L’énigme du samedi: quand l’histoire d’une famille porte l’histoire d’un peuple

Son témoignage apporte une perspective sensible

aux événements qui se déroulent sous nos yeux.

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Dans l’ouvrage évoqué aujourd’hui,

il raconte la maison familiale,

l’exode des siens, 

de si vaines négociations… 

De quel écrivain s’agit-il?

Quel est l’ouvrage en question?

Tableau: L’exode , à acheter ici .

La solution: Elie Wiesel, dans « La nuit »

Alain Lecomte a évoqué immédiatement la solution. Bravo.

Écrivain francophone de nationalité américaine, Elie Wiesel, prix Nobel de la paix,  a incarné pendant des décennies la lutte contre l’intolérance et l’engagement pour la paix. Malheureusement, la caution qu’il a apporté a Colin Powell,

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justifiant ses certitudes sur les armes de destruction massive en Irak, ont certainement amoindri la portée de sa voix à travers le monde. Né en 1928 en Transylvanie, Elie Wiesel était adolescent lorsqu’en 1944 il fut déporté avec sa famille à Auschwitz puis à Birkenau. « La Nuit » est le récit de ses souvenirs douloureux.

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Lorsqu’il obtient le prix Nobel en 1986, il fonde, avec son épouse, la « Fondation Élie Wiesel pour l’humanité » . Son objectif est alors de lutter contre l’indifférence vis à vis de la Shoah, mais aussi de combattre l’injustice où qu’elle se trouve, en organisant par exemple, des dialogues entre les jeunes de tous les pays. Mais en décembre dernier, l’actualité mettra son action en péril: la fondation  a en effet perdu la quasi-totalité de ses fonds propres (équivalant à 15,2 millions de dollars) dans l’escroquerie montée par Bernard Madoff!!!

En octobre 2006, le Premier ministre israélien Ehud Olmert a proposé à Elie Wiesel  le poste de Président de l’État d’Israel. Il a, comme on sait, décliné cette offre en expliquant qu’il n’était « qu’un écrivain »…

L’énigme du samedi: Cet écrivain de la paix impossible…

Personnalité emblématique, parfois contestée,
non épargnée par une récente débacle financière
il se définit d’abord comme écrivain,

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refusant ainsi la fonction suprême

qui lui était offerte.

Son premier livre, marqué par l’obscurité le conduira à la célébrité et à la lutte permanente en faveur d’une paix impossible…

Bien sûr, vous avez identifié cet écrivain célèbre

et le titre de son premier ouvrage?

Tableau de  Vasily Vereshagrin (1871)

La solution: Somerset Maugham dans « Le sortilège malais »

« Alain Fournier » a trouvé immédiatement l’écrivain évoqué aujourd’hui! Pas vraiment le titre de l’ouvrage, mais l’approche était là!

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Dans la lignée des agents secrets britanniques dont John Le Carre ( récompensé en 1964 par le prix S Maugham pour son fameux « Espion qui venait du froid »),  représente le stéréotype litteraire contemporain, Somerset Maugham, a en son temps créé le genre. Mais pas seulement. Ses croquis et mises en scène  de la vie coloniale sous l’Empire britannique constituent un vrai florilège coloré. « Le sortilège malais » est l’un de ces recueils de nouvelles, véritable bijou d’écriture.

Cet écrivain, dont la vie est aussi un roman, est trop souvent  considéré (vraiment à tort!), comme un auteur mineur, un auteur ‘pour dames‘, disait-on ( peut-être en raison de l’intrigue sentimentale qui  sert toujours de support à la description d’une époque et d’un milieu donnés). Mais il faut lire et relire ses observations sur l’atmosphère entourant les rituels coloniaux, en Malaisie et à Singapour, dans l’ouvrage évoqué aujourd’hui.

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Au-delà des clichés exotiques (pesanteur de l’air chaud et humide, exhubérance de la végétation…), le ballet des échanges sociaux entre expatriés figés dans le maintien de leurs habitudes sacralisées, l’innénarable cynisme des pratiques condescendantes, la ronde des portraits hauts en couleur  méritent le détour d’une vraie lecture.

