La solution de l’énigme: Christine Jeanney, alias Kiki de Posuto, publie « Charlémoi »

Bien sûr, vous, habitués des blogs, vous l’aviez deviné…

charlemoi.1200606360.jpg

Elle écrit, avec RV le savant, ce billet presque quotidien, sur le blog Posuto dont le nom est emprunté à la langue japonaise et qui désigne, à leurs dires, une boîte aux lettres en terre nippone.

Billet d’humeur revisitant notre monde avec insolence et fraîcheur, avec dérision et tendresse.

Dérision et tendresse, la patte de Kiki. La patte, la plume de Kiki.

Une sacrée plume, il faut le dire!

Bravo et merci à son jeune éditeur courageux, les éditions ArHsens, qui n’hésite pas, à réception de son manuscrit «  Charlémoi », à l’éditer sur le champ. Toujours remercier les éditeurs courageux sans qui rien ne serait possible.

Ce que je dis, bien sûr, n’a rien à voir avec le renvoi d’ascenseur ou la complaisance. Rare, je dis bien rare, la force des mots, le style singulier de Christine, le terreau où elle puise son écriture. La voix des gens, ceux de la vraie vie, ces nobles manants de tous les âges. Les voix mêlées des uns et des autres dont l’orchestration nous fait tourner la tête. Style rocailleux, distancié par cet humour qui est son élégance à Christine. Inégalable. Si modeste et si attentive aussi! Aux autres. A ceux qui l’entourent, sa nichée qu’elle protège. Et à nous autres qu’elle a adoptés. Et enfin à ces fourmis héroïques qui hantent les supermarchés, les rues de nos villes ou les lieus retirés des campagnes profondes, ces anonymes dont elle connaît le combat sans gloire pour exister et qu’elle berce de sa compassion sans mièvrerie, Avec ses mots à elle, la force de ses mots…

Il faut lire Charlémoi.

Il faut lire aussi la magistrale déclaration de Christine: Pourquoi j’écris sur le site de son éditeur.

Et puis j’arrête, parce que sa modestie souffrirait et que le but de ce billet n’est nullement de faire souffrir.

Ne nous y trompons pas, une grande dame, cette Christine Jeanney qui vient sous nos yeux d’entrer en littérature.

L’énigme du samedi: cherchez la plume

Vous connaissez mille fois sa boîte aux lettres et sa plume

et l’appréciez chaque jour davantage

en ces lieux où nous nous rencontrons.400px-types_de_plumes_-_larousse_pour_tous_-1907-1910.1200588656.jpg

Pourtant vous n’avez peut-être pas lu

cet autre genre où elle excelle.

Sa jeune renommée en est cause.

Je suis sure que votre intuition

vous a guidés vers la solution de cette énigme.

De quelle plume s’agit-il donc?

La solution de l’énigme: Relire « Ravage » de Barjavel

Comme l’a parfaitement pressenti Nicolas, les réflexions actuelles sur l’urgente prise en compte des problèmes liés à l’environnement m’ont fait penser à Barjavel (1911-1985) et à son excellent ouvrage, « Ravage « publié en 1943

« Ravage sonne le glas d’une civilisation. Le décor d’abord rutilant sous les feux de la technologie et de la modernité s’écroule peu à peu. L’ambiance sereine et prospère devient incertaine puis morose et finalement désespérée, alors que la situation empire au fil des pages, jusqu’à ce que l’horreur submerge le texte. Cette évolution du roman se retrouve localement dans le texte à plusieurs reprises.

ravage.1193499484.GIF

Tout commence le jour où l’électricité vient à disparaître subitement. Tout est paralysé : les lumières s’éteignent, les voitures s’immobilisent, les pompes qui distribuent l’eau assèchent les robinets, la radio n’informe plus, les secours se déplacent à chevaux mais déjà des meutes de citoyens affamés commencent à attaquer les animaux au couteau. C’est la loi de la jungle qui s’empare de la cité. François Deschamps, jeune étudiant chimiste d’origine familiale agricole, décide de quitter la ville qui sombre dans la violence et le crime…

