L’énigme du samedi: au coeur du labyrinthe

Sherlock Holmes aurait-il retrouvé son chemin?

Quelle Ariane, pour guider le lecteur

labyrinthe.1227606174.jpg

à travers les arcanes brûlantes de la découverte?

Pastiche du genre policier ou roman initiatique?

Mais j’en ai déjà trop dit:

Déjà vous avez deviné

l’auteur et le nom de son célèbre ouvrage!

IllustrationEnluminure en forme de Labyrinthe  ornant une initiale du Livre de Kells (réalisé par des moines celtes en 800).

Le premier Thanksgiving: quand les futurs cow-boys rendaient grâce… aux Indiens!

the_first_thanksgiving_jean_louis_gerome_ferris.1227707167.png Dans ce tableau de Jean-Louis Gérôme Ferris (1863-1930), intitulé « Le premier Thanksgiving« ,  les Indiens sont les invités d’honneur de la fête.

Le peintre décrit à sa manière, en effet, la première célébration de Thanksgiving. L’histoire raconte qu’elle  eut lieu un an après l’ arrivée dans le Massachussets, du Mayflowerce bateau chargé de pélerins puritains fuyant l’Angleterre en 1620.

L’hiver était froid et les nouveaux colons n’étaient nullement agriculteurs. Sur les cent deux ayant débarqué sur le sol du Nouveau Monde, la moitié d’entre eux périrent.  Or, c’est un Indien de la tribu Wampanoag qui sauva le reste de la communauté. On dit qu’il leur offrit de la nourriture et leur apprit à cultiver du maïs, à chasser et à pêcher. Plus tard, à l’automne, lors de la première récolte, on organisa trois jours de prière et de fête où les colons partagèrent leur repas avec le chef Massasoit et 90 autres Indiens. Il s’agissait de les remercier et d’établir une amitié durable…..

On dit encore que des dindes sauvages et des pigeons furent servis à cette occasion .

Deux ans plus tard, la fin des récoltes fut à nouveau fêtée. Mais la référence aux Amérindiens s’évanouit pour ne formuler de remerciements qu’à l’égard de dieu. Après la mort du chef  indien qui garantissait la paix, les Wampanoag furent finalement exterminés en 1676!

De nos jours, c’est la dinde qui est devenue le symbole de cette célébration. On en abat cinquante milions pour la circonstance et le président du Nouveau Monde, magnanime, en grâcie officiellement deux. Belle reconnaissance pour ce volatile!

bush.1227771424.jpg

Pour se plonger dans l’atmosphère de la célébration contemporaine de Thanksgiving, il faut relire l’excellent livre de Nancy Huston: « Dolce Agonia « 

huston.1227772316.jpg

C’est en effet au cours du repas de Thanksgiving que se retrouvent douze convives autour d’une table. Ils y parlent de la vie, de la mort et de toutes ces choses de la vie. Le narrateur de cette histoire n’est autre que Dieu lui-même…

La machine à fabriquer les héros (4 et fin): Obama, Hercule, Mandrin, Superman, Zorro, James Bond et les autres…

Outre l’observation du parcours stéréotypé des héros, Campbell (cf. les 3 billets précédents) s’est beaucoup intéressé à l‘origine des dieux dans  « Les masques de dieu », par exemple, trouvable seulement en anglais aujourd’hui. Sa façon de considérer la religion, la mise à distance raisonnable qu’il pratiquait, n’ont pas manqué de susciter chez les détenteurs des orthodoxies un jugement péremptoire à son égard comme  penseur de mauvaise fréquentation .

zeus.1226768881.jpg

Campbell affirmait en effet que les modèles des dieux que nous adorons, qu’ils appartiennent à la mythologie ou aux religions modernes, se trouvaient être, il y a de cela bien longtemps, de simples hommes. Nuançons. Pas vraiment des hommes ordinaires, mais de ceux ayant accompli des exploits tels que la légende les a glorifiés au fil du temps jusqu’à créer les dieux qu’ils sont devenus. Or, de la création du monde, aux armes sophistiquées de James Bond , il n’y a qu’un pas qui franchit l’immensité du temps. C’est que le fameux schéma de Campbell est à l’origine de tout un pan du cinéma hollywoodien. Nombre de scénarios, en effet,  ont été construits et continuent de l’être,  selon la structure qu’il a dégagée.

