Pierrottet, le jeune peintre jurassien des « Trois saisons du monde » fait un tabac.

Il rajeunit de jour en jour, lui qui né en 1925, est déjà si juvénile et rit à la barbe de ses quatre-vingt-trois printemps !(cf le collage ci-dessous: autoportrait).

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Il a commencé à peindre à la fin des années trente, lorsqu’il était adolescent au lycée Rouget de Lisle à Lons le Saunier. Encouragé par son professeur, Monsieur Mazeau, lui-même peintre de talent. Depuis, il n’a jamais arrêté. De la gouache au collage, de l’huile à l’acrylique, du trait figuratif à l’abstrait, il peint avec gourmandise au fil des saisons, travaille un certain temps avec Josette Coras, avec qui il approfondit la rigueur du dessin. Ses autres amis sont les peintres Leygonie et Besson qui l’encourageront dans ses démarches novatrices.

Au fil de ses voyages, il expose à Palma de Mayorque, à Athènes, aux Canaries (Arécife), en Crête (Agios Nicolaus) et fonde en 1984 « Les artistes graphiques jurassiens », association qu’il préside pendant plusieurs années.

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Cette saison d ‘été 2008 est la sienne. Sur les murs de la belle salle située au-dessus du caveau des vignerons de Château-Chalon, son oeuvre est à présent celle d’un artiste reconnu que l’accueil du public confirme chaque jour.

Les trois saisons du monde de Château-Chalon

Jura en couleurs,

Trois saisons du monde

Quelques mots sur l’exposition

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Jura en couleurs,

c’est d’abord un témoignage : celui de l’apprivoisement des saisons au coeur d’un Jura tout en couleurs et riche aussi de son ouverture au monde :

Car trois saisons humaines séparent le peintre Bernard Braillard, né en 1925, de Guy Serrière (passionné de photographies) en 1947 et de la céramiste; Carole Minary, en 1981. Mais ces saisons les séparent-elles vraiment ? Au contraire, les voici animés d’une même passion : capter les sources vives du Jura, sa terre, ses lumières, l’écorce de ses arbres, ses variations musicales sous la partition du vent, mais aussi ses rêves d’ailleurs et l’écho de son mystère

Jura en couleurs,

c’est aussi et surtout une histoire d’amitié : une rencontre insolite, un vrai coup de foudre au-delà des âges et des parcours individuels donc, entre le peintre lédonien Pierrottet, alias Bernard Braillard, mentor du projet, la jeune céramiste talentueuse vivant près du lac de Bonlieu, Carole Minary, et cet amoureux de la nature jurassienne, originaire de Saint-Amour, qu’est Guy Serrière.

Jura en couleurs,

c’est enfin la recherche d’un chemin. Celui menant à ce haut lieu qu’est le village de Château-Chalon , juché depuis l’aube des temps au sommet de cette colline inspirée s’il en est, où l’or des ceps accrochés à ses pentes est au moins le rival d’un soleil en gloire. Glorieux cépages recélant le trésor d’un vin unique , rare et doré ! Autres rencontres, sans lesquelles rien n’aurait pu exister. Sans l’invitation de Françoise Paimbeuf et Marie-Claude Peugeot, (la magnifique traductrice de « l’Eloge des femmes mûres« , en effet, sans cette autre histoire d’amitiés, née, celle-ci, autour de la musique , l’exposition d’aujourd’hui n’aurait pu avoir lieu dans ce cadre magique.

A suivre…

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lettres africaines(7): La galerie branchée où s’invente l’Indigola

Bien sûr, la galerie où Somkeita Ouédraogo expose, n’a rien d’une galerie branchée! Un bel espace cependant rendu possible par le village artisanal où artistes et artisans de Ouagadougou peuvent révéler leurs oeuvres.

Autour de lui, les couleurs dont il est fier. En alliant la tradition de la teinture à l’indigo naturel avec celle du bogolan , dont nous avons parlé dans un billet précédent, il crée ce curieux métissage de teintes ocres et bleues qu’il appelle… « l’Indigola ».

