A Malacca, la roue des civilisations écrit l’histoire au fil de l’eau

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Malacca . Cette petite ville de la côte ouest de la Malaisie a construit cette roue posée sur sa rivière en témoignage d’un passé prestigieux. Au XIVème siècle, en effet, le très riche sultan de la région avait édifié la même, qui, placée dans le flot agité de l’embouchure du fleuve, permettait de canaliser et de répartir l’eau à l’intention des nombreux marchands du port.

Fiers de cette technologie évoquant l’importance de leur cité qui était alors probablement à cette époque le port le plus important de l’Asie du sud-est, les responsables actuels font de cette construction « la représentation de la roue de la vie ». Elle est selon eux, la matérialisation de l’évolution de nos civilisations. Car sa révolution permanente symbolise la quête de la découverte et de la connaissance. Et l’histoire est considérée comme une leçon à étudier permettant de guider les hommes à travers tous les âges.

Voilà en gros ce que livre la plaque commentant le monument de bois.

Je ne sais si les milliers de touristes qui arpentent les rues de la ville tirent la moindre leçon de cette roue emblématique. Certains quartiers ont été classés « patrimoine de l’humanité » par l’UNESCO. La bonne nouvelle a fait sauvegarder nombre de trésors mais apporte aussi son lot de falsifications pour gogos du monde entier. Il n’empeche. On comprend bien que Malacca, ce port si convoité au XVème siècle, qu’un empereur de Chine a donné sa fille en mariage au sultan de la ville, afin de renforcer les liens avec la cité, Malacca, la musulmane attirant les riches marchands, Malacca portugaise au XVIème siècle, puis hollandaise plus tard, puis britannique, puis japonaise, et à nouveau britannique et enfin malaise, avec l’indépendance du pays en 1957, on comprend bien que Malacca avec sa roue de bois tournant au fil de l’eau et du temps, reste songeuse devant la fragilité des entreprises humaines.

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Un des rares vestiges de la lointaine colonisation portugaise a Malacca.

Pour élargir le propos ou l’insérer dans l’actualite, lire l’article paru dans « le Monde » de ce jour « Crise: le choc est à venir  » de Harald Welzer.

 

 

Lettres de Singapour(8). C’est le nouvel an chinois: du pouvoir des couleurs et des mots

Rouge, rouge, rouge! C’est la couleur de la fortune, de la chance, du bonheur. C’est aussi la couleur des rues de Chinatown, à Singapour et partout dans le monde où la culture chinoise fête le passage à l’an nouveau.

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Plafonds tapissés de lanternes. Rouges. Murs recouverts de poissons. Rouges et or!  Lingots de papiers rutilants. Marmots joufflus habillés de pourpre au cœur de losanges  à afficher sur la porte d’entrée.

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Rubans encadrant l’huis. Rouges encore. Il n’y en a jamais assez de ce rouge incandescent à l’occasion du nouvel an chinois . Celui fondé sur la succession des lunes et non pas sur la course du soleil. Une année classique, en Chine,   compte 12 mois lunaires et dure 354 ou 355 jours, soit environ 11 jours de moins que nous n’en comptons dans notre année solaire.

Alors, attention aux mots prononcés ce jour-là! Pour que l’année à venir soit bonne, sachez user à bon escient des vocables dits « auspicieux », autrement dit, sachez utiliser ceux qui permettent d’augurer un avenir radieux aux destinataires de vos souhaits.

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Xīnnián hǎo : « bonne année », en mandarin

« On affiche un peu partout des souhaits écrits sur papier rouge, symbole de chance. Il s’agit de caractères symboliques susceptibles de porter chance, comme (福) bonheur, ou chūn (春) printemps, souvent collés à l’envers car renverser ( 倒 dào) est homophone de arriver ( 到 dào). Un fu renversé signifie donc : « Le bonheur est arrivé. ». Traditionnellement, de chaque côté des montants de la porte d’entrée, on colle une bande de papier rouge sur laquelle est écrit un vers ; les deux vers se répondent et constituent une inscription parallèle (對聯 / 对联 duìlián) ; elles étaient autrefois toujours écrites à la main, de préférence par des personnes aux dons littéraires et calligraphiques. Bien sûr, les décorations et inscriptions de l’an passé ont été tout d’abord retirées. »

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Le choix des mets suit la même logique et s’appuie d’abord sur la désignation du plat: « Ainsi le poisson ( 魚 ), homophone de surabondance ( 馀 ), doit être présent à chaque repas de Nouvel An pour garantir qu’il y aura du surplus tous les ans ( 年年有餘 / 年年有馀 niánnián yǒuyú) et qu’on ne manquera jamais de rien ; certains prennent même soin de ne pas le finir, afin de rendre plus complètement son sens symbolique. Dans le nord de la Chine, on sert en principe un plat de raviolis (jiǎozi 餃子 / 饺子 )car leur forme évoque celle des yuánbǎo (元寶 / 元宝 ), lingots anciens. Le dessert traditionnel est le niángāo ( 年糕 ), « gâteau de l’An » ; gāo, gâteau, est homophone de grandir, et en manger constitue un gage de croissance dans tous les domaines souhaités. »

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Article écrit avec l’appui de Wikipedia.