sean_connery.1226769130.jpg

Christopher Vogler, un écrivain et producteur de film hollywoodien, a ainsi rédigé un mémo de sept pages qui a fait école. Il s’agit d’ « Un guide pratique du héros aux mille visages », fondé sur l’étude de Campbell. Ce guide du scénariste a abouti à de nombreux ouvrages dont « Le seigneur des anneaux »  et de nombreux films tel Le Roi Lion réalisé par  Disney et jusqu’à l’élaboration de scénarios pour jeux vidéo. Plus récemment, George Lucas a déclaré s’être lui aussi servi des idées du Héros aux mille visages ainsi que d’autres travaux de Campbell, pour écrire La « Guerre des étoiles » !!!!

De là à confondre l’image avec la réalité, le brouillage est souvent effectif! Si James Bond, homme fictif et non moins convoité, né du livre de Ian Fleming devient plus tard un dieu, la théorie de Campbell s’effondre. Il n’est pas né chez les humains! De plus, la concurrence est rude entre les « Superman » créés de toute pièce pour nos écrans, et les autres, personnages véritables, attestés par l’histoire, tels Robin des Bois, Mandrin ou Zorro…

mandrin.1226769786.jpg

Seuls les siècles qui font les millénaires jugeront de la nouvelle dynastie de l’Olympe et décideront des nouveaux dieux à adorer. Pour l’instant, gardons-nous de confondre les héros de nos séries favorites avec les simples mortels fussent-ils élus aux fonctions suprêmes! Revenons un peu à la réalité. En dépit de leurs immense talents  et des attentes infinies du monde qui les entoure, ils n’en restent pas moins de simples mortels, de simples hommes, pas même des demi-dieux, de ceux que leur talon, cependant, a trahis.

nietzsche.1226508005.jpg

Tableau de Zeus imploré par Thétis par Ingres, emprunté à ce site .

PS, La journée particulière d’un scrutateur: relire Italo Calvino…

italo_calvino_silori_in_rai_1958.1227597596.jpg

La fable d’Italo Calvino dénonçant les fraudes et les irrégularités d’un vote dans « La journée d’un scrutateur », n’est-elle pas, plus que jamais, d’actualité? « A travers les portraits narquois des autres scrutateurs ou ceux de ces électeurs diminués, vieillards impotents, goitreux ou paralytiques qu’un prêtre ou une religieuse accompagne jusqu’à l’isoloir », puis en suivant le combat d’Amerigo, délégué par son parti pour surveiller la régularité des votes à l’intérieur d’un hospice religieux de Turin (le Cottolengo) – c’est le Calvino interrogateur de l’Italie contemporaine que l’on retrouve. Contre les irrégularités et les fraudes a l’intérieur d’un parti, certes, mais surtout dans ses interrogations sur les principes de la démocratie confrontés aux limites de la nature humaine. (Texte rédigé d’après la quatrième de couverture).

scrutateur.1227532087.jpg

 

La fable littéraire, l’humour, la sagesse d’instances régulatrices comme cette « commission de récolement » (du latin recolere=passer en revue), sont-elles suffisantes pour assurer actuellement, en France, la permanence d’une vraie force d’opposition, ce contre-poids nécessaire aux pouvoirs établis quels qu’ils soient, et qui garantit les fondements mêmes de la démocratie?

demo.1227538181.jpg

 

Photo d’ITALO CALVINO interwievé par la RAI en 1958.

Les diamants de la guillotine

Il faut se méfier des diamants.

diamants.1227271303.jpg

Pour éternels qu’ils soient, ils portent parfois malheur aux belles qui les arborent.

