La solution: Christine de Pisan, considérée comme la première femme de lettres française

C’est Jeandler qui a trouvé le premier et sans hésiter, le nom de cette première femme de nos lettres françaises, ayant réusi à vivre de sa plume. Vous pianotiez, « première femme à oser vivre de sa plume », et vous tombiez facilement sur le blog sisyphe reprenant votre libellé. Christine de Pisan (née à Venise en 1364-décédée à Poissy en 1431) est bien la femme de lettres évoquée dans l’énigme.

christine_de_pisan_and_her_son.1209656536.jpg

Tiens! On notera dans ce tableau anonyme de « Christine de Pisan et son fils » que notre heroïne pourrait remplacer celle que j’avais appelée -bien irrespectueusement- ma « belle liseuse » du « Jardin de Paradis », il y a quelques jours: même robe bleue et livre à couverture rouge…Mais point de couronne d’or. Ici, Christine porte un hennin comme l’exige la mode de l’époque pour les dames bien nées. Nous ne sommes plus dans la transposition hagiographique, mais dans « la vraie vie ». Très émouvant le jeu des mains appuyant la parole. Vivacité. Posture du jeune garçon, bras croisé, face à la mère savante. Remarquez l’appui sur la pointe du pied! Attitude d’écoute ou de repli? Qu’importe. Nous sommes dans l’instant. Le bas du vêtement de l’adolescent bouge. Magique!

Christine, enfant, a suivi son père appelé à Paris par Charles V en 1368 (il est médecin mais doit surtout sa réputation à ses travaux d’astrologue). Elle a reçu ainsi à la cour l’éducation donnée aux jeunes filles de la noblesse et commence à composer des pièces lyriques qui lui valent l’admiration de ceux qui l’entourent. Mais veuve à 26 ans en ayant à charge trois enfants, sa vie devient difficile.

« Seulete suy et seulete vueil estre,
Seulete m’a mon doulz ami laissiee,
Seulete suy, sans compaignon ne maistre,
Seulete suy, dolente et courrouciee.»

écrit-elle dans ses  » Cent Ballades »

Malgré tout, peu à peu, elle arrive à imposer son talent littéraire, elle obtient des commandes et la protection de puissants mécènes tels Jean de Berry ou le duc Louis Ier d’Orléans.

Ecoutons-là parler des disciplines qu’elle aborde:

« Comme l’enfant que premier on met à l’a, b, c, d, me pris aux histoires anciennes dès le commencement du monde, les histoires des Ebrieux, des Assiriens, et des principes des signouries procédant de l’une et de l’autre, dessendant aux Romains, des François, des Bretons et autres historiographes, après aux déductions des sciences, selon ce que en l’espace de temps que y estudiai en pos comprendre : puis me pris aux livres des poètes.»

Commentaire sur le site Imago Mundi : « Les écrivains entendaient alors ainsi les études. Ils ne séparaient pas la science des lettres; ils la considéraient comme la base la plus solide de leurs travaux; ils n’accordaient pas la toute-puissance à leur inspiration. »

Si vous revenez au cours de la semaine prochaine sur ce blog, vous verrez que certaines traditions se perpétuent…

pisan.1209661640.gif

Il faudra un certain temps pour que son exemple soit contagieux!

 

Quelques ouvrages de Christine de Pisan trouvables en librairie:

– Christine de Pizan, Poésies d’amour, Aumage, 2003. – Le chemin de longue étude, Le livre de Poche, 2000. – Le livre du corps de policie, Honoré Champion, 1998. – La Cité des Dames, Stock, 1986. – L’Epistre Othéa, Droz.

 

3 commentaires sur “La solution: Christine de Pisan, considérée comme la première femme de lettres française

  1. Quel plaisir de lire « ballade » avec deux ailes.
    Comme je fais souvent la faute, la prochaine fois que l’on me reprend j’aurai de quoi répondre.
    Vivement la semaine prochaine, aussi!

    J'aime

  2. Mais la ballade en tant que poème a justement deux ailes…probablement pour mieux s’envoler jusqu’à la rencontre de notre propre rêverie poétique…
    Alors que la balade désignant une promenade n’en a qu’une (d’aile) ou qu’un L, comme on veut!
    Il faut avouer en effet qu’il y a de quoi s’égarer!

    J'aime

  3. Tant qu’il n’y a pas de « s » à cent…nul n’est trahi ! Je me souviens encore par coeur…sortie de ma très petite jeunesse estudiantine..cette autre
    BALLADE….épitaphe !!!!!
    Frères humains, qui après nous vivez,
    N’ayez les coeurs contre nous endurcis,
    Car, si pitié de nous pauvres avez,
    Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
    Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :
    Quant à la chair, que trop avons nourrie,
    Elle est piéça dévorée et pourrie,
    Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
    De notre mal personne ne s’en rie ;
    Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre ! (Villon)

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s