Chronique d’un atelier(3): L’aubépine et Les bourgeons de sapin par Claudine Debruges

 

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Ma voisine, Claudine Debruges, n’osait pas écrire. Pourtant, elle exprimait souvent son grand désir de trouver les mots pour raconter ce qui l’intéresse, pour inscrire un instant, elle, si modeste, sa propre empreinte au monde : la découverte des plantes, leurs vertus secrètes aux maux qui nous rongent, les souvenirs d’une enfance rude que l’école n’a pas permis d’exorciser, bien au contraire, la simplicité d’une promenade en bateau, les animaux domestiques et leur attachement sans faille…

Un jour, Claudine à osé. Je lui avais demandé auparavant de raconter et j’ai recueilli sa parole en la transcrivant sur le papier. Puis, je lui ai lu les mots qu’elle avait prononcés. Elle fut étonnée du résultat. Depuis, Claudine recueille elle-même les mots apprivoisés qui lui viennent aux lèvres. Elle écrit. Quand elle en a envie. Quand elle se lève de bonne heure. Ou quand elle a fini de ranger sa cuisine.dscn2339.1186408016.JPG

Ainsi, de petits textes en petits textes, Claudine tisse les fils de son grimoire enchanté…

 

L’aubépine

par Claudine Debruges

« Cet après-midi-là, après avoir rangé ma cuisine, le soleil m’a fait un clin d’œil.

En descendant dans mon jardin, non pour y cueillir du romarin, mais bien pour répondre à l’ invitation du soleil, j’ai décidé de faire une balade jusqu’au pré où des buissons sauvages ont poussé. Parmi ceux-ci, se trouve de l’aubépine dont je récolte les baies bien mûres.

Cette année, les branches sont trop hautes pour la cueillette. Mais l’an passé, en automne, tout en me promenant, j’avais découvert ces gros buissons couverts de boules rouges. C’est effectivement en octobre que je les récolte. Aujourd’hui, allez savoir pourquoi, les baies sont déjà à point en septembre. Elles s’écrasent sous la pression de mes doigts en me présentant leur petit noyau dur et pâle. Je m’étais intéressée autrefois à ce fruit en apercevant Tania, ma chère chienne disparue, qui chaque automne s’en délectait.

J’avais alors sorti mes livres à trésors et de page en page, j’avais fait connaissance avec les vertus de ces petites boules rouges. Et ce que j’en fais, je vais vous le dire : je fabrique de la teinture mère et je fais macérer les baies séchées dans mon thé. Elles possèdent un effet calmant si l’on se trouve un peu tendu ou sujet aux palpitations ou encore en train d’appréhender un événement. L’effet est léger, mais cela soulage pour autant que notre nature ne soit pas trop volcanique! »

Les bourgeons de sapin

Il y a bien des années, Jeannot mon mari a beaucoup souffert des poumons, très pris des bronches aussi. En parlant avec une personne proche de la nature, celle-ci me conseilla plusieurs plantes pour le soulager, dont le bourgeon de sapin. que l’on trouve dans le commerce spécialisé, en sirop ou bonbons, avec un effet très léger.

J’ai cherché dans mes livres. J’ai même eu l’occasion d’aller sur Internet, mais je n’ai pas trouvé ce que je cherchais.

Comme j’aime cuisiner et suis très gourmande, j’ai tenté de faire de la gelée. Oh ! Cela n’a pas bien marché tout de suite. Après de nombreux essais, cependant, quel succès !

Il faut beaucoup de bourgeons très jeunes d’un à deux centimètres de longueur. Ils sont d’un beau vert tendre .

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On les cueille au mois de mai. On les couvre d’eau. Il faut les cuire trente à quarante minutes, puis les laisser refroidir dans un seau en plastique, car avec l’acidité du sapin, la marmite serait piquée d’une multitude de petits trous.

Le lendemain filtrer et presser les bourgeons. Cela prend beaucoup de temps. Cuire le filtrat avec du sucre : un kg de sucre pour un litre de jus, pendant une à une heure trente. Laisser refroidir dans un récipient en plastique. Le lendemain continuer la cuisson trente à quarante cinq minutes. Ajouter de la pectine pour épaissir, si cela est nécessaire. Alors la gelée devient rose.

Mettre en pot très chaud. Elle se garde très bien.

Mais chut ! La recette est mon secret.

Voilà, vous pouvez vous en délecter quand vous aurez mal à la gorge.

Une amie a qui j’en ai offert avait très souvent la visite de ses petits-enfants. Elle en a sept. A chaque fois ils avaient mal à la gorge. Ben voyons !

Ma voisine, quant à elle, décore une boule de glace à la vanille de cette fameuse gelée.

On peut aussi en faire de bien bonnes tartines.

Je vous le dis, un divin régal.

Voilà ! Maintenant que je vous ai presque tout dévoilé, je vous laisse à vos essais.

Bonne dégustation.confiture.1186408484.jpg

8 commentaires sur “Chronique d’un atelier(3): L’aubépine et Les bourgeons de sapin par Claudine Debruges

  1. Chut ! La recette secrète : je promets de ne rien répéter à personne.
    Mais, je peux cafter, j’ai goûté à cette gelée, à celle-là et pas à une contrefaçon de magasin, non, la rigoureusement authentique. Et c’était bien bon !
    Kiki 🙂

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  2. Nous pratiquons en famille ce genre d’alchimie naturelle avec des baies de cynorodons et d’épinevinettes riches en vitamines C. L’hiver venu leur sirop viendra combattre rhumes et grippes. Merci pour la recette.

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  3. Bonjour
    Merci pour toutes ces infos. Pouvez vous me dire comment vous faites sécher les fruits et les feuilles de l’aubépine pour qu’ils ne pourissent pas, et comment les conserver pour qu’ils ne s’abiment pas, afin de les utiliser en tisane.
    Merci de votre réponse et bonne soirée.
    Marie-Adélaïde

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  4. Bonjour,

    La recette faite avec des bourgeons de sapin est en effet exquise. Sauf qu’en suivant votre démarche, ça ne donne pas une gelée mais un sirop. Pour une gelée, je crois qu’il faudrait ajouter de la pectine. Pour ne rien ruiner du goût, je me demande comment procéder? Vous auriez une idée?
    Merci à l’avance,

    Réjean

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  5. Pour Réjean: L’auteur de ce texte et de la recette, ma voisine Claudine, me dit rencontrer parfois le même problème. Pour elle, la seule solution est de poursuivre la cuisson de la gelée qui peu à peu se caramélise. Mais on peut aussi opter pour le stade sirop ou coulis (délicieux sur une glace vanille ou également aux bourgeons de sapin).
    Pour Marie-Adélaïde: Mille pardons de n’avoir pas intercepté à temps votre commentaire. Il est vrai que je ne sais que dire, n’étant pas du tout spécialiste en la matière. Peut-être que les feuilles pourraient sécher dans un endroit aéré, traversées par un fil, comme on le fait pour les morilles par exemple. Pour le fruit, il me semble qu’après l’avoir évidé, il serait possible de le faire sécher à four doux sur une plaque?
    Vous n’auriez plus ensuite qu’à ranger les feuilles bien séchées dans une boîte métallique. De même, pour les fruits…

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  6. j’ai degusté un sorbet aux bourgeons de sapin dans le jura avec de la liqueur de sapin c’est un delice tres bien pour finir un repas.un probleme se pose ,je ne trouve pas le sorbet .ou le trouver ?j’abite l’aube je voudrais le faire pour le 1 janvier. merci de votre reponse
    joyeuse fete

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