La solution: « La petite fille aux allumettes » de Hans Christian Andersen

Bravo à Christophe Bohren, notre ami libertin de Lettres libres ! Il s’agissait en effet du Danois Hans Christian Andersen (1805-1875) pas spécialement libertin, quant à lui, aux dires de ses biographes.

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Je dois dire que c’était facile. Un petit cadeau de Noël. (La fabrique d’énigmes fait ce qu’elle peut avec ce qu’elle a, n’est-ce pas!). Mais encore fallait-il se lever tôt et rédiger le proposition. Donc bravo à Christophe, mais aussi à tous les autres, sans qui, l’entreprise serait en faillite. Rien d’étonnant par les temps qui courent…

Hans Christian Andersen sait de quoi il parle lorsqu’il décrit la pauvreté dans « La petite fille aux allumettes » . Il a lui-même été un enfant pauvre, mais, plus encore, c’est sa grand-mère qui a connu des conditions de vie d’un extrême dénuement . La famille était originaire d’Odense, principale ville de « l’île du milieu », au Danemark.

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On visite encore de nos jours, la minuscule maison des Andersen. En arpentant les rues de la cité, le promeneur se surprend à chercher l’encoignure où se blottit la petite fille si démunie de son conte. Trois allumettes allumées, pour rêver à la douceur du monde

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et se rapprocher de sa propre mort, le sourire aux lèvres, histoire de retrouver une grand-mère accueillante…

Drôle de conte de Noël à donner aux enfants!

Univers désespéré au si parfait royaume du Danemark où les rêves, cependant, ne parviennent pas à trouver leur juste incarnation! Copenhague? C’était hier, n’est-ce pas, la conclusion de la conférence mondiale sur le climat?

« La Petite Fille aux allumettes a une histoire particulière.  Alors qu’Andersen est l’hôte du duc d’Augustenborg et vit dans une extrême abondance, il est prié d’écrire un conte dans une lettre où on lui envoie trois illustrations à choisir. Il prend une gravure sur bois représentant une petite fille tenant un paquet d’allumettes soufrées. La petite lui rappelle, par contraste avec la vie princière qu’il mène maintenant, la misérable vie de sa grand-mère enfant, qu’on avait envoyée mendier et qui avait passé toute une journée sous un pont sans manger. Il avait déjà traité ce sujet dans Le Sanglier de bronze, mais il le reprend en plus austère. Son biographe précise que la maison même qu’il habite à Odense forme un renfoncement avec la maison voisine et qu’une petite fille s’y abrite réellement« 

(extrait de l’article de Wikipedia.)

Photo de la volaille rôtie empruntée ici

L’énigme du samedi: C’était hier, bien sûr, et pas chez nous…

Allez, une petite évocation facile

pour ce week end précédant Noel…

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C’était hier, bien sûr.

Et pas chez nous!

Il existait alors des pauvres si pauvres

qu’ils pouvaient mourir de froid

dans la rue.

Mais bien sûr, c’était hier,

Et pas chez nous!

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Quel curieux conte pour nos bambins!

Une telle douceur dans l’écriture

nous hypnotise

comme pour faire oublier

à la lueur d’une flamme trop brève

l’épouvantable réalité.

Tout le monde a trouvé,

évidemment,

et le titre du conte

dont il est question

et le nom de son auteur?

Image empruntée ici

La solution: « L’homme qui m’aimait tout bas », d’Eric Fottorino

Cet homme qui, au seuil de la vieillesse, se suicide en mars 2008, d’une balle dans la bouche, sur un parking de la Rochelle, est le père d’Eric Fottorino .

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Il se s’agit pas de son père biologique, mais de son père d’adoption: celui qui accompagne son enfance et lui donne son nom. Celui qui rassure et permet la construction de son identité. Peu de mots échangés, pourtant. Une présence. Des mains. Une chaleur. Des parcours à bicyclette.

Ainsi qu’il le formule dans le titre de son ouvrage , en affirmant tout haut cette filiation revendiquée, Eric Fottorino rend un hommage posthume à cet homme qui parlait peu et l’aimait profondément.

On peut regretter qu’après les papiers d’estime rédigés à la sortie du livre, on n’en parle davantage encore aujourd’hui.  Car la singularité de cette histoire , sa mise à distance, grâce à laquelle l’anecdotique ne prend jamais le pas sur un ressenti traduit avec pudeur, touche à l’universel.

La filiation peut-elle être ainsi librement choisie? Quel père offre à chacun d’entre nous sa main vigilante pour cheminer jusqu’à la conscience d’une identité assumée? Quels regrets éprouvons-nous à n’avoir pas su prévoir, prédire, prévenir, l’incommensurable vide de l’après départ?

Un grand livre, que ce livre léger en pages et en mots:

« Mon père était un homme anonyme, il n’aimait pas se mettre en avant. Sans ce livre, sa vie serait passée inaperçue ; je ne le voulais pas, j’ai eu besoin de raconter son histoire, notre histoire.

