La solution: Alessandro Barrico dans « Soie »

Dom.A est le vainqueur d’aujourd’hui et sans la moindre hésitation.

Mais Nathalie H (le tout nouveau blog qui monte, qui monte, en nous parlant du livre), Claudialucia (dont la préoccupation littéraire du jour rejoint l’aire géographique de notre propre thème), Kiki de chez Posuto deux ( un transfert que vous avez déjà probablement suivi sans attendre), ont approuvé immédiatement.

Totem , pour une fois, est passé à coté et Jeandler est arrivé trop tard. Sans compter Elisabeth, prête de bonne heure, depuis la Nouvelle Zélande, mais n’ayant pas la moindre idée aujourd’hui…Merci à tous pour cette visite du samedi, visiteurs réguliers ou occasionnels de ce blog. Et pardonnez-moi pour la non-exhaustivité. (Je squatte honteusement l’unique ordinateur de l’hotel mis à disposition des clients et j’ai peur de provoquer une émeute..)

Depuis mes pérégrinations asiatiques, ce n’est pas toujours facile de trouver le cyber disponible (nous sommes actuellement a Malacca, en Malaisie), mais j’essaie coûte que coûte d’être au rendez-vous.

C’est bien la moindre des politesses à rendre à la fidélité de tous les amis de ce blog.

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Alessandro Barrico, écrivain piémontais, n’hésite pas à partager son art. Il a créé en effet à Turin, une école consacrée à l’écriture. Mais il est aussi (et peut-être surtout) un savant musicologue. Son ouvrage sur l’art de la fugue chez Rossini, entre autres, fait en effet référence.

Mais sa passion pour la musique est transposée tout entière dans son oeuvre littéraire. Le livre qui l’a rendu mondialement célèbre est bien entendu: « Soie »

« L’histoire est simple. Un marchand fait des aller-retours au Japon pour en ramener des vers à soie. Au Japon, il rencontre une femme. C’est tout…

…Pas de vagues réminiscences à la Proust, pas de liens diffus. De la brute répétition. Et chaque voyage devient un éternel recommencement, comme une roue ovale, qui tourne, un temps rapide, un temps lent. Mais on lit ces passages « copiés-collés » avec attention, cherchant la différence. Et on la trouve, toujours la même ! Bref, lisez ce roman. Lisez-le chez Albin-Michel. L’édition est belle, la couverture elle-même donne un toucher de soie… « 

D’apres la critique de ce site

 

L’énigme du samedi: écrire s’apprend à l’école?

Cet auteur-là, notre contemporain,

croit vraiment que l’écriture s’apprend.

Il a même fondé une école pour le prouver.

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Son écriture à lui est très musicale

et le livre qui l’a fait connaître mondialement

nous emmène au bout du monde,

en quête d’oeufs précieux…

Mais j’en ai déjà trop dit!

De quel auteur s’agit-il?

Et quel est ce livre?

Illustration: Raban Maur (gauche), soutenu par Alcuin (milieu), dédicace son œuvre à l’archevêque Otgar de Mayence (droite).

Alcuin (730 – 804), savant et religieux anglais, était l’un des principaux amis et conseillers de Charlemagne, et un artisan important de la renaissance carolingienne au XIX siecle. Il fut à la tête de la plus grande école de l’Empire carolingien : l’Académie palatine. Il a mené de grandes réformes et il fut un des premiers à défendre l’idée d’une identité européenne qui s’appuie sur la civilisation antique plutôt que sur les héritages barbares. L’historien Eginhard le tient pour « l’homme le plus savant de son temps ».

(source Wikipedia)

La solution: Gao Xingjiang dans la Montagne de l’âme

C’ est Claudialucia qui a deviné la solution du jour. Bravo.

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Lorsqu’en 2000, l’académie suédoise décerne le prix Nobel à Gao Xingjiang , cet écrivain chinois naturalisé français, la non reconnaissance de la littérature chinoise à travers tout le vingtième siècle semble enfin terminée.

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« Son chef-d’œuvre, La Montagne de l’âme (L’Aube, 1995) est  un véritable «roman chinois» avec Immortelles et royaume des Serpents, une histoire de quête, telle une Pérégrination vers l’Ouest. C’est un classique revu par l’originalité langagière d’un moderniste: chez Gao, l’utilisation du «tu» crée une vertigineuse distanciation, de même les allers et retours dans l’espace et le temps et entre le mythe et la réalité. »

Extrait de Lire

Les Editions de l’Aube qui avaient pris le risque d’éditer cet auteur inconnu, se sont trouvées subitement propulsées au-devant de la scène littéraire.

Photo de l’écrivain emprunté à ce site en espagnol.

Quand Madagascar brûle…

Il faut beaucoup d’erreurs de la part de ses dirigeants pour mettre le peuple malgache en colère. Population pacifique, s’il en est. Mais quand trop, c’est trop, alors Madagascar brûle!

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Qui ne se souvient de l’incendie du Palais de la Reine en 1995? On aperçoit, sur cette photo, en arrière plan, la silhouette du palais dévasté. Qui a mis le feu aux poutres? La colère, dans l’Ile Rouge est incandescente. C’est ainsi. Depuis toujours. Les Malgaches, si également tranquilles, occupés par les gestes nécessaires à leur suivie quotidienne, accaparés par le souci du confort des ancêtres disparus et  l’entretien onéreux des tombeaux, dévoués et vigilants à l’égard de leurs enfant, n’ont cure des errements politiques. Ils vaquent à leurs tâches, patients, voire résignés. La misère urbaine est grande. Jean Luc Raharimanana , ce jeune écrivain de grand talent nous l’a contée dans « Lucarne « , par exemple.