Première et dernière photo: Guy Serrière

1: Chinatown, à Singapour

2: danseuse d’une troupe chinoise, lors d’une animation au shopping center de Vivocity.

Lettres de Singapour(6): La cité des plaisirs de bouche, ignore le péché de gourmandise

Ni Sodome, ni Gomorrhe, Singapour, cité de tous les plaisirs culinaires vit dans l’innocence gustative des premiers matins du monde.

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Ah! Le bel appétit, quand le parfum des fruits, la saveur des mets, la fraicheur d’un thé, le brûlant des épices ne pèsent d’aucun poids dans l’inflexible balance de nos culpabilités!…Fondre de plaisir à la dégustation d’un plat, fait en effet partie intégrante des fonctions vitales des humains de cette planète. Et parler, discourir, voire écrire sur ce plaisir n’est autre qu’un devoir, un rituel sacré, une participation à la liturgie  dédiée  à ce dieu bienfaisant, créateur du bonheur de manger, de manger à sa faim, de manger de belles et bonnes choses entourés des siens… ou de la foule.

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Depuis toujours, en Chine, le dieu de la cuisine veille sur les actes quotidiens. Il s’appelle Zaojungong,  et sait tout ce qui se passe dans la maison. A la fin de l’année il  ne manque pas de faire son rapport à « l’Empereur de jade » qui détermine la fortune de la famille pour la nouvelle année. C’est lui qui rapporte en hauts lieux les actions de chacun, les bonnes comme les moins bonnes. Les ménagères avisées lui offrent des bonbons qu’il adore et dont il a la bouche pleine. Une manière comme une autre de lui faire plaisir ou de le remercier pour sa bienveillante attention sur la cuisine, mais aussi une remarquable facon de lui clouer le bec…

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Comme on est loin du « Diner de Babette « ! Karen Bixen y narrait  à travers le blocage de la société puritaine norvégienne à la fin du XIX siècle,  l’impossible expression du plaisir de la table. Savoureuse nouvelle où les efforts de Babette, une restauratrice  française renommée, exilée en Norvège après la Commune qui l’a contrainte à l’exil, réveillent les sens d’une communauté endormie. Ses patronnes sont deux vieilles filles austères. Le jour où Babette gagne dix mille francs-or à une loterie, elle leur demande de la laisser préparer un dîner fin, dans la grande tradition française. Sa fortune y passe, mais une soirée aura effacé des années de carême.

image 1: « La destruction de Sodome et Gomorrhe » par Etienne de Laune

image 2:  « L’empereur de Jade »

L’énigme du samedi: sur les pas de celui qui raconte l’envoûtement d’un monde…

John le Carré lui doit une partie de sa notoriété.

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Pour être révolu, le monde qu’il a dépeint dans ce recueil,

n’en garde pas moins, aujourd’hui,

sa capacité d’envoûtement

et quelques souvenirs de l’arrogance des maîtres de l’époque.

Quel est l’ecrivain évoqué?

De quel recueil s’agit-il?

Lettres de Singapour (5):Tay Kiam Hong peint notre monde à naître dans le silence amniotique de l’aquarium de Sentosa

Pour s’enraciner dans la tradition picturale chinoise -épure du trait, forme captive et reprise à l’infini dans l’espace du tableau, jeu subtil de la déclinaison monochrome d’une tonalité jamais épuisée, univers apparent conduisant au symbolisme des nombreux plans sous-jacents- la peinture de Tay Kiam Hong s’inscrit dans la modernité de l’environnement singapourien et totalement dans celui de notre univers-monde.
Etrange inspiration que celle de ce peintre qui voyage peu, mais observe jusqu’à l’obsession l’évolution de la faune marine abritée par l’aquarium géant de l’île aux plaisirs qu’est Sentosa !
Quelles sont ces créatures se mouvant a l’intérieur des toiles? Prêtes a s’échapper? Celles-ci à droite, celles-la, à gauche?

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Mais déjà prêtes à revenir?