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Somkeita a d’abord appris l’art de la teinture. A Bobo-Dioulasso. Toute l’Afrique raffole de ces étoffes teintes à la main selon des procédés ancestraux qui utilisent les plantes. Il y a deux ou trois ans, en Guinée, j’avais suivi deux peintres, Issiaga Bah et Ibrahima Bary jusqu’au coeur du massif du Fouta-Djallon (dont ils étaient originaires) pour raconter avec eux le secret de l’indigo ayant influencé leurs palettes d’artistes. J’ai d’ailleurs décrit ce voyage dans « Indigo, ou l’histoire extraordinaire de deux peintres du Fouta-Djallon », resté pour l’instant à l’état de manuscrit.

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Mais revenons à Somkeita Ouédraogo. Autodidacte cherchant à aller toujours plus loin dans sa recherche sur le métissage des couleurs, le voici à présent, à la découverte des signes . De l’Egypte au Pays Dogon, l’Afrique traduit ses rites et croyances en symboles graphiques que la stylisation conduit souvent jusqu’à l’abstraction. Somkeita les décèle un à un, dans les ouvrages qu’on lui offre parfois. Tant de passion créatrice interpelle! Mais il les traque aussi sur les étoffes, les murs. Partout. Ici ou lors de voyages. Il a d’ailleurs exposé en France et au Luxembourg. Alors il les fait se rencontrer, tous ces signes. Il les mêle et invente l’écriture métissée des cultures africaines!

Tout est dans le grand cahier qu’il tient sous son bras. Une aventure à suivre!

Peinture d’Issiaga Bah, peintre guinéen: « Les tresseuses bleues du Fouta Djallon ».

Lettres africaines (5): Le musée de la musique à Ouagadougou

Le village où il n’y a pas de musicien n’est pas un endroit où l’homme puisse rester.

(Proverbe burkinabè)

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Pour n’avoir qu’une seule corde en crin de cheval, le violon exposé au musée de la musique à Ouagadougou, n’en possède pas moins d’âme que le plus illustre des stradivarius exhibé avec fierté au musée de Crémone (Italie) où son inventeur l’a créé.

Au commencement, tout au commencement, il faut savoir que les instruments de musique africains sont sacrés. Musique rituelle que seuls les initiés peuvent jouer lors de cérémonies très codifiées, mariage, funérailles, baptème, sortie des chefs, rituels médicinaux, etc…

Ainsi, pour être montré aux visiteurs, comme d’ailleurs tous les autres instruments qui l’entourent, le balafon rencontré dans l’une des niches rondes de ce musée incroyable de Ouagadougou a dû être …désacralisé.

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Le musée de la musique, construit en brique locale crépie d’ocre à l’extérieur, de blanc à l’intérieur comme le montre la première photo, ressemblerait presque à une église orthodoxe avec ses alvéoles ouvrant sur l’espace central circulaire. Tout un dédale de niches abritant le trésor musical du pays, comme si le chemin pour le découvrir, devait ne pas être rectiligne, mais bien, sinueux, complexe, comme un sentier initiatique dans la chaleur d’un lieu non climatisé. Sur le modèle des espaces de vie de la majorité de la population du Burkina.

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Le musée existe depuis 1999 et sa réputation est grande dans toute l’Afrique de l’Ouest. Il a permis de recenser tous les intruments de son partimoine. Un travail énorme quand on sait qu’il existe 60 ethnies au Burkina qui toutes ont créé leur relation propre à la musique: flûtes et luths des populations pastorales tout au nord du pays, grands tambours du plateau mossi, flûtes, sifflets et cornes au centre du pays, balafons du sud…

Autour de Jean-Paul Koudougou, son jeune conservateur très compétent,

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l’équipe actuelle (animateurs, musiciens), est dynamique, motivée, accueillante. Ils m’ont tout naturellement conviée et acceptée parmi eux afin de susciter l’expression orale et écrite d’enfants et adolescents à partir des instruments qu’ils découvrent, en tant que petits citadins. Un vrai bonheur de les avoir vus vivre le rythme des djembés, des les avoir conduits à l’invention de contes, de danser avec eux dans la chaleur et la poussière…Réconfortante Afrique! Loin des clichés négatifs. Car cette Afrique-là existe. Je vous l’assure. Et je l’ai rencontrée.

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