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Petit clin d’oeil à l’actualité!
Homme d’état,
qui méditait,
il est aussi poète,
précurseur d’une célèbre bataille.
Qui est-il?
Quelle bataille annonce-t-il?
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Petit clin d’oeil à l’actualité!
Homme d’état,
qui méditait,
il est aussi poète,
précurseur d’une célèbre bataille.
Qui est-il?
Quelle bataille annonce-t-il?
La première nouvelle concernant le thème des librairies est écrite par Kathrin Kienel-Mayer. Kathrin est autrichienne. Sa langue maternelle est l’allemand, mais elle est passionnée par l’éciture en français qu’elle a étudié pendant ses études et qui lui offre, dit-elle, une sorte de distance. Elle a participé à mon atelier viennois et a écrit ce texte qu’elle nous permet de lire aujourd’hui.
La démarche de Kathrin était très originale. Dans la maison d’un ami, en rangeant avec lui un placard, elle trouve un carton de photos de très grande qualité appartenant au père de cet ami. Elle interroge alors en profondeur et de manière presque obsessionnelle ces clichés, ce qui lui permet de réinventer un univers qu’elle n’a bien sûr pas connu. Elle croise en même temps le questionnement sur sa propre démarche d’écriture. Ecrire, comme on tisserait la toile d’un décor inconnu, avec les mots d’aujourd’hui!
Trois hommes devant la librairie
Trois messieurs élégants portant de longs manteaux et des chapeaux gris ou noirs regardent la vitrine d’une librairie fermée. On est à Vienne pendant la Seconde Guerre Mondiale, en automne ou en hiver puisqu’il fait assez froid et que le pavé est encore humide de la pluie tombée auparavant.![]()
La librairie a deux vitrines. L’entrée se trouve au milieu d’elles, placée dans un renfoncement de la façade et accessible par quelques marches. Une grille d’une hauteur d’un mètre environ relie les vitrines et barre l’accès à l’entrée. La librairie est donc fermée. Une lumière assez forte – venant du soleil ou plutôt d’un réverbère – éclaire les livres. En même temps la lumière semble faire tomber les silhouettes des trois hommes en longues ombres.
Le photographe a fait une mise au point sur la vitrine de gauche. Elle est assez grande, large de deux mètres, haute d’un mètre et demi au moins et d’une profondeur d’un mètre. Sur sept à huit étagères vitrées, des livres sont disposés à l’étalage et remplissent la totalité de la vitrine: Une douzaine de livres par rangée en plus des ouvrages disposés au sol de la vitrine, cela fait alors une bonne centaine d’ouvrages.
Presque tous ces livres portent des titres liés à la guerre et à l’Allemagne comme Wir zogen gegen Polen – « Nous partîmes vers la Pologne », Ölkrieg – « Guerre de pétrole », Deutsche Frauen – « Femmes allemandes », Die Kriegsmarine – « La marine de guerre ». La moitié des titres apparaît en écriture gothique. Les photos et illustrations sur les couvertures montrent des pilotes, des soldats, des officiers, des avions et des aigles.
Tous les livres portent en haut à gauche un petit morceau de papier blanc placé entre les pages pour indiquer le prix, qui est de 2 à 7 RM – pour la plupart d’entre eux. Dans la partie droite de la vitrine (derrière laquelle on peut imaginer que se trouve l’entrée), il y a une carte de l’Europe collée sur la vitre.
A la hauteur du regard de l’homme qui se tient à gauche, celui aux cheveux déjà blancs, manifestement le plus âgé des trois, portant costume, manteau et chapeau gris avec un ruban noir, s’étale une vingtaine de volumes, les seuls dont on ne voit que le dos. Au-dessus se trouve un panneau blanc, sur lequel est écrit à la main:
ALLE 65 BÄNDE VORRÄTIG, JEDER BAND RM 3.80
« Tous les 65 volumes sont en stock, chaque volume est à RM 3.80 ». Il s’agit donc du Reichsmark, et probablement ce sont les livres de Karl May qui sont ainsi étalés.
L’homme du milieu, au chapeau et ruban sombres, au pantalon et chaussures noirs, en manteau gris, façonné et lourd, regarde, lui, des titres au sol de la vitrine. Il croise les mains derrière son dos, sa main gauche posée dans sa main droite.
Le regard de l’homme à droite est attiré par quelque chose à terre. Il porte également un chapeau noir, ses cheveux sont très courts. Nuque rasée, chemise blanche, cravate, manteau gris, pantalon gris avec revers, chaussures noires bien brillantes.
