L’énigme du samedi: Une pièce de théâtre reflétant l’obscurantisme d’une époque

C’était il y a longtemps.

Bien sûr, on ne traque plus

les êtres humains de la sorte.

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Bien sûr les lois sont devenues équitables

et les droits de l’homme unanimement respectés.

Cette pièce, allégorie d’un pouvoir inquisiteur

et de l’hystérie collective

ne reflète donc que l’obscurantisme

d’une époque.

Quelle est cette pièce

et qui l’a écrite?

Photo: illustration d’une dépêche de l’AFP du 13 novembre 2008

La solution: Atiq Rahimi dans « Syngué sabour, La pierre de patience »

Pierre Assouline a repéré l’auteur et le livre en août . Jeandler vient de le deviner à travers l’énigme de ce samedi.

Il s’appelle Atiq Rahimi. Son livre « La pierre de patience » est édité chez P.O.L.

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Né en 1962 en Afghanistan, il a fréquenté le lycée franco-afghan de Kaboul. Ce n’est pas  un inconnu puisque le film qu’il a réalisé à partir de son livre « Terre et cendres » en 2004 a été remarqué au festival de Cannes et a déjà révélé au public son talent et son nom.

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Bien sûr, à cette heure, j’ignore si le Goncourt lui décernera son prix 2008, mais comme le dit Pierre Assouline, le jury s’honorerait à le lui décerner.

Portrait d’Atiq Rahimi emprunté à ce site.

L’écrivain explique qu’une « Syngué sabour  » est une pierre noire qu’on trouve dans les montagnes d’Afghanistan. Cette pierre a la propriété de recevoir les douleurs et les plaintes de qui lui parle, jusqu’à ce qu’elle éclate, libérant ainsi celui qui souffre.

Dans son livre, on entend une voix de femme…Il faut lire. Ecouter le silence initial et les mots qui viendront. Peu à peu. Phrase minimale. Mais richesse de l’évocation. Le lieu. Tous les lieux où s’exprime la souffrance. La guerre autour de la maison. Densité, beauté de la langue française, sans fioritures ni sécheresse. Avant ce livre, Atiq Rahimi écrivait en persan!

Découvrir cet écrivain. Prix Goncourt ou pas. Cela n’a pas d’importance.

l’énigme du samedi: contes et prémonitions du lundi

Un fois n’est pas coutume,

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l’évocation littéraire d’aujourd’hui

s’en va explorer le futur

et ouvrir les paris

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concernant celui

qui sera couronné lundi.

C’est ma délicieuse voisine, Brigitte Pecqueur ,

qui me l’a fait connaître il y a quinze jours

et je suis encore sous le charme de cette écriture épurée, poétique et violente.

La République des lettres de son côté,

l’ayant remarqué depuis le mois d’août,

le verrait bien élu.

De quoi conforter mon pressentiment immédiat.

Qui est-ce donc?

L’avez-vous déjà lu?

illustration 1, pour mieux vous égarer et nous rappeler une accession au pouvoir s’étant déroulée cette semaine! Empruntée ainsi que le texte suivant à ce site : « Le petit royaume bouddhiste himalayen du Bhoutan a couronné jeudi un souverain de 28 ans, diplômé d’Oxford, qui monte sur le trône d’une jeune monarchie parlementaire soucieuse de se développer tout en préservant ses traditions. » Emprunté à

illustration II, deux frères célèbres dont la photo est empruntée au blog littéraire de Thomas Frédéric.

La solution: Le texte du Serment d’Hippocrate

Comme toujours ou presque toujours, l’énigme-évocation du samedi a été trouvée, malgré les saintes fausses pistes suggérées à dessein…Bravo Dom.A!

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Et un clin d’oeil à Dominique Hasselmann qui, par hasard, cite le personnage évoqué dans son billet du jour!

Bien évidemment , le jeu autour du verbe prêter amène à l’expression « prêter serment ». Rechercher la formule sur Google fait surgir en tête de liste  la solution de l’énigme.

