Pour le plaisir: la musique du fleuve…

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« La masse verte du fleuve continue de passer, comme une seule pensée, sans vague, presque sans plis, avec des moires luisantes et grasses. Christophe ne la voit plus; il a fermé tout à fait les yeux, pour mieux l’entendre. Ce grondement continu le remplit, lui donne le vertige; il est aspiré par par ce rêve éternel et dominateur. Sur le front tumultueux des flots, des rythmes précipités s’élancent avec une ardente allégresse. Et le long de ces rythmes, des musiques montent, comme une vigne qui grimpe le long d’un treillis: des arpèges de claviers argentins, des violons douloureux, des flûtes veloutées aux sons ronds…Les paysages ont disparu. Le fleuve a disparu. Il flotte une atmosphère tendre et crépusculaire. »

Romain Rolland: Jean Christophe, l’Aube. Ed. Albin Michel. 1931. P. 68.

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Illustration:1- vallée de la Loreleï

2-Evocation de Ludwig van Beethoven Symphonie n° 9 en ré mineur op. 125

partition autographe, 4e mouvement

La solution de l’énigme: Romain Rolland, dans Jean Christophe et Colas Breugnon

Il est presque incroyable que « Jean Christophe » ou « Colas Breugnon » (le héros de la fresque bourguignonne évoqué dans l’énigme), soient aujourd’hui des livres oubliés, pratiquement impossibles à dénicher…

Leur auteur, Romain Rolland , est né à Clamecy (Nièvre) en janvier 1886 et mort à Vézelay le 30 décembre 1944. Il a reçu en 1916 le Prix Nobel de littérature pour son œuvre majeure, Jean-Christophe.

Romain Rolland voulait croire en la rencontre des esprits libres contre la barbarie et était sans doute, à l’époque, l’un des plus fervents soutiens de la Société des Nations.

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(Romain Rolland et Gandhi en 1931)

La série d’articles qu’il a écrits en Suisse au début de la première guerre mondiale, réunis sous le titre célèbre de « Au-dessus de la mêlée »(évoqué dans le libellé de l’énigme), lui vaut son Prix Nobel de littérature ainsi que les dix volumes de son « Jean-Christophe ». L’Europe qui meurt quand ses citoyens s’y entre-déchirent, est pour Romain Rolland plus qu’un espace de vie, mais une cité de l’Exigence morale et spirituelle:

« Le devoir, écrit-il, est de construire, plus large et plus haute, dominant l’injustice et les haines des nations, l’enceinte de la ville où doivent s’assembler les âmes fraternelles et libres du monde entier. »

(librement emprunté à Wikipedia).

Aussi, faut-il redécouvrir Romain Rolland, cet intellectuel brillant et sensible, au-delà des stéréotypes et des malentendus. Bien difficile la position d’un pacifiste convaincu au coeur de cette époque troublée.

Il faut relire « Jean Christophe »: observer l’enfant pauvre d’Outre-Rhin découvrant la musique au bord du fleuve mythique qui sépare deux peuples meurtris, revivre la scène des pommes de terre partagées, éprouver à nouveau les amitiés et les amours naissantes, puis retrouver l’ombre de Beethoven, immense et fraternelle, pour s’emplir les poumons de cet Hymne à la joie pressenti et présent. Comme la prémonition des réconciliations futures dans une Europe apaisée.

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L’une des images fortes de la construction européenne a été prise à Verdun, le 22 septembre 1984. On y voit le Président de la République française, François Mitterrand, et le Chancelier fédéral allemand, Helmut Kohl, main dans la main, se recueillant devant des tombes de soldats français et allemands victimes de cette bataille de la Première Guerre mondiale qui fit près d’un million de morts. C’était réaffirmer la réconciliation entre la France et l’Allemagne comme pierre angulaire de la construction de l’Europe.

(référence: université de Genève )

Chronique d’un atelier (11): « L’arbre bleu », par Marie-Noëlle Rémy

Marie-Noëlle Rémy est peintre. Les tableaux qu’elle a exposés cet été à la médiathèque d’Orgelet (pour ceux qui l’ignorent, c’est la ville du très célèbre Cadet Rousselle), ont capté la lumière. Celle, intérieure, des longues silhouettes qui habitent ses toiles et celle venant du ciel, créant un univers réconcilié avec l’obscurité de leur enracinement. Il est toujours émouvant d’écouter la parole d’un peintre, de rencontrer son cheminement jusqu’à la transposition en mots de ce que d’ordinaire, il nous donne à capter par le regard. Très mystérieuse approche d’une recherche identitaire qui devient peu à peu la nôtre…

 

 

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L’ARBRE BLEU

Marie-Noëlle rémy

Du côté de ma mère, je ne vois personne qui ait été peintre.

Du côté de mon père, du vide, un grand silence. Quelques phrases sont lâchées, lors de repas de famille ou l’ambiance est plus détendue où l’on peut se laisser aller.

