Barak Obama, Orson Welles, Pierre Assouline et les autres…dans le mystère du rosebud

Dans un billet récent, on pouvait lire sur le blog @MERICA:

« C’est le « Rosebud « , la clef qui permet de comprendre l’autobiographie de Barack Obama, Dreams from my father. Edition française: Presse de la Cité

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Du moins c’est ce qu’affirme le très à droite Presto Pundit, qui a mis la main sur un article écrit en 1965 par le père du candidat à l’investiture démocrate pour l’East Africa Journal. »

Pierre Assouline, en 2006, à la sortie de son livre justement intitulé « Rosebud »,

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en donnait la définition suivante:

 » Rosebud, nom, masculin, de l’anglais rosebud signifiant  » bouton de rose « , métaphore issue du film Citizen Kane… « . Plus de trente ans que je cherche le rosebud en chacun. Ce petit rien qui nous trahit en nous dévoilant aux autres. Le rosebud peut être un vêtement, un objet, un geste. Un paysage de neige dans une boule de cristal. Une oeuvre d’art éventuellement. Ou une madeleine. Ce peut être une trace ou une empreinte. Parfois même un simple page d’un livre. Ou un mot. Qu’importe si c’est juste un détail, pourvu que ce soit un détail juste. Rudyard Kipling, Henri Cartier-Bresson, Paul Celan, Jean Moulin, Lady Diana Spencer, Picasso, Pierre Bonnard, cachent tous leur rosebud. Seuls des éclats de biographies, ombres de vérité, m’ont semblé à même de révéler dans ce qu’ils ont d’insaisissable et d’essentiel. » P. A.

En effet, dans son célèbre film « Citizen Kane », Orson Welles fait référence à la vie du magnat de presse américain William Hearst. Rosebud est le dernier mot qu’il prononce sur son lit de mort. Il s’agit donc d’une énigme que le cinéaste nous conduit à résoudre, autant que faire se peut, à travers les facettes de la vie du héros dont on parcourt la trajectoire jusqu’à l’enfance. Le voici jouant avec sa luge, cette même luge qui doit être jetée au feu après sa mort et que la caméra approche jusqu’à en déceler l’inscription apposée, à savoir...rosebud!

Boucle bouclée. Enfin si l’on veut. Mystère et fragilité d’un destin hors du commun…Mais rosebud possède aussi une acception érotique. Hearst, dit-on, désignait ainsi le clitoris de sa maîtresse Marion Davies présentée dans le film comme une artiste alcoolique

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et de peu de talent! Secret de Polichinelle, il n’empêche que Hearst fit tout pour empêcher la sortie du film (1941) qui connut depuis le succès que l’on sait!

Ainsi donc, c’est le rosebud, (mais lequel?) qui perturbe la campagne de Barak Obama !

Le sien, de rosebud, serait logé dans le passé de son père kenyan, dont les discours progressistes sont brandis, comme des épouvantails par la droite américaine.

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photo empruntée ici

8 commentaires sur “Barak Obama, Orson Welles, Pierre Assouline et les autres…dans le mystère du rosebud

  1. Je ne suis pas la campagne américaine de très près, il faut bien le reconnaître. Il me semble cependant qu’en politique, le passé privé-intime des postulants aux hautes responsabilités de l’état ne sont pas ce qui compte le plus.
    « Rosebud » évoque pour moi le monde de l’art, justement parce qu’il vient du film de ce cher Ourson. Même s’il s’agit d’un film engagé, ce fil conducteur très intime nous revoie à la sphère privée.
    Ce qu’il y a dans l’enfance d’Obama est certainement important et explique sans doute son parcours, comme pour nous tous, mais ne vaut-il pas mieux s’intéresser à ses idées politiques, à ses projets et à son éventuelle crédibilité en cela plutôt qu’au pourquoi du comment?
    Pour tout vous dire, le livre de Pierre Assouline m’avait intéressée, mais les livres de circonstance sur la politique (comme cette « autobiographie ») m’ennuient et l’importance que certains leur accordent (nous avons nos propres Presto Pundit guys’) me laisse toujours perplexe.

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  2. Tout à fait d’accord, ce sont les idées et projets qui devraient être le centre du débat, mais, connaissant assez bien la culture américaine, il faut prendre en compte le fait que là-bas, la sphère privée et le passé des candidats sont des éléments essentiels dans leur campagne… c’est comme ça. Sur ce, je soutiens pleinement Barack Obama, et rosebud ou pas rosebud, j’espère que ce jour de vote en Pennsylvannie lui sera favorable 🙂

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  3. Oui, bien sûr. Merci à Leila et D.K. Et en dehors des considérations strictement politiques, ce que je voulais aussi évoquer sur le plan littéraire, c’est la rémanence de ce terme. Ce « bouton de rose », toujours nommé en anglais (bien plus mystérieux à l’oreille française), dont l’aura ne s’éteint jamais, voyage d’un domaine à l’autre, du cinéma à l’écriture et vice versa et jusqu’à la sphère politique justement, cette fleur secrète dont l’équivalent n’existe pas dans notre langue – Y aurait-il une faille?- a quelque chose de bien troublant…

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  4. c’est très intéressant, cet itinéraire sinueux, entre Orson Welles, Assouline etc. je ne savais pas tout ça. Honte, je ne m’étais jamais interrogé sur ce que signifie « Rosebud », que j’ai pourtant souvent vu écrit. Je ne sais pas si je soutiens pleinement Barack Obama… j’aurais beaucoup aimé qu’une femme soit présidente des Etats-Unis. Je pense (comme me disait l’autre jour une dame rencontrée dans le TGV, qui s’avère être la présidente de l’association « Chiennes de garde ») que les sentiments sexistes et l’opposition à l’arrivée d’une femme au pouvoir sont encore plus forts que le racisme anti-noir. Qu’un homme crie à l’intention de Hillary Clinton « qu’elle aille à la maison repriser les chaussettes » ne dérange presque personne.

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  5. Merci, à chaque fois que je viens sur ce site j’apprends un truc nouveau et franchement j’adore apprendre !
    Je suis presque complètement monoglotte et je le déplore. J’aime beaucoup les mots qui peuvent revêtir ainsi plusieurs sens…
    un bouton de rose renferme une part de sensualité, de mystère et une certaine fragilité aussi.
    Fouiller le passé et le mêler à la politique voilà une curieuse manière de nourrir une campagne et donc le destin d’un pays… Les faiblesses humaines fascinent toujours, c’est ainsi, peut-être parce qu’elle revoie chaque être à sa propre fragilité intérieure et que dans un écho même très lointain elles touchent d’une certaine manière.

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  6. Moi aussi, j’aurais bien aimé qu’une femme puisse arriver à vaincre autant de préjugés! Mais tout de même, les symboles ne justifient pas que la dite femme ait approuvé la guerre en Irak et le cortège de mensonges entourant son déclenchement. C’est la grande différence avec son rival, en admettant que nous changions notre regard et les considérions comme des êtres humains « normaux », c’est-à dire, non défini par la couleur ou le genre.

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  7. – Oui, Hillary Clinton a en commun avec Bernard Kouchner ce « rosebud » impensé concernant l’intervention US en Irak (et il poursuit d’ailleurs dans la même voie avec les soldats français expédiés en Afghanistan).

    Quant à la signification érotique du « rosebud », cela me fait penser à la pub, hier matin, en dernière page de « Libé », concernant le dernier « tube » de Madonna : « Hard Candy »…

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