La solution: « L’idiot  » de Dostoïevski

Claudia Lucia! Magique! Bravo! Il s’agissait bien de « L’idiot », ce personnage décalé, dérangeant pour la société qui l’entoure. Figure de Christ non crucifié, mais terrassé par l’épilepsie.

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C’est peut-être le critique littéraire allemand Erich Auerbach, ( 1892-1957), qui donne les meilleures clés à une possible compréhension de l’oeuvre.  En 1942, obligé de fuir l’Allemagne nazie, il écrit en Turquie où il est exilé, son célèbre « Mimesis, la représentation dans la litérature occidentale » . Il examine  dans cet ouvrage une large part du patrimoine littéraire mondial allant de Homère à Virginal Woolf!!!

Pour lui, « en créant des personnages qui sont à la fois des saints et des idiots, Dostoïevski s’inscrit en fait dans une tradition chrétienne qui remonte au Moyen-Âge. Erich Auerbach  fait ainsi remarquer en effet que ce mélange de divin et du grotesque était très prisé de certains ordres monastiques, notamment les franciscains. Il en fait l’un des moments clés de la fondation de l’esthétique du roman occidental, et une rupture avec la tradition antique de la séparation des styles. Et d’une certaine façon, c’est bien le christianisme (une certaine interprétation du christianisme tout au moins) qui est à l’origine de cette révolution : puisque le divin peut cohabiter avec l’humain, alors le sublime peut cohabiter avec l’humble, et le tragique avec le comique. On peut suivre cette tradition « franciscaine » tout au lond de l’histoire de la littérature occidentale : chez Trois Contes en particulier), Schwob (Les vies imaginaires), Dostoïevski bien sûr, chez Kafka (L’artiste de la faim, par exemple), John Cowper Powys, etc. »

Source trouvée ici

L’énigme du samedi: fascinant ou moqué

Quel accueil aujourd’hui

lui serait réservé?

Quel nom lui donnerions-nous?

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Par qui serait-il approché ou moqué

sur la scène publique des plateaux télévisés?

Pour faire le pitre ou refléter l’intemporelle

comédie humaine?

L’ouvrage qui le nomme

nous fascine toujours.

Evidemment, ce n’est pas Charlot.

Trop facile!

Qui est donc ce personnage

dérangeant ?

Quel écrivain l’a inserré

dans une fresque sociale inoubliable?

 

 

La solution: Voltaire et son « Traité sur la tolérance »

Le fameux Traité de Voltaire, « sur la tolérance » (1763), mériterait certainement un regain d’intérêt.

Chr. Bohren  et Jandler  ne s’y sont pas trompés une seconde!

Chacun se souvient en en effet de l‘affaire Calas où Jean Calas, protestant, était accusé d’avoir assassiné son fils parce que ce dernier s’était converti à la religion catholique. En participant à la réhabilitation de J. Calas  (qu’il pensait coupable dans un premier temps), Voltaire conduit un réquisitoire toujours d’actualité, contre tous les fanatismes et superstitions liées à la religion quelle qu’elle soit.

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En entendant l’autre jour, sur les ondes de France-Inter, des propos lénifiants sur le dialogue inter-religieux, je me suis prise à rêver d’un Voltaire revenu parmi nous  afin de bousculer le ronronnement quotidien du discours politiquement correct. L’invitée affirmait que ce qui causait problème dans notre société aujourd’hui, ce n’étaient pas les croyants (car, disait-elle, finalement, tout le monde sait qu’il s’agit du même dieu, les prophètes changent, mais l’accord peut se faire), non, ce sont les non-croyants qui posent problème avec leur recours permanent  à la laïcité, etc…

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On croit rêver, justement! Et de poursuivre sur le fait que les non-croyants avaient tendance à prendre les croyants pour des simples d’esprit, des primitifs, etc… Les pauvres, comme si les croyants avaient besoin de la caution intellectuelle des croyants pour croire! Non, mais qu’on nous laisse un peu respirer et vaquer à nos pratiques païennes , à nos nuits de lumière en plein solstice d’hiver, au souvenir du culte de Mithra