Donc, il s’agissait bien du fameux serment d‘Hippocrate , texte fondateur s’il en est.

Tout d’abord, Hippocrate, qui était-ce? Pas n’importe qui, en tous cas. Pour ne pas être sorti directement de la cuisse de Jupiter, il n’en descend pas moins, par son père, de l’illustre Apollon. Et par sa mère, dit-on, du non moins célèbre Hercule qui pour être dieu des arts, détient également le portefeuille de la santé et de la guérison…

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Apollon et sa soeur Artémis

Selon l’une des versions en cours, Apollon, un jour, tomba amoureux d’une sublime mortelle appelée Coronis. Sublime, mais volage…(« n’épouse jamais une trop jolie fille »…qui donc nous a chanté cela à l’envi?). Coronis, éprise d’un autre, disparaît. Apollon, fou d’inquiétude, mais encore ignorant de la triste réalité des choses, envoie à sa recherche, une corneille blanche.

Las! La corneille découvre la légéreté de Coronis et s’en revient prévenir Apollon dont la colère est si grande, si impressionnante, que la pauvre corneille en a le sang tout retourné et devient..noire!

Vous savez à présent  et par la même occasion, pourquoi les corneilles (pour tout dire, nos corbeaux), ont le plumage si sombre!

Mais revenons à la généalogie d’Hippocrate. Devant le chagrin et la colère d’Apollon, sa soeur (qui n’est autre qu’Artémis, la déesse de la chasse), décide le venger et décoche une flèche mortelle à Coronis. Mourante, cette dernière avoue au bel Apollon qu’elle porte son enfant. Apollon recueille ce fils qu’il nomme Asclépios ou Esculape. Décrit dans l’Iliade, comme « médecin irréprochable[1] », on le voit souvent représenté tenant un bâton sour lequel s’enroule un serpent.caducee.1225543567.png Ses deux filles: Hygie et Panacée veilleront respectivement à notre future hygiène et aux soins efficaces, comme leurs noms l’indiquaient dès leur naissance.

Descendant de cette lignée agitée et préoccupée de santé publique, Hippocrate (460-356 av. J.C) est considéré comme le fondateur de la déontologie médicale et ce, jusqu’à nos jours, puisque les étudiants en médecine du monde entier le reconnaissent encore comme leur guide et  prêtent toujours le serment de se conduire à travers leur art, selon les règles qu’il a formulées.

Serment d’Hippocrate:

« Je jure par Appolon, médecin, par Esculape, par Hygie et Panacée, par tous les dieux et toutes les déesses les prenant à témoin que je remplirai, suivant mes forces et ma capacité, le serment et l’engagement suivants : je mettrai mon maître de médecine au même rang que les auteurs de mes jours, je partagerai avec lui mon avoir et, le cas échéant, je pourvoirai à ses besoins. Je tiendrai ses enfants pour des frères et, s’ils désirent apprendre la médecine, je la leur enseignerai sans salaire ni engagement. Je ferai part des préceptes, des leçons orales et du reste de l’enseignement à mes fils, à ceux de mon maître, et aux disciples liés par un engagement et un serment suivant la loi médicale, mais à nul autre. Je dirigerai le régime des malades à leur avantage, suivant mes forces et mon jugement, et je les écarterai de tout mal et de toute injustice. Je ne remettrai à personne du poison, si on m’en demande, ni ne prendrai l’initiative d’une pareille suggestion. Semblablement, je ne remettrai à aucune femme un pessaire abortif (condamnation de l’avortement). Je passerai ma vie et j’exercerai mon art dans l’innocence et la pureté. Je ne pratiquerai pas l’opération de la taille, je la laisserai aux gens qui s’en occupent (L’interprétation de cette partie du texte est délicate, peut être Hippocrate voulait-il refuser la castration) . Dans quelque maison que j’entre, j’ y entrerai pour l’utilité des malades, me préservant de tout méfait volontaire et corrupteur et surtout de la séduction des femmes et des garçons, libres ou esclaves. Quoi que je voie ou entende dans la société pendant l’exercice ou en dehors de l’exercice de ma profession je tairai ce qui n’a jamais besoin d’être divulgué, regardant la discrétion comme un devoir en pareil cas. Si je remplis ce serment sans l’enfreindre, qu’il me soit donné de jouir heureusement de la vie et de ma profession, honoré à jamais parmi les hommes, si je le viole et que je me parjure, puissé-je avoir un sort contraire! »