Elle s’appelait Marie Antoinette . Le peuple la jugeait arrogante et frivole. La justice de ce temps-là n’y allait pas par quatre chemins.

guillotine_best.1227271440.jpg

 

Les diamants de son collier ont été la goutte d’eau… Sans compter la brioche qu’elle conseillait aux indigents manquant de pain: manipulations de l’information. Affaire montée de toute pièce pour discréditer la reine. Rumeurs…

briocheboulangerve.1227271663.jpg

Mais nous savons tout. Dumas (Alexandre, pas Philippe) nous a tout raconté de l’événement.

Et Pierre Combescot (mais si, vous le connaissez! Mais sous un autre nom!) a tenté à nouveau l’expérience dans son ouvrage paru en 2003 .

N’importe, si j’ai un conseil des plus utiles à vous donner: méfiez-vous des diamants!

bokassa.1227272724.jpg

Toute allusion à un diamant porté par un(e) ministre de la République est bien entendu sans fondement.

Le diamant présenté en début d’article a été trouvé, ici.

L’écriture comme un miroir du monde?

Amora ferme son usine historique à Dijon, Face à la crise, la Chine craint pour sa paix sociale, Ségolène et Martine vont en bateau….Ce sont les titres du soir! Préoccupations trop triviales pour qui veut écrire? Dans ce maelström du quotidien, on se souvient de la question de Sartre: « Que peut la littérature? »

Depuis l’ouverture du débat, et, bien avant, depuis l’apparition de l’écriture, il ne semble toutefois pas que la littérature ait changé grand chose au monde tel que nous le connaissons.

arcimboldolibraire1.1226997699.jpg

Peut-être ainsi n’est-ce pas pas tant en terme de pouvoir que se définit la littérature, qu’en terme d’être au monde. « Qu’est-ce que la littérature » ? avait également questionné Sartre. Si pour nombre d’entre nous, la littérature est d’abord conscience de l’écriture, notre écriture, les écritures, les traces laissées par les hommes qui nous ont précédés ou vivent avec nous, ces signes que nous interprétons dans leurs formes multiples  et constituent le livre ouvert de la vie, c’est tout cela la littérature.

 

aurochs.1226996947.jpg

bushmanpainting.1226997107.jpg

Les aurochs et les silhouettes en mouvement, gravés par les Bushmen  à l’abri des falaises du Drakensberg , en Afrique du sud, les manuscrits de la mer morte, les plaques d’argile de Sumer , le poème d’Homère, la Guerre des Gaules, la chanson du mal aimé, le journal d’Anne Franck, le livre de recettes de nos grands-mères, La Comédie Humaine, Les temps difficiles d’un Dickens révélant la cruauté de la société industrielle, Virginia Woolf traversant la transparence, La pierre de patience d’Atiq Rahimi, Le dit de Tianyi , La légende des siècles….C’est bien sûr tout cela la littérature.

anne-franck.1226999186.jpg

Miroir promené  tout au long du chemin, à la manière de Stendhal nous relatant la « Chronique de 1830 », dans « Le rouge et le noir », elle n’est autre que le reflet à l’infini de nous-mêmes. Chaque événement politique d’hier et d’aujourd’hui, chaque avancée dans le futur, chaque fait divers, chaque lieu et chemin empruntés,  chacun de nos états-d’âme, se reflètent et bougent à travers  les signes tracés qui les transcrivent.

Le reste est affaire de codes , de conventions, à travers les âges. Mais l’autre côté du miroir reste encore à découvrir…

miroir.1226999363.jpg

Mais tout de même! Plus de moutarde à Dijon! Décidément, tout fout le camp!  A moins que, de cet autre côté du miroir, la nostalgie soit encore, et pour toujours, ce qu’elle était. De quoi alimenter nombre de projets d’écriture. Finalement, et pour en revenir à la question initiale, le seul pouvoir de la littérature, n’est-il-pas de réfléchir le monde pour mieux nous en consoler?

La reproduction du « Libraire » d’Arcimboldo provient de

dernière photo empruntée à ce site