Quand Madagascar brûle…

Il faut beaucoup d’erreurs de la part de ses dirigeants pour mettre le peuple malgache en colère. Population pacifique, s’il en est. Mais quand trop, c’est trop, alors Madagascar brûle!

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Qui ne se souvient de l’incendie du Palais de la Reine en 1995? On aperçoit, sur cette photo, en arrière plan, la silhouette du palais dévasté. Qui a mis le feu aux poutres? La colère, dans l’Ile Rouge est incandescente. C’est ainsi. Depuis toujours. Les Malgaches, si également tranquilles, occupés par les gestes nécessaires à leur suivie quotidienne, accaparés par le souci du confort des ancêtres disparus et  l’entretien onéreux des tombeaux, dévoués et vigilants à l’égard de leurs enfant, n’ont cure des errements politiques. Ils vaquent à leurs tâches, patients, voire résignés. La misère urbaine est grande. Jean Luc Raharimanana , ce jeune écrivain de grand talent nous l’a contée dans « Lucarne « , par exemple.

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Lire ce livre, recueil de nouvelles, si ce n’est déjà fait. « Madagascar, non comme un triomphe des sables d’or et des criques magiques mais comme le lieu de la souffrance, de la misère, des passions »

Le travail dans les rizières est non moins harassant. Mais le vent de la révolte ne soulève pas aisément les foules fatiguées.

Tout de même, lorsque le président actuel, Marc Ravalomanana ,  décide de louer à la Corée du Sud et pour 99 ans, des terres dont la superficie est égale à la moitié de la Belgique, afin de cultiver des palmiers à huile, et du maïs représentant la moitié de la consommation nationale coréenne, le peuple se met en colère.

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Photo empruntée à ce site

Lettres de Singapour(8). C’est le nouvel an chinois: du pouvoir des couleurs et des mots

Rouge, rouge, rouge! C’est la couleur de la fortune, de la chance, du bonheur. C’est aussi la couleur des rues de Chinatown, à Singapour et partout dans le monde où la culture chinoise fête le passage à l’an nouveau.

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Plafonds tapissés de lanternes. Rouges. Murs recouverts de poissons. Rouges et or!  Lingots de papiers rutilants. Marmots joufflus habillés de pourpre au cœur de losanges  à afficher sur la porte d’entrée.

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Rubans encadrant l’huis. Rouges encore. Il n’y en a jamais assez de ce rouge incandescent à l’occasion du nouvel an chinois . Celui fondé sur la succession des lunes et non pas sur la course du soleil. Une année classique, en Chine,   compte 12 mois lunaires et dure 354 ou 355 jours, soit environ 11 jours de moins que nous n’en comptons dans notre année solaire.

Alors, attention aux mots prononcés ce jour-là! Pour que l’année à venir soit bonne, sachez user à bon escient des vocables dits « auspicieux », autrement dit, sachez utiliser ceux qui permettent d’augurer un avenir radieux aux destinataires de vos souhaits.

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Xīnnián hǎo : « bonne année », en mandarin

« On affiche un peu partout des souhaits écrits sur papier rouge, symbole de chance. Il s’agit de caractères symboliques susceptibles de porter chance, comme (福) bonheur, ou chūn (春) printemps, souvent collés à l’envers car renverser ( 倒 dào) est homophone de arriver ( 到 dào). Un fu renversé signifie donc : « Le bonheur est arrivé. ». Traditionnellement, de chaque côté des montants de la porte d’entrée, on colle une bande de papier rouge sur laquelle est écrit un vers ; les deux vers se répondent et constituent une inscription parallèle (對聯 / 对联 duìlián) ; elles étaient autrefois toujours écrites à la main, de préférence par des personnes aux dons littéraires et calligraphiques. Bien sûr, les décorations et inscriptions de l’an passé ont été tout d’abord retirées. »

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Le choix des mets suit la même logique et s’appuie d’abord sur la désignation du plat: « Ainsi le poisson ( 魚 ), homophone de surabondance ( 馀 ), doit être présent à chaque repas de Nouvel An pour garantir qu’il y aura du surplus tous les ans ( 年年有餘 / 年年有馀 niánnián yǒuyú) et qu’on ne manquera jamais de rien ; certains prennent même soin de ne pas le finir, afin de rendre plus complètement son sens symbolique. Dans le nord de la Chine, on sert en principe un plat de raviolis (jiǎozi 餃子 / 饺子 )car leur forme évoque celle des yuánbǎo (元寶 / 元宝 ), lingots anciens. Le dessert traditionnel est le niángāo ( 年糕 ), « gâteau de l’An » ; gāo, gâteau, est homophone de grandir, et en manger constitue un gage de croissance dans tous les domaines souhaités. »

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Article écrit avec l’appui de Wikipedia.

Première et dernière photo: Guy Serrière

1: Chinatown, à Singapour

2: danseuse d’une troupe chinoise, lors d’une animation au shopping center de Vivocity.

La solution: Elias Sanbar raconte la détresse du peuple palestinien dans « Le bien des absents »

La solution de l’énigme d’hier n’a pas éte trouvée, bien que les suggestions proposées et déposées en commentaires, eussent pu tout à fait convenir. Il s’agissait donc d’Elias Sanbar, écrivain et militant de la cause palestinienne

Cet historien de cinquante-neuf ans, qui a passé l’essentiel de sa vie à Paris, est né en 1947 à Haïfa. Haïfa, en Palestine. Car à l’époque la grande ville portuaire n’était pas encore israélienne. Elle l’est devenue un an plus tard, en 1948, à la création d’Israël. Ce qui a signifié pour la famille d’Elias Sanbar, comme pour 800 000 Palestiniens, l’expulsion et l’exode. Ce qu’ils appellent la Nakba (la catastrophe).

