
Arcimboldo pour augurer la plus belle année qui soit à l’intention de chacun des passants-amis de ce blog, toute pleine des écrits de tous les âges, de livres rares ou prêts à se glisser dans nos poches , ou encore. ..

Arcimboldo pour augurer la plus belle année qui soit à l’intention de chacun des passants-amis de ce blog, toute pleine des écrits de tous les âges, de livres rares ou prêts à se glisser dans nos poches , ou encore. ..
Le fameux Traité de Voltaire, « sur la tolérance » (1763), mériterait certainement un regain d’intérêt.
Chr. Bohren et Jandler ne s’y sont pas trompés une seconde!
Chacun se souvient en en effet de l‘affaire Calas où Jean Calas, protestant, était accusé d’avoir assassiné son fils parce que ce dernier s’était converti à la religion catholique. En participant à la réhabilitation de J. Calas (qu’il pensait coupable dans un premier temps), Voltaire conduit un réquisitoire toujours d’actualité, contre tous les fanatismes et superstitions liées à la religion quelle qu’elle soit.

En entendant l’autre jour, sur les ondes de France-Inter, des propos lénifiants sur le dialogue inter-religieux, je me suis prise à rêver d’un Voltaire revenu parmi nous afin de bousculer le ronronnement quotidien du discours politiquement correct. L’invitée affirmait que ce qui causait problème dans notre société aujourd’hui, ce n’étaient pas les croyants (car, disait-elle, finalement, tout le monde sait qu’il s’agit du même dieu, les prophètes changent, mais l’accord peut se faire), non, ce sont les non-croyants qui posent problème avec leur recours permanent à la laïcité, etc…

On croit rêver, justement! Et de poursuivre sur le fait que les non-croyants avaient tendance à prendre les croyants pour des simples d’esprit, des primitifs, etc… Les pauvres, comme si les croyants avaient besoin de la caution intellectuelle des croyants pour croire! Non, mais qu’on nous laisse un peu respirer et vaquer à nos pratiques païennes , à nos nuits de lumière en plein solstice d’hiver, au souvenir du culte de Mithra

dont les manifestations sont plus présentes qu’on ne le croit, aux liturgies du Nord, au plaisir de faire plaisir grâce aux orgies de cadeaux, sans culpabilité aucune, n’en déplaise aux censeurs religieux de tout poil. Oui! Qu’on nous laisse encore profiter de l’odeur du sapin et de la volaille rôtie, des images apocryphes d’un nouveau-né dans un dénuement attendrissant, des stéréotypes rassurants d’un papa noël généreux (et tant pis si Coca Cola est redevable de sa silhouette )…en toute bonne et pleine conscience de nos formatages et conditionnements. Une toute petite différence avec l’univers religieux. Toute petite, certes, mais qui vaut son pesant de liberté assumée. Et Voltaire me pardonnera, j’en suis sûre, les rapprochements tirés par…les rennes (je voulais dire, évidemment, par les cheveux!)

Son réquisitoire
ferait de lui la cible
de tous les penseurs et censeurs et piètres détenteurs
du poliquement correct.

L’histoire des idées et de la justice, parfois,
marche à reculons.
Cette cause célèbre, en tout cas, fit grand bruit à l’époque
où la burka ne tenait pas encore le devant de la scène.
De quel réquisitoire s’agit-il?
Bravo à Christophe Bohren, notre ami libertin de Lettres libres ! Il s’agissait en effet du Danois Hans Christian Andersen (1805-1875) pas spécialement libertin, quant à lui, aux dires de ses biographes.

Je dois dire que c’était facile. Un petit cadeau de Noël. (La fabrique d’énigmes fait ce qu’elle peut avec ce qu’elle a, n’est-ce pas!). Mais encore fallait-il se lever tôt et rédiger le proposition. Donc bravo à Christophe, mais aussi à tous les autres, sans qui, l’entreprise serait en faillite. Rien d’étonnant par les temps qui courent…
Hans Christian Andersen sait de quoi il parle lorsqu’il décrit la pauvreté dans « La petite fille aux allumettes » . Il a lui-même été un enfant pauvre, mais, plus encore, c’est sa grand-mère qui a connu des conditions de vie d’un extrême dénuement . La famille était originaire d’Odense, principale ville de « l’île du milieu », au Danemark.

