L’énigme du samedi: tout commence au coeur de la forêt…

C’est vrai,

la nature est un temple.

Le poète l’a dit souvent.

Ces forêts au printemps

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parcourues de ruisseaux secrets

que l’on suit

à la recherche de branches indéchiffrables,

ces forêts  attirent

et gardent

et guident

le voyageur étonné.

De quelle forêt s’agit-il?

Qui a écrit l’ouvrage où elle est évoquée ?

Photo de Guy Serrière: Forêt jurasienne au printemps

La solution: La ferme des animaux de Georges Orwell

Bravo Nathalie et plus tard Claudialucia qui le confirme: Il s’agissait bien de l’ouvrage de Georges Orwell (1903- 1950), « La ferme des animaux « , paru en 1945.

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« 1984 (paru en 1948), est passé à la postérité en tant que métaphore symbolique, en devenant une année -ou plutôt un titre- que l’on écrit aujourd’hui comme un réflexe sur les pancartes des manifestations protestant contre des mesures gouvernementales jugées liberticides.

Or, plusieurs années auparavant, George Orwell avait publié un premier ouvrage à portée politique, qui s’inscrit dans cette même réflexion anti-totalitaire. Injustement moins connu, paru en 1945, ce livre mérite tout autant d’être lu. Il s’agit de « La ferme des animaux ».

D’un pessimisme déterministe dont la froideur implacable ne semble accorder aucun espoir au lecteur, ce court roman capte avec la simplicité désarmante de la fable les dérives d’un système. Avec en point de mire évident, l’URSS. »

Extrait de Paperblog

Mais la portée de la fable est intemporelle. Sa lecture ou relecture ne renvoie-t-elle pas sans cesse à l’actualité de nos démocraties ?

 

L’énigme du samedi: Drôle de ménagerie que nos démocraties!

Drôle de ménagerie

que nos démocraties !

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Cet auteur l’a si bien perçu

qu’il en a fait la fable que l’on connaît…

intemporelle et si cruelle!

Bien sûr, c’est trop facile

pour vos intuitions aiguisées:

Qui est l’auteur en question

et quel est le nom de sa fable?

Image empruntée au site « Le journal de Victor« , consultable en cliquant ci-dessus sur « démocraties« .

La solution: Emile Ajar dans « La vie devant soi »

C’est Alain L, dont il faut absolument lire « Les ruminations d’un grand-père universitaire », qui a réfléchi comme il le fallait! Mais pouvait-il en être autrement?

Né le 8 mai 1914, Roman Kacew, alias Romain Gary, alias Emile Ajar, alias etc…a joué plus d’un tour à l’intelligentsia littéraire et à son public.

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Tout le mystère lié à son identité est contenu dans les noms de plume qu’il s’octroie, se donnant naissance, par sa volonté propre, dans l’incandescance d’une vie brève et brûlante.

Naturalisé Français en 1935, Romain Gary est né à Vilnius.  Incorporé dans l’aviation en 1938, il rejoint la France libre en 1940 et se retrouve au sein du Groupe de bombardement Lorraine. C’est durant cette période que Roman Kacew choisit le nom de guerre de Gary (signifiant brûle ! en russe) qui deviendra son pseudonyme. Le nom Ajar qu’il choisira plus tard, signifie braise!

Romain Gary obtint deux fois le Prix Goncourt, la première fois en 1956  pour Les Racines du ciel, et la seconde, en 1975, sous le pseudonyme d’Émile Ajar, pour La Vie devant soi.

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« Méprisé par la critique de son vivant, considéré comme auteur « réactionnaire » parce que diplomate gaulliste, Gary, qu’on ne cesse de redécouvrir aujourd’hui, fit avec l’épisode Émile Ajar un véritable pied de nez au tout-Paris littéraire, notamment parce que le Prix Goncourt n’est en réalité attribuable qu’une seule fois. « 

Passage extrait de Wikipedia

Romain Gary se suicide le 2 décembre 1980. Son acte l’inscrit dans la mystérieuse liste des artistes qui ont décidé d’interrompre leur oeuvre en mettant volontairement un point final aux parcours de leurs vies.

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La lettre qu’il a laissée révélait que son geste n’avait de rapport ni avec la mort de Jean Seberg , qui fut sa femme et se suicida en 1979, ni avec une dépression, « ou alors, écrit-il, il faut admettre que celle-ci dure depuis que j’ai l’âge d’homme et qu’elle m’aura permis de mener à bien mon œuvre littéraire ».  Les raisons de son geste serait à chercher, d’après Jean-Christophe Gruau  » dans le titre de son autobiographique La Nuit sera calme et les mots de son ultime roman… »

Sandor Marai, né en 1900, l’auteur hongrois évoqué hier dans le libellé de l’énigme, choisira également de se donner la mort en 1989.