Ma grand-mère paternelle me vient à l’esprit. Je commence à poser quelques questions.

Il me semble que je dérange ce silence.

Que renferme t-il ?

Je suis fascinée de découvrir que cette grand-mère est d’origine polonaise.

Ce vide tout à coup est un grand mystère qui me va bien !

J’aime le vide, cet espace qui me donne la possibilité de créer, de chercher.

Certaines fois, j’imagine mon aïeule au milieu d’objets en bois décorés.

J’imagine ses yeux, ses cheveux, son parfum, sa silhouette. Je rêve d’elle, un rêve éveillé.

Et puis il y a la magie de la vie, les rencontres qui font que je partage ce rêve de la retrouver, de connaître mes origines profondes, cette branche de l’arbre où il n’y a pas de visages, pas de noms.

En 2OO6, j’ai peint un arbre bleu, un arbre qui ressemble étrangement à un chandelier à 7 branches. Est-ce une menora ?

Il y a quelques années, j’en achète une et la laisse derrière moi, lors d’un départ.

J’en retrouve une en 2OO5 lors du débarras d’un grenier….

Serais-tu Léokodija WOZNIASKOWSKI, juive émigrante en Allemagne du Nord, bien avant la dernière guerre ?

Je ne connais pas les faits réels, les liens se délient à la mesure du temps qui passe.

Tu étais tombée dans l’oubli. Peut-être étais-tu aussi très discrète ?

Je murmure ton nom Léokodija WOZNIAKOWSKI, je le trouve beau, élégant, noble, pourquoi pas !

Je peux tout imaginer.

Marie Noëlle REMY

Le 12 Juillet 2OO7

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Illustrations: L’arbre bleu, Marie-Noëlle Rémy
image finale empruntée à :wisla.dourges.free.fr

Quelle est votre muse?

Les Muses sont les neuf filles de Zeus et de Mnémosyne.

(cf. Mythologie grecque. Hésiode:Théogonie, 53-57 et 915-917),

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  • Calliope, la muse de l’éloquence et de la poésie épique ;
  • Clio, la muse de l’histoire ;
  • Érato, la muse de l’art lyrique et de l’élégie (poésie qui évoque la mort) ;
  • Euterpe, la muse de la musique ;
  • Melpomène, la muse de la tragédie ;
  • Polymnie, la muse de l’art lyrique et de la rhétorique ;
  • Terpsichore, la muse de la danse ;
  • Thalie, la muse de la comédie ;
  • Uranie, la muse de l’astronomie et de l’astrologie.

Auriez-vous rencontré l’une d’entre elles? Ou connaissez vous d’autres muses?

Est-ce si sûr qu’elles président à la création des pages d’écriture?

Sur l’illustration, Zeus est au centre du tableau : Mnémosyne en blanc donne naissance à une Muse. On peut voir sur la droite les Muses déjà nées.

Références sur ce site

La solution de l’énigme: Jean-Charles Pellerin crée l’image d’Epinal

C’est vrai, l’énigme était un plus difficile cette fois. Pardon. Mais sinon Posuto trouve la solution avant-même sa publication! Et cette fois encore en nous renvoyant sur le très beau blog de Tilu, « un jour et pas l’autre  » (oui, moi aussi je vous recommande la visite, allez y très vite), cela a bien failli se produire.

Eh oui, j’ai osé jouer avec le nom du créateur de l’image d’Epinal.

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Quel pélerinage est plus célèbre que celui de Compostelle? Nous disons donc… un pèlerin lorrain créateur d’une oeuvre colorée?…Et bien, pour trouver, il fallait oser faire des fautes d’orthographe. Parfaitement. Pour une fois, les cancres de la discipline ne seraient pas pénalisés! Pellerin lorrain, donc….!!!! Et hop, vous trouviez. Jean-Charles Pellerin (1756-1836), est l’inventeur de l’image d’Epinal.

Mais, c’est promis, je ne le ferai plus!

Une image d’Épinal est une estampe au sujet populaire et de couleurs vives. Vendues autrefois par des colporteurs, les images d’Épinal doivent leur nom à Jean-Charles Pellerin, qui fut le premier imprimeur à éditer en série ce type d’image, et qui habitait la ville d’Épinal (Vosges). Les sujets sont très variés mais généralement tournent autour de la religion, de l’histoire, des batailles, des uniformes militaires, ou bien sont tirés de romans à succès.

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Elle prend ses origines dans l’imagerie, art populaire né au XV° siècle surtout destiné au public illettré des campagnes.

À l’origine l’image est gravée sur une planche de bois et l’impression s’effectue à l’aide d’une presse à bras qui est ensuite mise en couleur au moyen de pochoirs.

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Panneau indiquant l’imprimerie à Epinal.

Billet et illustrations réalisés à partir de l’article de Wikipedia.