La solution: Les cloches de Bâle, de Louis Aragon

Bien sûr, Dominique Hasselmann et Jeandler n’ont pas hésité une seconde. Le roman d’Aragon, « Les cloches de Bâle » (1934), inaugure en effet un cycle d’ouvrages intitulé « Le monde réel ». Suivront, « Les voyageurs de l’impériale », « Les beaux quartiers »…

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A l’époque du « nouveau roman » , la critique ne fut pas tendre pour Aragon qui s’inscrivait dans le courant des romans à thèse totalement décriés . L’auteur situe son intrigue en novembre 1912. Dans  la cathédrale protestante de Bâle, se déroule alors le congrès de l’internationale socialiste qui cherchera à mettre les peuples d’Europe en garde devant l’imminence d’un conflit. A travers les destins de trois femmes, l’auteur retrace les années précédant « La Grande Guerre » .

Cet ancrage dans le réalisme historique provoquera sa rupture avec le surréalisme et ses amis. Mais les yeux d’Elsa semblent imposer un tel choix, ainsi qu’il l’exprimera dans un article très précis livré à l’Express en 1964.

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Photo d’Elsa Triolet empruntée ici

La solution: « Le Monde du milieu » de Breyten Breytenbach

Afrique du Sud! Fascination et polarisation des regards alors que s’annoncent les événements-non événements que l’on sait. Alors que la fureur des jeux occupera toute la scène de l’actualité brûlante à moins que ne s’effondrent des tours en d’autres lieux, seuls événements à posséder le même pouvoir de captation absolue. Alors que nous serons, malgré nous, pris en otage, nous vivrons à l’heure  sud-africaine. Donc on parlera de l’Afrique et c’est déjà ça! Même si tout reste à dire et à découvrir, y compris de sa force vitale,  de sa créativité,  de son art,  de sa littérature…

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En son temps, Breytenbach était infréquentable pour la minorité blanche dominante. Avec « Le Monde du mlieu »(2009) qui n’est pas l’Empire que l’on connaît, il nous présente un autre monde, complexe, nuancé,  composé de différences et altérité, toujours en marge, et pourtant essentiel, où se retrouvent, en un fabuleux cortège d’intelligences, de nombreux artistes et intellectuels, de tous temps et de tous lieux.

Bien sûr, le pianotage « miroir accusateur à tous ceux qui pillent » permettait d’accéder directement à l’auteur et à son livre.

« Figure de l’engagement et de l’art sud-africain, Breyten Breytenbach passe toute son enfance à Wellington. Hostile à la discrimination raciale, il s’exile ensuite à Paris à partir de 1961, où il met en place des actions de résistance au service de l’ANC de Nelson Mandela. En 1975, il est arrêté lors d’un voyage clandestin en Afrique du Sud et condamné à neuf ans de prison. De cette expérience sont nés des récits hallucinants de souffrance, où l’écriture onirique semble être la seule frêle planche de salut. Libéré en décembre 1982, il partage sa vie entre l’Afrique du Sud, la France et le Sénégal où il dirige le Goré Institute »

Extrait de « Evene.fr « 

La solution: La plume de Colette, pour célébrer la fête des mères avec « Sido »

Bravo Miriam . Bien trouvé! Eh oui, en ce dimanche de fête des mères (contestée ou pas),

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c’est Colette dont la vie amoureuse choqua l’opinion publique en son temps, qui écrit:

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«  Je suis la fille d’une femme qui, dans un petit pays honteux, avare et resserré, ouvrit sa maison villageoise aux chats errants, aux chemineaux et aux servantes enceintes. Je suis la fille d’une femme qui, vingt fois désespérée de manquer d’argent pour autrui, courut sous la neige fouettée de vent crier de porte en porte, chez des riches, qu’un enfant, près d’un âtre indigent, venait de naître sans langes, nu sur de défaillantes mains nues… Puissé-je n’oublier jamais que je suis la fille d’une telle femme qui penchait, tremblante, toutes ses rides éblouies entre les sabres d’un cactus sur une promesse de fleur, une telle femme qui ne cessa elle-même d’éclore, infatigablement, pendant trois quarts de siècle ».

