Alainlecomte a trouvé l’entière solution de l’énigme. Solution suggérée par Posuto aux premières heures de la matinée. Bravo!
À propos de Dolce agonia de Nancy Huston
Dieu est-il écrivain ?
Voici l’analyse de Jacqueline Morne, professeur de Philosophie.
texte mis en ligne sur le site:
http://pierre.campion2.free.fr/huston_jmorne.htm
« Au fil des pages le lecteur apprend ce que seront les années à venir de chacun des protagonistes, le temps qu’il leur reste à vivre et ce que sera leur mort[3]. Ici se repose alors avec urgence la question de départ : qui parle et d’où parle-t-il ? Qui est donc l’auteur de Dolce agonia ? Dire le futur avec tout son poids de vérité, et non pas seulement le rêver ou l’imaginer requiert qu’on ne se situe plus au plan de la subjectivité de la conscience individuelle, mais dans l’intemporalité et l’omniscience du regard divin. Qu’on ne s’y trompe pas, le véritable auteur de Dolce agonia à qui Nancy Huston prête sa plume, c’est Dieu lui même !
De ce fait le temps n’est plus simplement désarticulé, il s’annule. « De mon point de vue rien ne se “produit” jamais, il n’y a ni début ni fin, seulement une sorte de tourbillonnement, de vibration, un entrelacement infini de causes et d’effets » écrit Nancy Huston/Dieu dans le prologue. De ce fait le présent est déréalisé et le déroulement temporel perd toute signification. Le futur est inscrit dans le présent, le lecteur — averti par Dieu — sait que la toux de Sean préfigure le cancer dont il mourra, que la passion de Patrizia pour les oiseaux préfigure la folie douce dans laquelle elle va sombrer. Si le temps n’est pas le lieu de « l’imprévisible nouveauté » comme le dit Bergson, il perd toute utilité, toute fonction, il n’est que la répétition du même, une mauvaise copie de l’éternité[4].
Nancy Huston, née en 1953 au Canada, est une femme de lettres d’expression anglaise et française, vivant à Paris depuis les années 1970.
- 1994 – Prix Louis-Hémon
- 1995 – Prix Canada-Suisse, pour Cantique des plaines.
- 1996 – Prix Goncourt des lycéens et Prix du Livre Inter, pour Instrument des ténèbres.
- 1999 – Grand prix des lectrices de Elle pour L’Empreinte de l’ange.
- 2002 – Prix Odyssée, pour Dolce agonia
- 2006 – Prix Femina et Prix France Télévisions pour Lignes de faille
Hourrah! je fais partie des gagnants!
qu’est-ce que j’ai gagné? si la réponse est : rien, ce n’est pas grave…
A tout hasard, j’ai fait une note en janvier sur Nancy Huston (et Tzvetan Todorov) cf: http://alainlecomte.blog.lemonde.fr/category/livres/
(note du 7 janvier)
Amicalement,
A.L.
J’aimeJ’aime
J’ai reçu ce livre ce matin (ouh, le gentil facteur). Alors le déroulement temporel est diablement efficace aujourd’hui !
C’est un peu comme acheter des produits frais au marché du coin, ce blog, on repart directement avec sa panière de légumes bien colorés (et juste après une douzaine de pages, on sent que Nancy ne lésine pas sur les moyens pour donner du goût à sa production car après avoir laissé Dieu s’exprimer, ce sont des odeurs de cuisine qui s’exhalent…).
Kikiravie
J’aimeJ’aime
Ah, c’est bien, toutes ces complétudes.
Peut-être bien que le mot n’existe pas.
Je vais aller tout droit aux archives de janvier signalée par Alain.
Chère Kiki votre enthousiasme me fait chaud au coeur.
Un jour, vous aurez tous la poitrine remplie de médailles, chers amis de ce blog. Même virtuelles, elles brillent déjà.
J’aimeJ’aime
je pense que complétude existe et va bien avec plénitude. Par contre pour l’intuition, je repasserai..Désolée d’avoir entrainé certains dans mes fausses certitudes matinales.
J’aimeJ’aime
Les certitudes matinales sont le piment de ce jeu entre amis sans prétention. Merci Michèle d’avoir apporté les vôtres.
J’aimeJ’aime
Et vous avez raison, Michèle, complétude existe bien. (De toute façon, on l’aurait fait exister, même et de toute façon en dehors de sa spécificité mathématique)!
« On parle de complétude en mathématiques dans des sens très différents. On dit d’un objet mathématiques qu’il est complet pour exprimer que rien ne peut lui être ajouté, en un sens qu’il faut préciser dans chaque contexte. Dans le cas contraire on parle d’incomplétude, surtout, semble-t-il, dans le contexte de la logique mathématique. »
Merci Wikipedia la tant décriée, mais qui nous facilite si grandement la tâche.
J’aimeJ’aime