Caroline Sablayrolles ou l’art d’apprivoiser le très vieux piano de l’Orgelstubb…

La comptine racontait l’histoire d’une drôle de dame qui habitait probablement au pays de Cocagne: (où ne manquerait que le bredele!)

Il était une dame Tartine
Dans un beau palais de beurre frais
La muraille était de pralines
Le parquet était en croquets
La chambre à coucher
De crème et de lait
Le lit de biscuit
les rideaux d’anis.IMG_3066r

Au pays de l’image, Pfaffenhoffen, à l’Orgelstubb  précisément, les mots racontent une autre histoire, celle d’une autre dame, encore plus attachante, puisque malgré les apparences, elle existe vraiment.

Il était une dame Evelyne
En son logis plein de gourmands
Ses rideaux de chemises fines
Ont fait s’étonner les passants
Et Maître Mahler
Sans en avoir l’air
Change le lieu magique
En boîte à musique.

Maître Mahler, hier, n’était pas là. Facteur d’orgues, il exerçait son art bien loin de son atelier qui jouxte l’auberge: en Bretagne. En son absence, cependant, le grand piano d’un autre âge, au son doux et feutré, un peu rétif et balourd tout au début du concert se laissait peu à peu apprivoiser sous les doigts de Caroline. Etrange alchimie! Le talent de la jeune pianiste dessine en notes claires, le déroulement d’une arabesque. Schumann. L’espace, les murs, le plafond, le sol, tout s’imprègne de musique.IMG_3070r Le fil de l’arabesque glisse autour du vieux moule à Kougelopf renversé sur la table. Les dîneurs on reposé leurs fourchettes.

La pendule se tait.
« Le buffet est ouvert, et verse dans son ombre
Comme un flot de vin vieux, des parfums engageants ; »IMG_3040r

Au palais de dame Evelyne
Un jour le temps s’est arrêté
Pour goûter sa bonne cuisine
Depuis lors il s’est invité
Sur les étagères
les objets d’hier
Parlent d’aujourd’hui
Sans faire un seul bruit.

Non, ce n’est pas un conte. Evelyne est bien à la cuisine. C’est pourquoi elle n’apparait pas sur les photos! Les objets d’autrefois sont sur les étagères. les convives dégustent leur plat entre Schubert et Mozart (deux sonates en fa). Monsieur Kraemer, le correspondant des DNA est venu s’installer à notre table. Il parle du livre « Avant le concert » avec Caroline et avec moi. C’est un homme attentif et charmant qui vend des bicyclettes et les répare quand il n’écrit pas d’articles sur l’actualité de la région.

Le vieux piano est décidément conquis par le toucher de Caroline Sablayrolles et s’étire d’aise aux Nocturnes de Chopin.    IMG_3057mrPhotos: Guy Serrière

4 commentaires sur “Caroline Sablayrolles ou l’art d’apprivoiser le très vieux piano de l’Orgelstubb…

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