L’énigme du samedi: quand l’histoire d’une famille porte l’histoire d’un peuple

Son témoignage apporte une perspective sensible

aux événements qui se déroulent sous nos yeux.

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Dans l’ouvrage évoqué aujourd’hui,

il raconte la maison familiale,

l’exode des siens, 

de si vaines négociations… 

De quel écrivain s’agit-il?

Quel est l’ouvrage en question?

Tableau: L’exode , à acheter ici .

Lettres de Singapour(7): La longue marche de Iskandar Jalil, maître potier unanimement respecté dans toute la region du sud-est asiatique

Tous les matins Iskandar Jalil parcourt 11 kilomètres  à pied, avant de commencer sa journée de travail.

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A soixante-neuf ans, c’est un jeune homme plein d’énergie et de projets qui nous reçoit  dans le musée de la culture malaise , situé juste à côté de la mosquée tranquille du quartier d’Arab Street, pour parler des travaux de ses élèves. Comme s’il s’agissait de ses propres oeuvres. Belle humilité du maître et générosité aussi pour savoir de la sorte encourager la personnalité de qui vient s’instruire à l’école de son savoir-faire! Au commencement était l’informe, la potentialité captive d’une boue originelle…

La formation de Iskandar Jalil s’est déroulée au Japon, mais il puise aussi son art dans la diversité culturelle de sa cité. Il explique cet aspect à travers les livres qu’il a écrits et que les enfants des écoles singapouriennes peuvent parcourir. Tandis qu’il nous parle, au milieu de la dernière exposition de ses étudiants, la voix chaude du muezzin traverse notre monde clos.

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Iskandar Jalil évoque l’inspiration d’une apprentie…alsacienne, l’humour de tel autre,  le talent exceptionnel d’un dernier jugé malheureusement trop paresseux…Puis il nous livre, en passant, (lui, le musulman reconnu), un aspect de son propre caractère facétieux: une sculpture iconoclaste croquant les postures de fidèles ventripotents, gênés par leurs poids, lors des prières. En ces temps d’intolérance religieuse, un vrai soulagement!

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Iskandar Jalil est en effet malicieux. Son oeil pétille à l’évocation de la personnalité de ses apprentis. Malice, bienveillance, certes, mais aussi intransigeance, voire sévérité. Un travail imparfait, superficiel sera brisé sans état d’âme. Un élève sans motivation sera prié de ne plus revenir…

Iskandar Jalil, enfin, est gourmand. Il nous conduit au coeur de son village, ce quartier d’Arab Street où il se sent chez lui, le long des boutiques de tissus chatoyants, à travers les étalages de batiks indonésiens et les présentoirs de soies perlées dont on confectionnera les saris de cérémonie…jusqu’a sa pâtisserie préférée. Il nous fait alors découvrir, avec un thé au citron, la saveur d’un petit gâteau, dont le dôme de chocolat blanc abrite un coeur moelleux de gingembre.

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La solution: Elie Wiesel, dans « La nuit »

Alain Lecomte a évoqué immédiatement la solution. Bravo.

Écrivain francophone de nationalité américaine, Elie Wiesel, prix Nobel de la paix,  a incarné pendant des décennies la lutte contre l’intolérance et l’engagement pour la paix. Malheureusement, la caution qu’il a apporté a Colin Powell,

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justifiant ses certitudes sur les armes de destruction massive en Irak, ont certainement amoindri la portée de sa voix à travers le monde. Né en 1928 en Transylvanie, Elie Wiesel était adolescent lorsqu’en 1944 il fut déporté avec sa famille à Auschwitz puis à Birkenau. « La Nuit » est le récit de ses souvenirs douloureux.

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Lorsqu’il obtient le prix Nobel en 1986, il fonde, avec son épouse, la « Fondation Élie Wiesel pour l’humanité » . Son objectif est alors de lutter contre l’indifférence vis à vis de la Shoah, mais aussi de combattre l’injustice où qu’elle se trouve, en organisant par exemple, des dialogues entre les jeunes de tous les pays. Mais en décembre dernier, l’actualité mettra son action en péril: la fondation  a en effet perdu la quasi-totalité de ses fonds propres (équivalant à 15,2 millions de dollars) dans l’escroquerie montée par Bernard Madoff!!!

En octobre 2006, le Premier ministre israélien Ehud Olmert a proposé à Elie Wiesel  le poste de Président de l’État d’Israel. Il a, comme on sait, décliné cette offre en expliquant qu’il n’était « qu’un écrivain »…

L’énigme du samedi: Cet écrivain de la paix impossible…

Personnalité emblématique, parfois contestée,
non épargnée par une récente débacle financière
il se définit d’abord comme écrivain,

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refusant ainsi la fonction suprême

qui lui était offerte.

