivier pour sa fidèle revue des blogs.

L’énigme du samedi: qui manipule qui?

C’est l’histoire d’un combat étrange

entre des forces inconnues,

mystérieuses, irrationnelles, occultes,

et ce que le monde occidental a de mieux,

de plus moderne, de plus exemplaire

en ce début de siècle…

Agences de notations en folies,

Qui manipule qui?

Vous avez certainement trouvé

et l’ouvrage évoqué

et son auteur?

Illustration: Représentation du diable selon Dante Alighieri

 

 

 

 

 

La solution: Histoire d’un conscrit de 1813, d’Erckmann Chatrian

D’Emile Erckmann et Alexandre Chatrian, » L’histoire d’un conscrit de 1813« , paraît en 1864. Les auteurs ont connu des témoins des guerres napoléoniennes et leur témoignage est toujours d’un intérêt remarquable. 

Jeandler gagne encore une fois le premier prix! Je me demande parfois si ce n’est pas lui qui me dicte ces évocations  du samedi (totalement à mon insu!)  par télépathie? Pardon Alain, pour le retard. Oui, j’étais en route pour le salon du livre de Colmar où je présentais mon dernier livre « Indigo » et oups! Je me rends compte que je n’ai pas publié l’énigme avant de partir! (je ne la programme plus en avance, je m’embrouille toujours dans les commandes). Je me dis que j’arriverai à le faire depuis le salon. Eh bien non! Pas d’accès public en WIFI. C’est encore une fois, Guy, mon mari, qui s’est rendu au Mac DO!! le plus proche. Eh oui! Chez Mac Do, le WIFI existe! et c’est ainsi que l’énigme a été lancée….en retard! Cherchez la pub subliminale!

Résume: Phalsbourg, 1813. Joseph Bertha est horloger dans son village et s’apprête à épouser Catherine, sa bien-aimée. Mais les événements vont en décider autrement. Pendant l’année 1812, l’empereur Napoléon Ier a envoyé son armée en Russie pour prendre Moscou. Mais à leur arrivée, les soldats français trouvent la ville totalement détruite. Les Russes l’ont brûlée. Les soldats de la Grande Armée sont alors obligés de rebrousser chemin car l’hiver arrive à grands pas. La plupart d’entre eux périssent dans l’aventure. Napoléon se trouve alors dans la nécessité de reconstituer une armée. Il organise donc une conscription qui transforme Joseph en soldat bien qu’il soit un peu boiteux. Il doit quitter Catherine et ses amis de Phalsbourg pour partir à la guerre. Après quelques entraînements rapides, Joseph et ses nouveaux amis sont envoyés sur le front et découvrent l’horreur de la guerre. Malgré son handicap, qui le désavantage beaucoup par rapport aux autres soldats, il tient bon et suit la cadence. Après quelques batailles, Joseph perd certains de ses amis avant d’être lui aussi légèrement blessé…

Texte du résumé emprunté ici.

Merci à JEA pour l’extrait et son bel article sur Danielle Mitterrand et à Zoe, Miriam et les autres pour leur participation amicale.

La solution: Le bateau ivre d’Arthur Rimbaud

Bravo Jeandler et Gilles D. Bien sûr, Le bateau ivre! Navire fou au coeur de chacun d’entre nous, dérivant au gré de nos libertés assumées.

Rimbaud rejoint en septembre 1871, Verlaine à Paris avec ce long poème, le « Bateau ivre », qu’il va réciter au cénacle parnassien. L’accueil est enthousiaste !

Un coin de table, (Henri Fantin-Latour, 1872 ).

assis à gauche : Paul Verlaine et Arthur Rimbaud 

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J’étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m’ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l’autre hiver, plus sourd que les cerveaux d’enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N’ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l’orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.

Cette allégorie de la révolte qu’est le « Bateau ivre » fonctionne simultanément sur le plan psychologique (rupture avec la docilité et la naïveté de l’enfance), littéraire (invention d’une poésie nouvelle) et politique (rupture avec le Vieux Monde, symbolisé par « l’Europe aux anciens parapets »). Sous ce dernier aspect, le poème de l’été 1871 qu’est le « Bateau ivre » peut être considéré comme un tombeau de la Commune. Le poète suggère cette hypothèse en plaçant à un endroit stratégique, à l’extrême fin de son texte, une évocation des « yeux horribles des pontons ». On sait en effet qu’au lendemain de la semaine sanglante (21-28 mai 1871), ceux qui n’avaient pas été fusillés par les Versaillais furent entassés dans ces prisons flottantes qu’étaient les « pontons« . En terminant son texte sur cette allusion très politique, Rimbaud ne laisse aucun doute sur sa volonté d’en éclairer le texte tout entier. Le bateau, dont le vers 41 nous dit qu’il a « suivi, des mois pleins, […] la houle à l’assaut des récifs », représente bien ce jeune communard que fut Rimbaud, spectateur probablement passif (verbe « suivre ») mais enthousiaste de l’épisode révolutionnaire, lequel épisode révolutionnaire trouve sa métaphore dans l’océan furieux.

éclairage emprunté ici

La solution: Souvenirs de la maison des morts, de Dostoïevski

Jeandler ne s’y est pas trompé. (Merci à tous pour les suggestions). Cette maison hantée par tous ceux qui l’ont occupée contre leur gré est celle du bagne en Sibérie, là où Dostoïevski (1821-1881) fut condamné aux travaux forcés pendant quatre ans, en raison de ses activités nihilistes.

Premier récit sur le système pénitentiaire en Russie, c’est une œuvre essentielle (parue en 1862) de la littérature concentrationnaire. Soljenistsyne en sera l’héritier avec  « Une journée d’Ivan Denissovitch »(1962) et plus tard son célèbre essai: »L’archipel du goulag » (1973).

Dans son livre « Souvenirs de la maison des morts », un narrateur initial décrit de manière objective la société vivant en Sibérie, loin du bagne. La rencontre d’un personnage énigmatique qui disparaît brutalement, le conduit à mener une enquête conduisant à un cahier d’écolier. Le disparu  y livre à travers ses pages le quotidien sordide du bagne dont il sort…Dostoïevski savait parfaitement quels mots mettre sous la plume de ce bagnard!

Le plus singulier  est que pour de nombreux bagnards, même les plus durs, la vie hors du bagne semble n’avoir plus d’intérêt. Ils avouent , que libérés ils feraient tout pour y être renvoyés.

C’est donc ici, que Dostoïevki trouvera bon nombre des personnages de ses grands romans : « Crime et Châtiment », « Les démons », « L’idiot » ou « Les frères Karamazov »

Facile à identifier à travers les termes « maison », « réminiscences », « hanté » ou en pianotant la phrase de l’énigme mise en italique, le libellé  et l’illustration faisaient référence (pour mieux égarer les amis qui la plupart du temps trouvent sans difficulté l’ouvrage évoqué) aux rituels d’Halloween sur lesquels les exégètes se perdent en conjectures pour décider ou non si l’origine de la fête est celtique  (donc légitime!) ou importée d’Amérique (donc à risque!).

L’énigme du samedi: Réminiscence d’une étrange maison hantée…

Il trouvera  dans cette maison

bon nombre des personnages

que nous retrouverons dans ses grands romans.

Le titre de l’ouvrage évoqué aujourd’hui

pour rappeler les rituels de la semaine

n’est pas vraiment un roman.

Le vécu de l’auteur y est présent à chaque page.

Quel est cet ouvrage?

Qui l’a écrit?

 

Photo de la maison hantée empruntée sur ce site très instructif.