L’énigme du samedi: Miroirs d’hier pour comprendre le monde aujourd’hui

C’était hier.

mais la lucidité de son testament intellectuel

frappe le lecteur contemporain.

De même,  sa dénonciation des nationalismes

et son plaidoyer pour l’Europe

rejoignent- pour notre plus grande crainte-

ce que nous vivons aujourd’hui.

Quel ouvrage est évoqué dans ces lignes

et qui l’a écrit?

Illustration: Le miroir ardent de Buffon.

La solution: Des souris et des hommes, de Steinbeck

Mais oui! « Des souris et des hommes »! (1937). Dominique Hasselmann a raison qui offre dans son billet une autre approche de la misère humaine.

Ecriture monocorde de Steinbeck pour traduire ce sous-monde des hommes laissés pour compte.  « Les raisins de la colère » ( 1939) décrivaient une famille réduite à la misère par la crise des années 30. Y aurait-il un rapport avec la crise d’aujourd’hui?

Ici, « George Milton et Lennie Small sont deux amis qui errent sur les routes de Californie en travaillant comme journaliers. George et Lennie partagent depuis toujours le même rêve : posséder un jour une petite exploitation, pour y vivre « comme  et y élever des lapins. Car Lennie nourrit une passion bien enfantine : il se plaît énormément à caresser les choses douces. Doté d’une très grande force physique, il ne parvient pas à dominer sa puissance hors de l’ordinaire. Il est également intellectuellement déficient, et passe constamment pour un « idiot ». Cela finit par lui causer des ennuis avec Curley, le fils du patron et sa femme. En effet, la femme de Curley va proposer à Lennie de lui caresser les cheveux…. » (extrait de Wikipedia)

 

La solution: « L’homme sans qualités » de Robert Musil

Mais oui, comme dirait Jeandler « d’emblée », et même « l’esprit un peu gelé », il s’agissait bien de « L’homme sans qualités » de Robert Musil, écrivain autrichien (1880-1942). Quelle incroyable acuité intuitive!

Le roman a suscité peu de réactions lors de sa publication en 1930. Il  a été redécouvert  dans les années 50 grâce à une version remaniée en trois tomes. D’après l’écrivain Thomas Mann, cette œuvre inachevée est un roman essentiel du XX° siècle comme le sont  La recherche du temps perdu de Marcel Proust et Ulysse de James Joyce.

Sa conception littéraire est fondée sur le pouvoir d’une observation quasi-scientifique et sur l’analyse des faits humains et des sensations, à la recherche de ce qu’il nomme « la structure essentielle des choses ». « L’homme sans qualités » décrit la société viennoise dans une Europe désorientée par la crise qu’elle traverse, quelques mois avant le déclenchement de la première guerre mondiale.

« Rien moins qu’un livre-monument, conçu à la manière d’une cathédrale. D’abord publié entre 1931 et 1933, du vivant de Robert Musil, L’Homme sans qualités est resté inachevé. L’écrivain autrichien meurt en 1942, laissant derrière lui un vaste chantier de plusieurs milliers de pages (exploitées ensuite avec plus ou moins de bonheur par les éditeurs). À l’origine, le texte devait se composer de deux volumes, étendus sur quarante ans, principe repris dans cette collection (voir tome 2). Cet « homme sans qualités », c’est un homme sans caractère propre – loin du roman traditionnel – l’édification de tous les possibles, des hypothèses, à travers plusieurs personnages, qui ont valeur universelle. Ironie, satire, anti-intellectualisme, comédie, tout se fond et se confond entre narration et réflexion philosophique, pour former, selon Philippe Jaccottet, son traducteur, « un essai de roman ». Avec Les Désarrois de l’élève Törless et Les Exaltés, c’est bien l’œuvre qui a imposé Musil au monde littéraire, après sa mort… » –Céline Darner

L’énigme du samedi: fascination pour ces paquebots qui sombrent

Fascination pour ces paquebots

qui sombrent auprès des côtes…

Le roman connut un succès immense

quelques siècles avant l’intérêt

pour les amours noyées dans le naufrage du Titanic.

Ces quelques mots suffisent-ils à faire surgir

le titre du roman évoqué

et le nom de son auteur?

Image empruntée ici: la parade du paquebot

devant les habitants du village Amarcord,

qui a donné son nom au film de Fellini.