Les trois saisons du monde de Château-Chalon

Jura en couleurs,

Trois saisons du monde

Quelques mots sur l’exposition

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Jura en couleurs,

c’est d’abord un témoignage : celui de l’apprivoisement des saisons au coeur d’un Jura tout en couleurs et riche aussi de son ouverture au monde :

Car trois saisons humaines séparent le peintre Bernard Braillard, né en 1925, de Guy Serrière (passionné de photographies) en 1947 et de la céramiste; Carole Minary, en 1981. Mais ces saisons les séparent-elles vraiment ? Au contraire, les voici animés d’une même passion : capter les sources vives du Jura, sa terre, ses lumières, l’écorce de ses arbres, ses variations musicales sous la partition du vent, mais aussi ses rêves d’ailleurs et l’écho de son mystère

Jura en couleurs,

c’est aussi et surtout une histoire d’amitié : une rencontre insolite, un vrai coup de foudre au-delà des âges et des parcours individuels donc, entre le peintre lédonien Pierrottet, alias Bernard Braillard, mentor du projet, la jeune céramiste talentueuse vivant près du lac de Bonlieu, Carole Minary, et cet amoureux de la nature jurassienne, originaire de Saint-Amour, qu’est Guy Serrière.

Jura en couleurs,

c’est enfin la recherche d’un chemin. Celui menant à ce haut lieu qu’est le village de Château-Chalon , juché depuis l’aube des temps au sommet de cette colline inspirée s’il en est, où l’or des ceps accrochés à ses pentes est au moins le rival d’un soleil en gloire. Glorieux cépages recélant le trésor d’un vin unique , rare et doré ! Autres rencontres, sans lesquelles rien n’aurait pu exister. Sans l’invitation de Françoise Paimbeuf et Marie-Claude Peugeot, (la magnifique traductrice de « l’Eloge des femmes mûres« , en effet, sans cette autre histoire d’amitiés, née, celle-ci, autour de la musique , l’exposition d’aujourd’hui n’aurait pu avoir lieu dans ce cadre magique.

A suivre…

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Lettres africaines (5): Le musée de la musique à Ouagadougou

Le village où il n’y a pas de musicien n’est pas un endroit où l’homme puisse rester.

(Proverbe burkinabè)

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Pour n’avoir qu’une seule corde en crin de cheval, le violon exposé au musée de la musique à Ouagadougou, n’en possède pas moins d’âme que le plus illustre des stradivarius exhibé avec fierté au musée de Crémone (Italie) où son inventeur l’a créé.

Au commencement, tout au commencement, il faut savoir que les instruments de musique africains sont sacrés. Musique rituelle que seuls les initiés peuvent jouer lors de cérémonies très codifiées, mariage, funérailles, baptème, sortie des chefs, rituels médicinaux, etc…

Ainsi, pour être montré aux visiteurs, comme d’ailleurs tous les autres instruments qui l’entourent, le balafon rencontré dans l’une des niches rondes de ce musée incroyable de Ouagadougou a dû être …désacralisé.

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Le musée de la musique, construit en brique locale crépie d’ocre à l’extérieur, de blanc à l’intérieur comme le montre la première photo, ressemblerait presque à une église orthodoxe avec ses alvéoles ouvrant sur l’espace central circulaire. Tout un dédale de niches abritant le trésor musical du pays, comme si le chemin pour le découvrir, devait ne pas être rectiligne, mais bien, sinueux, complexe, comme un sentier initiatique dans la chaleur d’un lieu non climatisé. Sur le modèle des espaces de vie de la majorité de la population du Burkina.

