La solution: Henri Fauconnier dans « Malaisie »

Dom.A, encore tout secoué par l’étrange épisode qu’il relate dans son dernier billet, a trouvé l’énigme bien facile et a donné la solution du premier coup. Mais  Marilène, Dominique Hasselmann et Claudialucia on abondé dans son sens sans hésiter. Jeandler et Nathalie ont gagné un lot de fidelité!

Henri Fauconnier est un écrivain français (1879-1973), connu principalement pour son roman Malaisie, qui lui valut le Prix Goncourt 1930. Introuvable. Mais apparemment réédité chez Fayard et donc…trouvable sur Price Minister

malaisie.1234586405.jpg

Avant d’etre écrivain, Henri Fauconnier est un personnage haut en couleurs. Un aventurier tel qu’on les rencontrait au début du XX siecle. 10 Mars 1905. Après une escale d’un mois à Singapour, il parvient à faire un stage à ses frais chez un planteur de Klang (près de Kuala-Lumpur) pour y apprendre le métier et les deux langues indispensables en Malaisie, le malais et le tamil. Il obtiendra une concession de 600 hectares et s’installera à Rantau Panjang au début de 1906 où il fait construire sa première « Maison des Palmes ». Fauconnier aime tout, les gens, les lieux, les paysages, son énorme travail, le climat, sa vie et la vie. Et tout lui réussit. Sa mère mobilise pour lui les fonds russes destinés à « doter » ses jeunes sœurs. Grâce à ces 20.000 francs, et aux fonds que son ami Jacques met dans ses affaires, la plantation va de l’avant et il en devient le principal propriétaire. En 1908, il fonde à Bruxelles la « Plantation Fauconnier & Posth », avec l’aide financière d’un banquier belge Adrien Hallet. Il a converti tout ce qu’il avait en actions et en parts de fondateur. Des amis de Charente l’ont rejoint et l’aident à étendre ses plantations. La fortune lui arrive alors, avec le doublement du prix du caoutchouc en deux ans et le triplement de la valeur de ses actions dans la seule année 1910. Fauconnier est alors Directeur général des plantations du groupe Hallet en Extrême-Orient (Sumatra, Java, Indochine et Malaisie). En 1911, sur une idée d’Hallet, il envoie de Sumatra en Malaisie quelques sacs de graines de palmiers à huile (Elaeis Guineensis) qui seront à l’origine des immenses plantations de la Malaisie.

Le succès populaire et d’estime de Malaisie (édité chez Stock) est considérable et la presse lui est très favorable, même avant l’attribution du prix.

(d’apres wikipedia)

Il n’est pas étonnant que Paulhan, passionné de culture malgache, se soit montré enthousiaste à la lecture de « Malaisie » qui entrait avec finesse dans la découverte de la culture malaise. En effet, le rapprochement entre ces deux peuples avait été effectué dès le début du 17e siècle par les navigateurs qui circulaient en caravelles et croisaient des bateaux “malais” de plus grande envergure. Ils avaient constaté que les Malgaches parlaient une langue voisine de celle des Malais. Pierre Vérin dans son livre référence « Madagascar’ argumente cette filiation.

Très émouvant en tout cas de découvrir dans les gestes quotidiens malais, les mêmes attitudes qu’à Madagascar. Comme celui de traverser un groupe, en se penchant, le bras plié en avant. Ou encore de retrouver le souvenir des silhouettes aux toits pointus des maisons de pêcheurs, ou enfin la forme des chars à boeufs…

verin.1234586254.jpg

L’ énigme du samedi: Le prix Goncourt mène-t-il à l’oubli?

Si vous possédez le livre évoqué aujourd’hui,

s’il vous plait, prêtez le moi!

Introuvable, oublié. Pourtant loué,

détenteur du Goncourt, apprécié

kampung.1234497564.jpg

par Jean Paulhan lui-même.

Et pour cause!

Le thème plongeait dans une des lointaines

origines de Madagascar

Plus complexe que d’habitude,

la solution de cette énigme

sera vite débusquée.

j’en suis certaine

Quel est donc le lauréat de de Goncourt oublié?

Et quel est l’ouvrage en question?

La solution: Alessandro Barrico dans « Soie »

Dom.A est le vainqueur d’aujourd’hui et sans la moindre hésitation.

Mais Nathalie H (le tout nouveau blog qui monte, qui monte, en nous parlant du livre), Claudialucia (dont la préoccupation littéraire du jour rejoint l’aire géographique de notre propre thème), Kiki de chez Posuto deux ( un transfert que vous avez déjà probablement suivi sans attendre), ont approuvé immédiatement.

Totem , pour une fois, est passé à coté et Jeandler est arrivé trop tard. Sans compter Elisabeth, prête de bonne heure, depuis la Nouvelle Zélande, mais n’ayant pas la moindre idée aujourd’hui…Merci à tous pour cette visite du samedi, visiteurs réguliers ou occasionnels de ce blog. Et pardonnez-moi pour la non-exhaustivité. (Je squatte honteusement l’unique ordinateur de l’hotel mis à disposition des clients et j’ai peur de provoquer une émeute..)

Depuis mes pérégrinations asiatiques, ce n’est pas toujours facile de trouver le cyber disponible (nous sommes actuellement a Malacca, en Malaisie), mais j’essaie coûte que coûte d’être au rendez-vous.