On visite encore de nos jours, la minuscule maison des Andersen. En arpentant les rues de la cité, le promeneur se surprend à chercher l’encoignure où se blottit la petite fille si démunie de son conte. Trois allumettes allumées, pour rêver à la douceur du monde

et se rapprocher de sa propre mort, le sourire aux lèvres, histoire de retrouver une grand-mère accueillante…
Drôle de conte de Noël à donner aux enfants!
Univers désespéré au si parfait royaume du Danemark où les rêves, cependant, ne parviennent pas à trouver leur juste incarnation! Copenhague? C’était hier, n’est-ce pas, la conclusion de la conférence mondiale sur le climat?
« La Petite Fille aux allumettes a une histoire particulière. Alors qu’Andersen est l’hôte du duc d’Augustenborg et vit dans une extrême abondance, il est prié d’écrire un conte dans une lettre où on lui envoie trois illustrations à choisir. Il prend une gravure sur bois représentant une petite fille tenant un paquet d’allumettes soufrées. La petite lui rappelle, par contraste avec la vie princière qu’il mène maintenant, la misérable vie de sa grand-mère enfant, qu’on avait envoyée mendier et qui avait passé toute une journée sous un pont sans manger. Il avait déjà traité ce sujet dans Le Sanglier de bronze, mais il le reprend en plus austère. Son biographe précise que la maison même qu’il habite à Odense forme un renfoncement avec la maison voisine et qu’une petite fille s’y abrite réellement«
(extrait de l’article de Wikipedia.)
Photo de la volaille rôtie empruntée ici
Allez, une petite évocation facile
pour ce week end précédant Noel…

C’était hier, bien sûr.
Et pas chez nous!
Il existait alors des pauvres si pauvres
qu’ils pouvaient mourir de froid
dans la rue.
Mais bien sûr, c’était hier,
Et pas chez nous!

Quel curieux conte pour nos bambins!
Une telle douceur dans l’écriture
nous hypnotise
comme pour faire oublier
à la lueur d’une flamme trop brève
l’épouvantable réalité.
Tout le monde a trouvé,
évidemment,
et le titre du conte
dont il est question
et le nom de son auteur?
Image empruntée ici
Cet homme qui, au seuil de la vieillesse, se suicide en mars 2008, d’une balle dans la bouche, sur un parking de la Rochelle, est le père d’Eric Fottorino .

Il se s’agit pas de son père biologique, mais de son père d’adoption: celui qui accompagne son enfance et lui donne son nom. Celui qui rassure et permet la construction de son identité. Peu de mots échangés, pourtant. Une présence. Des mains. Une chaleur. Des parcours à bicyclette.
Ainsi qu’il le formule dans le titre de son ouvrage , en affirmant tout haut cette filiation revendiquée, Eric Fottorino rend un hommage posthume à cet homme qui parlait peu et l’aimait profondément.
On peut regretter qu’après les papiers d’estime rédigés à la sortie du livre, on n’en parle davantage encore aujourd’hui. Car la singularité de cette histoire , sa mise à distance, grâce à laquelle l’anecdotique ne prend jamais le pas sur un ressenti traduit avec pudeur, touche à l’universel.
La filiation peut-elle être ainsi librement choisie? Quel père offre à chacun d’entre nous sa main vigilante pour cheminer jusqu’à la conscience d’une identité assumée? Quels regrets éprouvons-nous à n’avoir pas su prévoir, prédire, prévenir, l’incommensurable vide de l’après départ?
Un grand livre, que ce livre léger en pages et en mots:
« Mon père était un homme anonyme, il n’aimait pas se mettre en avant. Sans ce livre, sa vie serait passée inaperçue ; je ne le voulais pas, j’ai eu besoin de raconter son histoire, notre histoire.
C’était un kinésithérapeute de campagne, un homme ordinaire pourrait-on dire. Mais pour moi, il a été extraordinaire, d’abord parce qu’il m’a adopté. Il était tombé amoureux de ma mère, et juste avant leur mariage, il est venu un soir dans ma chambre. Il m’a dit que si je le voulais bien, il allait m’adopter, que je pourrai l’appeler papa. J’avais 9 ans. Pour moi qui ne connaissais pas mon père naturel, ça a été une deuxième naissance. »![]()
Bien loin de l’héritage génétique,
de l’appartenance à un territoire,

du legs de biens matériel,
ces mots-là
disent tout
de la liberté de choisir
qui nous fonde,
nous aime
et enracine nos vies
sans recours à l’identité imposée
par la loi.
Quel ouvrage est évoqué dans ces lignes
et qui en est l’auteur?
Carte d’identité de la Tour Effel, empruntée sur son site