On les voit tous de dos. Et on remarque en même temps, la main gauche d’un garçon qui se cramponne à la grille fermant l’entrée.
Trois hommes devant la Librairie
2° épisode
Il était en train de ranger les titres arrivés ce matin. Pendant trois semaines il avait attendu. Problème de livraison. Mais finalement il avait reçu les bouquins. Le petit garçon de sa voisine était venu au moins quatre fois cette semaine pour demander si son livre était déjà là. Alors il a décidé de passer chez la voisine ce soir afin de lui apporter le Karl May pour son fils.
Il aime les enfants qui lisent. Son père avait toujours dit que les enfants qui lisent c’est le futur du bouquiniste et que c’est en eux qu’il faut investir le plus. Et il aime voir les filles et les garçons quand ils pressent leurs figures contre la vitrine pour déchiffrer les titres nouveaux venus. C’est pour cela qu’il avait décidé de réserver la vitrine de droite aux enfants. Seuls les titres de Karl May, se trouvaient encore dans la vitrine de gauche, là où il y avait tous les livres qu’il devait exposer pour des raisons soi-disant officielles, prescrites par l’appareil administratif. Il n’avait pas encore eu le temps de faire passer les volumes de la gauche à la droite. Il avait décidé de le faire le lendemain. Ce jour-là il y avait eu pas mal de monde. Probablement parce que cela faisait déjà quelques jours sans bombardements. Doucement la vie normale, la vie normale de guerre, était revenue. Et avec cela aussi les clients. Lecteurs – clients des libraires, clients des auteurs, clients des éditeurs…
Comme toujours il avait fermé la librairie à six heures. La nuit tombe déjà tôt au mois de novembre, mais la lumière des réverbères qui passe parmi les livres étalés éclaire un peu l’intérieur de la librairie. Cela lui fait épargner de l’argent quand il n’allume pas les lampes. Et la lumière suffit, au moins pour ranger les titres.
Soudainement une ombre tombe sur les livres dans sa main. Il lève son regard et voit à l’extérieur trois hommes, trois messieurs élégants mais effrayants en même temps. C’est leur attitude, la manière dont ils regardent les livres dans la vitrine de gauche qui lui fait peur. Est-ce qu’ils sont inspecteurs ? Sont-ils à la recherche de titres soumis à la censure ? A-t-il peut-être oublié d’enlever quelque chose ?
C’est surtout l’homme à gauche qui l’inquiète. Il a les yeux clairs, d’un bleu perçant qui lui fait penser à l’acier d’un piolet. Sa petite moustache lui rappelle le Führer, et il se souvient du dernier discours qu’ils avaient passé à la radio il y a quelques jours. Il entend même la voix, il entend les mots, des mots qui lui font peur, des mots qui…
Il pense aux livres qu’il a cachés dans une niche sous les planches dans le vieux placard. « Le procès » de Kafka lui vient en mémoire. Il est tout en haut du pilier. Et d’autres comme Musil, Zweig, Thomas Mann, Werfel, Brecht, Remarque… Ils étaient tous sur la liste, mais, étant libraire depuis son enfance, ayant les gènes de libraire de son père et de son grand-père, il n’avait pas pu les détruire. Il les a cachés pour au moins garder l’espoir que cette guerre un jour se termine et que, après, tout revienne comme avant. Ou presque.
Il regarde dehors et voit le gamin de la voisine, devant la vitrine de droite. Certes, l’enfant voudrait savoir si son livre… Et lui, pense, que si jamais il survit à ce soir, il apportera à ce gamin, un deuxième volume en cadeau.
Les mots tournent dans sa tête, mots de Hitler, de Kafka, de sa voisine, de son père, tout un mélange, mots jamais entendus, mots jamais lus, mots jamais pensés, tous les mots qui ont formé sa vie. Mots qui restent quand les trois hommes décident de continuer leur petite promenade du soir.
(22 & 23 mai 2005)
Que serait l’art sans métissage? l’écriture sans référence, la peinture sans l’empreinte de nos lointains ancêtres aux parois de leurs abris, la musique de Mozart sans l’oeuvre de Bach ?
