De l’humilité en ecriture

Je rapportais hier combien le désir d’écriture est présent presque chez chacun d’entre nous, tandis que deux mondes parallèles se côtoient dont la perception faussée trahit souvent la complexité du phénomène: paillettes et lumières pour l’écrivain des plateaux de télévision,ou pour l’arrivée des livres issus du Temple des grands éditeurs, silence et repli sur soi pour l’écrivant de l’ombre…Mais il ne faut pas s’y tromper, la fascination quasi irrationnelle pour la lecture et l’écriture n’ont que faire du marketing, du show biz ou du snobisme des salons.

Mais, bien que les choses changent, s’essayer à l’art d’écrire est souvent considéré de façon péjorative en France. Pourtant certaines universités ont ouvert un module sur le sujet et de multiples initiatives ont vu le jour un peu partout dans l’hexagone. Il n’empêche. L’Ecrivain reste d’abord celui qui se démarque des autres par le talent. Il est ce médium en transe, en constante communication avec les muses qui lui permettent d’être inspiré. Car sans inspiration, c’est bien connu, il n’est pas possible d’écrire.

Autant de lieux communs qui ont la vie, ô combien dure, confortés qu’ils sont par le spectacle sans cesse réinventé des spécialistes du domaine et qu’en d’autres temps Molière raillait déjà dans « Les précieuses ridicules », pour ne citer qu’elles.

« Ah! L’inspiration superbe et souveraine » écrivait Verlaine (Poèmes saturniens, Epilogue), qui s’en méfiait comme de la peste et ramenait les choses à leur principe de réalité:

« Ce qu’il nous faut à nous, à nous, c’est aux lueurs des lampes,

La science conquise et le sommeil dompté,

C’est le front dans les mains du vieux Faust des estampes,

C’est l’obstination et c’est la volonté. » (id.)

Nous voici loin des paillettes et des projecteurs, tout juste sous la lueur des lampes éclairant la table de travail. Et c’est vrai, on n’insistera jamais assez sur cet aspect prosaïque de l’écriture (sans jeu de mots), sur sa matérialité dont nous reparlerons encore et encore, sur l’humilité nécessaire à celui qui décide d’entrer en écriture.

Cette attitude se retrouve naturellement dans les ateliers où l’on écrit entouré du respect de l’autre. Chacun a droit à éprouver ce que procure le fait d’avoir transcrit ce qui n’est encore que désir ou projet, tentative de s’inscrire dans la durée, mots laissés pour une descendance, essais pour conforter une recherche identitaire, jeux sur les mots et les émotions à travers une autre langue que la sienne, inventions, emprunts, affirmation de soi, quête de l’autre, rencontre d’autres écrits, à travers le temps et l’espace. En aucun cas, il ne s’agit de distinguer « Les gens de lettres d’avec les ignorants », objectif formulé par Richelieu dans son discours d’inauguration de l’Académie française, le 26 janvier 1635 et qui a si profondément formaté notre conception de ce monde partagé entre initiés et ceux qui ne le sont pas.

Le désir d’empreinte que l’écriture traduit immédiatement rassemble les uns et les autres. L »‘ignorant » instruit l’érudit et vice et versa…Mais nous y reviendrons.

Tout en apportant quelques éléments issus de l’expérience des ateliers conduits en Europe, en Afrique, en Asie ou en Nouvelle-Zélande, thèmes de réflexions qui ont permis à certains d’oser un jour écrire, qu’ils soient ou non bardés de diplômes ou de reconnaissances littéraires, j’invite les uns et les autres à participer au thème proposé à l’atelier qui se déroule cette année au Café Fiorio de Turin (nous en dirons quelques mots un autre jour).

Le thème est le suivant :  » Cafés d’Europe, cafés du monde ».

Une nouvelle d’une dizaine de pages au maximum, ou un essai

sera déposée sur ce blog avant la fin du mois de janvier.

Bon courage à tous. N’hésitez surtout pas à dialoguer à partir des documents déclencheurs ou selon vos propres questionnements.

 

 

 

6 commentaires sur “De l’humilité en ecriture

  1. De l’humilite il n’en est pas question. Les ecrivains publies ou pas publies ecrivent. Le sujet doit d’emblee les interesser. L’idee d’ecrire sur des cafes du monde nous enflamment. Mais Noel s’approche, et puis les fetes du nouivel an. Nous n’avons pas de textes sous la main. Aurons-nous le temps, nous etres temporaires?

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  2. WHATCHA Graham!…Always assuming you are the GRAHAM ex.Inlingua,Singapore.If so let me hear from you,if it is convenient for you.When not,apologies and a friendly wave of the hand.Tom

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  3. Dear Tom,

    What a surprise to hear from you, and on Chantal’s Blog, too. You’ll have to explain how you happened to be surfing there. Anyway, my e-mail address is gsage@singnet.com.sg and it would be good to renew contact with you and hear all your adventures since we last met.
    A very happy new year to you wherever you are. (I’m in Chengdu right now battling with the cold weather etc.)

    All the best,

    Graham

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  4. Qui donc êtes-vous, mystérieux monsieur D’Arcy? -Vous seriez-vous, par hasard, échappé d’un roman de ma chère amie J. Austen.
    Comme c’est passionnant de ne pas savoir, et d’imaginer que, quelque part, dans un antique manoir anglais, ( enfin je le suppose) vit un personnage surgi de la littérature. AImez-vous les jardins, ou au contraire êtes-vous retiré dans un presbytère un peu austère,lisant les poêtes ou prenant le thé avec de délicieuses ladies? Pour moi, ,je serais rassurée que vous ne lisiez pas un mot de français.Mais peut-on savoir. Je vous salue , monsieur D’Arcy et continuez à enflammer les imaginations.
    . Claude

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