« L’aveugle insensé qui voulait voir autrement », aux éditions Do-Bentzinger

Mon dernier livre, « L’aveugle insensé qui voulait voir autrement« , raconte une histoire vraie.

1957. Un petit garçon d’Alsace parcourt à bicyclette la route le menant  de  la maison de ses parents, à Haguenau, jusqu’au refuge du village de Trimbach, tout près de la frontière allemande, là où vit son grand-père.

Le petit garçon, c’est Gérard Muller. Aujourd’hui célèbre par les défis qu’il se lance  – Pékin-Londres en tandem, Chemin de Compostelle en solitaire afin de tester un GPS nouvelle génération pour l’autonomie des aveugles, appui à la recherche sur la cécité-  l’homme qu’il est devenu suscite admiration et espoir chez toux ceux qui l’approchent: ceux, tout d’abord, qui comme lui, sont atteints de cécité, mais aussi ceux devant surmonter un handicap, quel qu’il soit, et enfin, chez nous tous, qui nous croyons épargnés par la différence donnée à vivre au quotidien.

Voici une enfance ancrée dans un terroir que j’ai cherché à retrouver pour le restituer au lecteur, en écoutant Gérard, mais aussi en me rendant sur place, à Trimbach où vit encore Thérèse, sa tante, qui l’a vu grandir et affronter sa maladie. Et puis, pour tisser au fil des pages, les étapes d’une vie qui se lirait comme un roman,  j’ai rencontré Anny, son épouse. Antigone contemporaine, elle est celle qui guide dans l’ombre, celle sans qui l’impossible ne pourrait être tenté par son aventurier de mari. J’ai croisé également le regard éteint de jeunes aveugles que Gérard Muller a conviés dans son aventure au Brésil, afin d’y créer un Centre de Basse Vision.

Regard éteint, mais passion dans la voix. Ils m’ont raconté leur découverte de l’autre, là-bas, sur un autre continent et la misère et la splendeur d’un univers qu’ils ignoraient totalement. J’ai enfin approché les amis de Gérard Muller et les chercheurs engagés dans la lutte contre la cécité et enfin, le professeur Sahel, qui dirige l‘Institut de la Vision, à Paris, dépositaire de tant d’espoirs…

Faisant alterner les portraits des uns et des autres avec de courts chapitres évoquant le fabuleux roman de la recherche scientifique sur la rétinite, j’ai cherché, à travers ce livre, à rendre sensible au lecteur,  le parcours d’un homme que le verdict sans appel d’un jeune ophtalmo condamnait à une vie sans espoir. Du déni à l’acceptation de la maladie, de l’acceptation au dépassement de soi, «  l’aveugle insensé » devient peu à peu le héros d’une aventure exemplaire, comme en témoigne, par ailleurs, le prix reçu au festival du film de l’aventure de Dijon, en octobre 2012. Réalisé par Denis Roy, « Un défi sans les yeux » suit les pas de Gérard Muller, en solitaire, sur le chemin de Compostelle. Magnifique film empreint de poésie de drôlerie et d’émotion!

Les droits de cet ouvrage, accompagné d’un CD (texte lu par l’auteur), seront entièrement versés à la recherche sur la cécité.

Rencontre avec Gérard Muller et l’auteur de ce blog:

librairie Kléber, Strasbourg,

Samedi 27 octobre à 11 heures.

 

 

 

Meurtre à Madagascar?

Il ne faut jamais déranger les esprits à Madagascar. Nombre de lieux ne doivent en aucun cas être foulés, sans qu’il soit besoin d’un panneau d’interdiction. Ailleurs on parlerait d’un espace tabou. Ici, il existe un mot: le fady.

Photo de la capitale Antananarivo empruntée ici

Lorsqu’un lieu est fady, nul ne s’y aventure. La rationalité occidentale expliquera le fait par sa dangerosité, une falaise trop escarpée, une colline trop éloignée du village, un champ abandonné pour sa terre trop aride, qu’importe pourtant la raison. L’endroit est fady. Et la raison importe peu. Interdit aux hommes qui se doivent d’en respecter l’usage.

Photo, côte ouest de Madagascar empruntée ici

Que se passerait-il  donc si le fady venait à être transgressé par un étranger au pays que les superstitions amusent et qu’il méprise? Allez savoir! Peut-être rien, tant l’ignorance du vazaha est immense.  Mais il ne faut tout de même pas trop parier sur l’indulgence. L’indulgence de qui? Des esprits, sans doute, qui hantent le lieu et se voient dérangés? De la population peut-être qui cherche à se protéger de ces esprits errants? Allez savoir, oui!

photo empruntée à l’article du Point

Rouler en quad sonore sur la plage interdite,

n’est-ce pas réveiller sans ménagement ni égards, la mémoire endormie? Et la vengeance ne sera-t-elle pas terrible, attirant tous les voyous et bandits en mal de rançons ou autres exactions (pour la logique occidentale, bien sûr)? Tous les fins limiers de France ou de Madagascar pourront ainsi identifier le meurtrier du couple de Tuléar. Mais quelle Fred Vargas  sera à la hauteur de l’événement pour le transcrire et en révéler le véritable auteur ?