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Lire ce livre, recueil de nouvelles, si ce n’est déjà fait. « Madagascar, non comme un triomphe des sables d’or et des criques magiques mais comme le lieu de la souffrance, de la misère, des passions »

Le travail dans les rizières est non moins harassant. Mais le vent de la révolte ne soulève pas aisément les foules fatiguées.

Tout de même, lorsque le président actuel, Marc Ravalomanana ,  décide de louer à la Corée du Sud et pour 99 ans, des terres dont la superficie est égale à la moitié de la Belgique, afin de cultiver des palmiers à huile, et du maïs représentant la moitié de la consommation nationale coréenne, le peuple se met en colère.

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Photo empruntée à ce site

Lettres de Singapour(8). C’est le nouvel an chinois: du pouvoir des couleurs et des mots

Rouge, rouge, rouge! C’est la couleur de la fortune, de la chance, du bonheur. C’est aussi la couleur des rues de Chinatown, à Singapour et partout dans le monde où la culture chinoise fête le passage à l’an nouveau.

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Plafonds tapissés de lanternes. Rouges. Murs recouverts de poissons. Rouges et or!  Lingots de papiers rutilants. Marmots joufflus habillés de pourpre au cœur de losanges  à afficher sur la porte d’entrée.

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Rubans encadrant l’huis. Rouges encore. Il n’y en a jamais assez de ce rouge incandescent à l’occasion du nouvel an chinois . Celui fondé sur la succession des lunes et non pas sur la course du soleil. Une année classique, en Chine,   compte 12 mois lunaires et dure 354 ou 355 jours, soit environ 11 jours de moins que nous n’en comptons dans notre année solaire.

Alors, attention aux mots prononcés ce jour-là! Pour que l’année à venir soit bonne, sachez user à bon escient des vocables dits « auspicieux », autrement dit, sachez utiliser ceux qui permettent d’augurer un avenir radieux aux destinataires de vos souhaits.

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Xīnnián hǎo : « bonne année », en mandarin

« On affiche un peu partout des souhaits écrits sur papier rouge, symbole de chance. Il s’agit de caractères symboliques susceptibles de porter chance, comme (福) bonheur, ou chūn (春) printemps, souvent collés à l’envers car renverser ( 倒 dào) est homophone de arriver ( 到 dào). Un fu renversé signifie donc : « Le bonheur est arrivé. ». Traditionnellement, de chaque côté des montants de la porte d’entrée, on colle une bande de papier rouge sur laquelle est écrit un vers ; les deux vers se répondent et constituent une inscription parallèle (對聯 / 对联 duìlián) ; elles étaient autrefois toujours écrites à la main, de préférence par des personnes aux dons littéraires et calligraphiques. Bien sûr, les décorations et inscriptions de l’an passé ont été tout d’abord retirées. »

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Le choix des mets suit la même logique et s’appuie d’abord sur la désignation du plat: « Ainsi le poisson ( 魚 ), homophone de surabondance ( 馀 ), doit être présent à chaque repas de Nouvel An pour garantir qu’il y aura du surplus tous les ans ( 年年有餘 / 年年有馀 niánnián yǒuyú) et qu’on ne manquera jamais de rien ; certains prennent même soin de ne pas le finir, afin de rendre plus complètement son sens symbolique. Dans le nord de la Chine, on sert en principe un plat de raviolis (jiǎozi 餃子 / 饺子 )car leur forme évoque celle des yuánbǎo (元寶 / 元宝 ), lingots anciens. Le dessert traditionnel est le niángāo ( 年糕 ), « gâteau de l’An » ; gāo, gâteau, est homophone de grandir, et en manger constitue un gage de croissance dans tous les domaines souhaités. »

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Article écrit avec l’appui de Wikipedia.

Première et dernière photo: Guy Serrière

1: Chinatown, à Singapour

2: danseuse d’une troupe chinoise, lors d’une animation au shopping center de Vivocity.

La solution: Elias Sanbar raconte la détresse du peuple palestinien dans « Le bien des absents »

La solution de l’énigme d’hier n’a pas éte trouvée, bien que les suggestions proposées et déposées en commentaires, eussent pu tout à fait convenir. Il s’agissait donc d’Elias Sanbar, écrivain et militant de la cause palestinienne

Cet historien de cinquante-neuf ans, qui a passé l’essentiel de sa vie à Paris, est né en 1947 à Haïfa. Haïfa, en Palestine. Car à l’époque la grande ville portuaire n’était pas encore israélienne. Elle l’est devenue un an plus tard, en 1948, à la création d’Israël. Ce qui a signifié pour la famille d’Elias Sanbar, comme pour 800 000 Palestiniens, l’expulsion et l’exode. Ce qu’ils appellent la Nakba (la catastrophe).

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Elias Sanbar avait un peu plus d’un an quand sa famille a été chassée vers le Liban. Une déchirure qu’il raconte magnifiquement dans « Le bien des absents« . C’est à Beyrouth qu’il a grandi avant de faire ses études d’histoire, à partir de 1969 à Paris-VII. Ardent militant de la cause palestinienne, membre du Conseil national de l’OLP, il est aussi écrivain et traducteur du grand poète Mahmoud Darwich, son ami, mort l’été dernier, et à qui il ne cesse de rendre hommage. Il a fondé en 1981 la Revue d’études palestiniennes et participé aux négociations bilatérales entre l’OLP et Israël sur la question des réfugiés palestiniens. Une question qui lui tient à coeur, comme en témoignent son action et ses oeuvres.

F. G.-R. »

article du 18/12/2008, extrait de l’Humanité