De La case de l’oncle Tom à la Maison Blanche de l’oncle Obama

Polémiques et condescendance autour d’un titre déjà ancien dans la presse allemande.

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1852. « La case de l’oncle Tom » . Critiques.

« Ce livre est dans toutes les mains, dans tous les journaux. Il aura, il a déjà des éditions dans tous les formats. On le dévore, on le couvre de larmes. Il n’est déjà plus permis aux personnes qui savent lire de ne pas l’avoir lu, et on regrette qu’il y ait tant de gens condamnés à ne le lire jamais : ilotes par la misère, esclaves par l’ignorance, pour lesquels les lois politiques ont été impuissantes jusqu’à ce jour à résoudre le double problème du pain de l’âme et du pain du corps. « 

Qui donc écrit cela, en 1852, à propos du livre de Harriet  Beecher Stowe  » La case de l’oncle Tom », dont on a pu dire qu’il avait joué un rôle non négligeable dans les mentalités au moment du déclenchement de la guerre de Sécession? Qui donc en fait une critique en profondeur, en aborde les défauts, les longueurs, les bons sentiments étalés, les redites, tout en incitant à les ignorer?… »les défauts. Il ne faut pas les passer sous silence, il ne faut pas en éluder la discussion, et il ne faut pas vous en inquiéter, vous qu’on raille de pleurer naïvement sur le sort des victimes au récit des événements simples et vrais.

Ces défauts-là n’existent que relativement à des conventions d’art qui n’ont jamais été, qui ne seront jamais absolues. Si les juges, épris de ce que l’on appelle la facture, trouvent des longueurs, des redites, de l’inhabileté dans ce livre, regardez bien, pour vous rassurer sur votre propre jugement, si leurs yeux sont parfaitement secs quand vous leur en lirez un chapitre pris au hasard.

Ils vous rappelleront bientôt ce sénateur de l’Ohio. .. »

Et tant pis pour le jeu anachronique…

Ce critique littéraire du roman de l’Américaine Harriet Beecher Stowe (d’abord publié sous forme de feuilleton lui ayant valu un succès immédiat), c’est George Sand .

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Mais pour en revenir à la prochaine élection américaine (comme l’annonçait le titre de ce billet), il est sûr que Barack Obama n’a pas cherché à placer sa candidature sur le plan de la revendication ethnique, au contraire. Il s’est en effet toujours projeté dans les attentes comme le président d’une Amérique post-raciale, où la notion de communauté blanche ou noire n’aurait plus de sens., même si les clivages racistes n’en existent pas moins profondément à l’heure actuelle.

Le formidable espoir suscité par cette élection, aux USA et à travers le monde entier révèle l’importance d’une transgression des pratiques où il ne serait plus besoin de l’émotion ou des bons sentiments pour qu’existe un univers enfin débarrassé des préjugés raciaux: Une ère nouvelle où l’on aurait raison de se moquer (un peu) de Madame Stowe et où l’oncle Tom finirait par nous ferait sourire (mais sans condescendance), tant il appartiendrait à un monde à jamais révolu?

4 commentaires sur “De La case de l’oncle Tom à la Maison Blanche de l’oncle Obama

  1. Ce déplorable jeu de mots en dit long, en effet. C’est bien de mettre ce lien.
    Et cette habitante d’une ville de l’Ohio, parlant de S. Palin:
    « … je pense qu’elle est intelligente, et qu’elle comprend vite… »
    hum hum…

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