La solution: Julien Sorel ou l’ambition décapitée

Une évocation évidente pour le perspicace Jeandler !

Eh oui, il s’agissait bien du héros du « Rouge et le Noir« , Julien Sorel. Grand admirateur de  Napoléon, il s’est en effet hissé, comme lui, « hors du commun », hors de son environnement initial. Il ne sera pas charpentier, comme son père, anonyme villageois de la province jurassienne . Le voici, grâce à ses succès scolaires, remarqué et encouragé à poursuivre des études. Le voici, grâce à son charme et à sa détermination, aimé et amant de Madame de Rênal, mère des jeunes élèves qu’il est chargé d’éduquer…

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D’autres études passant par le séminaire, d’autres amours le hisseront au plus haut dans la société. Mais est-ce possible?  Où se bloque l‘ascenseur social?

Self-control ! Si Julien Sorel meurt décapité, après avoir tiré sur Madame de Rênal  (qui a dénoncé sous la pression de son confesseur, ses agissements de séducteur), c’est parce que le ridicule tue. Contrairement à l’adage.  Et cela, Julien, en digne fils du peuple qu’il est, ne le supporte pas. Voilà un jeune homme qui pour être talentueux, semble manquer singulièrement…de maturité? de cynisme héréditaire? de pragmatisme élémentaire? Qu’adviendrait-il de lui aujourd’hui?

 

La solution: sans légitimité, le Prince Jean sera-t-il chassé par Ivanhoë?

La presse britannique se gausse avec délectation de l’actualité hexagonale.

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Car le Prince Jean, Outre-Manche (et sans doute chez nous) est une figure  récurrente, bien connue de l’histoire et de la littérature. Dans l’ouvrage de Walter Scott , Ivanhoë, le Prince Jean, c’est le traître, celui qui s’est emparé, en toute illégitimité  de pouvoirs ne lui appartenant pas. Walter Scott (1771-1832) est ainsi considéré comme le père du roman historique tel que nous le connaissons encore de nos jours .

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Sur fond de documentation historique approximative, l’écrivain érige le piédestal des héros (Ivanhoë, le chevalier « sans peur et sans reproche »,  comme le seront, ici ou ailleurs, tous nos chevaliers à venir, ou Richard Coeur de Lion, roi  nécessairement preux et légitime, engagé dans la « noble cause » d’une croisade), mais  il  nous livre aussi l’antithèse de ses héros, la face sombre des hommes à l’ambition démesurée, comme ce Prince Jean, dit Sans Terres,  mais surtout sans scrupules, dont la noirceur ne pourra que nous hanter jusqu’à la fin des temps…

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Le prince Jean chassé du trône usurpé par Ivanhoë, dans le film De Richard Thorpe (1953)

Bravo à Nathalie (il bouge le livre ), pour avoir deviné une partie de la réponse en débusquant le  célèbre Prince Jean

 

La solution: En ce temps-là, l’Iran s’appelait la Perse…

C’était il y longtemps. La peur régnait sur L’Iran . Et l’Iran, en ce temps-là, s’appelait la Perse .

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Carte empruntée à ce site

Elle s’appelait Schéhérazade. Fille du grand vizir , elle décide d’épouser le roi, afin d’interrrompre la malédiction qui pèse sur toutes les femmes du pays. En effet, le souverain , furieux d’avoir été trompé par l’une d’elle a décidé de se venger en épousant chaque soir une jeune fille qu’il fait exécuter au matin.  Schéhérazade a du talent et de ce fait des pouvoirs certains. Mais plus que l’envoûtement érotique, c’est bien ‘ensorcellement par les mots qu’exerce la magicienne. Chaque soir, elle endort son époux en lui relatant les aventures des « Mille et une nuits ».

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Le roi ne peut plus se passer des récits de cette conteuse extraordinaire. Chaque histoire en appelle une autre qui viendra le lendemain. Technique narrative en tiroir dont on est loin de s’être lassé jusqu’à nos jours…

L’origine des Mille et une Nuits reste encore un peu trouble. Selon la version la plus probable, il s’agirait de récits issus d’un livre persan, datant du 8e siècle, intitulé : les Mille contes (Hezar Efsane), qui lui-même serait une adaptation d’histoires indiennes. Les historiens croient toutefois que le recueil original est sans doute le fruit de plusieurs contes oraux, lesquels auraient circulé d’une contrée à une autre du monde antique, avant de se retrouver répertoriés dans un même recueil.

Pour avoir pu ainsi savoir modifier le destin de leurs condisciples, les belles endormeuses d’antan  semblaient détentrices de plus de talent et de pouvoir que celles faisant la une de nos quotidiens. Hélas!

Une conteuse  iranienne des temps modernes: Simin Daneshbar avec « Sutra  » dont je n’ai hélas pu trouver la traduction en français!

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Illustration: « Shéhérazade continua son histoire. »
Illustration par Virginia Frances Sterrett (1928).

Encore une fois, bravo à Pagesapages pour avoir trouvé sans hésiter.

 

L’énigme du samedi: Talent et pouvoir des belles endormeuses…

On aimerait tant

qu’aux belles endormeuses

des princes d’aujourd’hui

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le talent fût donné

ainsi que le pouvoir

pareillement à ceux
des conteuses du temps jadis…

qui, dès le soir tombé

cherchaient à réinventer l’avenir.

Quelle est la belle endormeuse du temps jadis évoquée ici?

A travers quelles paroles?

A qui souhaiter ce destin non programmé?

Photo empruntée ici