La solution: Maxime Gorki dans « Enfance »

Vous l’aurez remarqué. Il n’y a plus de doutes à présent. Jeandler n’est pas seulement le poète des billets quotidiens de « Pêle-mêle », non, c’est aussi un medium et en tout cas , un vrai magicien. A peine l’énigme est-elle lancée, que la solution lui paraît d’une évidence absolue. Impressionnant!

Donc, c’était bien cela, en ce jour de défilé sur les places de nos villes: Il s’agissait  de Gorki, ce géant des lettres russes, que le pouvoir politique a ligoté par ces mille et un liens qui font  se tenir toutes droites les statues  érigées en l’ honneur des grands hommes.

Gorki – « l’Amer », en russe : ce nom de plume, choisi en 1892, traduit bien la source et le but de toute l’activité de l’écrivain. La réalité sordide et cruelle de l’enfance  devait se transformer, grâce à la raison, la volonté et le travail, en « une vie plus belle et plus humaine ».

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Extrait de l’article de L’ Encyclopédie Universalis », consacré à Maxime Gorki (1868_ 1936)

Le premier ouvrage de Gorki Очерки и рассказы (Esquisses et récits) parut en 1898 et connut un succès extraordinaire, en Russie comme à l’étranger. Sa réputation d’écrivain pittoresque et social s’établit grâce à ses descriptions de la vie des petites gens en marge de la société (les « bossiaks », les va-nu-pieds). Il livre au lecteur les difficultés,  les humiliations et les brutalités dont ils étaient victimes mais aussi leur profonde humanité. Gorki acquit ainsi la réputation d’être une voix unique issue des couches populaires et l’avocat d’une transformation sociale, politique et culturelle de la Russie, ce qui lui valut d’être apprécié à la fois de des intellectuels – il entretiendra des liens de sympathie avec Anton Tchekhov et Léon Tolstoï -, et des travailleurs les plus « conscientisés ».

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Dès le début de sa carrière littéraire, Gorki fut  plusieurs fois emprisonné pour ses prises de position en faveur des bolchéviques, en particulier lors de la révolution avortée de 1905.  Il quitte la Russie et voyage aux États-Unis pour collecter des fonds pour le mouvement bolchevique. À son retour en 1906, il doit s’exiler à Capri pour des raisons à la fois médicales et policières.

L’ amnistie de 1913 lui permet de rentrer dans son pays. Il est alors proche de Lénine et des révolutionnaires mais ses critiques indisposent  vite le pouvoir. De plus, atteint de tuberculose, il fuit à nouveau la Russie pour retrouver le sud de l’Italie en 1924.

Plus tard, encouragé par Staline,  il se réinstalle définitivement en URSS où il devient un membre éminent de la « nomenklatura » soviétique et participe à la propagande du régime qui l’honore mais le surveille en même temps. Il meurt en juin 1936 dans des circonstances qui ont prêté au soupçon, mais ses funérailles nationales l’établissent comme l’écrivain soviétique exemplaire qu’immortaliseront écrits et statues.

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Staline et Gorki

Le 20 juin 1936 sur la  Place Rouge, à Moscou. André Gide qui entreprenait son célèbre voyage en URSS  prononça un discours en hommage à l’écrivain:

« La mort de Maxime Gorki n’assombrit pas seulement les États Soviétiques, mais le monde entier. Cette grande voix du peuple russe, que Gorki nous faisait entendre, a trouvé des échos dans les pays les plus lointains. Aussi n’ai-je pas à exprimer ici seulement ma douleur personnelle, mais celle des lettres françaises, celle de la culture européenne, de la culture de tout l’univers. »

D’après Wikipedia.

« Enfance » (1914) ouvre la trilogie autobiographique de Gorki. Suivront « En gagnant mon pain » et « Mes universités ».

 

L’énigme du samedi: ce géant défini par l’amertume

De l’enfant chétif évoqué dans l’ouvrage

me revenant en mémoire aujourd’hui,

au géant qu’il devint…

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Toute la complexité d’une vie

que les soubresauts de l’histoire

ont mené de l’errance

à une reconnaissance amère et embarrasante.

Qui est donc ce géant des lettres

dont Gide prononça l’éloge funèbre?

Quel est l’ouvrage évoqué?

Image du géant empruntée à ce blog