La fragilité des sociétés humaines, l’indicible cruauté dans « Sa majesté des mouches » de William Golding

Eh bien oui. Nathalie a trouvé immédiatement.

l’énigme de ce samedi évoquait bien « Sa Majesté des Mouches  » sa-majeste.1201949170.gif

Simple, en effet. Encore fallait-il y penser. Bravo Nathalie.

Petit rappel:

William Golding est né en 1911 en Grande Bretagne. Il a obtenu le prix Nobel de Littérature en 1983.« Lord of the flies« ( « Sa Majesté des Mouches« ) est son premier roman (1954) et son livre le plus connu. Il meurt en 1993.

Curieux classement que celui opéré en France où ce livre fait partie des livres pour enfants! Peut-être et même sûrement parce que les acteurs de l’histoire sont des enfants! Donc une oeuvre pas vraiment sérieuse!!!

sacrifice.1201948916.jpg

Wikipedia résume ainsi:

Rescapés d’un crash aérien dans lequel aucun adulte n’a survécu, ils sont livrés à eux-mêmes « dans une nature sauvage et paradisiaque. Ils tentent alors de s’organiser en reproduisant les schémas sociaux qui leur ont été inculqués. Mais bien vite le vernis craque, la fragile société vole en éclats et laisse peu à peu la place à une organisation tribale sauvage et violente bâtie autour d’un chef charismatique et d’une religion rudimentaire.Sacrifices humains, chasse à l’homme, guerres sanglantes : la civilisation disparaît au profit d’un retour à un état proche de l’animal que les enfants les plus fragiles ou les plus raisonnables paient de leur vie. »

Allez savoir pourquoi ce thème de la fragilité des civilisations, cette vision éthologique des rapports humains ont surgi sans crier gare, en ce samedi matin tranquille de fin de soldes sous ma fenêtre!

Les frères Grimm, l’âne, le coq et plus encore, dans la ville de Brême

Certains ont voulu voir dans l’expression « sauter du coq à l’âne », une référence au conte des frêres Grimm « Les musiciens de Brême »

breme.1201616477.jpg

 On rencontre en effet dans cette histoire, un âne, un chien, un chat et enfin un coq, tous animaux maltraités ou abandonnés. L’âne décide un jour de quitter Brême pour apprendre la musique. C’est alors que sur sa route, il croise le chien, puis le chat, et enfin le coq. Ils découvrent ensemble une maison habitée par des brigands.

« L’âne, qui était le plus grand, s’approcha de la fenêtre et regarda à l’intérieur.
Que vois-tu, Grison ? demanda le coq.
Ce que je vois ? répondit l’âne : une table servie avec mets et boissons de bonne allure. Des voleurs y sont assis et sont en train de se régaler.
– Voilà ce qu’il nous faudrait, repartit le coq.
– Eh ! oui, dit l’âne, si seulement nous y étions !
Les quatre compagnons délibérèrent pour savoir comment ils s’y prendraient pour chasser les voleurs. Finalement, ils découvrirent le moyen : l’âne appuierait ses pattes de devant sur le bord de la fenêtre, le chien sauterait sur son dos et le chat par-dessus. Le coq se percherait sur la tête du chat. Quand ils se furent ainsi installés, à un signal donné, ils commencèrent leur musique. L’âne brayait, le chien aboyait, le chat miaulait et le coq chantait. Sur quoi, ils bondirent par la fenêtre en faisant trembler les vitres. À ce concert inhabituel, les voleurs avaient sursauté. Ils crurent qu’un fantôme entrait dans la pièce et, pris de panique, ils s’enfuirent dans la forêt. Nos quatre compagnons se mirent à table, se servirent de ce qui restait et mangèrent comme s’ils allaient connaître un mois de famine. »

C’est de là que viendrait l’expression « passer du coq à l’âne »!!!!
Malheureusement l’expression en question est attestée (XV° siècle) bien avant le conte (milieu du XIX° siècle) explique  Claude Duneton !.

Il n’en reste pas moins que si vos pas vous conduisent jusqu’à Brême, vous pourrez vérifier la transmission du message du coq jusqu’à l’âne et vous fabriquer votre propre opinion.

Posuto saute du coq à l’âne et nous offre l’énigme(exceptionnelle) du mardi

du-coq-a-lane.1201613190.jpg Vous venez de lire le célèbre billet de Posuto.

Déjà grâce à Christine et Hervé, aux commentaires savants et un peu à Claude Duneton, vous savez tout sur l’origine de l’expression:

« Duneton, sans pouvoir en apporter de preuve, évoque une possible confusion entre l’âne et la ‘cane’ (la femelle du canard), parce que, jusqu’à la fin du XIIIe siècle, l’âne désignait la cane. Mais l’asne (le baudet) se prononçant de la même manière, puis se transformant ensuite en âne, c’est lui qui serait resté dans les mémoires.
L’ancienne version de l’expression (avec ‘saillir’) aurait alors évoqué des rapports bizarres entre un
coq et une cane, mais sans qu’on puisse vraiment établir un lien avec la signification qui nous en reste. »

Bon, nous on veut bien. Voilà donc notre baudet hors d’histoire!

Mais savez-vous où se trouve cette statue illustrant cependant si bien l’expression et remettant l’âne en selle (si j’ose dire)?

Marcel Aymé, incorrigible Passe-Murailles…

Eh oui, bravo Hervé , il s’agit bien de Marcel Aymé.

passemuraille.1201370116.JPG

« Orphelin de mère à l’âge de deux ans, ce fils d’un maréchal-ferrant est élevé par ses grands-parents maternels qui exploitent une tuilerie à Villers-Robert, Jura. Le village lui servira de décor pour La Jument verte et de nombreux autres romans tels que La Vouivre, Gustalin ou encore La Table aux crevés (1929). C’est de ce monde-là qu’il s’inspire pour décrire les très vives passions politiques, anticléricales ou religieuses du monde rural. Il expérimente d’ailleurs lui-même ces querelles à l’intérieur de sa propre famille puisqu’il faudra attendre la mort du grand père anticlérical pour le faire baptiser à l’âge de sept ans. En 1910, à la mort de sa grand mère, il est pris en charge par une tante, employée de magasin, qui le place en pension au collège de Dole, mais il retourne passer ses vacances à la campagne où il se fait berger à l’occasion »

dixit Wikipedia qui énonce ici fort bien l’essentiel.

Marcel Aymé ira d’un métier à l’autre et sera bien pendant un moment employé de banque.

De là à percer les murs…comme dans son « Passe-murailles »!

« L’écrivain a été attaqué par tous ceux qui ne supportaient pas que ses romans décrivent assez crûment la France des années quarante et celle de l’épuration, mettant sur le même pied les collaborateurs monstrueux et les revanchards sinistres, décrivant avec une exactitude désinvolte le marché noir, les dénonciations, les règlements de comptes (Uranus, Le Chemin des écoliers). Mais il a surtout soutenu jusqu’au bout Robert Brasillach,  »

jument.1201370331.jpg