L’énigme du samedi: Cette scandaleuse qui vénérait une déesse

Elle, qui fit scandale, lui vouait un véritable culte.

En lui dédiant le livre

que j’évoque aujourd’hui

eden.1274979115.jpg

elle l’a placée au centre du cosmos,

déesse souveraine au règne absolu

sur le microcosme de leur jardin des délices

débordant des merveilles de tout l’univers.

Quelle est  donc cette scandaleuse

et quel est l’ouvrage évoqué?

Illustration: le jardin des délices, vu par Gérôme Bosch

La solution: La forêt où Dante s’égare dans « La divine comédie »

Rédigée par Dante Alighieri , au début du XIV° siècle, « La divine comédie » fait partie de ces oeuvre mythiques appartenant au patrimoine universel.

Le schéma de l’ouvrage est le suivant: alors qu’il cherchait une branche dans la forêt pour célébrer la fête des rameaux, Dante s’égare.

dante.1274545362.jpg

C’est le début d’un très long  parcours initiatique dans lequelle Virgile sera son guide.  Sachant que l’unique sortie de la forêt passe nécessairement par l’enfer, Dante doit-il suivre Virgile? Sans nul doute, puisque Béatrice, sa célèbre muse,  a dûment mandaté  ce dernier pour prendre soin de son poète.

beatrice_stillman.1274545718.jpg

L’enfer décrit par Dante comporte neuf cercles concentriques dirigés vers le bas. Les âmes des damnés y errent selon l’importance des fautes qu’ils ont commises. Plus tard, bien plus tard, après avoir franchi ces cercles infernaux et le purgatoire, l’arrivée au paradis (qui comprend également neuf cercles  emboités comme une pyramide vers le haut) permettra de retrouver Béatrice un instant et de suivre jusqu’au bout le chemin mystique qui s’est imposé au poète.

L’oeuvre a eu une importance considérable pour le développement de la littérature, en Italie et en Europe. Difficile à lire à l’époque contemporaine, elle reste cependant vivante par l’immense richesse des images, des symboles fondateurs qui la jalonnent et que les plus grands peintres ont traduit, au-delà des mots… Si vous passez par Bourg-en-Bresse, ne manquez pas la visite du Prieuré de Brou. Vous y découvrirez l’un des tableaux de Gustave Doré sur l’enfer. Ici, les âmes ne brûlent pas, elles sont figées dans les glaces de l’éternité. Terrifiant!

glace.1274547662.jpeg

L’énigme du samedi: tout commence au coeur de la forêt…

C’est vrai,

la nature est un temple.

Le poète l’a dit souvent.

Ces forêts au printemps

la-frasnee.1274473641.jpg

parcourues de ruisseaux secrets

que l’on suit

à la recherche de branches indéchiffrables,

ces forêts  attirent

et gardent

et guident

le voyageur étonné.

De quelle forêt s’agit-il?

Qui a écrit l’ouvrage où elle est évoquée ?

Photo de Guy Serrière: Forêt jurasienne au printemps

La solution: La ferme des animaux de Georges Orwell

Bravo Nathalie et plus tard Claudialucia qui le confirme: Il s’agissait bien de l’ouvrage de Georges Orwell (1903- 1950), « La ferme des animaux « , paru en 1945.

anomal-farm.1273930757.jpg

« 1984 (paru en 1948), est passé à la postérité en tant que métaphore symbolique, en devenant une année -ou plutôt un titre- que l’on écrit aujourd’hui comme un réflexe sur les pancartes des manifestations protestant contre des mesures gouvernementales jugées liberticides.

Or, plusieurs années auparavant, George Orwell avait publié un premier ouvrage à portée politique, qui s’inscrit dans cette même réflexion anti-totalitaire. Injustement moins connu, paru en 1945, ce livre mérite tout autant d’être lu. Il s’agit de « La ferme des animaux ».

D’un pessimisme déterministe dont la froideur implacable ne semble accorder aucun espoir au lecteur, ce court roman capte avec la simplicité désarmante de la fable les dérives d’un système. Avec en point de mire évident, l’URSS. »

Extrait de Paperblog

Mais la portée de la fable est intemporelle. Sa lecture ou relecture ne renvoie-t-elle pas sans cesse à l’actualité de nos démocraties ?

 

L’énigme du samedi: Drôle de ménagerie que nos démocraties!

Drôle de ménagerie

que nos démocraties !

democratie.1273906314.gif

Cet auteur l’a si bien perçu

qu’il en a fait la fable que l’on connaît…

intemporelle et si cruelle!

Bien sûr, c’est trop facile

pour vos intuitions aiguisées:

Qui est l’auteur en question

et quel est le nom de sa fable?

Image empruntée au site « Le journal de Victor« , consultable en cliquant ci-dessus sur « démocraties« .

La solution: Emile Ajar dans « La vie devant soi »

C’est Alain L, dont il faut absolument lire « Les ruminations d’un grand-père universitaire », qui a réfléchi comme il le fallait! Mais pouvait-il en être autrement?

Né le 8 mai 1914, Roman Kacew, alias Romain Gary, alias Emile Ajar, alias etc…a joué plus d’un tour à l’intelligentsia littéraire et à son public.

vie-devant-soi.1273141030.gif

Tout le mystère lié à son identité est contenu dans les noms de plume qu’il s’octroie, se donnant naissance, par sa volonté propre, dans l’incandescance d’une vie brève et brûlante.

Naturalisé Français en 1935, Romain Gary est né à Vilnius.  Incorporé dans l’aviation en 1938, il rejoint la France libre en 1940 et se retrouve au sein du Groupe de bombardement Lorraine. C’est durant cette période que Roman Kacew choisit le nom de guerre de Gary (signifiant brûle ! en russe) qui deviendra son pseudonyme. Le nom Ajar qu’il choisira plus tard, signifie braise!

Romain Gary obtint deux fois le Prix Goncourt, la première fois en 1956  pour Les Racines du ciel, et la seconde, en 1975, sous le pseudonyme d’Émile Ajar, pour La Vie devant soi.

racines.1273225791.jpg

« Méprisé par la critique de son vivant, considéré comme auteur « réactionnaire » parce que diplomate gaulliste, Gary, qu’on ne cesse de redécouvrir aujourd’hui, fit avec l’épisode Émile Ajar un véritable pied de nez au tout-Paris littéraire, notamment parce que le Prix Goncourt n’est en réalité attribuable qu’une seule fois. « 

Passage extrait de Wikipedia

Romain Gary se suicide le 2 décembre 1980. Son acte l’inscrit dans la mystérieuse liste des artistes qui ont décidé d’interrompre leur oeuvre en mettant volontairement un point final aux parcours de leurs vies.

jeansebergwiki.1273225652.jpg

La lettre qu’il a laissée révélait que son geste n’avait de rapport ni avec la mort de Jean Seberg , qui fut sa femme et se suicida en 1979, ni avec une dépression, « ou alors, écrit-il, il faut admettre que celle-ci dure depuis que j’ai l’âge d’homme et qu’elle m’aura permis de mener à bien mon œuvre littéraire ».  Les raisons de son geste serait à chercher, d’après Jean-Christophe Gruau  » dans le titre de son autobiographique La Nuit sera calme et les mots de son ultime roman… »

Sandor Marai, né en 1900, l’auteur hongrois évoqué hier dans le libellé de l’énigme, choisira également de se donner la mort en 1989.