La solution: Philip Roth dans « Portnoy et son complexe »

Josyane Savigneau en duo de complicité avec jean d’Ormesson, sur un plateau de télévision, reprenait l’opinion de Toni Morrison affirmant « Cela fait longtemps qu’il (Philip Roth) aurait dû avoir le prix. »(Nobel). De quoi accentuer le complexe d’un écrivain qui le décrit si bien!

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L’article du Nouvel Obs du 22/10/08 interroge donc celle qui fut le dernier écrivain américain à recevoir le Nobel de Littérature (1993) et qui réagit aux propos sévères tenus par Horace Hendghal, secrétaire perpétuel de l’Académie suédoise: les auteurs américains sont trop «isolés» et «ignorants» pour rivaliser avec la littérature européenne!

Ambitions déçues de part et d’autre de l’Atlantique! Qu’importe! On espère que l’auteur de « Portnoy et son complexe », subtil observateur de la société qui le détermine, humoriste accompli conduisant son lecteur à la vision distanciée que lui-même sait opérer, s’amuse de cette guerre des susceptibilités froissées…

Pour en revenir à l’énigme, n’est-ce pas, il s’agissait bien sûr, de se moquer des mines défaites et des jugements condescendants! Car bien sûr, Le Clézio n’a pas pris la place d’un Philip Roth. Ce n’est d’ailleurs pas ce que dit Toni Morrison dont on déforme les propos. Et avec elle, gageons qu’un jour, ce dernier obtiendra cette suprême et lucrative distinction.

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En tout cas, « dans ses fictions, Roth s’est incarné en divers personnages, dont le plus marquant et le plus récurrent est Nathan Zuckerman, son alter ego, son double — comme lui écrivain juif américain, comme lui né dans la petite ville de Newark, New Jersey, comme lui New-Yorkais d’adoption et englué dans des relations de couple à jamais conflictuelles. Salué par la critique, des deux côtés de l’Atlantique, comme l’un des grands romanciers contemporains, Philip Roth a dû attendre, en France, la publication de Pastorale américaine, en 1999, et surtout de La Tache (2002, plus de 300 000 exemplaires vendus) pour accéder à un large public »..

(extrait de l’article de Télérama référencé dans le premier paragraphe).

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Dans son ouvrage « Le sein », par exemple, Roth, singeant Kafka dans « La Métamorphose » où Grégor Samsa se voyait transformé en énorme scarabée, raconte la transformation d’un professeur de littérature en un sein gigantesque. Une réelle gageure à travers laquelle l’auteur conduit son récit de la fantasmagorie au comique déjanté: « une plongée fascinante dans l’univers d’une sexualité hermaphrodite refoulée, une parodie autant qu’une étude de la psychanalyse, ainsi qu’un clin d’œil aux thèmes chers à Philip Roth comme le poids de l’hérédité juive américaine. »

La photo de Philip Roth est empruntée à l’article « Philip Roth, grand corps malade », d’Anthony Palou du O5/11/07. Le Figaro Magazine

L’énigme du samedi: Parlons de lui qui saurait en rire

Parlons de lui

qui aurait pu, à cette heure,

occuper le tout devant de la scène.

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Mais ce n’est que prétexte

à discrédit d’un autre.

Moi, je suis sure

qu’il en rit.

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Comme il rit et nous a fait rire (entre autres),

à la lisière de la fiction et de l’autobiographie

de la société dont il est issu.

Quel est donc l’écrivain évoqué

et l’ouvrage qui a révélé son talent et son humour?

Illustration: tableau de Paul Cézane