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dont les manifestations sont plus présentes qu’on ne le croit, aux liturgies du Nord, au plaisir de faire plaisir grâce aux orgies de cadeaux, sans culpabilité aucune, n’en déplaise aux censeurs religieux de tout poil. Oui! Qu’on nous laisse encore profiter de l’odeur du sapin et de la volaille rôtie, des images apocryphes d’un nouveau-né dans un dénuement attendrissant, des stéréotypes rassurants d’un papa noël généreux (et tant pis si Coca Cola est redevable de sa silhouette )…en toute bonne et pleine conscience de nos formatages et conditionnements. Une toute petite différence avec l’univers religieux. Toute petite, certes, mais qui vaut son pesant de liberté assumée. Et Voltaire me pardonnera, j’en suis sûre, les rapprochements tirés par…les rennes (je voulais dire, évidemment, par les cheveux!)

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L’énigme du samedi:la cible probable du politiquement correct

Son réquisitoire

ferait de lui la cible

de tous les penseurs et censeurs et piètres détenteurs

du poliquement correct.

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L’histoire des idées et de la justice, parfois,

marche à reculons.

Cette cause célèbre, en tout cas, fit grand bruit à l’époque

où la burka ne tenait pas encore le devant de la scène.

De quel réquisitoire s’agit-il?

La solution: « La petite fille aux allumettes » de Hans Christian Andersen

Bravo à Christophe Bohren, notre ami libertin de Lettres libres ! Il s’agissait en effet du Danois Hans Christian Andersen (1805-1875) pas spécialement libertin, quant à lui, aux dires de ses biographes.

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Je dois dire que c’était facile. Un petit cadeau de Noël. (La fabrique d’énigmes fait ce qu’elle peut avec ce qu’elle a, n’est-ce pas!). Mais encore fallait-il se lever tôt et rédiger le proposition. Donc bravo à Christophe, mais aussi à tous les autres, sans qui, l’entreprise serait en faillite. Rien d’étonnant par les temps qui courent…

Hans Christian Andersen sait de quoi il parle lorsqu’il décrit la pauvreté dans « La petite fille aux allumettes » . Il a lui-même été un enfant pauvre, mais, plus encore, c’est sa grand-mère qui a connu des conditions de vie d’un extrême dénuement . La famille était originaire d’Odense, principale ville de « l’île du milieu », au Danemark.

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On visite encore de nos jours, la minuscule maison des Andersen. En arpentant les rues de la cité, le promeneur se surprend à chercher l’encoignure où se blottit la petite fille si démunie de son conte. Trois allumettes allumées, pour rêver à la douceur du monde

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et se rapprocher de sa propre mort, le sourire aux lèvres, histoire de retrouver une grand-mère accueillante…

Drôle de conte de Noël à donner aux enfants!

Univers désespéré au si parfait royaume du Danemark où les rêves, cependant, ne parviennent pas à trouver leur juste incarnation! Copenhague? C’était hier, n’est-ce pas, la conclusion de la conférence mondiale sur le climat?

« La Petite Fille aux allumettes a une histoire particulière.  Alors qu’Andersen est l’hôte du duc d’Augustenborg et vit dans une extrême abondance, il est prié d’écrire un conte dans une lettre où on lui envoie trois illustrations à choisir. Il prend une gravure sur bois représentant une petite fille tenant un paquet d’allumettes soufrées. La petite lui rappelle, par contraste avec la vie princière qu’il mène maintenant, la misérable vie de sa grand-mère enfant, qu’on avait envoyée mendier et qui avait passé toute une journée sous un pont sans manger. Il avait déjà traité ce sujet dans Le Sanglier de bronze, mais il le reprend en plus austère. Son biographe précise que la maison même qu’il habite à Odense forme un renfoncement avec la maison voisine et qu’une petite fille s’y abrite réellement« 

(extrait de l’article de Wikipedia.)

Photo de la volaille rôtie empruntée ici