Minuscules tortues d’eau aux carapaces translucides, hippocampes tigrés chevauchant la verticalité des eaux, méduses molles, multicolores et transparentes, flottant comme des bateaux ivres accrochés tout au bout de leurs longs flagelles spermatiques. Calamars aux yeux ouverts sur nos propres interrogations…

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Le croquis minutieux est celui de l’entomologiste ainsi que la précision du trait, mais l’emploi de la touche polychrome au milieu de la déclinaison des gris savants appartiennent à l’art maîtrisé d’une peinture qui voyage a travers le temps et l’espace traduisant la pulsation profonde de la vie.

L’exposition de Kiam Hong du mois de novembre dernier s’intitulait Ocean Heartbeats, les battements du coeur de l’ocean.

Traduction anglaise de Graham Sage:

Drawing from traditional Chinese painting techniques, where the purity of a single brushstroke counts, where the subject of the painting is captive and reproduced an infinite number of times within the confines of the picture, where there is a subtle play between never-ending shades of black, where we are pulled from the world as we see it into numerous symbolical alternative levels, Tay Kiam Hong’s work is anchored in the modern environment of Singapore while at the same time being totally in tune with the universe.

The unusual source of inspiration for this painter, who travels little but who observes the evolution of marine life until it becomes almost an obsession with him , is the giant aquarium in the fun-in-the-sun island of Sentosa.

Who are these creatures moving inside his pictures, ready to escape to the right and to the left, but ready, too, to swim back into the painting?Tiny turtles with translucid shells, striped sea-horses wending their way vertically through the water, soft jellyfish in different transparent colours floating like ghost ships attached to the ends of their long sperm-like tails, wide-eyed squids watching our every move…

The details and masterful brushwork could be that of an entomologist but the masterly touches of colour within the grey tones of the artist’s work, project the paintings through time and space with the pulsating rhythm of life.

Kiam Hong held an exhibition of his work last November entitled Ocean Heartbeats.

Lettres de Singapour (4): l’homme vertueux, qui lui aussi avait fait un rêve

Quelle discipline peu prétendre percer à jour les secrets fondateurs du fonctionnement d’une société? L’anthropologie? La sociologie? La psychanalyse appliquée aux comportements des foules ? La littérature , peut-être et pourquoi pas?

Dans son livre « Singapour, Ville du lion », présenté dans la lettre N°1, Claude-Michel  Cluny émet une hypothèse explicative de l’organisation si particulière de cette Cité-Etat. Pour lui, le caractère-même de son fondateur,  Stamford Raffles, marque jusqu’à nos jours le système spatial, politique, économique, culturel et social de ce morceau de terre, extrémité insulaire, arrachée à la péninsule malaise, en 1965, date de l’indépendance de Singapour.

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La chaussée Singapour-Johor, traversant le détroit de Johor, est l’un des deux ponts reliant Singapour à la Malaisie et à l’Asie continentale.(photo Wikipedia)

Comme je l’évoquais hier, Raffles était homme de principe et d’ouverture. Envoyé comme Gouverneur à Penang (Malaisie), il apprend le malais et s’intéresse très profondément à la culture qui l’entoure.

Lorsqu’en 1819, il débarque à Singapour, la lutte entre les puissances hollandaises et britanniques pour s’assurer le contrôle des échanges commerciaux entre l’Occident et l’Asie, bat son plein. Le rêve visionnaire de Raffles est immédiat. Ce qu’il perçoit de ce petit port insalubre qu’est alors Singapour comme futur lieu stratégique des échanges sera, comme on le sait, avéré. Il prévoit tout, organise tout, nous raconte ses biographes. Le plan de la ville, la répartition de l’espace, les consultations entre les différentes communautés, le contrôle des activités, l’allègement des charges… C’est un homme vertueux: il fait interdire les jeux, la prostitution, assainit les quartiers les plus pauvres…

Son empreinte est donc tangible. Les communautés diverses, chinoise, hindoue, malaise, occidentale se côtoient sans heurts, même si elles n’habitent pas vraiment les unes chez les autres. Elles pratiquent sans entraves leurs rituels religieux, s’invitant aux fêtes rituelles.

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Ainsi, entre paganisme et dévotion, tout le monde participe à la célébration de Noël en arpentant Orchard road. Chacun peut de même s’arrêter sous une de ces grandes tentes rouges dressées au pied des HLM, pour rendre un dernier hommage à un voisin défunt ou encore se rendre à la mosquée voisine ou pratiquer son culte  dans  l’un des temples taoïstes…

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Bien sûr, d’aucuns diront que dans les faits, la supériorité en nombre de la communauté chinoise impose une moindre égalité des chances aux autres, indienne, ou malaise. C’est qu’il ne s’agit en aucun cas, telle que certains semblent le croire,  d’une société idéale, imaginaire, lisse, parfaite, une sorte de Babel morale et sans histoire. Non, tout juste une construction humaine riche d’enseignement, que son leader éclairé Lee Kwan Yew poursuivant l’oeuvre vertueuse initiale a mené au développement économique que l’on connaît.