Le mot métissage vient du mot latin mixtīcius, < mixtus qui signifie mélangé/mêlé. Il désigne ainsi le mélange de deux éléments distincts. On parle de métis pour des tissus (ex. toile métisse), des métaux (ex. fer métis) et même, pour des mots. Ainsi en est-il de la langue. La langue française, en particulier, est totalement métissée, constituée en grande partie de racines grecques, grecques « romanisées », latines, arabes, celtes, etc.
À partir du XIII° siècle, le mot renvoie au croisement de deux espèces animales ou végétales différentes (un mestis). Mais il faut attendre 1615 pour que le mot « métice, emprunté au portugais, se mette à désigner une personne née de parents européens et « indigènes », lors de la colonisation.
Les tableaux naïfs de l’époque en témoignent!
(d’après Wikipedia).
Pour en revenir à l’écriture, Marguerite Duras rapproche, elle, le métissage de ce qui se passe pour qui est en train d’écrire. Elle dit:
« Le métissage, comme l’écriture, c’est l’inconnu de soi qui fascine et que l’on veut rejoindre : » […] écrire, c’est une sorte de faculté qu’on a à côté de sa personne, […] d’une autre personne qui apparaît et qui avance, invisible, douée de pensée, de colère, et qui quelquefois, de son propre fait, est en danger d’en perdre la vie » (Marguerite Duras, Écrire, Paris,Gallimard, coll. » Folio « , 1993, p.52) E. Poulet : Fabula: « Duras entre deux mondes ».
Dans le domaine de la création musicale, l’attitude de Mozart devant l’oeuvre de J.-S Bach tient du même phénomène. Lors de la découverte émerveillée de la musique de Bach, le très jeune Mozart commence par recopier les pièces entendues, puis il transpose les partitions pour clavier en partitions pour quatuor à cordes. Peu à peu, il mêle les influences, savant métissage, à son propre génie
Pour avancer dans le temps, le country-blues, musique très populaire dans l’Amérique rurale, est également le produit du métissage entre la musique apportée par les Irlandais au XIX° siècle , et le blues des esclaves noirs américains.
La peinture n’est pas en reste. On se souvient, pour raccourcir le propos, que Picasso emprunte le masque africain et fonde tout un courant de la peinture contemporaine. Nombre d’expositions à travers le monde ont retracé depuis ce fécond métissage.
Plus près de nous,
le tableau de Pilar Lluch intitulé « Ecritures du monde », (cf reproduction à gauche), renvoie également aux signes premiers de l’écriture et à ceux interceptés aujourd’hui: Il s’agit d’un métissage à travers les cultures et le temps.
Le peintre Alain Laborde , dont le très beau site est à visiter présente la même démarche: « Alain Laborde célèbre le pluralisme des langues, le mélange des arts et des cultures, sur le fécond métissage des sangs. Empruntant au bestiaire de l’Antiquité et du Moyen-Age, l’artiste invente aujoud’hui une modernité bigarrée et ludique. »Bernard Lafargue, Université de Bordeaux III (Correspondances, n° 5/6 , 1993).
http://www.cepdivin.org/persos/laborde/presse.html
Ainsi en est-il du tissage des fils quotidiens de l’écriture. Ce verbe tisser, en effet, issu du latin texere, désigne le fait d’entrelacer les éléments de la chaîne et de la trame pour obtenir le tissu… ou la page. L’activité est si proche du verbe mêler!
Sans nul doute, à tisser le tissu des mots qui font la toile de l’écriture, chaque écrivant, pour modeste qu’il soit, s’inscrit dans cette geste du métissage qui permet à l’aventure humaine de se déployer au delà des déterminismes.
L’homme qui écrit inlassablement est Balzac.
Accueilli au château de Saché,
loin de ses créanciers,
il écrit entre autres « Le lys dans la vallée »,
cette vallée de l’Indre qu’il peut voir de la fenêtre de sa chambre.
Tout est resté à l’identique dans cette gentilhommière où vous croyez vraiment
rencontrer Balzac, regarder avec lui la campagne environnante, l’écouter lire avant le dîner le dernier chapitre du manuscrit qui l’accapare. Et vous irez flaner sur la place de l’église autour du mobile offert par Calder. Enfin vous ne quitterez ces lieux inspirés qu’après avoir goûté aux vins de Touraine dans la jolie auberge du XII° siècle qui fait face au château…
Comment pouviez-vous trouver la solution de l’énigme?
1- Vous écrivez « écrivain harcelé par ses créanciers« , vous tombez immédiatement sur un site intitulé: « Balzac à l’étude » qui établit la biographie complète de l’homme de lettres.
