Thomas Tranströmer sort de l’ombre: son oeuvre poétique récompensée par le prix Nobel

Photo empruntée à France Soir

Le prix Nobel de Littérature 2011 vient d’être décerné à Thomas Tranströmer, un poète suédois totalement inconnu du grand public, hors les frontières de Suède. Le jugement de l’académie est le suivant!  « Par des images denses, limpides, il nous donne un nouvel accès au réel ».

Sachant que n’être pas connu ne saurait être un défaut, peut-être pourrons-nous le vérifier bientôt, lorsque les vitrines des libraires se feront l’écho de l’illustre décision.

Depuis l’attribution du Nobel, ils sont 7 Suédois à pouvoir se glorifier du prix Nobel de littérature. Si le grand public se souvient encore  deSelma Lagerlof,

qui en 1909 fut la première femme à l’obtenir, les autres lauréats sont plutôt oubliés.

1916:  Carl Gustaf Verner von Heidenstam (1859-1940)

1931: Erik Axel Karlfeldt (1864-1931) , poète très populaire qui reçut le prix de manière posthume, après l’avoir cependant refusé en 1918

 1951:  Pär Lagerkvist(1891- 1974) .

1974:    Eyvind Johnson et Harry Martinson, tous deux membres de l’Académie et donc jurés du prix Nobel reçoivent conjointement le prix! Graham Greene, Vladimir Nabokov et Saul Bellow étaient  alors donnés favoris!

 

 Le prix Nobel fut décerné pour la première fois en 1901.

À sa mort en 1896, le Suédois Alfred Nobel laissait un héritage de 32 millions de couronnes. Cette fortune vient de son invention : la dynamite. Son dernier testament, rédigé le 27 novembre 1895 au club suédo-norvégien de Paris, ne prévoit aucun legs à ses héritiers directs, mais Alfred Nobel demande que soit créée une institution qui se chargera de récompenser chaque année des personnes qui ont rendu de grands services à l’humanité, permettant une amélioration ou un progrès considérable dans le domaine des savoirs et de la culture dans cinq disciplines différentes : paix ou diplomatie, littérature, chimie, physiologie ou médecine et physique.

Page autographe du testament d’Alfred Nobel établi le 27 novembre 1895.

extrait de Wikipedia

Retour, demain, de l’énigme du samedi.


Rentrée littéraire: quand l’Afrique aussi est au rendez-vous

Indigo,

ou l’histoire extraordinaire d’Ibrahima Barry et d’Issiaga Bah,

éditions Do Bentzinger

L’ouvrage retrace l’histoire de deux peintres guinéens, originaires du Fouta-Djalon.

L’auteur les suit de Conakry  jusqu’à Labé, ville de leur enfance, et cherche à capter ce qui a façonné leur vie de peintre.

D’abord la couleur bleue. Au coeur du Fouta-Djalon, les femmes sont teinturières. Du moins, la mère d’Ibrahima l’était-elle: Partir à la recherche des bosquets où s’enroule la liane indigo.  Paumes des mains bleuies, broyer les feuilles délicates. Faire surgir la couleur dans de vastes bidons remplis de liquide malodorant. Tremper le bazin « smocké » dans les cuves….Quand le tissu bleu sèche enfin dans les cours, les enfants frappent l’étoffe jusqu’à ce qu’elle soit lustrée, craquante.

Cet univers singulier imprègne les toiles d’Issiaga et d’Ibrahima. De l’effroi lié au régime de Sékou Touré, ils ne veulent plus parler. Le pays fut si longtemps fermé que l’air d’aujourd’hui leur paraît vent de liberté. Alors ils peignent. Malgré les commandes trop peu nombreuses, en dépit du peu de considération accordée à leur statut d’artiste, dans une société tendue vers sa préoccupation de survie. Ils peignent.

Ce petit essai d’une centaine de pages leur rend ainsi hommage.

