Lettres africaines (5): Le musée de la musique à Ouagadougou

Le village où il n’y a pas de musicien n’est pas un endroit où l’homme puisse rester.

(Proverbe burkinabè)

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Pour n’avoir qu’une seule corde en crin de cheval, le violon exposé au musée de la musique à Ouagadougou, n’en possède pas moins d’âme que le plus illustre des stradivarius exhibé avec fierté au musée de Crémone (Italie) où son inventeur l’a créé.

Au commencement, tout au commencement, il faut savoir que les instruments de musique africains sont sacrés. Musique rituelle que seuls les initiés peuvent jouer lors de cérémonies très codifiées, mariage, funérailles, baptème, sortie des chefs, rituels médicinaux, etc…

Ainsi, pour être montré aux visiteurs, comme d’ailleurs tous les autres instruments qui l’entourent, le balafon rencontré dans l’une des niches rondes de ce musée incroyable de Ouagadougou a dû être …désacralisé.

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Le musée de la musique, construit en brique locale crépie d’ocre à l’extérieur, de blanc à l’intérieur comme le montre la première photo, ressemblerait presque à une église orthodoxe avec ses alvéoles ouvrant sur l’espace central circulaire. Tout un dédale de niches abritant le trésor musical du pays, comme si le chemin pour le découvrir, devait ne pas être rectiligne, mais bien, sinueux, complexe, comme un sentier initiatique dans la chaleur d’un lieu non climatisé. Sur le modèle des espaces de vie de la majorité de la population du Burkina.

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Le musée existe depuis 1999 et sa réputation est grande dans toute l’Afrique de l’Ouest. Il a permis de recenser tous les intruments de son partimoine. Un travail énorme quand on sait qu’il existe 60 ethnies au Burkina qui toutes ont créé leur relation propre à la musique: flûtes et luths des populations pastorales tout au nord du pays, grands tambours du plateau mossi, flûtes, sifflets et cornes au centre du pays, balafons du sud…

Autour de Jean-Paul Koudougou, son jeune conservateur très compétent,

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l’équipe actuelle (animateurs, musiciens), est dynamique, motivée, accueillante. Ils m’ont tout naturellement conviée et acceptée parmi eux afin de susciter l’expression orale et écrite d’enfants et adolescents à partir des instruments qu’ils découvrent, en tant que petits citadins. Un vrai bonheur de les avoir vus vivre le rythme des djembés, des les avoir conduits à l’invention de contes, de danser avec eux dans la chaleur et la poussière…Réconfortante Afrique! Loin des clichés négatifs. Car cette Afrique-là existe. Je vous l’assure. Et je l’ai rencontrée.

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9 commentaires sur “Lettres africaines (5): Le musée de la musique à Ouagadougou

  1. Sarkozy n’est musicien que par mannequin interposé. La musique pour lui est une marionnette et ses rêves de colon l’empêchent de jogger (en public).

    L’Afrique si joliment dépeinte ici renvoie certains à leur case de départ : celle de l’incompréhension des traditions, de l’Histoire que l’on ne refait pas, et de la solidarité inconnue.

    Hortefeux n’est pas Lévi-Strauss…

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  2. C’est toujours pareil : Le discours efface la réalité des vies. C’est tellement frappant, partout, en Afrique, ici même…
    Parce que le discours se veut thèse et norme, il arase la vie sur laquelle pourtant il se construit.
    Je suppose que la vraie politique se tient loin des discours. Pour certains il ne s’agit que d’argent et de partage d’un mondial-gâteau. pour d’autres, c’est vivre.
    Simplement cela. Et comme toute forme de sincérité, il y a un nombre infini de façon de mener cette politique-là, tout comme il y a des myriades de portes d’accès à l’art, à la vie, à la conscience de soi, du monde…

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  3. bravo et bon courage à votre équipe. ils vous en faut parce qu’ils sont rares de nos jours, ceux qui connaissent encore la valeur ce pour quoi vous vous battez chaque jour, à savoir notre identité culturelle, c’est à dire le socle même de notre africanité.

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  4. J’ai visité ce beau musée récemment. Bâtiment magnifique et inspiré, dans la tradition sahelienne qui fait penser aux constructions d’Hassan Fathy dans les années 50 en Egypte (http://fr.wikipedia.org/wiki/Hassan_Fathy), en plus délirant. Recelant une collection impressionnante d’instruments et des trésors de musiques traditionnelles enregistrées dans tout le pays (non encore audibles ni visibles) par un ethno-musicologue passionné (dont j’ai malencontreusement oublié le nom), ce musée «manque de moyens» … «n’a pas de budget de fonctionnement» (http://fr.allafrica.com/stories/201312131010.html?viewall=1) et son site web n’est pas actif à l’adresse indiquée: http://www.museedelamusique.gov.bf. Espérons que ce musée arrivera à fonctionner et à vivre pleinement pour rendre hommage à la musique et aux musiciens du Burkina.

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