Plus de cloaques, terminées les épidémies de malaria, les dysenteries causées par la saleté des officines culinaires, éradiquée la corruption…

C’est pourquoi la condescendance, les ricanements et simplifications des censeurs limités par leurs propres critères d’évaluation sont difficilement recevables. Quand on connaît la misère  de certains pays d’Afrique et même d’Asie, et même de certains quartiers de nos pays nantis d’Occident, force est de constater que le secret de Singapour est un espoir aussi pour les plus démunis.

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On m’objectera l’autocensure, la superficialité, la taille de l’Etat-Cité, on m’objectera ce que l’on veut. Mais il n’est pas étonnant que Raffles, ce voyageur du futur, qui lui aussi avait fait un rêve, cet explorateur d’un avenir meilleur et plausible, soit vénéré par ces hommes et ces femmes si différents, formant un peuple, celui de Singapour, vaquant à ses occupations quotidiennes, et qui, malgré ses contradictions, nous donne quotidiennement à réfléchir sur nos propres activités.

(cf à cet égard le commentaire autorisé et signé « vu de Singapour », à la suite de la « Lettre de Singapour n°1 »)

(A suivre)

Photos 2, 3 et 4: Guy Serrière

La solution: Joseph Conrad dans Lord Jim

Plutôt fière d’avoir semé les plus fins limiers des évocations littéraires du samedi!

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Mais bon sang! Mais c’est bien sûr!… direz-vous en pianotant « littérature unique moyen d’existence » et voyant apparaître Joseph Conrad dès la première page de Google: Joseph Conrad et son Lord Jim dont vous saurez tout de ce qui l’inspira à Singapour et transposa en Malaisie, grâce au merveilleux blog  de Pierre Escaillas « Carnets de la licorne« , que je viens de vous indiquer sous le titre de l’ouvrage.

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Joseph Conrad (1857-1924). En voilà un personnage!

Il est né à Berditchev en Russie (aujourd’hui en Ukraine) au sein d’une famille de la noblesse polonaise. Son père Apollo Korzeniowski, engagé dans la résistance polonaise, est arrêté en octobre 1861 et envoyé en exil d’abord dans des conditions difficiles au nord de la Russie, puis dans le nord-est de l’Ukraine à partir de 1863. Sa famille le suit, et la mère de Conrad meurt de tuberculose en avril 1865. Gravement malade lui même, Apollo Korzeniowski peut rentrer d’exil en 1868. Mais il meurt à son tour en mai 1869 à Cracovie, ville alors autrichienne, laissant Conrad orphelin à l’âge de onze ans.

Celui-ci est alors confié à son oncle maternel, Thaddeus Bobrowski, habitant de Cracovie , et à qui il restera très attaché, entretenant avec lui une correspondance suivie jusqu’à la mort de ce dernier en 1894.  Attiré par la carrière maritime, Conrad part en 1874 pour… Marseille, où il s’embarque comme mousse sur un voilier. Il fait ainsi pendant près de quatre ans son apprentissage de marin en France pour entrer ensuite dans la marine marchande… britannique, pendant seize ans!  Il obtient son brevet de capitaine au long cours en  1886 et prend la même année la nationalité britannique, sous le nom de Joseph Conrad.

Conrad parlait ainsi avec une égale facilité le polonais, l’allemand, le français et l’anglais, mais il décida d’écrire dans la langue de sa nouvelle patrie.

(d’après Wikipedia).

Ce noble sans château est aussi un chevalier des mers désenchanté. Parce que la fortune ne sourit pas à ce qu’il avait perssenti comme une vocation, il se tourne vers la littérature et avoue sans honte  écrire pour l’argent. Ses personnages souvent faibles, désabusés, en quête de leur identité et du sens à donner à leur existence ont parfois permis de voir en Conrad un précurseur de l’existentialisme.

Mais c’est surtout en tant qu’auteur de grands romans d’aventures, à la manière de Stevenson , qu’il s’impose dans la mémoire du grand public.

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« Parce qu’un jour il a été lâche, abandonnant au naufrage un navire et sa cargaison de pèlerins, Jim erre de port en port, cachant sa honte. Il échoue en Malaisie, à Patusan, où la venue du trafiquant Brown lui donne une occasion de se conduire en héros. Cette fois il n’hésite pas, et c’est tragiquement que s’achève l’histoire de Lord Jim, un des plus beaux romans qu’ait jamais inspiré la fraternité humaine. « 

(texte de la quatrième de couverture)

Photo de Conrad empruntée  ici

Photo du bateau traditionnel dans le port de Singapour, sur ce site .