Croquis d’hier et d’aujourd’hui : Charles Simbsler et la Pacific 231

Elle est tout entière force et modernité. L’âge n’est rien à sa carrure d’athlète. Jamais démodée. Toujours triomphante et corsetée de métal noir, elle a remisé aux oubliettes « La bête humaine« (1890) évoquée par Zola.  Elle continue à faire vibrer les mémoires de tous ceux qui l’évoquent avec nostalgie sur fond de musique composée par Honneger : C’est la Pacific 231!

Pacific 231 062. Compagnie de l’Est. 1935

Le père de notre ami Charles Simbsler, architecte à Strasbourg,fut l’un des conducteurs de la mythique Pacific. Charles a hérité son prénom de ce père qui lui-même l’avait emprunté à son propre père. Une dynastie de Charles dont les vies parcourent l’espace du XIX°  au XXI° siècle ! C’était dans les années 20. Le président Lebrun fut son passager les plus prestigieux. A cette époque, il était de coutume que l’hôte de marque, arrivé à la frontière invisible des chemins de fer de l’Est, descende saluer les hommes au visage noirci par la fumée de charbon et les remercie du voyage. Le président Lebrun a donc serré la main du père de Charles et le souvenir de l’événement se perpétue jusqu’à nous.

Zola à côté d’un conducteur de locomotive en 1895

C’est qu’il n’était pas peu fier, ce conducteur de la plus belle,  de la plus enviée des locomotives ! Petit garçon, né dans les dernières années du XIX° siècle, il avait été surnommé,  « Meiselocker », l’attrapeur d’oiseau. Le voici, dévalant avec les gamins de son âge, la très vieille  et très longue Grand rue de Strasbourg que les Romains avaient tracée lorsque la ville n’était encore qu’un vaste camp à la frontière rhénane.

Photo empruntée à ce site

Ainé d’une fratrie de huit enfants, il a grandi et, en effet, joué à courir derrière les oiseaux, tout près de l’église Saint-Pierre-le-Vieux.  Catholiques et protestants s’en partagent l’espace, comme il est souvent d’usage en Alsace, après que le roi Louis XIV eut recommandé de tolérer le culte protestant dans cette province qu’il vient de faire sienne et qu’il veut ménager. Charles, l’attrapeur d’oiseau ! Son enfance est allemande. Depuis 1870 et jusqu’en 1918, l’Allemagne est chez elle dans cette région dont elle veut faire la vitrine de son savoir-faire colonisateur. L’enfant entre très tôt comme apprenti-chauffeur aux ateliers de chemin de fer, à Bischheim.

Ateliers de réparation des chemins de fer de Bischheimen 1915. Photo empruntée à l’article de Wikipedia.

Apprenti-chauffeur, chauffeur, puis conducteur. Charles Simbsler a gravi tous les échelons  lui permettant un jour d’être le maître de l’incomparable Pacific 231.

La Pacific « de » Charles Simbsler que l’on aperçoit, à droite, sur la photo.

image 1  empruntée à ce site.

 

 

 

 

 

 

6 commentaires sur “Croquis d’hier et d’aujourd’hui : Charles Simbsler et la Pacific 231

  1. La Pacific 231, outre son esthétique, demeure une musique incontournable (je l’ai souvent utilisée sur mes blogs).

    On se demande si, un jour, quelqu’un composera une oeuvre équivalente pour le TGV… avec l’annonce, dès le début, d’un retard prévisible de quelques heures !

    Belle histoire, en tout cas, que celle de ce conducteur. Mais François Hollande va sûrement plus utiliser le train que son prédécesseur : Françoise Fressoz, du « Monde » va pouvoir maintenant tenter la comparaison avec Lebrun, après avoir abondamment et lourdement comparé (avant son élection) notre Président à Loubet.

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