Kathy Rees Johnson, une Américaine… à Strasbourg

On se souvient de la perception de Gershwin, cet « Américain à Paris »,

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transposant la musique de la capitale française dans les années 20, dans une pièce symphonique de 19 minutes, à grand renfort de klaxons! Pour la première New Yorkaise, en 1928, le compositeur en avait emprunté quelques uns à d’authentiques  taxis parisiens.

Voici aujourd’hui la perception de Kathy Rees Johnson. Transcription picturale, cette fois-ci, non plus de Paris, mais de Strasbourg!

Une Américaine à Strasbourg, à la découverte des arbres, sa passion…

Jour de Noël, Strasbourg

(en français dans l’intitulé du tableau)

Kathy Rees Johnson vit dans le Kentucky. Elle en peint les paysages et enseigne également l’art de  reconnaître et de développer les aptitudes visuelles: Un artiste existe chez chacun d’entre nous. Un tel engagement ne peut que nous interpeller.  L’écriture aussi appartient à tous.

 

La solution: de Shakespeare, « Le marchand de Venise »

Bien trouvée par Jeandler,  surnommé judicieusement  « Shylock Holmes » par Dominique Hasselmann , l’énigme (illustrée par la citation de JEA),  cette fois-ci, ne se pianotait pas!

Bien sûr, la ville du Carnaval pouvait évoquer Venise! Emprunter de l’argent à Venise, en engageant une part de soi-même, renvoyait sans nul doute  à la pièce de Shakespeare: « Le marchand de Venise ».

Un jeune vénitien, Bassiano,  est amoureux de Portia, une riche et belle héritière .  Afin de la séduire,  il demande à son ami marchand, Antonio, de lui prêter de l’argent. Mais celui-ci ne peut accéder à sa demande, car toute sa richesse se trouve actuellement dans les  marchandises que transportent  des bateaux . Bassiano emprunte alors au juif Shylock la somme de trois mille ducats remboursable avant trois mois.

Antonio se porte garant de la transaction mais refuse de verser un intérêt pour ce prêt. Sûr de l’arrivée en temps et heure des bateaux à Venise, il ratifie la proposition de Shylock de lui donner une livre de sa propre chair en cas de non-remboursement à la date et au lieu prévus.

La pièce est à l’origine de nombreuses polémiques et le sujet est loin d’être clos. Pièce antisémite ou pièce sur l’antisémitisme? Le juif Shylock est un personnage  entré dans la légende, faisant passer le nom propre au statut de nom commun (figure d’antonomase pour les érudits).

La solution: Des souris et des hommes, de Steinbeck

Mais oui! « Des souris et des hommes »! (1937). Dominique Hasselmann a raison qui offre dans son billet une autre approche de la misère humaine.

Ecriture monocorde de Steinbeck pour traduire ce sous-monde des hommes laissés pour compte.  « Les raisins de la colère » ( 1939) décrivaient une famille réduite à la misère par la crise des années 30. Y aurait-il un rapport avec la crise d’aujourd’hui?

Ici, « George Milton et Lennie Small sont deux amis qui errent sur les routes de Californie en travaillant comme journaliers. George et Lennie partagent depuis toujours le même rêve : posséder un jour une petite exploitation, pour y vivre « comme  et y élever des lapins. Car Lennie nourrit une passion bien enfantine : il se plaît énormément à caresser les choses douces. Doté d’une très grande force physique, il ne parvient pas à dominer sa puissance hors de l’ordinaire. Il est également intellectuellement déficient, et passe constamment pour un « idiot ». Cela finit par lui causer des ennuis avec Curley, le fils du patron et sa femme. En effet, la femme de Curley va proposer à Lennie de lui caresser les cheveux…. » (extrait de Wikipedia)

 

La solution: « L’homme sans qualités » de Robert Musil

Mais oui, comme dirait Jeandler « d’emblée », et même « l’esprit un peu gelé », il s’agissait bien de « L’homme sans qualités » de Robert Musil, écrivain autrichien (1880-1942). Quelle incroyable acuité intuitive!

Le roman a suscité peu de réactions lors de sa publication en 1930. Il  a été redécouvert  dans les années 50 grâce à une version remaniée en trois tomes. D’après l’écrivain Thomas Mann, cette œuvre inachevée est un roman essentiel du XX° siècle comme le sont  La recherche du temps perdu de Marcel Proust et Ulysse de James Joyce.

Sa conception littéraire est fondée sur le pouvoir d’une observation quasi-scientifique et sur l’analyse des faits humains et des sensations, à la recherche de ce qu’il nomme « la structure essentielle des choses ». « L’homme sans qualités » décrit la société viennoise dans une Europe désorientée par la crise qu’elle traverse, quelques mois avant le déclenchement de la première guerre mondiale.

« Rien moins qu’un livre-monument, conçu à la manière d’une cathédrale. D’abord publié entre 1931 et 1933, du vivant de Robert Musil, L’Homme sans qualités est resté inachevé. L’écrivain autrichien meurt en 1942, laissant derrière lui un vaste chantier de plusieurs milliers de pages (exploitées ensuite avec plus ou moins de bonheur par les éditeurs). À l’origine, le texte devait se composer de deux volumes, étendus sur quarante ans, principe repris dans cette collection (voir tome 2). Cet « homme sans qualités », c’est un homme sans caractère propre – loin du roman traditionnel – l’édification de tous les possibles, des hypothèses, à travers plusieurs personnages, qui ont valeur universelle. Ironie, satire, anti-intellectualisme, comédie, tout se fond et se confond entre narration et réflexion philosophique, pour former, selon Philippe Jaccottet, son traducteur, « un essai de roman ». Avec Les Désarrois de l’élève Törless et Les Exaltés, c’est bien l’œuvre qui a imposé Musil au monde littéraire, après sa mort… » –Céline Darner