La science-fiction, genre auquel appartiennent indiscutablement les premiers grands romans de Barjavel qui paraissent pendant l’occupation (Le Voyageur imprudent et Ravage), n’existe alors quasiment pas en France, sinon sous une forme que l’on pourrait qualifier de « bas de gamme ». Tout comme l’on parlait de « roman scientifique » chez Jules Verne, l’on parle de « roman extraordinaire » chez Barjavel, mais pas de science-fiction. Le terme n’est pas encore utilisé. Néanmoins, dans ces deux romans écrits et publiés dans un hexagone alors coupé du monde anglo-saxon, il manque certains thèmes classiques, voire certains poncifs de la science-fiction américaine à venir (Barjavel ignore les extra-terrestres, les robots, les super-héros, les voyages spatiaux en fusée ou les « martiens » répugnants). Poutant il y développe déjà des idées typiques du déferlement des années 1950: fin du monde, voyage dans le temps, retour à la barbarie et autres catastrophes imputables à la technologie envahissante. »

Cela vous dit peut-être quelque chose?

La solution de l’énigme: Banana Yoshimoto écrit « Kitchen »

Elle a un drôle de nom qu’elle a choisi elle-même. Banana ! Il fallait y penser.

Fille d’un critique littéraire, elle est née dans l’archipel nippon (le mot archipel pouvait vous évoquer le Japon, n’est-ce pas?), en 1964. Elle aurait dû s’appeler Maiko Yoshimoto et s’est fait connaître grâce à son roman Kitchen (1988, publié en France en 1994). Il s’est vendu à plus de 2,5 millions d’exemplaires au Japon!

Dans ce récit, le lecteur subit un étrange envoutement en suivant le lent cheminement d’une héroïne anéantie par décès de sa grand-mère… Il faut lire cette écriture tranquille et curieusement apaisante au coeur d’un quotidien souvent dérangeant.

kitchen.1192826328.jpg

 

La solution de l’énigme: André Brink écrit « Une saison blanche et sèche »

Bravo, Elisabeth!

Les All Blacks n’ont peut-être pas gagné…mais la Nouvelle Zélande gagne la solution de l’énigme.

Bien sûr, le pianotage sur Google à partir des mots de l’énigme, (« Quatrième roman saison », par exemple) menait à la solution intuitive grâce au site « d’Ethiopiques » .

andre-brink.1192182934.jpg

C’est Doris Lessing, tout-à-coup (re)mise en lumière grâce à l’attribution du Prix Nobel qui m’a donné l’envie de retrouver André Brink , cet écrivain comme elle, grand témoin de la vie quotidienne d’une Afrique, une et multiple, incandescente et sombre, tendre et cruelle, aux mains de prédateurs obscurs ou connus, parfois libérée, parfois soumise..

L’atmosphère de « Une saison blanche et sèche « ( prix Médicis 1980), renvoie aux pires moments de l’apartheid en Afrique du Sud. C’est un livre écrit, construit avec cette rigueur que les grands romanciers anglo-saxons savent si bien maîtriser. Cet homme « qui voulait savoir », c’est en effet Ben, le héros du roman, cet Afrikaner bien tranquille qui cherche à découvrir pourquoi le jeune fils de Gordon, le jardinier noir de l’école où il enseigne, a disparu sans laisser de trace dans les locaux de la police sud-africaine…

saison-blanche-et-seche.1192183197.jpg

L’illustration de la présentation de l’énigme est évidemment empruntée à Arcimboldo . Il s’agit de « l’hiver « . Un jeu de correspondances inconscientes m’a amenée à ce tableau: la lumière froide, les branches mortes, le caractère effrayant du portrait peut-être…Qu’importe l’anachronisme et les espaces emmêlés!