C’est bien la moindre des politesses à rendre à la fidélité de tous les amis de ce blog.

soie.1234010977.jpg

Alessandro Barrico, écrivain piémontais, n’hésite pas à partager son art. Il a créé en effet à Turin, une école consacrée à l’écriture. Mais il est aussi (et peut-être surtout) un savant musicologue. Son ouvrage sur l’art de la fugue chez Rossini, entre autres, fait en effet référence.

Mais sa passion pour la musique est transposée tout entière dans son oeuvre littéraire. Le livre qui l’a rendu mondialement célèbre est bien entendu: « Soie »

« L’histoire est simple. Un marchand fait des aller-retours au Japon pour en ramener des vers à soie. Au Japon, il rencontre une femme. C’est tout…

…Pas de vagues réminiscences à la Proust, pas de liens diffus. De la brute répétition. Et chaque voyage devient un éternel recommencement, comme une roue ovale, qui tourne, un temps rapide, un temps lent. Mais on lit ces passages « copiés-collés » avec attention, cherchant la différence. Et on la trouve, toujours la même ! Bref, lisez ce roman. Lisez-le chez Albin-Michel. L’édition est belle, la couverture elle-même donne un toucher de soie… « 

D’apres la critique de ce site

 

L’énigme du samedi: écrire s’apprend à l’école?

Cet auteur-là, notre contemporain,

croit vraiment que l’écriture s’apprend.

Il a même fondé une école pour le prouver.

raban-maur_alcuin_otgar.1233968632.jpg

Son écriture à lui est très musicale

et le livre qui l’a fait connaître mondialement

nous emmène au bout du monde,

en quête d’oeufs précieux…

Mais j’en ai déjà trop dit!

De quel auteur s’agit-il?

Et quel est ce livre?

Illustration: Raban Maur (gauche), soutenu par Alcuin (milieu), dédicace son œuvre à l’archevêque Otgar de Mayence (droite).

Alcuin (730 – 804), savant et religieux anglais, était l’un des principaux amis et conseillers de Charlemagne, et un artisan important de la renaissance carolingienne au XIX siecle. Il fut à la tête de la plus grande école de l’Empire carolingien : l’Académie palatine. Il a mené de grandes réformes et il fut un des premiers à défendre l’idée d’une identité européenne qui s’appuie sur la civilisation antique plutôt que sur les héritages barbares. L’historien Eginhard le tient pour « l’homme le plus savant de son temps ».

(source Wikipedia)

La solution: Gao Xingjiang dans la Montagne de l’âme

C’ est Claudialucia qui a deviné la solution du jour. Bravo.

montagne-2.1233459271.jpgmontagne-2.1233459271.jpg

Lorsqu’en 2000, l’académie suédoise décerne le prix Nobel à Gao Xingjiang , cet écrivain chinois naturalisé français, la non reconnaissance de la littérature chinoise à travers tout le vingtième siècle semble enfin terminée.

gao-xinjiang200.1233462555.jpg

« Son chef-d’œuvre, La Montagne de l’âme (L’Aube, 1995) est  un véritable «roman chinois» avec Immortelles et royaume des Serpents, une histoire de quête, telle une Pérégrination vers l’Ouest. C’est un classique revu par l’originalité langagière d’un moderniste: chez Gao, l’utilisation du «tu» crée une vertigineuse distanciation, de même les allers et retours dans l’espace et le temps et entre le mythe et la réalité. »

Extrait de Lire

Les Editions de l’Aube qui avaient pris le risque d’éditer cet auteur inconnu, se sont trouvées subitement propulsées au-devant de la scène littéraire.

Photo de l’écrivain emprunté à ce site en espagnol.

La solution: Elias Sanbar raconte la détresse du peuple palestinien dans « Le bien des absents »

La solution de l’énigme d’hier n’a pas éte trouvée, bien que les suggestions proposées et déposées en commentaires, eussent pu tout à fait convenir. Il s’agissait donc d’Elias Sanbar, écrivain et militant de la cause palestinienne

Cet historien de cinquante-neuf ans, qui a passé l’essentiel de sa vie à Paris, est né en 1947 à Haïfa. Haïfa, en Palestine. Car à l’époque la grande ville portuaire n’était pas encore israélienne. Elle l’est devenue un an plus tard, en 1948, à la création d’Israël. Ce qui a signifié pour la famille d’Elias Sanbar, comme pour 800 000 Palestiniens, l’expulsion et l’exode. Ce qu’ils appellent la Nakba (la catastrophe).

sebar.1232707133.gif

Elias Sanbar avait un peu plus d’un an quand sa famille a été chassée vers le Liban. Une déchirure qu’il raconte magnifiquement dans « Le bien des absents« . C’est à Beyrouth qu’il a grandi avant de faire ses études d’histoire, à partir de 1969 à Paris-VII. Ardent militant de la cause palestinienne, membre du Conseil national de l’OLP, il est aussi écrivain et traducteur du grand poète Mahmoud Darwich, son ami, mort l’été dernier, et à qui il ne cesse de rendre hommage. Il a fondé en 1981 la Revue d’études palestiniennes et participé aux négociations bilatérales entre l’OLP et Israël sur la question des réfugiés palestiniens. Une question qui lui tient à coeur, comme en témoignent son action et ses oeuvres.

F. G.-R. »

article du 18/12/2008, extrait de l’Humanité