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Elias Sanbar avait un peu plus d’un an quand sa famille a été chassée vers le Liban. Une déchirure qu’il raconte magnifiquement dans « Le bien des absents« . C’est à Beyrouth qu’il a grandi avant de faire ses études d’histoire, à partir de 1969 à Paris-VII. Ardent militant de la cause palestinienne, membre du Conseil national de l’OLP, il est aussi écrivain et traducteur du grand poète Mahmoud Darwich, son ami, mort l’été dernier, et à qui il ne cesse de rendre hommage. Il a fondé en 1981 la Revue d’études palestiniennes et participé aux négociations bilatérales entre l’OLP et Israël sur la question des réfugiés palestiniens. Une question qui lui tient à coeur, comme en témoignent son action et ses oeuvres.

F. G.-R. »

article du 18/12/2008, extrait de l’Humanité

L’énigme du samedi: quand l’histoire d’une famille porte l’histoire d’un peuple

Son témoignage apporte une perspective sensible

aux événements qui se déroulent sous nos yeux.

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Dans l’ouvrage évoqué aujourd’hui,

il raconte la maison familiale,

l’exode des siens, 

de si vaines négociations… 

De quel écrivain s’agit-il?

Quel est l’ouvrage en question?

Tableau: L’exode , à acheter ici .

Lettres de Singapour(7): La longue marche de Iskandar Jalil, maître potier unanimement respecté dans toute la region du sud-est asiatique

Tous les matins Iskandar Jalil parcourt 11 kilomètres  à pied, avant de commencer sa journée de travail.

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A soixante-neuf ans, c’est un jeune homme plein d’énergie et de projets qui nous reçoit  dans le musée de la culture malaise , situé juste à côté de la mosquée tranquille du quartier d’Arab Street, pour parler des travaux de ses élèves. Comme s’il s’agissait de ses propres oeuvres. Belle humilité du maître et générosité aussi pour savoir de la sorte encourager la personnalité de qui vient s’instruire à l’école de son savoir-faire! Au commencement était l’informe, la potentialité captive d’une boue originelle…

La formation de Iskandar Jalil s’est déroulée au Japon, mais il puise aussi son art dans la diversité culturelle de sa cité. Il explique cet aspect à travers les livres qu’il a écrits et que les enfants des écoles singapouriennes peuvent parcourir. Tandis qu’il nous parle, au milieu de la dernière exposition de ses étudiants, la voix chaude du muezzin traverse notre monde clos.

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Iskandar Jalil évoque l’inspiration d’une apprentie…alsacienne, l’humour de tel autre,  le talent exceptionnel d’un dernier jugé malheureusement trop paresseux…Puis il nous livre, en passant, (lui, le musulman reconnu), un aspect de son propre caractère facétieux: une sculpture iconoclaste croquant les postures de fidèles ventripotents, gênés par leurs poids, lors des prières. En ces temps d’intolérance religieuse, un vrai soulagement!

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Iskandar Jalil est en effet malicieux. Son oeil pétille à l’évocation de la personnalité de ses apprentis. Malice, bienveillance, certes, mais aussi intransigeance, voire sévérité. Un travail imparfait, superficiel sera brisé sans état d’âme. Un élève sans motivation sera prié de ne plus revenir…

Iskandar Jalil, enfin, est gourmand. Il nous conduit au coeur de son village, ce quartier d’Arab Street où il se sent chez lui, le long des boutiques de tissus chatoyants, à travers les étalages de batiks indonésiens et les présentoirs de soies perlées dont on confectionnera les saris de cérémonie…jusqu’a sa pâtisserie préférée. Il nous fait alors découvrir, avec un thé au citron, la saveur d’un petit gâteau, dont le dôme de chocolat blanc abrite un coeur moelleux de gingembre.

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La solution: Elie Wiesel, dans « La nuit »

Alain Lecomte a évoqué immédiatement la solution. Bravo.

Écrivain francophone de nationalité américaine, Elie Wiesel, prix Nobel de la paix,  a incarné pendant des décennies la lutte contre l’intolérance et l’engagement pour la paix. Malheureusement, la caution qu’il a apporté a Colin Powell,

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justifiant ses certitudes sur les armes de destruction massive en Irak, ont certainement amoindri la portée de sa voix à travers le monde. Né en 1928 en Transylvanie, Elie Wiesel était adolescent lorsqu’en 1944 il fut déporté avec sa famille à Auschwitz puis à Birkenau. « La Nuit » est le récit de ses souvenirs douloureux.

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Lorsqu’il obtient le prix Nobel en 1986, il fonde, avec son épouse, la « Fondation Élie Wiesel pour l’humanité » . Son objectif est alors de lutter contre l’indifférence vis à vis de la Shoah, mais aussi de combattre l’injustice où qu’elle se trouve, en organisant par exemple, des dialogues entre les jeunes de tous les pays. Mais en décembre dernier, l’actualité mettra son action en péril: la fondation  a en effet perdu la quasi-totalité de ses fonds propres (équivalant à 15,2 millions de dollars) dans l’escroquerie montée par Bernard Madoff!!!

En octobre 2006, le Premier ministre israélien Ehud Olmert a proposé à Elie Wiesel  le poste de Président de l’État d’Israel. Il a, comme on sait, décliné cette offre en expliquant qu’il n’était « qu’un écrivain »…