Vous avez donc la puce à l’oreille.
Continuons.
2-Si vous demandez: « Balzac se réfugie pour écrire« , vous tombez sur un site: « 1830, Paris se révolte »
« Le 25 juillet 1830, Balzac se rend à pied de la Grenadière à Saché et c’est à Saché
qu’il se trouve pendant les Trois glorieuses. Alors que la tension monte à Paris, c’est délibérément qu’il choisit ainsi de rester en Touraine. Le 21 juillet, il écrit à Ratier, directeur du journal La Silhouette : « J’en suis arrivé à regarder la gloire, la Chambre, la politique, l’avenir, la littérature, comme de véritables boulettes à tuer les chiens errants et sans domicile. »
Il se préoccupe pourtant d’écrire et encore d’écrire. L’année 1830 est celle de ses premiers succès journalistiques, qui précèdent de peu ses grands succès littéraires. »
3-Saché.
Serait-ce ce lieu dont parle l’énigme?
Cherchons.
Si vous tapez, « Saché et Balzac« , le premier site apparaissant en haut de la page est celui du Conseil Général d’Indre et Loire et vous lisez:
« Musée Balzac – Château de Saché »
« L’imaginaire balzacien
Au cœur de la Touraine, le château de Saché est le lieu d’inspiration privilégié d’Honoré de Balzac. De 1830 à 1837, années les plus prolifiques de sa carrière, l’auteur de La Comédie humaine y trouve, chez son ami Jean de Margonne, le refuge idéal pour échapper à ses créanciers et à la vie parisienne. Dans sa petite chambre du second étage, il écrit plusieurs chefs-d’œuvre dont Le Père Goriot, Les Illusions perdues et La Recherche de l’Absolu. La vallée de l’Indre, Saché et les châteaux environnants constituent le cadre de son célèbre roman Le Lys dans la vallée. »
Et par la même occasion vous découvrez les fleurs qui composeront votre bouquet: évidemment des lys.
Il ne vous reste plus qu’à explorer plus avant pour savoir quel artiste venant du Nouveau Monde s’est installé à Saché. Pour cela, interrogeons tout simplement en tapant : « Saché. »
Vous verrez apparaître nombre de célébrités ayant hanté les lieux et en particulier:
« Sculpteur américain, Alexander Calder habita « La Basse chevrière » vers 1950, puis fit construire son atelier au lieu-dit « Le Carroi ». Il y vécut jusqu’en 1975 et fit don au village de Saché du mobile installé devant l’église. »
Dernière indication: Pour ceux qui auraient été intrigués par l’illustration de l’énigme, il s’agissait d’un tableau représentant « la marche » dans:
« Le Tacuinum (également appelé Taccuinum) Sanitatis qui est un manuel médiéval sur la santé, basée sur le Taqwin al‑sihha (Tableaux de santé) ou traité médical arabe écrit par Ibn Butlan ; il existe dans nombreuses versions latines. Les manuscrits sont profusément illustrés.
À la fin du Moyen-Âge, le Taccuinum est très populaire en Europe de l’ouest; une indication de cette popularité est l’utilisation du mot taccuino en italien moderne qui désigne n’importe quel sorte de manuel de poche, guide ou cahier. » (extrait de l’article de Wikipedia).
Harcelé par ses créanciers,
il arrivait à pied
jusqu’à ce village qu’appréciera plus tard, un artiste venu du Nouveau Monde.
Bien à l’abri dans ce refuge, il pouvait écrire,
écrire, écrire encore,
tout en admirant la vallée
par la fenêtre de sa chambre.
Qui est cet homme en train d’écrire ?
Quel est le nom de son refuge?
Questions subsidaires:
Qui est cet artiste venu d’ailleurs?
De quelles fleurs feriez-vous donc un bouquet
tout en flanant dans le paysage évoqué?
1-le haïku
Le Haïku est un poème bref et codé d’origine japonaise.
À titre d’exemple, voici l’un des plus célèbres haïkus japonais, écrit par un grand maître, Matsuo Bashô ( 1644-1694):![]()
Dans le vieil étang
Une grenouille saute
Un ploc dans l’eau
L’original japonais est :
Notons que ce haïku est celui que l’on présente le plus lorsqu’il s’agit d’expliquer ce qu’est un haïku. Il en existe de multiples traductions. C’est surtout le troisième vers qui pose problème. Les onomatopées étant difficilement traduisibles
Le haïku ne se contente pas de décrire les choses, il nécessite le détachement de l’auteur. Il est comme une sorte d’instantané. (extrait d’un article de Wikipedia).