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Le musée existe depuis 1999 et sa réputation est grande dans toute l’Afrique de l’Ouest. Il a permis de recenser tous les intruments de son partimoine. Un travail énorme quand on sait qu’il existe 60 ethnies au Burkina qui toutes ont créé leur relation propre à la musique: flûtes et luths des populations pastorales tout au nord du pays, grands tambours du plateau mossi, flûtes, sifflets et cornes au centre du pays, balafons du sud…

Autour de Jean-Paul Koudougou, son jeune conservateur très compétent,

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l’équipe actuelle (animateurs, musiciens), est dynamique, motivée, accueillante. Ils m’ont tout naturellement conviée et acceptée parmi eux afin de susciter l’expression orale et écrite d’enfants et adolescents à partir des instruments qu’ils découvrent, en tant que petits citadins. Un vrai bonheur de les avoir vus vivre le rythme des djembés, des les avoir conduits à l’invention de contes, de danser avec eux dans la chaleur et la poussière…Réconfortante Afrique! Loin des clichés négatifs. Car cette Afrique-là existe. Je vous l’assure. Et je l’ai rencontrée.

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Voici le mois de mai où les fleurs volent au vent…

Mai 2008.

Les fleurs seront-elle seules à voler au vent?

Et que sont-elle devenues, celles de la ballade du temps qui passe

qui nous a tant bercés sur la voix de Joan Baez?

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Et les pavés de nos rues insurgées? Cf le florilège des livres écrits sur le sujet.

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Mai 1968.

Strasbourg. Restaurant Paul Appell.

On nous distribue à la sortie du restaurant universitaire (déjà depuis l’année dernière) des tracts et fascicules imprimés à Strasbourg et signés de l’Internationale situationniste. « De la misère en milieu étudiant » . Un certain Guy Debord y fustige la société de spectacle et de consommation. Nous n’y comprenons pas grand chose mais certains slogans nous amusent.

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L’insurrection parisienne est contagieuse. Les cortèges se forment et les barricades s’érigent. Une contre-manifestation gaulliste se dirige vers le palais universitaire protégé par les CRS. Un comble! Grenades lacrymogènes. Larmes. Je marche dans les pas d’un petit groupe qui monte jusqu’aux toits et par une lucarne s’en va planter le drapeau…rouge. La statue de Goethe , barbouillée, tournant le dos, en reste figée de stupeur!

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Tout s’arrête. Les amphis et les couloirs des universités sentent à présent la poussière. Une odeur particulière, inoubliable.

Sylvain, le clochard familier des abords de la faculté des lettres est élu Doyen de la faculté.

C’est la grève. La grève générale. Comme les téléphones sont rares à cette époque (je ne parle pas des portables, mais bien des téléphones fixes), nous avons l’oreille collée au transistor.

Le passage en année supérieure des étudiants se fait sur dossier. Je suis ravie d’avoir mon DEUG de lettres en poche!

Il faudra du temps pour comprendre la vague, l’immense chape de plomb qui s’effondre, le sentiment de liberté, la récupération politique, l’immaturité de la foule étudiante découvrant les grouspuscules politisés, la déstabilisation sociale à venir, l’entrée dans le libéralisme pur et dur pourtant dénoncé au début…et le départ de la haute sihouette familière qui gouverne la France d’alors.

La société du spectacle qu’il s’agissait de repousser va pouvoir se mettre en place et aboutir au show permanent…

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Qui a peur du mélange des genres? Requiem pour tous…

Il y aurait un matin…

Vous n’auriez peur de rien et rêveriez du livre total. Un ouvrage inclassable où l’intrigue tiendrait le lecteur en haleine, disons, comme dans un thriller de Patricia Highsmith ,

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où votre prose alerte alternerait par exemple avec un haïku de Gozan:


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La neige d’hier

Tombée comme des fleurs de cerisiers

Redevient de l’eau.

 

où vos secrets culinaires voisineraient avec les comptines de votre enfance,

où le tragique le disputerait au comique de situation

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où bref, tout serait mêlé…

J’ai rencontré ce type d’oeuvre dimanche dernier: Je veux parler du Requiem de Jenkins!

Oui! Jenkins! Le leader du groupe rock Soft Machine .

L’écriture liturgique emboîte justement celle du haïku. Musique du latin, musique de la langue japonaise sur fond de harpe celtique et douceur lancinante du cor. Mélodies galloises et variations classiques…Nous sommes littéralement submergés d’harmonie, de beauté tranquille et de terreur ancestrale: Dies Irae, Dies illa.. .Surtout cliquez et écoutez…

Concert donné à Strasbourg, le dimanche 16 mars à l’église réformée du Bouclier.