L’énigme du samedi: Elle logeait parfois chez un prince…

Quand nous ne lui  prêtions pas l’oreille,

elle s’en allait

loger chez un prince!

L’auteur dont je parle aujourd’hui

savait l’en déloger

pour nous traduire

son vagabondage sémantique.

Quel est donc cet auteur

et quel est l’ouvrage évoqué dans ce billet?

Le tableau représentant le château du prince est emprunté ici

Monsieur Guéant « se revendique-t-il  » être un bon exemple ?

Outre l’horreur absolue, les justes polémiques, les manipulations et les secrets d’état

le verbe revendiquer, employé à l’envi par le ministre de l’intérieur, est, ne lui en déplaise, transitif direct et ne s’emploie pas à la forme pronominale.

« Selon Claude Guéant, ministre de l’Intérieur, le jeune homme « se revendique être un moudjahid » (combattant de Dieu) et « appartenir à al-Qaida ».

De ce fait, Monsieur Guéant ne peut « se revendiquer » du bon usage de la langue. Tout au plus pourrait-il revendiquer le droit à l’erreur! Bien qu’il soit peu sûr qu’on ait l’indulgence de le lui accorder…

Dans le même registre, les journalistes commentant l’encerclement de l’immeuble de Mohamed Mehra, ont souvent employé l’adjectif « présumé ».

« Le suspect présumé, Mohamed Mehra, est un Français d’origine algérienne se revendiquant du djihad. Selon lemonde.fr, il aurait été entraîné dans des camps qui accueillent des talibans pakistanais, des djihadistes étrangers et des membres du puissant réseau Haqqani. »

extrait de « La vie ».fr

Non! Tant qu’un homme est suspect, il l’est sans qu’il soit besoin de lui adjoindre un quelconque adjectif! Car suspect ne veut pas dire coupable.

Par contre,  dans l’expression « coupable présumé », chacun comprend que l’adjectif signifie « supposé »et permet ainsi de ne pas anticiper  la décision judiciaire qui établira ou non la certitude de la culpabilité en question. L’adjectif revêt donc une fonction de la plus grande importance puisqu’il est garant de la présomption d’innocence, fondement des constitutions de  la plupart des pays d’Europe qui s’appuient sur l’article 11 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 de l’ONU :

« Article 11. Toute personne accusée d’un acte délictueux est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d’un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées… »

Mais ce ne sont que quelques erreurs relevées ici et là. Pas tant une affaire de purisme linguistique qu’un sursaut au manque de compréhension des mots employés. Ne faudrait-il pas nous montrer plus vigilants? Car la dérive du sens ne peut-elle conduire elle aussi à l’inexorable gangrène de la pensée et des actes?

 

 

 

L’énigme du samedi: Des gens modestes

Les deux héros sont plus que modestes

ils sont pauvres,

un froid de gueux emprunté ici

mais il s’aiment.

Un roman épistolaire

raconte leur histoire.

C’est le premier roman de cet immense auteur

qui « donne un avant-goût

des épouvantables visions de pitié » qui caractérisent

l’ensemble de son oeuvre.

Quel est donc ce roman

et qui l’a écrit?

L’énigme du samedi: Miroirs d’hier pour comprendre le monde aujourd’hui

C’était hier.

mais la lucidité de son testament intellectuel

frappe le lecteur contemporain.

De même,  sa dénonciation des nationalismes

et son plaidoyer pour l’Europe

rejoignent- pour notre plus grande crainte-

ce que nous vivons aujourd’hui.

Quel ouvrage est évoqué dans ces lignes

et qui l’a écrit?

Illustration: Le miroir ardent de Buffon.

Kathy Rees Johnson, une Américaine… à Strasbourg

On se souvient de la perception de Gershwin, cet « Américain à Paris »,

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transposant la musique de la capitale française dans les années 20, dans une pièce symphonique de 19 minutes, à grand renfort de klaxons! Pour la première New Yorkaise, en 1928, le compositeur en avait emprunté quelques uns à d’authentiques  taxis parisiens.

Voici aujourd’hui la perception de Kathy Rees Johnson. Transcription picturale, cette fois-ci, non plus de Paris, mais de Strasbourg!

Une Américaine à Strasbourg, à la découverte des arbres, sa passion…

Jour de Noël, Strasbourg

(en français dans l’intitulé du tableau)

Kathy Rees Johnson vit dans le Kentucky. Elle en peint les paysages et enseigne également l’art de  reconnaître et de développer les aptitudes visuelles: Un artiste existe chez chacun d’entre nous. Un tel engagement ne peut que nous interpeller.  L’écriture aussi appartient à tous.