Très souvent une référence à la saison est requise.
2- Le hain teny
Le hain teny, à Madagascar est lui aussi une forme de poésie traditionnelle brève.
un exemple:![]()
Que gronde l’orage au Mont des- Immortels
Au Pays-des-Enfants fleurit l’orchidée
Eclatent les pleurs de Jeune-Tourterelle
Eclatent les rires de Ne-craint-le-retour
Ne soit pour le deuil aucun juste retour
Mais soit pour l’amour la justice accordée.
(Trad. : Bakoly Domenichini-Ramiaramanana)
Genre littéraire en usage à Madagascar, en particulier chez les Merina. Les hain-teny ou hainteny (propos élaborés?) se présentent habituellement sous forme de poème court où on part de généralités anodines pour ensuite en arriver subitement au sujet proprement dit selon un mécanisme d’association subtile appréciée des connaisseurs. Le sujet en question est presque toujours en rapport avec la quête amoureuse. On a rapproché les hain-teny des pantun malais, ce qui permet d’en déduire qu’il s’agit d’un vieux procédé littéraire malayo-polynésien, amené à Madagascar par les premiers émigrants originaires d’Indonésie. (extrait wikipedia).
« Si on le définit, avec Jean Paulhan, comme un « poème obscur », son obscurité tient de ce qu’il est fondé sur un usage systématique de la polysémie, qu’il condense dans une forme brève, volontiers sentencieuse, des connotations culturelles jouant sur plusieurs niveaux. Ainsi, dans le hain teny cité, le coup de tonnerre dans l’Ankaratra évoque-t-il un paysage à la fois géographique et mythologique (les montagnes bleutées, au sud de Tananarive, souvent entourées d’un léger voile de brume et tenues pour le séjour des esprits, des dieux et des princes de légende). S’y ajoute une référence à un rite de la vie traditionnelle (le famoizana ou renoncement, quand, à la veille de l’an nouveau, l’on pleurait une dernière fois les morts de l’année dont on croyait entendre un dernier appel dans le coup de tonnerre solitaire de l’Ankaratra ; et c’était aussi le moment où les époux séparés pouvaient se retrouver pour un ultime retour d’amour). On peut encore deviner une allusion politico – historique (l’Ankaratra figure métonymiquement le groupe des Merina et des Vakinankaratra, tandis que l’Anjafy représente les Sihanaka, population dissidente d’origine merina : le poème emblématise un moment de l’histoire malgache) [6]. Par ailleurs, le hain teny fonctionnant, comme l’a montré Jean Paulhan, comme une « poésie de querelle » (c’est-à-dire qu’il peut servir à régler des litiges, donnant la victoire au meilleur improvisateur), il prend sens dans et par la situation d’énonciation. »
[ Article publié sur http://www.refer.sn/ethiopiques ]
1. Antilles et Océan Indien
POESIE ET TRADUCTION A MADAGASCAR
Par Jean-Louis JOUBERT
3- Les poèmes de Claude Braillard
Les poèmes de Claude Braillard (qui sera évidemment gênée que je parle d’elle et je lui demande de me pardonner), ont une parenté avec ces deux genres: brièveté de la forme, écho de l’évanescence de l’instant, ciselage naturel du verbe.
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Pour Sylvie
Si tu vas en Chine , ma fille,
Il faut que tu pièges pour moi
Les reflets irisés de la lune,
Volés dans l’éclat d’un miroir .
Ils me donneront l’immortalité
Et des sages, les secrets oubliés.
Porcelaines
Les coquillages ont fui les noirs ressacs
Et bruissent au creux de mon oreille.
Comme ils ne veulent pas mourir,
Ils me racontent leur vie
Pendant que je sommeille.
Et je crois entendre la mer,
Le cri des mouettes
Le sable crissant sous mes pieds nus.
Pourtant leurs coquilles sont vides
Et mon Père ne m’écrit plus.
14 Juin 2006
Vous êtes extraordinaires! Marilène et Motpassant, bravo!
Mais bravo aussi à Jeandler et à Bruno
sans compter l’incroyable perspicacité de Xie Guang Jie!
Bien sûr, il s’agissait du programme Erasmus permettant l’échange d’étudiants à travers l’Europe
La ville à trouver était Strasbourg
Et c’est Goethe,
qui,
alors qu’il était étudiant en droit, et malgré son vertige escalada l’unique tour de la cathédrale.