C’était un kinésithérapeute de campagne, un homme ordinaire pourrait-on dire. Mais pour moi, il a été extraordinaire, d’abord parce qu’il m’a adopté. Il était tombé amoureux de ma mère, et juste avant leur mariage, il est venu un soir dans ma chambre. Il m’a dit que si je le voulais bien, il allait m’adopter, que je pourrai l’appeler papa. J’avais 9 ans. Pour moi qui ne connaissais pas mon père naturel, ça a été une deuxième naissance. »

L’énigme du samedi: de la liberté de choisir qui fonde notre identité

Bien loin de l’héritage génétique,

de l’appartenance à un territoire,

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du legs de biens matériel,

ces mots-là

disent tout

de la liberté de choisir

qui nous fonde,

nous aime

et enracine nos vies

sans recours à l’identité imposée

par la loi.

Quel ouvrage est évoqué dans ces lignes

et qui en est l’auteur?

Carte d’identité de la Tour Effel, empruntée sur son site

La solution: Saint Nicolas, patron des écoliers….

Bien sûr, un certain Nicolas, dont c’était la fête aujourd’hui, a remporté la victoire. Mais il faut dire que Dom.A n’était pas loin de la solution avec le « Père Fouettard » qui accompagne toujours le Grand Saint Nicolas. Son double en quelque sorte. Dr jackyll et Mr Hyde? Tandis que l’un distribue des friandises, l’autre brandit son fouet. Histoire de corriger les enfants pas sages. Gare! Aujourd’hui, le Père Fouettard irait droit en prison!

Saint Nicolas,

patron des écoliers,

apporte-moi quèq’chose

dans mon petit soulier...

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Cette première comptine, très politiquement correcte pour les bambins éloignés des noirceurs de ce monde, ne fait pas référence à l’horrible histoire rapportée par la  complainte que nous avons tous entendue ou chantée: Ils étaient trois petits enfants qui s’en allaient glaner aux champs…

Hélas, à la nuit tombée, les voici frappant à la porte d’un boucher qui acceptant de les héberger, les plongera dans son saloir! Hum! La chair fraîche à proposer aux clients!

Heureusement, le grand Saint-Nicolas vient à passer et frappe à son tour (sept ans plus tard!) à la porte du boucher:

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« Entrez, entrez, Saint Nicolas !
De la place, il n’en manque pas. »
Il n’était pas sitôt entré,
Qu’il a demandé à souper.

« Voul’ous un morceau de jambon ? »
– « Je n’en veux pas, il n’est pas bon. »
– « Voulez-vous un morceau de veau ? »
– « Je n’en veux pas, il n’est pas beau.

« De ce salé je veux avoir,
Qu’y a sept ans qu’est dans le saloir. »
Quand le boucher entendit ça,
Hors de sa porte il s’enfuya.

« Boucher, boucher, ne t’enfuis pas !
Repens-toi, Dieu te pardonn’ra. »
Saint Nicolas posa trois doigts
Dessus le bord de ce saloir.

Le premier dit : « J’ai bien dormi ! »
Le second dit : « Et moi aussi ! »
A ajouté le plus petit :
« Je croyais être en paradis ! »

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Saint Nicolas et les trois petits enfants
(illustration extraite de la Légende dorée
de Jacques de Voragine)

Les exégèses de la légende n’ont pas fini de nous livrer le mystère de la transmission des faits et gestes de ce personnage toujours bien vivant dans les esprits. Très fêté en Lorraine (où il provoque encore des polémiques), il a inspiré la silhouette de notre Père Noël contemporain dont l’origine est moins secrète.

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note réalisée en puisant dans l’article très documenté de « La France pittoresque « 

La solution: « Les Chaises » de Ionesco

Quelle intuition, Jeandler ! (Vite courez faire un tour dans les allées de son jardin…). Car c’était bien cela, la solution à l’évocation de ce week end: Ionesco (1909- 1994), avec sa célèbre pièce: Les chaises.

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Mais laissons-lui la plume pour la décrire:

« Le thème de la pièce, c’est l’irréalité du monde. C’est une pièce sur l’absence. Il n’y a personne autour de nous, personne dans le monde, dans un monde évanescent qui disparaît, qui doit disparaître. Où est passé le passé ? Plus rien n’est et, ce qui revient au même, plus rien ne sera. Les deux vieillards qui sont là sont presque inexistants eux-mêmes. Ils ne sont là que pour manier des chaises, des dizaines de chaises, et pas pour exprimer le vide ontologique, qui est le vrai sujet de la pièce. »

On a coutume de dire que Ionesco a inventé pour le théâtre un mécanisme de prolifération (ici l’accumulation des chaises vides représentant les invités fantômes) qui traduit l’angoisse d’un néant rempli d’éléments vains. On aurait pu évoquer également aujourd’hui son étrange « jeux de massacre » , pièce créée en 1970 au Théâtre Montparnasse, qui a pour thème une épidémie, une peste qui ravage la Ville.

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Cela vous rappelle-t-il quelque chose?

« Des sketches rapides montrent les réactions des paysans, des riches bourgeois, des intellectuels, des médecins, des pauvres… La politique s’en mêle, car les gens des partis veulent exploiter la peste à leur profit. Finalement, le feu dévore la ville entière et rétablit l’ordre. »

Photo empruntée au site de THEATRE-CONTEMPORAIN.net