Tableau de la Première de couverture: Issiaga Bah, Les tresseuses du Fouta-Djalon

dernier tableau: Ibrahima Barry, Vol d’oiseaux, emprunté à ce site

 

C’est la rentrée à Strasbourg: volent la feuille au vent et tous les mots des livres au gré de nos désirs

Plus de 600 livres à l’étal du libraire pour cette rentrée 2011!  Le chiffre, paraît-il en baisse, a cependant de quoi satisfaire notre faim jamais rassasiée d’encre, de mots, de pages, d’ouvrages flambant neufs, tout craquants sous nos doigts qui les palpent avant de les ouvrir. Couverture sobre figée dans la bienséance des valeurs sures ou couleurs  de collections pimpantes, il y en a pour tous les goûts. Pourquoi bouder votre plaisir?

A Strasbourg, les mots se sont réfugiés dans d’incroyables Bibliothèque Idéales. Bibliothèques et librairies ouvrent tout grand leurs portes aux mots. Mots intimes, nostalgiques, savants, poétiques, sonores. Catherine Clément raconte avec Claude Millner l’enracinement de la pensée à l’aube des années 60. Ils étaient là, grands témoins. Michel Serres déjà, en « caïman » inspiré. Althusser, Lacan, Lévy Strauss, Iankelevitch. La rue D’Ulm.

La nuit tombée, on lit Proust dans les salons de l’Aubette,  à la lumière de la Sonate de Vinteuil

Ophuls et Godard se rencontrent, au même moment, à l’autre bout de la ville, dans l’immense entrepôt portuaire réhabilité le long du canal et qui est devenu la plus grande bibliothèque publique de l’Est de la France: la médiathèque André Malraux.

Qu’importe l’antisémitisme de Godard? s’étonne un jeune homme au premier rang.  Son oeuvre n’excuse-t-elle pas tout?

Ouh! Ouh…tentent vainement de protester deux auditeurs scandalisés.

Mais le public reste impassible, non pas qu’il approuve le questionnement du jeune homme, mais il est dérangé. C’est ainsi. Respecter la règle du jeu consensuel.  Les vagues se font ailleurs.

Autre moment: Antoine Sfeir et Abdel Wahab Meddeb analysent le Printemps des pays arabes. Finesse et nuances. Mea culpa et interrogations. Antoine Spire orchestre les échanges avec sensibilité et un immense talent.

Je suis passée par là et j’ai trouvé ce débat très mauvais, vocifère avec la naïve arrogance d’une jeunesse privée d’incertitude,  une étudiante d’origine tunisienne, froissée par l’analyse des participants sur le danger de l’intégrisme éventuel en pays musulman. Je reviens de Tunisie. Ce n’est pas notre problème. Nous avons d’abord à penser à la vie quotidienne.

C’est vrai. La vie quotidienne. Le danger intégriste est-il absent pour autant? Incompréhension. Mots échangés. Mots croisés. Apprentissage et connaissance. Mots différents d’une génération à une autre. Mots impossibles d’une culture à une autre. Qu’est-ce donc que ce mot laïcité qui ne se traduit pas en anglais, sinon par séculier? explique Antoine Sfeir.

Un autre jour, c’est Guy Debord qui revient hanter les esprits sans les salons de l’Aubette.

Ironie des situations! Ses exégètes réclameraient presque un entartage. N’est-ce pas trahir Debord que de se plier au conformisme des présentations académiques? Souvenir. Souvenir…Tracts distribués à l’entrée du restau U de Paul Appell. Slogans aux fascinantes apories. C’est hier que l’on brade. Hier pourtant tellement neuf et non encore totalement décrypté. Odeur de poussière des facs occupées. Et Célestin, l’illustre clochard (on ne disait pas encore SDF), devenu notre doyen, à la fac de lettres. Debord a encore de beaux jours devant lui…

Mots oubliés et revenus tout à coup, et, au milieu, ceux de Bernard Comment. Mots discrets glissés dans ce recueil  qui vient d’être honoré du Goncourt des nouvelles. « Tout passe ».

Un livre en écriture camaïeu sur la transmission. Presque perdu dans le brouhaha des mots qui secouent le vieux monde avec nous.

Image 1 où les mots volent au vent, empruntée à ce site

La solution: Gustave Le Bon et sa « Psychologie des foules »

JEA , encore une fois,  nous donne la solution. Suivi de près par Alain Lecomte qui découvre apparemment comme moi un « Insolent  » qui n’avait pas encore été repéré.  L’énigme de  ce samedi , renvoyait pour moi,  à l’éditorial d’Alain Duhamel (mais peut-être celui-ci s’insprire-t-il de l’insolent pré-cité, puisque l’article est antérieur?),  dans « Le Point »: Gustave Le Bon , « visionnaire méconnu ».