Photo de la maison  empruntée sur ce site racontant Singapour.

L’énigme du samedi: sur les pas de celui qui raconte l’envoûtement d’un monde…

John le Carré lui doit une partie de sa notoriété.

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Pour être révolu, le monde qu’il a dépeint dans ce recueil,

n’en garde pas moins, aujourd’hui,

sa capacité d’envoûtement

et quelques souvenirs de l’arrogance des maîtres de l’époque.

Quel est l’ecrivain évoqué?

De quel recueil s’agit-il?

La solution: Joseph Conrad dans Lord Jim

Plutôt fière d’avoir semé les plus fins limiers des évocations littéraires du samedi!

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Mais bon sang! Mais c’est bien sûr!… direz-vous en pianotant « littérature unique moyen d’existence » et voyant apparaître Joseph Conrad dès la première page de Google: Joseph Conrad et son Lord Jim dont vous saurez tout de ce qui l’inspira à Singapour et transposa en Malaisie, grâce au merveilleux blog  de Pierre Escaillas « Carnets de la licorne« , que je viens de vous indiquer sous le titre de l’ouvrage.

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Joseph Conrad (1857-1924). En voilà un personnage!

Il est né à Berditchev en Russie (aujourd’hui en Ukraine) au sein d’une famille de la noblesse polonaise. Son père Apollo Korzeniowski, engagé dans la résistance polonaise, est arrêté en octobre 1861 et envoyé en exil d’abord dans des conditions difficiles au nord de la Russie, puis dans le nord-est de l’Ukraine à partir de 1863. Sa famille le suit, et la mère de Conrad meurt de tuberculose en avril 1865. Gravement malade lui même, Apollo Korzeniowski peut rentrer d’exil en 1868. Mais il meurt à son tour en mai 1869 à Cracovie, ville alors autrichienne, laissant Conrad orphelin à l’âge de onze ans.

Celui-ci est alors confié à son oncle maternel, Thaddeus Bobrowski, habitant de Cracovie , et à qui il restera très attaché, entretenant avec lui une correspondance suivie jusqu’à la mort de ce dernier en 1894.  Attiré par la carrière maritime, Conrad part en 1874 pour… Marseille, où il s’embarque comme mousse sur un voilier. Il fait ainsi pendant près de quatre ans son apprentissage de marin en France pour entrer ensuite dans la marine marchande… britannique, pendant seize ans!  Il obtient son brevet de capitaine au long cours en  1886 et prend la même année la nationalité britannique, sous le nom de Joseph Conrad.

Conrad parlait ainsi avec une égale facilité le polonais, l’allemand, le français et l’anglais, mais il décida d’écrire dans la langue de sa nouvelle patrie.

(d’après Wikipedia).

Ce noble sans château est aussi un chevalier des mers désenchanté. Parce que la fortune ne sourit pas à ce qu’il avait perssenti comme une vocation, il se tourne vers la littérature et avoue sans honte  écrire pour l’argent. Ses personnages souvent faibles, désabusés, en quête de leur identité et du sens à donner à leur existence ont parfois permis de voir en Conrad un précurseur de l’existentialisme.

Mais c’est surtout en tant qu’auteur de grands romans d’aventures, à la manière de Stevenson , qu’il s’impose dans la mémoire du grand public.

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« Parce qu’un jour il a été lâche, abandonnant au naufrage un navire et sa cargaison de pèlerins, Jim erre de port en port, cachant sa honte. Il échoue en Malaisie, à Patusan, où la venue du trafiquant Brown lui donne une occasion de se conduire en héros. Cette fois il n’hésite pas, et c’est tragiquement que s’achève l’histoire de Lord Jim, un des plus beaux romans qu’ait jamais inspiré la fraternité humaine. « 

(texte de la quatrième de couverture)

Photo de Conrad empruntée  ici

Photo du bateau traditionnel dans le port de Singapour, sur ce site .