La solution: Gustave Le Bon et sa « Psychologie des foules »

JEA , encore une fois,  nous donne la solution. Suivi de près par Alain Lecomte qui découvre apparemment comme moi un « Insolent  » qui n’avait pas encore été repéré.  L’énigme de  ce samedi , renvoyait pour moi,  à l’éditorial d’Alain Duhamel (mais peut-être celui-ci s’insprire-t-il de l’insolent pré-cité, puisque l’article est antérieur?),  dans « Le Point »: Gustave Le Bon , « visionnaire méconnu ».

 

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En 2010, Psychologie des foules fera partie de la série Les 20 livres qui ont changé le monde publiée conjointement par les Éditions Flammarion et le journal Le Monde. Dans sa préface, Mathieu Kojascha écarte l’idée que l’ouvrage ait pu faire le lit du fascisme et conclut : « Contribution définitive à la psychologie collective, à la compréhension du phénomène mystérieux qu’est la foule, Psychologie des foules de Gustave Le Bon doit aussi son immense succès au fait que ce personnage étonnant, intrigant, a su exprimer l’inquiétude de ses contemporains, leur perplexité devant certains aspects de la modernité. Perçu comme un texte fondateur de la psychologie sociale, ce livre est donc un formidable document d’histoire. »

Extrait de Wikipedia.

L’énigme du samedi: Tout droit sorti de l’oubli…

Le voici tout droit sorti de l‘oubli,

par la grâce d’un chroniqueur.

Que justice soit rendue à ce grand pourfendeur

d’idées toutes faite,

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à travers des récits de voyage,

des ouvrages d’archéologie

et d’anthropologie sur les civilisations d’Orient.

Qui est-ce?

Quel ouvrage l’ a rendu célèbre?

Illustration: Robinson et Vendredi dans le célèbre « Robinson Crusoë » de Daniel Defoë, récit de voyage imaginaire.

La solution: Balzac, dans « Splendeurs et misères des courtisanes »

Merci à JEA et à Béné pour leurs suggestions qui n’aboutissaient cependant pas à la solution. Il s’gissait en effet de  « Splendeurs et misères des courtisanes »qui fait suite aux « Illusions perdues ». Publié entre 1839 et 1847, sous forme de feuilleton dont Balzac est l’inventeur, le roman livre une satire sans indulgence de la société parisienne sous la Restauration.

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« Le roman débute alors que se déroule le bal annuel de l’opéra de Paris, fête masquée prestigieuse. Rubempré qui avait quitté Paris déchu et ruiné, revient plus arrogant que jamais au bras d’Esther dite « La Torpille », jeune courtisane ensorceleuse. Il est suivi comme son ombre par l’abbé Herrera dont on découvre vite qu’il n’est autre que Vautrin, l’âme damnée de la Comédie Humaine. Un pacte quasi sanguin lie les 2 hommes dont l’objet sera de franchir une à une toutes les marches qui feront de Rubempré, l’un des éminents représentants de cette société parisienne clinquante et vaniteuse. « 

Extrait du site Critiques libres

« La Comédie humaine », dixit l’encyclopédie Universalis , n’est qu’une constante mise en lumière des coulisses de la société, là où se trament les complots et les trafics. Mais jamais Balzac n’avait éclairé aussi crûment la scène du plaisir et du crime. On y voit « peintes les existences, dans toute leur vérité, des espions, des filles entretenues et des gens en guerre avec la société ».

Quel Balzac pour dépeindre la société d’aujourd’hui?

Cette énigme avait été programmée automatiquement la semaine dernière, devançant un week end dans un lieu sans internet. (ça existe encore!) Hélas, la programmation n’a pas marché. Nul, et même pas l’écho, ne répond à mon billet de demande d’aide aux gestionnaires de notre serveur décidément bien peu soucieux des pauvres abonnés qui s’évertuent à faire vivre leurs blogs!

L’énigme du samedi: elle aimait trop le bal…

Victor Hugo l’écrit:

« Elle aimait trop le bal , c’est ce qui l’a tuée »…

Et celle-là, reine du bal de l’opéra de Vienne,

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bien plus belle que les duchesses endimanchées

paradant au firmament d’étoiles sans éclat,

quel sera, magnifique ou sombre, le sort qui sera sien,

succédant un jour à toutes illusions perdues?

Empruntera-t-elle le titre de l’ouvrage évoqué dans ces lignes?

Quel est l’auteur de cet ouvrage et

dont vous avez bien entendu trouvé le titre?

Photo empruntée ici

La solution: L’Atlantide, de Pierre Benoit

JEA ne s’y est pas trompé. Roman de Pierre Benoit , paru en 1919, aux éditions Albin Michel, « L’Atlantide  » est un des plus grand succès de librairie, encore plébiscité de nos jours.

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Le continent englouti, évoqué par Platon dans ses « Dialogues » apparaît curieusement dans l’ouvrage de P. Benoit, au coeur du Sahara. Bien d’autres suggestions se sont succédé au cours du temps et L’Atlantide fait encore rêver les découvreurs de ces terres disparues, recouvertes par les eaux.

« Et si l’Atlantide de Platon était en réalité Athènes? L’idée, émise en 1779 par l’Italien Giuseppe Bartoli, a été reprise notamment par Pierre Vidal-Naquet.