Son premier livre, marqué par l’obscurité le conduira à la célébrité et à la lutte permanente en faveur d’une paix impossible…

Bien sûr, vous avez identifié cet écrivain célèbre

et le titre de son premier ouvrage?

Tableau de  Vasily Vereshagrin (1871)

Lettres de Singapour(6): La cité des plaisirs de bouche, ignore le péché de gourmandise

Ni Sodome, ni Gomorrhe, Singapour, cité de tous les plaisirs culinaires vit dans l’innocence gustative des premiers matins du monde.

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Ah! Le bel appétit, quand le parfum des fruits, la saveur des mets, la fraicheur d’un thé, le brûlant des épices ne pèsent d’aucun poids dans l’inflexible balance de nos culpabilités!…Fondre de plaisir à la dégustation d’un plat, fait en effet partie intégrante des fonctions vitales des humains de cette planète. Et parler, discourir, voire écrire sur ce plaisir n’est autre qu’un devoir, un rituel sacré, une participation à la liturgie  dédiée  à ce dieu bienfaisant, créateur du bonheur de manger, de manger à sa faim, de manger de belles et bonnes choses entourés des siens… ou de la foule.

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Depuis toujours, en Chine, le dieu de la cuisine veille sur les actes quotidiens. Il s’appelle Zaojungong,  et sait tout ce qui se passe dans la maison. A la fin de l’année il  ne manque pas de faire son rapport à « l’Empereur de jade » qui détermine la fortune de la famille pour la nouvelle année. C’est lui qui rapporte en hauts lieux les actions de chacun, les bonnes comme les moins bonnes. Les ménagères avisées lui offrent des bonbons qu’il adore et dont il a la bouche pleine. Une manière comme une autre de lui faire plaisir ou de le remercier pour sa bienveillante attention sur la cuisine, mais aussi une remarquable facon de lui clouer le bec…

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Comme on est loin du « Diner de Babette « ! Karen Bixen y narrait  à travers le blocage de la société puritaine norvégienne à la fin du XIX siècle,  l’impossible expression du plaisir de la table. Savoureuse nouvelle où les efforts de Babette, une restauratrice  française renommée, exilée en Norvège après la Commune qui l’a contrainte à l’exil, réveillent les sens d’une communauté endormie. Ses patronnes sont deux vieilles filles austères. Le jour où Babette gagne dix mille francs-or à une loterie, elle leur demande de la laisser préparer un dîner fin, dans la grande tradition française. Sa fortune y passe, mais une soirée aura effacé des années de carême.

image 1: « La destruction de Sodome et Gomorrhe » par Etienne de Laune

image 2:  « L’empereur de Jade »

La solution: Somerset Maugham dans « Le sortilège malais »

« Alain Fournier » a trouvé immédiatement l’écrivain évoqué aujourd’hui! Pas vraiment le titre de l’ouvrage, mais l’approche était là!

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Dans la lignée des agents secrets britanniques dont John Le Carre ( récompensé en 1964 par le prix S Maugham pour son fameux « Espion qui venait du froid »),  représente le stéréotype litteraire contemporain, Somerset Maugham, a en son temps créé le genre. Mais pas seulement. Ses croquis et mises en scène  de la vie coloniale sous l’Empire britannique constituent un vrai florilège coloré. « Le sortilège malais » est l’un de ces recueils de nouvelles, véritable bijou d’écriture.

Cet écrivain, dont la vie est aussi un roman, est trop souvent  considéré (vraiment à tort!), comme un auteur mineur, un auteur ‘pour dames‘, disait-on ( peut-être en raison de l’intrigue sentimentale qui  sert toujours de support à la description d’une époque et d’un milieu donnés). Mais il faut lire et relire ses observations sur l’atmosphère entourant les rituels coloniaux, en Malaisie et à Singapour, dans l’ouvrage évoqué aujourd’hui.

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Au-delà des clichés exotiques (pesanteur de l’air chaud et humide, exhubérance de la végétation…), le ballet des échanges sociaux entre expatriés figés dans le maintien de leurs habitudes sacralisées, l’innénarable cynisme des pratiques condescendantes, la ronde des portraits hauts en couleur  méritent le détour d’une vraie lecture.

Photo de la maison  empruntée sur ce site racontant Singapour.

L’énigme du samedi: sur les pas de celui qui raconte l’envoûtement d’un monde…

John le Carré lui doit une partie de sa notoriété.

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Pour être révolu, le monde qu’il a dépeint dans ce recueil,

n’en garde pas moins, aujourd’hui,

sa capacité d’envoûtement

et quelques souvenirs de l’arrogance des maîtres de l’époque.

Quel est l’ecrivain évoqué?

De quel recueil s’agit-il?