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Sido, paru en 1930, reflète l’immense admiration, voire le culte que l’écrivain voue à sa mère. Une relation fusionnelle qui ne se dément jamais.  Qui ne se souvient du passage lu, relu, étudié jusqu’à l’ennui (et c’est bien dommage) de l’apprenti bachelier:

« Car j’aimais tant l’aube, déjà, que ma mère me l’accordait en récompense. J’obtenais qu’elle m’éveillât à trois heures et demie, et je m’en allais, un panier vide à chaque bras, vers des terres maraîchères qui se réfugiaient dans le pli étroit de la rivière, vers les fraise, les cassis et les groseilles barbues.
À trois heures et demie, tout dormait dans un bleu originel, humide et confus, et quand je descendais le chemin de sable, le brouillard retenu par son poids baignait d’abord mes jambes, puis mon petit torse bien fait, atteignait mes lèvres, mes oreilles et mes narines plus sensibles que tout le reste de mon corps… J’allais seule, ce pays mal pensant était sans dangers. C’est sur ce chemin, c’est à cette heure que je prenais conscience de mon prix, d’un état de grâce indicible et de ma connivence avec le premier souffle accouru, le premier oiseau, le soleil encore ovale, déformé par son éclosion…
Ma mère me laissait partir, après m’avoir nommée « Beauté, Joyau-tout-en-or » ; elle regardait courir et décroître sur la pente son oeuvre, – « chef-d’oeuvre », disait-elle. J’étais peut-être jolie ; ma mère et mes portraits de ce temps-là ne sont pas toujours d’accord… Je l’étais à cause de mon âge et du lever du jour, à cause des yeux bleus assombris par la verdure, des cheveux blonds qui ne seraient lissés qu’à mon retour, et de ma supériorité d’enfant éveillé sur les autres enfants endormis. »

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La mère vénérée règne sans conteste sur ce jardin, image du paradis de l’enfance où, à partir du microcosme de leur environnement, elle initie sa fille à la découverte de l’univers.

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Carte rétro de la fête des mères, empruntée à ce site

Dernière photo empruntée à celui-ci

L’énigme du samedi: Cette scandaleuse qui vénérait une déesse

Elle, qui fit scandale, lui vouait un véritable culte.

En lui dédiant le livre

que j’évoque aujourd’hui

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elle l’a placée au centre du cosmos,

déesse souveraine au règne absolu

sur le microcosme de leur jardin des délices

débordant des merveilles de tout l’univers.

Quelle est  donc cette scandaleuse

et quel est l’ouvrage évoqué?

Illustration: le jardin des délices, vu par Gérôme Bosch

La solution: La forêt où Dante s’égare dans « La divine comédie »

Rédigée par Dante Alighieri , au début du XIV° siècle, « La divine comédie » fait partie de ces oeuvre mythiques appartenant au patrimoine universel.

Le schéma de l’ouvrage est le suivant: alors qu’il cherchait une branche dans la forêt pour célébrer la fête des rameaux, Dante s’égare.

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C’est le début d’un très long  parcours initiatique dans lequelle Virgile sera son guide.  Sachant que l’unique sortie de la forêt passe nécessairement par l’enfer, Dante doit-il suivre Virgile? Sans nul doute, puisque Béatrice, sa célèbre muse,  a dûment mandaté  ce dernier pour prendre soin de son poète.

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L’enfer décrit par Dante comporte neuf cercles concentriques dirigés vers le bas. Les âmes des damnés y errent selon l’importance des fautes qu’ils ont commises. Plus tard, bien plus tard, après avoir franchi ces cercles infernaux et le purgatoire, l’arrivée au paradis (qui comprend également neuf cercles  emboités comme une pyramide vers le haut) permettra de retrouver Béatrice un instant et de suivre jusqu’au bout le chemin mystique qui s’est imposé au poète.

L’oeuvre a eu une importance considérable pour le développement de la littérature, en Italie et en Europe. Difficile à lire à l’époque contemporaine, elle reste cependant vivante par l’immense richesse des images, des symboles fondateurs qui la jalonnent et que les plus grands peintres ont traduit, au-delà des mots… Si vous passez par Bourg-en-Bresse, ne manquez pas la visite du Prieuré de Brou. Vous y découvrirez l’un des tableaux de Gustave Doré sur l’enfer. Ici, les âmes ne brûlent pas, elles sont figées dans les glaces de l’éternité. Terrifiant!

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