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Platon n’est ni un historien ni un géologue, c’est un philosophe qui cherche à définir la société idéale. Dans le Timée et le Critias, il oppose l’Atlantide maritime, technicienne et conquérante, corrompue par la richesse (comme la démocratie athénienne selon Platon), à une Athènes archaïque, rurale, autarcique et conservatrice. Les dieux donnent la victoire à la meilleure société sur la pire. C’est un message qui s’accorde avec ceux des autres dialogues politiques de Platon, Lois et République. À ce titre le récit de Platon doit être placé aux côtés des utopies et anti-utopies plus récentes, et en chercher les traces physiques est un contresens qui conduit à chasser une chimère. Dans ses deux dialogues Platon introduisait une nouveauté : « dire le fictif en le présentant comme le réel » (P. Vidal-Naquet, L’Atlantide et les nations, La démocratie grecque vue d’ailleurs, Paris, 1990). « 

Emprunt à l’article de Wikipedia

Quoi qu’il en soit, le Sahara qui faisait tant rêver les lecteurs de Pierre Benoit en mal d’exotisme récréatif, après les affres de la première guerre mondiale, le Sahara nourrit encore et pour longtemps la curiosité et l’imaginaire du public contemporain. Mais cette fois-ci, l’immensité du paysage ne recèle plus de mirages  propices à la méditation. Elle renvoie à la brutalité des actes qui s’y perpétuent, aux enlèvements, aux routes des clandestins ,

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au trafic d’armes, aux camps d’entraînement militaires, aux repaires de malfrats ou de chefs de guerre. Les frontières imposées sont poreuses. Kadhafi menace même aujourd’hui de s’y réfugier!….

 

Pas sûr, dans ce contexte, que Pierre Benoit eût situé aujourd’hui son contient perdu en ce désert décidément trop peuplé!

L’énigme du samedi: Platon a-t-il inventé le roman historique?

Certains l’affirment,

Platon serait, en l’évoquant,

l’inventeur du roman historique…

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Mythe ou réalité, il a, en en parlant, dans deux de ses dialogues,

offert la clé de tant d’oeuvres inspirées

qu’on ne le compte plus.

L’une d’entre elles situe son ère géographique

dans cet espace dont l’actualité modifie la perception.

Mais de quoi donc parlait Platon

que l’énigme de ce jour

évoque en toute liberté?

Quel écrivain du XX° siècle

s’est emparé du mythe

avec lequel il connut un vif succès?

La solution: Va pensiero, du poète Temistocle Solera, librettiste du Nabucco de Verdi

Tandis que l’Italie a ouvert ce week-end les célébrations (merci à Brigitte Mammano pour le lien) marquant les 150 ans de son unité

Va, pensiero sull ali adorate

 

va, pensée sur tes ailes dorées….

chante  toujours et plus que jamais le choeur des esclaves dans le célèbre opéra de Verdi, Nabucco. Choeur symbolique, qui incarne, au moment  du Risorgimento , le peuple de la péninsule italienne en lutte. VIVA VERDI !  criait-on dans les rues.

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L’enthousiasme de la formule cachait en elle-même le sigle d’un autre cri de ralliement, celui de l’adhésion au mouvement de l’unification italienne: Viva Victor Emmanuel, Roi d’Italie!

« Car c’est en effet  le célèbre « Va, pensiero » de Nabucco , composé en 1842, vingt ans avant l’unification italienne, qui servit alors aux Lombards (lesquels s’identifiaient ainsi aux Hébreux prisonniers des Babyloniens), d’hymne national avant la lettre, avec des vers ciselés, d’après le « Psaume 137 », par le poète Temistocle Solera . »

Sous les paroles apparemment innocentes, l’auteur révèle toute la force d’une pensée libre  permettant de  résister et de supporter avec courage les souffrances endurée par tout un peuple.  La puissance de la musique qui porte le poème, sa gravité dégagée de toute ornementation futile, la beauté de la ligne mélodique soulèvent toujours l’émotion, quel que soit le public et le lieu.alba-unite-italienne-red.1300570385.jpg Il est de tradition de bisser l’exécution de ce passage de Nabucco. Le 12 mars dernier, la représentation avait lieu à Rome et ouvrait symboliquement les manifestations culturelles qui accompagneront la célébration des 150 ans de l’unité italienne. Au moment de la reprise du choeur, le chef d’orchestre, Ricardo Muti , s’est tourné vers la salle et l’a fait chanter avec les choristes. Les larmes coulent. Emotion palpable et profonde, en écho à la longue histoire des générations d’hommes et de femmes qui ont fait ce pays et auquel Muti a rendu hommage en rappelant combien sa tradition culturelle était prestigieuse et combien elle s’avérait fragile si l’on continuait à la priver d’encouragements, comme c’est le cas avec les choix politiques aujourd’hui… Berlusconi était dans la salle. A-t-il entonné le choeur du peuple résistant?

Pardon pour l’absence de traduction concernant les liens en langue italienne. Mais profitons sans retenue de cette plongée dans la musique de cette langue, soeur de la nôtre. (Profitons de la voix de Benigni, réalisateur et acteur de « La vie est belle ») ,

et ViVA l’Italie, dans la ferveur de la fête à laquelle nous nous associons!

Photo de la rue d’Alba: Guy Serrière