 

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En 2010, Psychologie des foules fera partie de la série Les 20 livres qui ont changé le monde publiée conjointement par les Éditions Flammarion et le journal Le Monde. Dans sa préface, Mathieu Kojascha écarte l’idée que l’ouvrage ait pu faire le lit du fascisme et conclut : « Contribution définitive à la psychologie collective, à la compréhension du phénomène mystérieux qu’est la foule, Psychologie des foules de Gustave Le Bon doit aussi son immense succès au fait que ce personnage étonnant, intrigant, a su exprimer l’inquiétude de ses contemporains, leur perplexité devant certains aspects de la modernité. Perçu comme un texte fondateur de la psychologie sociale, ce livre est donc un formidable document d’histoire. »

Extrait de Wikipedia.

L’énigme du samedi: Tout droit sorti de l’oubli…

Le voici tout droit sorti de l‘oubli,

par la grâce d’un chroniqueur.

Que justice soit rendue à ce grand pourfendeur

d’idées toutes faite,

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à travers des récits de voyage,

des ouvrages d’archéologie

et d’anthropologie sur les civilisations d’Orient.

Qui est-ce?

Quel ouvrage l’ a rendu célèbre?

Illustration: Robinson et Vendredi dans le célèbre « Robinson Crusoë » de Daniel Defoë, récit de voyage imaginaire.

La solution: Balzac, dans « Splendeurs et misères des courtisanes »

Merci à JEA et à Béné pour leurs suggestions qui n’aboutissaient cependant pas à la solution. Il s’gissait en effet de  « Splendeurs et misères des courtisanes »qui fait suite aux « Illusions perdues ». Publié entre 1839 et 1847, sous forme de feuilleton dont Balzac est l’inventeur, le roman livre une satire sans indulgence de la société parisienne sous la Restauration.

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« Le roman débute alors que se déroule le bal annuel de l’opéra de Paris, fête masquée prestigieuse. Rubempré qui avait quitté Paris déchu et ruiné, revient plus arrogant que jamais au bras d’Esther dite « La Torpille », jeune courtisane ensorceleuse. Il est suivi comme son ombre par l’abbé Herrera dont on découvre vite qu’il n’est autre que Vautrin, l’âme damnée de la Comédie Humaine. Un pacte quasi sanguin lie les 2 hommes dont l’objet sera de franchir une à une toutes les marches qui feront de Rubempré, l’un des éminents représentants de cette société parisienne clinquante et vaniteuse. « 

Extrait du site Critiques libres

« La Comédie humaine », dixit l’encyclopédie Universalis , n’est qu’une constante mise en lumière des coulisses de la société, là où se trament les complots et les trafics. Mais jamais Balzac n’avait éclairé aussi crûment la scène du plaisir et du crime. On y voit « peintes les existences, dans toute leur vérité, des espions, des filles entretenues et des gens en guerre avec la société ».

Quel Balzac pour dépeindre la société d’aujourd’hui?

Cette énigme avait été programmée automatiquement la semaine dernière, devançant un week end dans un lieu sans internet. (ça existe encore!) Hélas, la programmation n’a pas marché. Nul, et même pas l’écho, ne répond à mon billet de demande d’aide aux gestionnaires de notre serveur décidément bien peu soucieux des pauvres abonnés qui s’évertuent à faire vivre leurs blogs!

L’énigme du samedi: elle aimait trop le bal…

Victor Hugo l’écrit:

« Elle aimait trop le bal , c’est ce qui l’a tuée »…

Et celle-là, reine du bal de l’opéra de Vienne,

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bien plus belle que les duchesses endimanchées

paradant au firmament d’étoiles sans éclat,

quel sera, magnifique ou sombre, le sort qui sera sien,

succédant un jour à toutes illusions perdues?

Empruntera-t-elle le titre de l’ouvrage évoqué dans ces lignes?

Quel est l’auteur de cet ouvrage et

dont vous avez bien entendu trouvé le titre?

Photo empruntée ici