L’énigme du samedi: Quel mystère se cache sous le tracé de la lettre H?

Sous l’innocente lettre H

h.1297440105.gif

se dresse

celui des apparences

ou cet autre

érigé à la gloire des incompréhensions

notoires

et honteuses…

Etait-ce prémonition

pour notre célèbre philosophe romancier,

au beau milieu du siècle dernier

que de le choisir pour titre

de son non moins célèbre ouvrage?

Bien sûr, sans même pianoter, vous avez deviné

le nom de l’ouvrage et son auteur

La solution: Edouard Glissant et « La lézarde »

Bien sûr, « l’énigme » n’est que prétexte…un modeste hommage à Edouard Glissant , pourfendeur infatigable de la pensée unique dès ses premiers écrits. Son ouvrage « La lézarde « ,qui emprunte son nom à une rivière, a reçu le prix Renaudot en 1958.

edouard_glissant.1296932093.jpg

Photo empruntée ici

Docteur ès lettres, Edouard Glissant « l’un des plus grands écrivains contemporains de l’universel » (Jacques Cellard, Le Monde) est né à Sainte-Marie (Martinique) le 21 septembre 1928. Formé au lycée Schoelcher de Fort-de-France, il poursuit des études de philosophie à la Sorbonne et d’ethnologie au Musée de l’Homme. Ses premiers poèmes (Un champ d’îles, La terre inquiète et Les Indes) lui valent de figurer dans l’Anthologie de la poésie nouvelle de Jean Paris. Il joue un rôle de premier plan dans la renaissance culturelle négro-africaine (congrès des écrivains et des artistes noirs de Paris en 1956 et de Rome en 1959) et collabore à la revue Les Lettres nouvelles. Le prix Renaudot, remporté en 1958 pour son premier roman, La Lézarde, consacre sa renommée. Co-fondateur avec Paul Niger en 1959 du Front antillo-guyanais et proche des milieux intellectuels algériens, il est expulsé de la Guadeloupe et assigné à résidence en France.

Extrait de ce site qui lui est consacré.

Béné, la première, ne s’y est pas trompée, suivie bientôt par Dominique Hasselmann , Jeandler , et même…Jean d’Ormesson dont l’humour ne vous a pas échappé!

Laissons donc les mots du poète courir encore et encore après sa disparition et répondre à la question posée par Thierry Leclère dans Télérama (3 février dernier).

Cette rencontre des cultures qui se mêlent, s’entrechoquent et produisent parfois des alliages géniaux comme le jazz ou la world music, ce grand mélange des langues, des peaux et des cultures que vous décrivez de livre en livre n’est-il pas un peu fantasmé ?  

Pas du tout. répond Edouard Glissant. Ce n’est pas de l’angélisme. Quand je parle de créolisation, je ne pense pas que « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». La créolisation n’a pas de morale, pour une raison bien simple : nous sommes de plus en plus nombreux, désormais, à pouvoir décider seuls des règles de notre morale individuelle. Les religions nous les imposent de moins en moins souvent, (vous pouvez être catholique et utiliser le préservatif, contre l’avis du pape), et il faut travailler à ce que les Etats ne cèdent pas à la tentation de vouloir nous les imposer. Il y a une sorte d’individuation généralisée au monde.

image_67184881.1296932817.jpg

Photo empruntée ici

La solution: Andreï Makine et son « Testament français »

Mille pardons. L’évocation littéraire de ce samedi n’était pas si facile. Il faut bien de temps en temps naviguer un peu a vue….Comment s’y prendre en effet, pour parvenir à rencontrer un éditeur se demande nombre d’auteurs en mal de publication?…Andreï Makine leur offre peut-être une solution.

testament-francais.1296311329.jpg

Donc Andreï Makine . Ecrivain d’origine russe, de langue française.  Souvenez-vous. C’était en 1995. Son « Testament français » rafflait tous les prix littéraires. Du moins, le Goncourt , le Goncourt des lycéens, le Médicis . Ecriture précise et sobre,  savante architecture musicale du récit que certains détracteurs iront jusqu’à lui reprocher. Ce roman autobiographique retrace le parcours indentitaire de son héros partagé entre celle rêvée, racontée par sa grand-mère d’origine française, depuis son balcon ouvrant sur l’infini des steppes russes, et l’autre, celle vécue dans le quotidien tourmenté de l’URSS. Paradoxe du titre qui insiste sur le legs français alors que la quête identitaire  aboutit à la prise de conscience de l’héritage russe.

Pour que ses manuscrits continuellement refusés par les maisons d’édition se distinguent de la masse des autres reçus chaque jour, Makine usa d’un stratagème. Il les envoya comme des traductions d’ouvrages écrits en langue russe. Le procédé fut couronné du succès que l’on connaît.

La solution: Ben Okri dans « La route de la faim »

Comme Wens l’a formulé, il s’agissait bien du beau livre de Ben Okri « La route de la faim « (1993), immédiatement décelable grâce à l’extrait emprunté à  un article de l’Express .

route-de-la-faim.1294932953.jpg

 

 

Dans cet ouvrage, Ben Okri raconte l’histoire d’Azaro, un « enfant-esprit », comme on en rencontre au Nigéria.

« Fils unique d’un père orgueilleux qui survit en portant des sacs de ciment et d’une mère marchande ambulante, Azaro décide de rester sur terre. Il veut affronter la tragique mais fascinante réalité du monde. Un photographe lui apprend à voir, une petite fille l’obsède, des esprits tentent de l’empêcher d’avancer… Il découvre un pays où la misère gagne sur la brousse, où les politiciens, qu’ils soient du Parti des Riches ou du Parti des Pauvres, méprisent les populations. Un univers aussi où la réalité, le rêve et la magie s’entremêlent en permanence jusque dans le bar de Madame Koto où vin de palme, esprits et sorcellerie peuvent conduire à la mort.

La Route de la faim décrit une Afrique inquiétante mais aussi d’une beauté merveilleuse . Pour ce premier roman exceptionnel, Ben Okri reçut le Booker Prize en 1991. »

Résumé emprunté à ce site

 

Calixthe Beyala fut accusée d’avoir plagié Ben Okri à travers  plusieurs de ses écrits, comme elle l’avait fait avec Howard Buten, « Quand j’avais cinq ans, je m’ai tué » (Seuil. 1981), dans son « Petit prince de Belleville ».  Elle s’en amuse: « J’ai le droit de m’inspirer ! Tous les grands auteurs reconnaissent l’avoir fait. La vraie question, c’est : « Qu’est-ce que la création ?» Quand on voit un tableau, on ne se demande pas si tel jaune vient de Van Gogh. »

calix.1295692896.jpg

Il est vrai qu’en matière matière de plagiat, Patrick Poivre d’Arvor a depuis lors, totalement occupé le devant de la scène.

Merci à Zoe Lucider pour sa suggestion de lecture concernant Fatou Diome et à Dominique Hasselmann , pour le complément d’informations sur L’incorrigible Calixthe Beyala.