Et la tradition perdure! Etudiant en économie à l’université de Strasbourg, dans les années 90, notre fils Nicolas,
, poète à ses heures, ne s’était pas vanté, à l’époque, d’avoir escaladé la nuit, avec ses amis, l’échafaudage permettant la réfection de la tour, pour hanter, poursuivis par les gardiens courroucés, les hauts lieux de l’art sacré !!
(voir tout en bas pour la suite de l’histoire)
Un tout petit peu d’astuce avec le texte aujourd’hui. L’énigme de la semaine dernière était si facile que c’en était désespérant.
En tapant « un poète sur la tour de la cathédrale », curieusement, vous apercevez:
« La Cathédrale aura, enfin, une deuxième tour ! ... »
Vous pouvez donc déjà vous demander s’il s’agit, par hasard, en Alsace, de la cathédrale de Strasbourg.
Pourquoi ne pas tout simplement demander à Google : Qui escalade la cathédrale de Strasbourg?
Et là,
www.terresdecrivains.com/Goethe-a-Strasbourg.html
vous pouvez lire:
« Lorsqu’il arrive à Strasbourg à 21 ans en 1770, Goethe a bien en tête de poursuivre plus tard sa route vers Paris.
Mais la beauté de la cathédrale et de Frederike, ainsi que ses rencontres strasbourgeoises en décideront autrement.
Le 2 avril 1770, il s’installe à l’hôtel de l’Esprit, quai Saint-Thomas. Il vient à Strasbourg pousuivre des études de droit à l’université dont la renommée est grande.
La cathédrale – qu’il escalade le jour-même de son arrivée malgré son vertige [1] – lui inspirera un essai sur l’architecture allemande.
Peu après, il loue une chambre au fourreur Schlag, 36 rue du Vieux-Marché-aux-Poissons [2] et prend ses repas à quelques pas, 22 rue de l’Ail, dans la pension Lauth, repaire d’étudiants-philosophes dont la curiosité et les recherches touchent un peu à tout. Il rencontre là un futur condisciple, Jung-Stilling.
On imagine bien, en le parcourant encore aujourd’hui, quel était son itinéraire quotidien.
Il s’inscrit à l’université et passera également beaucoup de temps à étudier les sciences. Ses amis l’encouragent à lire Montaigne, Buffon, Beaumarchais, Rabelais…
Se rendant un jour à l’hôtel de l’Esprit, il rencontre par hasard le philosophe Herder, venu soigner ses yeux à Strasbourg. De cinq ans son aîné, Herder lui fait découvrir Shakespeare, Ossian et la culture populaire. Avec Rousseau (passé d’ailleurs dans la ville en 1765), voilà tracées les influences principales du Sturm und Drang, ce courant pré-romantique qui s’incarne en particulier dans le drame de Goethe Goetz von Berlichingen et dans ses Souffrances du jeune Werther (qui inspireront le René de Chateaubriand, l’Oberman de Senancour, l’Adolphe de Benjamin Constant, etc.).
Il a jusqu’à présent plutôt vécu en ville et aime parcourir les environs à cheval à la recherche de paysages et d’histoires des campagnes, en particulier avec le docteur Salzmann, hôte de la pension de la rue de l’Ail.
C’est ainsi qu’en octobre 1770, il rencontre Frederike Brion, fille du pasteur de Sessenheim, un peu au nord de Strasbourg. L’idylle est partagée. Frederike lui inspire de grands poèmes. Mais le poète, ne souhaitant pas encore se lier par le mariage, rompt avec elle quelques semaines avant août 1771, époque de son retour à Francfort (après avoir obtenu une licence de droit à l’université de Strasbourg). On montre encore aujourd’hui, sur la route de Drusenheim, le chêne au pied duquel il lui annonça son départ. Sessenheim conserve un mémorial consacré au poète.
En 1775, il s’installe à Weimar, où il attirera Herder et Schiller.
A l’occasion d’un passage dans la région en 1779, il revient saluer Frederike. »
Pour Nicolas qui tomba aussi … non pas des échafaudages de la cathédrale, mais amoureux de la belle Alison, jeune étudiante anglaise venue à Strasbourg, grâce au programme Erasmus, l’histoire se termine par un mariage et la venue au monde d’Auria et Luca. Heureux grands-parents que nous sommes!
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